Étiquette : Lydia Ramaël

Fanm-Doubout ! La Martinique épée levée !

— par Rodolf Etienne

L’épée levée… Non pour déclarer une guerre. Pour trancher dans l’oubli.

Elles sont ici vingt-cinq femmes dans une histoire beaucoup plus vaste. De celles qui ont arraché leur place à l’invisibilité, pris la parole, occupé le pouvoir, transformé nos représentations ou porté le nom du pays Martinique bien au-delà de ses rivages.
L’histoire de la Martinique a longtemps eu cette étrange manière de conjuguer la femme au quotidien et l’homme à la postérité. La femme tenait la famille, le marché, le commerce informel, l’éducation, la transmission, parfois l’habitation, souvent les comptes domestiques, fréquemment la survie elle-même. Mais quand venait le temps de graver les noms dans la pierre, l’histoire redevenait étrangement masculine comme étrangement muette.

Césaire, Fanon, Glissant, Aliker, Lagrosillière, Gratiant sont immenses ! Mais pendant ce temps-là, Paulette Nardal pensait déjà le monde noir ! Suzanne Césaire bouleversait la pensée antillaise ! Jane Léro organisait les femmes ! D’autres préparaient leurs batailles !

Paulette Nardal – avant que la Négritude ne porte son nom

Il faudra peut-être encore longtemps réparer cette injustice. Quand on raconte la naissance de la Négritude, trois hommes apparaissent immédiatement : Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor et Léon-Gontran Damas. <p>  Lire Plus

Féminisation du discours!

— Par Muriel Ameller, George Arnauld, Huguette Bellemare, Lydia Ramaël —

langue_sexiste« Les hommes qui agissent dans notre pays »… « Les grands hommes qui font ce pays »… « Bonjour à tous »… « Les hommes politiques »… «Bonsoir chers téléspectateurs »… « Ceux qui nous ont fait le plaisir d’être là aujourd’hui » (il y a 80% de femmes !)… Et même, pour le comble, cette interpellation : « Messieurs les hommes politiques ! »…

… Pourtant grâce à d’âpres et courageuses luttes individuelles et collectives, les femmes ont conquis l’accès à tous les postes professionnels, politiques et économiques. Mais ce langage commun refuse d’enregistrer ces avancées.

Cependant, aujourd’hui, de plus en plus, les femmes se révoltent contre ce déni et réclament la féminisation des titres, des appellations et des discours, ce qui est d’ailleurs inscrit dans la loi. Les femmes veulent sortir de cet exclusivement masculin que l’on prétend neutre (ex : « tous »)  ou générique (« homme avec un grand H » !), mais dans lequel elles se sentent niées. Pourquoi ?

C’est que ce langage ne reflète pas la réalité de la société : numériquement, nous sommes la moitié de la population, et nous sommes présentes dans toutes les professions.<p>  Lire Plus