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Entre douleur et dissonance : une mère en quête d’elle-même dans « Mère prison »

La salle Frantz Fanon de Tropiques-Atrium affichait complet pour Mère prison, texte d’Emmelyne Octavie mis en scène par Aristide Tarnagda. Une affluence qui témoigne d’une attente forte autour de cette œuvre ancrée dans une réalité sociale contemporaine, celle des familles confrontées à l’incarcération.

Au cœur de la pièce, une figure maternelle, interprétée par Rita Ravier, dont la vie s’organise autour de rituels éprouvants : le mardi pour visiter son fils aîné, condamné pour meurtre, le jeudi pour le second, impliqué dans un trafic de drogue. Entre ces deux mondes carcéraux, elle tente de maintenir un semblant d’équilibre auprès de son dernier fils, reclus dans une adolescence figée, happé par des jeux vidéo violents et par la peur de reproduire le destin de ses frères.

La première partie de la pièce installe avec justesse cet univers répétitif et oppressant. Structurée en une série de scènes brèves, la dramaturgie épouse la mécanique implacable des trajets, des contrôles et des parloirs. Les gestes se répètent, les dialogues s’enchaînent, et une forme de lassitude s’installe, sans être dénuée de sens : elle reflète l’enfermement psychique autant que physique.

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« Mère Prison », texte d’Emmelyne Octavie, m.e.s. d’Aristide Tarnagda

Mardi 17 mars – 19h30 | Tropiques-Atrium

La pièce Mère prison, écrite par l’autrice guyanaise Emmelyne Octavie et mise en scène par Aristide Tarnagda, propose une plongée poignante dans l’univers carcéral et ses répercussions sur les familles. À travers une écriture sensible et percutante, la pièce met en lumière le combat quotidien d’une mère confrontée à l’incarcération de ses fils et à la violence d’un système qui enferme bien au-delà des murs de la prison.

Résumé de la pièce

Au cœur de Mère prison se trouve une mère qui, deux fois par semaine, rassemble son courage pour rendre visite à ses fils en prison. Le mardi, elle prend le bus pour voir son fils aîné, incarcéré pour meurtre. Le jeudi, elle se rend au parloir pour son deuxième fils, accusé de trafic de drogue.

Entre ces visites éprouvantes, elle tente de maintenir une vie ordinaire. À la maison, son dernier fils passe ses journées à jouer à des jeux vidéo violents, refusant de grandir par peur de suivre la même trajectoire que ses frères.

Malgré les sacrifices qu’elle consent, cette mère devient la cible de la colère et des reproches de ses fils.

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« La petite fille que le soleil avait brûlée », d’Andrise Pierre, m.e.s. Rita Ravier

Mardi 5 novembre à 19h |Terre d’Arts | Parc de Tivoli

« La petite fille que le soleil avait brûlée » d’Andrise Pierre est une pièce de théâtre qui explore la violence patriarcale, la culture du viol et le silence imposé aux femmes dans une société fortement marquée par des traditions répressives. Le texte raconte le retour d’une nièce, qui revient dans son pays natal pour faire une demande particulière à sa tante Yole : porter sa robe de mariée lors de son propre mariage. Cependant, cette robe, tachée de sang et déchirée, ouvre la porte à une réflexion sur la vie de Yole, son histoire personnelle et les stigmates d’une société qui soumet les femmes à une oppression constante.

Lire aussi : Belle rencontre avec les textes d’Andrise Pierre, à Tivoli — Par Roland Sabra —

À travers les souvenirs de Yole et les témoignages de son entourage, la pièce met en lumière les conséquences de la domination masculine et des violences sexuelles, souvent banalisées ou ignorées dans le discours social. La métaphore de la robe de mariée devient ainsi un symbole de malheur, de souffrance et d’emprisonnement dans des codes sociaux qui étouffent la liberté des femmes.

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« Des veuves créoles », conception & m.e.s. Karine Bénac

Les 28 et 29 avril prochains, à 18H, au gymnase du campus de Schoelcher.

D’après « Les veuves créoles », première comédie dramatique martiniquaise , anonyme, de 1768

Projet de recherche-création porté par Karine Bénac, labellisé et subventionné par La Fondation pour la Mémoire de l’Esclavage

Comment mettre en scène aujourd’hui la première comédie martiniquaise anonyme, 1768 (rééditée en 2017 par Julia Prest), en Martinique, avec des étudiant.e.s du campus ?

Comment représenter l’irreprésentable, l’arrière-plan esclavagiste et colonialiste, à peine suggéré ou effleuré dans cette comédie ? Comment s’approprier ces rôles de colons créoles quand on est un.e jeune étudiant.e.s martiniquais.e/brésilienne/guadeloupéen ? Quelle voix, quel corps, quelles tenues vestimentaires leur prêter ?

Comment rendre compte de l’imbrication intime entre regard du.de la maître.sse, et de l’esclavisé.e ? De l’intrication entre musique et danse des maîtres et des esclavisé.e.s ?

Des processus de créolisation ?

Quelle comédie et quel comique pouvons-nous écrire scéniquement aujourd’hui, à partir des improvisations des étudiant.e.s dirigées par la metteuse en scène, dans ce travail dramaturgique de patrimonialisation/matrimonialsation issu de la recherche création ?

Jusqu’où le rire peut-il aller, et de quel rire s’agit-il ?

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