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Un regard persan sur le genre et l’exil

« Il pourra toujours dire que c’est pour l’amour du prophète »

de Gurshad Shaheman

— Par Roland Sabra —

Il a tatoué sur l’avant-bras le nom de son amant , Mohamad : Il pourra toujours dire que c’est pour l’amour du prophète ! Gurshad Shaheman a composé son oratorio profane à partir d’une vingtaine de témoignages recueillis au dictaphone de Beyrouth à Athènes. Nour est comédien. Nowara était enfant star à la télé irakienne, du temps où elle était encore un garçon. Yasmine avait dix-sept ans quand après avoir gagné un concours de mannequins organisé par l’Agence Elite à Agadir son engagement par l’agence fût refusé parce qu’elle était transsexuelle. Il y a aussi Elliott, Lawrence, Hamida et bien d’autres. Ils viennent du Proche-Orient ou du Maghreb et s’ils ont tous quitté leur pays ce n’est pas tant à cause d’une guerre ou d’un conflit armé —cause aggravante — que pour enfin pouvoir exprimer leurs émotions, leurs sentiments, leurs idées et jouir enfin de leurs identités intimes, sexuelles et intellectuelles.

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Avignon 2018 : »Il pourra toujours dire que c’est pour l’amour du prophète », texte et conception Gurshad Shaheman .

— Par Isabelle Monpezat —

Simple spectatrice du festival d’Avignon et curieuse de lire les nombreuses critiques de Madinin’Art, j’ai lu avec intérêt l’article de Selim Lander sur le spectacle « Il pourra toujours dire que c’est pour l’amour du prophète ». Je souhaite partager mes impressions sur ce spectacle qui m’a beaucoup touché.

Dans son spectacle, le comédien et metteur en scène d’origine iranienne Gurshad Shaheman traite de deux thèmes centraux du festival : la migration et le genre. Il nous livre les récits d’artistes et membres de la communauté LGBT qui doivent fuir leur pays à cause de leurs idées ou de leur identité sexuelle (« des histoires de guerre mais aussi d’amour »).

Gurshad Shaheman est allé à Athènes et à Beyrouth recueillir les paroles auprès d’exilés issus du Moyen-Orient ou du Maghreb. A partir de ce matériau, il a réécrit pour obtenir cette pièce de théâtre dans laquelle dix-huit jeunes interprètes s’adressent à nous par la parole et une gestuelle simplifiée au maximum. Quatorze sont des comédiens (de l’Ensemble de l’Ecole Régionale d’Acteurs de Cannes et Marseille – ERACM) et quatre sont des personnes concernées par l’exil.

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