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Minerais critiques : L’Afrique de la mine à l’usine

— Par Rodolf Étienne

Pendant plus d’un siècle, une grande partie de l’économie minière africaine a fonctionné selon une mécanique presque immuable : extraire la matière première sur le continent, l’exporter, puis laisser ailleurs l’essentiel de la transformation industrielle, de la technologie, des emplois qualifiés et de la valeur ajoutée.

Cuivre, cobalt, bauxite, lithium, graphite, manganèse, platine, terres rares : l’Afrique possède une part considérable des minerais devenus indispensables aux batteries, aux véhicules électriques, aux réseaux électriques, aux énergies renouvelables, à l’électronique et désormais aux infrastructures de l’intelligence artificielle.

Mais posséder le minerai ne signifie pas posséder toute la chaîne de valeur. C’est précisément ce que plusieurs États africains tentent aujourd’hui de changer. Selon une analyse publiée par Reuters le 10 septembre 2026, l’Afrique détiendrait environ 30 % des réserves minérales mondiales, tout en ne captant qu’environ 10 % des revenus miniers mondiaux. Le contraste résume à lui seul le problème : la richesse géologique existe, mais une part considérable de la valeur économique est créée après que la matière première a quitté le continent.

Du minerai brut au produit transformé

Le mouvement qui s’esquisse aujourd’hui est loin d’être uniforme, mais il devient continental. <p>  Lire Plus

Renaissance Africaine : La nouvelle conquête énergétique du continent

– Par Rodolf Étienne

Au moment où l’Europe redécouvre brutalement sa vulnérabilité énergétique et recherche de nouveaux fournisseurs, l’Afrique, elle, redevient l’objet de toutes les attentionsL’Afrique nouvelle devra-t-elle encore exporter ses nombreuses matières premières pour ensuite importer les produits, technologies et services fabriqués avec elles ?

Pétrole namibien, gaz tanzanien et mozambicain, cobalt congolais, cuivre, manganèse, uranium, solaire, hydroélectricité : l’Afrique possède une part considérable des ressources nécessaires au monde d’aujourd’hui comme à celui de demain.

Il suffit parfois d’une simple crise pour que les cartes que l’on croyait connaître changent brutalement de couleur ou, plus simplement, de mains. Ainsi, pendant plusieurs années, l’Europe a parlé de sortie des hydrocarbures, de neutralité carbone, d’électrification et d’économie post-pétrolière. Puis sont venues les guerres, les tensions commerciales, la rupture avec une large partie du gaz russe, les inquiétudes autour du Moyen-Orient et des routes maritimes.

Le vocabulaire a changé, change encore et changera certainement encore avec les années. On reparle de sécurité énergétique, de stocks, de raffineries, de gaz. Et, surtout, dans ce contexte nouveau, tous les regards se tournent directement vers l’Afrique.<p>  Lire Plus