Tag Archive for Georges Perec

Cinq choses à savoir sur l’OuLiPo, le groupe littéraire mis en lumière par le Goncourt 2020

Hervé Le Tellier, lauréat du Goncourt 2020, est président de l’OuLiPo, un atelier de littérature expérimentale dont l’objectif est de jouer avec les contraintes linguistiques et d’en inventer de nouvelles.

Lauréat du Goncourt 2020 pour L’Anomalie, Hervé Le Tellier a permis de mettre en lumière l’OuLiPo, un atelier de littérature expérimentale à l’illustre passé, dont il est le président. L’objectif de ce rendez-vous : s’amuser avec les contraintes linguistiques et littéraires pour proposer des textes amusants et innovants. Les papous dans la tête, l’émission culte de France Culture où l’on s’amusait à manier le langage sous la contrainte d’une règle, s’inspirait par ailleurs largement de ses principes fondateurs. Cinq choses à savoir sur ce groupe littéraire peu commun.

Il existe depuis 1960

A l’automne 1960, un petit groupe de « poètes scientifiques » se rassemble autour du poète Raymond Queneau et de son ami le mathématicien François Le Lionnais, sous le nom d' »OUvroir de LIttérature POtentielle » (OuLiPo), littéralement atelier pour fabriquer de la littérature.

Dès l’origine, le groupe rassemble des amis et critiques de Raymond Queneau.

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Avignon 2016 (17) : « Quel petit vélo… ? »

 

Perec un extremis

— Par Selim Lander —

Perec Georges était un drôle de Quel petit vélozozo même qu’il aurait eu octante ans cette année, ou huitante, c’est selon, si des fois qu’il avait pas tiré sa révérence bien trop tôt, même qu’il est pas arrivé jusqu’au demi-siècle, lui qu’avait tant le talent pour faire immortel. Paraît qu’il était pas trop joyeux au fond de lui mais ça l’a pas empêché d’écrire pour faire marrer ses lecteurs. Et je suis pas « un psychanalyse », comme qu’il disait, mais je sais bien, moi, qu’il devait bien rigoler, lui aussi, quand il écrivait des choses comme les Choses dont je vous ai causé dans une précédente chronique. Juste en face des Hauts-Plateaux, dans ce théâtre consacré à la belgitude où ce qu’on joue Ils tentèrent de fuir, ce qui ne signifie rien mais comme je vous l’ai eu expliqué dans ladite chronique, c’est d’une modernisation des Choses qu’il s’agissait.

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Avignon 2016 (12) : « ESPÆCE », « Looking for Alceste », « Sous la  glace »

Par Selim Lander

EspaeceESPÆCE

Le décor fait son théâtre

Le IN est un lieu d’expériences, ce qui ménage de bonnes comme de moins bonnes surprises. ESPÆCE d’Aurélien Bory fait partie des très bonnes. Son titre combine les deux termes du texte de Perec, Espèce d’Espace, dont A. Bory dit s’être inspiré, particulièrement de sa dernière phrase :

« Ecrire : essayer méticuleusement de retenir quelque chose, de faire survivre quelque chose : arracher quelques bribes au vide qui se creuse, laisser quelque part un sillon, une trace, une marque ou quelques signes »

La proposition est très générale et l’on pourrait l’illustrer de multiples façons. Dans ESPÆCE les traces sont non-verbales et quand des chants se font entendre on n’en comprend pas les paroles. Si ce spectacle est à classer dans le théâtre d’objets, l’expression n’est pas à prendre au pied de la lettre, de la lettre « S » précisément, puisqu’il n’y a ici – en dehors du prologue, un ballet de trois barres de fer suspendues horizontalement, aussi longues que la scène de l’Opéra d’Avignon est large – qu’un seul objet, mais géant : le décor, soit au départ  un simple mur gris qui ferme toute la scène (on imagine donc son ampleur).

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Avignon 2016 (2) : « Un Tramway nommé désir », « Ils tentèrent de fuir », « 6 a.m. »

— Par Selim Lander —

TramwayUn Tramway nommé désir 

En attendant d’assister au spectacle grec curieusement nommé 6 a.m. – How to disappear Completely et qui se tient en fait à 6 p.m. (18 h), nous nous sommes laissé tenter par le Tramway… de Tennesse Williams, attiré en particulier par la tête d’affiche, Francis Lalanne, dans le rôle de Kowalski, le mari de Stella, la sœur de Blanche. Stella est la figure centrale de la pièce, celle autour de qui se noue la rivalité entre les deux autres protagonistes. Mais Stella n’intéresse pas le spectateur : elle est trop sage, trop lisse, trop naïve. Il en va autrement des deux autres, les faux durs, Kowalski, dit « le Polak » par Blanche, un être frustre mais dont les colères sont dévastatrices, et Blanche, dite « dame Blanche » par Kowalski, élégante, hautaine avec l’humour qu’il faut et un physique à damner un saint. Ils ne sont pourtant que de faux durs comme la pièce le fait découvrir progressivement.

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Avignon 2015 (11) : Perec, Ionesco

— Par Selim Lander —

Deux grands auteurs « comiques » du XXème siècle qui, chacun à sa manière, ont dénoncé le totalitarisme.

W ou le souvenir d’enfance

w-perecMarie Guyonnet, la directrice du théâtre La Boderie, a déjà adapté il y a quelques années L’Art et la manière d’aborder son chef de service pour lui demander une augmentation de Georges Perec. Elle revient à cet auteur avec l’adaptation, cette fois, de W ou le souvenir d’enfance, un texte qui mêle autobiographie et fiction. Elle utilise à nouveau quatre comédiens (dont deux figuraient déjà dans l’Augmentation). Le décor est constitué au départ par des colonnes de bambou, qui pourront être déplacées, recomposées en fonction des besoins pour construire un bateau, un portique, dessiner une étoile jaune, etc.

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