— Par Rodolf Étienne
Pendant quinze ans, la question des sargasses a été formulée presque toujours de la même manière : comment ramasser plus vite ? En 2026, elle a inexorablement changé.
Au Robert, au François, au Vauclin, au Marigot ou à Trinité, les habitants ne demandent plus seulement que les algues soient retirées. Les communes ne demandent plus seulement des tractopelles. Les parlementaires ne réclament plus seulement quelques millions supplémentaires dans le prochain budget.
Une question beaucoup plus profonde apparaît : qui doit payer lorsqu’un phénomène autrefois exceptionnel devient une charge permanente pour un territoire ? Cette interrogation traverse aujourd’hui les prises de position des élus, les mobilisations des collectifs de riverains, les rapports des institutions de contrôle et la préparation du troisième Plan Sargasses.
Elle touche au partage des responsabilités entre communes, intercommunalités, Collectivité territoriale de Martinique, État, Europe et, de plus en plus, aux droits des particuliers eux-mêmes. Car la facture ne s’arrête pas au rivage. Elle entre désormais dans les maisons, les entreprises, les écoles, les budgets communaux et les patrimoines familiaux.
Au Robert, le conflit a changé de nature
Le début de l’année 2026 constitue probablement un tournant. Lire Plus

— Par Michel Herland —
Dans un contexte de crise économique qualifiée par certains de structurelle, les Français assistent à une sorte de translation de responsabilités de la collectivité publique nationale vers les collectivités territoriales. D’aucuns s’imaginent qu’il s’agit d’un processus de nature à mieux prendre en compte les intérêts des hommes et des femmes, mais en réalité il procède de la démarche générale qui consiste pour l’Etat central à se retirer sur la pointe des pieds. S’il est juste de placer la régionalisation – décentralisation de 1982-1983 dans le vaste mouvement commencé en 1960 par la déconcentration, il n’en reste pas moins que la réforme de 2003 s’inscrivait déjà dans une approche plus insidieuse. La création des Services extérieurs de l’Etat (DDE, DDASS, DDA,…) tels que désignés jusqu’à une date récente et le renforcement des pouvoirs préfectoraux répondaient en effet à une volonté d’efficacité au profit du citoyen. La décision prise au plus près des populations correspondait dès lors davantage aux besoins, et ce dans un temps plus court. Dans ce cadre juridique, l’Etat demeurait le seul responsable du développement en termes d’équipement et de dynamisation des activités économiques. 




