Étiquette : création artistique

Marc Alie : Architecte des mots et des formes

  • par Rodolf Etienne

Écrivain, architecte, musicien et pionnier des radios libres, Marc Alie a traversé plusieurs décennies de création martiniquaise en refusant de s’enfermer dans une seule discipline.

Derrière les édifices qui ont marqué le paysage de l’île se découvre un auteur dont l’œuvre littéraire mérite aujourd’hui d’être relue. 

Marc Alie appartient à la catégorie d’artistes dont le parcours oblige à franchir les frontières habituelles entre les disciplines.

Né en 1944 à Nausselles, dans l’Aveyron, et décédé le 8 novembre 2020 à Paris, Marc Alie a consacré une part essentielle de son existence à la Martinique, où son nom demeure associé à plusieurs réalisations architecturales. Chez lui, la création semble avoir répondu à une nécessité constante : inventer des formes, interroger le monde et proposer d’autres manières de l’habiter.

L’architecture comme expérience de liberté

Diplômé de l’École spéciale d’architecture, Marc Alie a été marqué par les recherches de Claude Parent et Paul Virilio, notamment autour de la fonction oblique, qui entendait bouleverser les conceptions traditionnelles de l’espace. Inscrit à l’Ordre des architectes en Martinique dès 1973, il a participé à plusieurs projets importants, parmi lesquels les logements sociaux des Hauts du Port, à Fort-de-France, et le centre administratif de l’ancien conseil général.  Lire Plus

Marie-Paule Désert : Kalinaga, de la tortue au palmier royal

— par Rodolf Étienne

Il y a déjà plus de treize ans, nous avions découvert Marie-Paule Désert, dite Kalinaga à l’occasion de son exposition Les Chemins de tresses, présentée en 2013 au Musée départemental d’Archéologie de Fort-de-France.

La palme y occupait une place centrale. Non pas simplement comme support, mais comme matière vivante, comme fragment de territoire, comme élément susceptible de porter une mémoire.

Treize ans plus tard, cette intuition demeure au cœur de son travail. Elle s’est même élargie, ramifiée, enrichie de nouvelles pratiques où se croisent création plastique, environnement, transmission, musique et patrimoine.

Chez Marie-Paule Désert, les frontières sont en effet peu étanches. La peinture rencontre le tressage ; le végétal devient support artistique ; la flûte des mornes rejoint le ti-bwa ; la calebasse et le chacha entrent dans un univers où l’objet n’est jamais complètement dissocié du geste qui permet de le produire.

Sa pratique semble ainsi partir d’un principe simple : créer avec ce que le territoire offre, mais aussi avec ce qu’il risque de perdre. La tortue marine occupe dans cette démarche une place singulière.  Lire Plus