Étiquette : Layla Zami

Oxana Chi danse d’île en île

— Par Layla Zami —

neferet_itiVendredi 12 décembre 2014 à 19h

La Maison des Arts / La Maison Rouge
1, rue Amédée Knight
Quartier Terres Sainville
97200 Fort-de-France
Entrée libre

Pour cette création originale, Oxana Chi nous invite à voyager sur les pas d’une icône africaine. Fidèle à l’image de la pharaonne égyptienne connue sous le nom de Nefertiti – dont le nom originaire, Neferet iti, signifie « La beauté est venue », la danseuse germano-nigériane déploie toute la grâce de son art pour narrer l’histoire de cette célèbre figure.

Cette géopoét(h)ique dansée tisse de multiples inspirations. Capoeira, danse spirituelle soufie, danses ouest-africaines, hip-hop, et Raks Sharki égyptien, sont autant de sources dans lesquelles la chorégraphe puise pour s’exprimer dans son propre langage, une fusion contemporaine et colorée. Un mélange qui prouve qu’ Oxana Chi porte bien son nom qui signifie « l’énergie voyageuse ».

Le buste de Nefertiti est enfermé depuis 102 ans dans un musée allemand. L’Allemagne, méprisant les demandes de restitution de l’Egypte, tire un grand profit lucratif de cette icône qui attire les touristes du monde entier.

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« On t’appelle Vénus » : Rendre sur scène son corps à Sawtche

—Par Layla Zami —

 

 

Un texte écrit d’oralité retrouvée
par Layla Zami
http://www.laylazami.net

A chanter de vive voix ou à murmurer tout bas

Un quart. de tour.
Encore un quart. Encore un puis un autre !
« On » en a fait le tour.
La danseuse tourne…
Public jeté d’emblée, sans détour, dans le rôle
de celles et ceux qui ont tué, violé, volé de leurs regards, gestes et paroles,
le corps et la vie de Sawtche.

Même après sa mort
Les scientifiques – scienti-fric
Dépecèrent le corps
L’étiquetèrent, sans éthique.

Chantal Loïal est sur scène.
La foule moqueuse et haineuse, projetée en bande sonore, met le public mal à l’aise. Se reconnaîtrait-on dans les moqueries et voix aigres ? Plus tard au cours du spectacle, l’artiste dira « la danseuse aux grosses fesses » et certain-e-s étoufferont leur embarras dans un rire inachevé. Elle joue de l’ambiguïté entre elle et Sawtche pour révéler les continuités entre aliénations contemporaines et oppressions du passé.

Qui d’autre qu’une artiste peut éveiller dans un même temps, compréhension et stupéfaction ? Colorer de beauté une laide réalité d’enfermement et d’humiliation ?

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