Chlordécone : la reconnaissance de la responsabilité de l’État marque un tournant, tandis que la bataille judiciaire continue
— Par Sabrina Solar —
Près de vingt ans après les premières plaintes déposées par des associations et des citoyens antillais, le dossier du chlordécone connaît une avancée majeure. La loi reconnaissant officiellement la responsabilité de l’État dans ce scandale sanitaire et environnemental a été promulguée le 13 juin, ouvrant une nouvelle phase dans la prise en charge des conséquences de cette pollution historique qui affecte encore aujourd’hui la Guadeloupe et la Martinique.
Cette reconnaissance, réclamée de longue date par les populations concernées, constitue un tournant symbolique et politique. Dans son premier article, la loi admet la part de responsabilité de l’État dans les préjudices sanitaires, écologiques, économiques et moraux subis par les deux territoires ultramarins. Le texte met en cause les décisions ayant permis l’autorisation puis le maintien de l’utilisation du chlordécone dans les bananeraies antillaises pendant plusieurs décennies, malgré les alertes scientifiques sur les dangers de cette substance.
Utilisé pour lutter contre le charançon du bananier, le chlordécone a été employé en Guadeloupe et en Martinique jusqu’en 1993.
