Étiquette : Leslie Cheung

Aimer à se perdre : errance et vertige dans « Happy Together » de Wong Kar-Wai

Mardi 31 mars | 17h| Madiana | |

— Par Hélène Lemoine —

Avec Happy Together, Wong Kar-Wai poursuit son exploration des amours impossibles en la déplaçant loin de son territoire habituel. En choisissant de tourner à Buenos Aires, il ne se contente pas de changer de décor : il inscrit son récit dans une logique d’exil, de déracinement, où les personnages, coupés de tout, se retrouvent face à eux-mêmes et à l’échec de leur relation. Ce déplacement géographique devient ainsi le prolongement d’un déplacement intérieur, celui d’un amour qui ne trouve plus sa place nulle part.

Le film raconte l’histoire de Lai Yiu-fai et Ho Po-wing, incarnés par Tony Leung Chiu-Wai et Leslie Cheung. Leur relation est marquée par une dynamique de répétition presque tragique : ruptures brutales, réconciliations fragiles, promesses illusoires de recommencer « à zéro ». Mais ce recommencement est un leurre, une illusion qui masque mal l’impossibilité de transformer réellement leur lien. Wong Kar-Wai filme ainsi un amour qui se consume dans son propre mouvement, incapable de se stabiliser, condamné à osciller entre dépendance et rejet.

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« Les cendres du temps », un film de Wong Kar-Wai

Lundi 28 avril – 14h | Mardi 29 avril – 19h | Madiana
Avec Leslie Cheung, Brigitte Lin Ching-hsia et Tony Leung Chiu-Wai
En Compétition Officielle – Festival de Cannes 2024
1996 | 1h40 | VOSTFR | Drame historique, Action
Synopsis :
Depuis que la femme qu’il aimait l’a quitté, Ouyang Feng vit seul dans le désert de l’Ouest, engageant des tueurs à gages experts en arts martiaux pour exécuter des contrats. Son coeur meurtri l’a rendu cynique et sans pitié, mais ses rencontres avec amis, clients et futurs ennemis vont lui faire prendre conscience de sa solitude.

La presse en parle :
Critikat par Anne-violaine Houcke
Dans la filmographie de Wong Kar Wai, Les Cendres du temps, sorti en 1994, fait figure de mouton noir. Une réalisation éreintante (deux ans d’aller-retour entre Hong Kong et le désert de Yuli en Chine), un budget explosé, un accueil critique et public décevant. Le cinéaste hongkongais n’aurait peut-être pas dû s’essayer au wuxia pian (film de sabre) ?[1] Près de quinze ans plus tard, Wong Kar Wai revient vers un film menacé : trop de versions non reconnues par le cinéaste circulent, les négatifs sont dans un état lamentable, il faut partir à la recherche des copies existantes.

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