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Édouard Duval-Carrié «  Décolonisons le raffinement » : exorcisme pictural

— Par Christian Antourel & Ysa de Saint-Auret —

L’exposition réunit une unité d’œuvres aux temporalités proportionnées, exclusivement dédiées à la dimension fondatrice et manifeste du travail d’Edouard Duval-Carrié : la peinture.

La nouveauté comme alternative à l’histoire et au passé. L’important n’est pas ce qu’on a fait de nous mais ce que nous faisons avec ce qu’on a fait de nous. Ce postulat quelque peu psychanalytique s’illustre ici parfaitement car «  cette histoire n’est pas un fardeau mais une mémoire active et une libération qui nous permettent d’affronter le présent » cette exposition interroge en ceci qu’elle nous permet de rattacher l’art à l’actualité par les liens ténus imperceptibles du regard que nous posons sur elle. Le travail de l’artiste s’inscrit dans une démarche à deux pendants, d’une part l’homme caribéen et son histoire , d’autre part l’humain dans sa globalité et son rapport à la nature. Bien sûr l’utilisation du folklore Caribéen a beaucoup à voir dans cela, mais dans l’œuvre d’Edouard Duval-Carrié, elle sert de vecteur à la question plus large de ce qu’est l’homme dans son environnement.

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Une « exposition d’expérimentation » d’Edouard Duval-Carrié : Décolonisons le raffinement.

— Par Michèle Arretche —

Édouard DUVAL-CARRIE est un peintre sculpteur haïtien né à Port-au-Prince en 1954, qui réside actuellement à Miami. Très connu à l’étranger il a exposé aux Etats Unis, au Mexique et en Europe. En 2014 il a été un des plasticiens à l’exposition « Haïti deux siècles de création artistique » au Grand Palais à Paris.

Son art est profondément ancré dans l’univers symbolique de l’Haïtien ordinaire, il a appris avec des maîtres de l’art haïtien au Centre d’Art de Port-au-Prince.

Il nous l’affirme lors de son interview avec Anthony BOGUES (1), il voulait quelque chose de nouveau, mais comme on ne peut pas réinventer la roue, il reprend des choses qu’il déjà faites, déjà peintes et les rénove, les revoit au prisme d’internet, les modifie, joue avec elles, leur fait subir toutes sortes de métamorphoses grâce à de nouveaux supports et nous présente cette exposition qui réunit ses anciennes réflexions avec un fort parfum de modernisme.

Et c’est effectivement un émerveillement raffiné qui nous attend dans la « Nef » de la Fondation Clément.

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« Décolonisons le raffinement » : de la culture et du sucre…

Du 24 août au 17 octobre 2018 à la Fondation Clément

«Décolonisons le raffinement» Pour ne pas le laisser aux colons ? Pour se l’approprier ? Pour en inventer une autre vision ? Une autre forme ? On peut lire ainsi le titre de l’exposition d’Édouard Duval-Carrié visible jusqu’au 17 octobre 2018 à la Fondation Clément, tant la méticulosité dont l’artiste fait preuve dans la composition de ses œuvres est une évidence. Un travail soigné, une grande précision, exigeant dans le moindre détail, englobant dans le tableau une attention particulière au cadre sont des caractéristiques du travail d’ Édouard Duval-Carrié. Il en est d’autres plus essentielles. Raffinement ? Le mot émerge dans la langue au moment où la source principale de la richesse européenne provient de la culture de la canne. Sucre et culture raffinés procéderaient-ils d’une même origine ?

Né à Port-au-Prince, sa famille fuit le régime de Duvalier, se réfugie à Porto Rico puis au Canada où il obtient un baccalauréat es art avant de s’exiler à Paris où il s’inscrit à l’ École nationale supérieure des beaux-arts de Paris en 1988.

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« Décolonisons le raffinement » exposition d’Édouard Duval-Carrié

Du 24 août au 17 octobre 2018 à la Fondation Clément

Dans la Caraïbe, les affrontements, les reconfigurations et l’invention de la nouveauté ont façonné l’existence.
Édouard Duval-Carrié bouleverse cette logique avec une pratique profondément ancrée dans l’univers symbolique haïtien mais qui peut être aussi vue comme « la réinvention de la nouveauté » faite de répétitions, d’adaptations, de ruptures mais aussi de multiplicité. Les œuvres présentées dans cette exposition participent au bouleversement du passé délibérément créé par l’artiste dans une tentative de créer un vocabulaire visuel distinct afin de produire une histoire visuelle de la Caraïbe. Cette histoire n’est pas un fardeau mais une mémoire active et une libération qui nous permettent d’affronter le présent.
Édouard Duval-Carrié s’intéresse aussi à la façon dont l’entité humaine est devenue le siège de sa propre destruction.
Il présente des hommes hybrides, dépourvus de chair humaine, avec des plantes leur poussant sur la tête. Ce sont des adaptations du soukougnan, une créature maléfique de la mythologie caribéenne qui se débarrasse de sa peau pour rechercher ses victimes.

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