Étiquette : danse contemporaine

Agenda culturel du 31 octobre au 8 novembre 2026

Du 31 octobre au 8 novembre 2026, la Martinique déploie une programmation culturelle où se croisent danse contemporaine, théâtre caribéen, musique, arts plastiques et célébration de la langue créole.

De Fort-de-France au Vauclin, du François aux Trois-Îlets, cette première semaine de novembre offre l’occasion de découvrir des artistes, de revisiter les mémoires et de faire vivre les lieux culturels de l’île.

Samedi 31 octobre : la danse donne le ton, le créole prend la parole

La Biennale de danse de Martinique « L’Intervalle » referme son édition 2026 avec Estranha forma, une création de la chorégraphe portugaise Catarina Barbosa, présentée à 19 h 30 à Tropiques Atrium, salle Frantz-Fanon, à Fort-de-France. À partir d’un souvenir domestique, celui d’une femme épluchant des pommes de terre tandis que les hommes attendent leur repas, la chorégraphe transforme les gestes ordinaires en langage de contestation. Entre le fado portugais, les mouvements du quotidien et l’affirmation d’un corps qui refuse les rôles imposés, cette proposition interroge les constructions sociales de la féminité. Tarifs : 8, 15 et 20 euros.

  • À Ducos, la cinquième édition de la Dikté Kréyol se tient dès 8 h 30 au réfectoire de l’école Yolande Sainte-Rose.
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Agenda culturel en Martinique (27 – 30 octobre 2026)

La Martinique poursuit sa saison culturelle avec une programmation particulièrement diversifiée du mardi 27 au vendredi 30 octobre 2026.

La première édition de la Biennale de danse « L’Intervalle », le XVIIe Colloque international des études créoles, plusieurs concerts, des spectacles d’humour, des expositions et des rencontres littéraires composent ces quatre journées.

De Fort-de-France à Sainte-Marie, du Lamentin à Saint-Joseph, Madinin’Art vous propose une sélection des rendez-vous annoncés, avec leurs horaires et leurs informations pratiques.

Mardi 27 octobre — Gospel, humour et ouverture de la Biennale

Fort-de-France — Chérubins Gospel : La Voix de l’Espoir. Le Grand Carbet du Parc culturel Aimé Césaire accueille à 20 h le spectacle La Voix de l’Espoir, proposé par Chérubins Gospel, ensemble vocal célébrant quarante années de parcours artistique. Le spectacle réunit gospel, théâtre et danse autour d’une création musicale et scénique consacrée à l’espérance et à la transmission. Lieu : Grand Carbet, place José-Marti, Fort-de-France. Tarifs : à partir de 30 €. Billetterie sur Bizouk.

Fort-de-France — Open Mic au Free Comedy Club. La scène ouverte du Free Comedy Club donne rendez-vous à 19 h 30 aux amateurs d’humour et de stand-up, forme de spectacle dans laquelle un artiste s’adresse directement au public.  Lire Plus

« L’Intervalle » : La Martinique au-delà des frontières

  • par Rodolf Etienne

Du 27 au 31 octobre 2026, la Biennale de danse de Martinique revient sous une forme renouvelée, portée par La Maison Rouge et la chorégraphe Christiane Emmanuel.

Entre bèlè, danses urbaines, créations contemporaines et rencontres internationales, cette renaissance interroge la place des femmes dans les arts, la transmission des patrimoines corporels et les conditions d’existence de la création chorégraphique martiniquaise.

La danse comme territoire de liberté

Il existe des histoires que les mots ne suffisent pas à raconter. Des blessures que le langage peine à nommer, des mémoires qui se transmettent sans archives, des émotions qui traversent les générations et trouvent dans le mouvement une forme singulière d’expression. La danse appartient à ces langages essentiels. Elle engage le corps tout entier dans une expérience qui peut devenir esthétique, sociale, intime et politique.

En Martinique, cette dimension prend une résonance particulière. Le mouvement dansé participe d’une histoire où se rencontrent les héritages africains, les bouleversements de la société coloniale, les pratiques populaires, les créations urbaines et les expérimentations contemporaines.

Du bèlè aux écritures chorégraphiques les plus récentes, les corps demeurent des lieux de transmission, d’invention et parfois de résistance.

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Neuvième Biennale de danse : « Tel quel » par le CCN de Tours

— Par Selim Lander

« Je te clame à tout vent futur roi buccinateur d’une lointaine vendange » (Aimé Césaire)

Ils sont quatre jeunes du Centre chorégraphique national de Tours, deux danseurs grands et minces, affublés de la barbiche « hypster » de rigueur et deux danseuses de proportion plus modeste (et heureusement sans barbiche !) Ces quatre jeunes gens se produisent dans une pièce intitulée Tel quel chorégraphiée par Thomas Lebrun, une œuvre passionnante par ce qu’elle nous révèle des tendances d’une certaine danse contemporaine. L’expression corporelle, le mime, le music hall sont mobilisés tour à tour, reléguant souvent au second plan la danse stricto sensu. On se prenait même à penser que cette pièce aurait pu tout aussi bien trouver sa place dans un spectacle labellisé « nouveau cirque ». C’est dire combien nous sommes loin de la définition courante du « ballet ».

Les CCN sont des lieux d’expérimentation, Tel quel en est un exemple particulièrement réussi. Cela commence par une marche militaire comme on voit également sur certains plateaux où la danse se conjugue avec le théâtre, par exemple dans le si remarquable Bestie di scena d’Emma Dante[i].  Lire Plus

« Abstraction » – Quand le hip-hop rejoint la danse contemporaine

— Par Selim Lander —

Abstraction (affiche)Scotché, nous étions ! Mais que se passe-t-il donc en Martinique ? Pourquoi la grande salle de l’Atrium ne débordait-elle pas ce 30 mai 2015 ? Un samedi soir qui plus est – au jour et à l’heure où, traditionnellement, on « sort » ! –, alors que le programme était propre à réunir aussi bien les plus jeunes (le hip-hop) que les plus âgés (le bélé programmé en deuxième partie). Et pourquoi, surtout, la première partie n’a-t-elle pas suscité davantage d’enthousiasme de la part des spectateurs présents, alors qu’il s’agissait d’une représentation de classe internationale ? Certes, il y eut des applaudissements, et même nourris, mais ils se sont interrompus bien plus vite qu’ils n’auraient dû.

Scotché, nous étions: par Abstraction, la pièce de hip-hop. On se fait trop facilement des idées sur une pratique considérée souvent davantage comme un sport que comme un art. Tout le monde a vu, une fois ou l’autre, des adeptes de cette forme d’expression s’exhiber sur un coin de trottoir. On admire éventuellement la prouesse physique et, le plus souvent, on ne va pas chercher plus loin.  Lire Plus