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Alexis de Tocqueville et l’Afrique

— Par Obrillant Damus —
Alexis de Tocqueville est né le 29 juillet 1805. Il a rendu l’âme à Cannes en 1859. Il était issu de la plus ancienne noblesse normande. Chrétien-Guillaume de Lamoignon de Malesherbes, défenseur de Louis XVI, était le grand-père de sa mère. Tocqueville a publié plusieurs travaux dont le chef d’œuvre « De la démocratie en Amérique ». Son œuvre était méconnue, voire occultée en France durant une grande partie du XXe siècle. Cependant, depuis que Raymond Aron a considéré Tocqueville comme l’un des pères fondateurs de la sociologie dans un ouvrage intitulé « Les étapes de la pensée sociologique » (1967), son œuvre a bénéficié d’un extraordinaire regain d’intérêt. René Rémond a donc eu raison d’écrire dans la préface d’un recueil de textes choisis ayant pour titre « Tocqueville : égalité sociale et liberté politique » (1977) : « C’est un bien singulier phénomène que l’étonnant retour de fortune que connaît depuis quelques années l’œuvre de Tocqueville. Après une longue éclipse, notre temps l’a retrouvée : historiens et sociologues la consultent et la méditent ».

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« Les solidarités humanistes », sous la direction d’Obrillant Damus et Denis Jeffrey

À sa naissance, le nourrisson dépend entièrement des liens de solidarité entre les membres de sa famille pour la satisfaction de ses besoins physiologiques, affectifs et cognitifs. Ils devront également assurer sa protection face aux aléas de la vie. À l’aube de ses jours, le nouveau-né est entièrement dépendant de ses parents, mais aussi de plusieurs autres personnes – infirmières, médecins, puéricultrices, policiers, etc. – qui contribuent à lui prodiguer des soins, à le stimuler et à le protéger. En fait, son existence tient aux réseaux de solidarité entre adultes qui agissent à son égard avec bienveillance. Agissent-ils par devoir ou par intérêt ? Les motivations de chacun sont personnelles, mais le fait est que la solidarité est essentielle à sa vie, à sa socialisation, à son émancipation, à son accès à l’âge de raison. Elle engage des personnes, qui parfois ne se connaissent pas, à se mettre au service du nourrisson afin qu’il puisse faire ses premiers pas à l’abri des mauvaises surprises. En fait, à l’instar des nourrissons, nos propres existences sont conditionnelles à l’organisation de réseaux de solidarité entre un nombre incalculable de personnes qui acceptent de s’engager, par leur travail, leur bénévolat ou leurs activités sociales, pour le bien de tous.

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Anthropologie de la médecine créole haïtienne

Sous la direction d’Obrillant DAMUS et Nicolas VONARX. 2019. Éditions Academia, Louvain-La-Neuve.

Préface de Jean Benoist
Médecin et anthropologue, professeur retraité de l’Université de Montréal et de l’Université Paul Cézanne, Aix-Marseille
Comment peut-on articuler les apports de la biomédecine et ceux d’une médecine traditionnelle ? La question est souvent posée, mais elle demeure ouverte malgré bien des travaux, car les situations sont multiples et surtout parce que les différences de points de vue entre les auteurs reflètent des conceptions variées de la maladie et du soin.

Ce livre contribue à l’avancement de ce questionnement, et cela d’autant mieux que, centré sur Haïti, il s’appuie sur un monde créole. Quel autre univers culturel articule aussi bien les courants thérapeutiques qui convergent dans une société, que ce monde créole, fait d’héritages divers et de synthèses souvent très réussies ? On doit saluer le travail des auteurs et des coordinateurs de ce livre qui, sans nul doute, marquera une étape sur le chemin d’une atténuation des ignorances réciproques et d’une résolution des antagonismes.

En effet, le terme « maladie » est un objet de pensée moins précis et plus difficile à cerner qu’on le pense communément.

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« Homo vulnerabilis » Repenser la condition humaine, d’Obrillant Damus

— Préface par Monique CASTILLO, professeure retraitée de philosophie à l’université Paris Est Créteil. Spécialiste du philosophe allemand Emmanuel Kant — 

Obrillant Damus se livre à une pérégrination méditative sur la vulnérabilité, dont il fait une dimension-clé de la condition humaine. Plus profondément, il montre comment l’effort (et presque la rage) de vouloir échapper à sa vulnérabilité originaire conduit l’humanité à accumuler les maux dont elle se plaint, mais dont elle est aveuglément l’auteur, dans l’inconscience d’une quête de bonheur qu’elle croit lui être naturellement dû.
On pourrait s’attendre à une lecture dialectique de ce combat entre le rêve et la réalité, entre l’effort et la souffrance : vaincre sa vulnérabilité naturelle conduit en effet à l’invention intellectuelle et technique, les peuples créant par eux-mêmes ce que la nature ne leur donne pas. Mais cette espérance dialectique d’une conversion de la faiblesse en force n’est pas la voie qui est ici suivie ; bien au contraire, l’auteur se montre sensible à l’inaccessibilité des buts qui peuplent un imaginaire exalté : viser l’immortalité ou l’invincibilité ne conduit pas l’humanité à se transformer pour s’élever au-dessus d’elle-même, mais à accumuler des richesses toujours plus variées en même temps que des illusions toujours plus dangereuses.

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