Étiquette : Christian Jean-Etienne

Victor Anicet parti, la Martinique perd un Trésor…

— Par Christian Jean-Étienne, pour le Comité Devoir de Mémoire. —

Victor nous semblait éternel.
La nouvelle est tombée le lundi 26 octobre, comme un véritable coup de massue !
Victor nous laisse une œuvre considérable, imprégnée des héritages amérindiens et caribéens, chargée de l’histoire et de la mémoire de la Martinique.

Plasticien, céramiste, peintre, enseignant et figure majeure de l’art martiniquais, il n’avait de cesse de valoriser et de transmettre, à sa manière, l’histoire de la Martinique, celle du monde amérindien, de l’esclavage, du marronnage, de la colonisation et de la complexité de notre société martiniquaise.
Le Comité Devoir de Mémoire de Martinique perd un ami, un grand frère. Il partageait notre quête identitaire, et nous avions en commun cette volonté de sortir notre histoire de l’oubli et de lutter contre l’amnésie collective.
Chaque fois que nous l’avons sollicité pour participer à l’une de nos actions, il a accepté sans hésiter.
« Ouvrons la rue de la Liberté », en juillet 1998, à Fort-de-France. Pour célébrer le 150e anniversaire de l’abolition de l’esclavage, nous avons organisé un happening de rue, une nuit de veillée au cours de laquelle les artistes ont apporté leur contribution pour réclamer la reconnaissance de l’esclavage comme crime contre l’humanité.
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Hommage à Serge Châlons : une trace

— Par Christian Jean-Étienne (*) —

Serge Châlons, pédiatre, médecin de santé publique, d’une grande humilité, militant engagé, homme de combat, profondément humaniste et passionné par l’Être humain nous a quittés en mai 2024. Il laisse un grand vide.
Aussi, les quatre associations où il militait ont choisi de lui organiser un hommage durant tout le mois de juillet 2025 aux Archives Territoriales de Martinique pour rappeler son engagement humanitaire envers les enfants de la Caraïbe, sa lutte pour faire reconnaître l’esclavage crime contre l’humanité, son engagement en faveur des ouvriers agricoles et des personnes empoisonnées au chlordécone.

UNE EXPOSITION ET QUATRE CONFÉRENCES
Quatre conférences ont été proposées au public sur chacun de ses engagements, une exposition sur les Bateyes avec d’autres panneaux sur le Comité Devoir de Mémoire , les activités d’ESA-Caraïbes, l’orphelinat de Port-au-Prince, les actions réalisées à Thiotte dans le Sud-Est d’Haîti et la brochure scientifique pour comprendre les méfaits du chloredécone réalisée dans le cadre de Lyannaj pou dépoliyé Matinik.
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Quand la République ferme les yeux sur le racisme : Indignation à géométrie variable !

— Par Éric Cabéria & Christian Jean-Étienne (*)

L’agression antisémite d’un rabbin à Orléans a suscité des condamnations immédiates des plus hautes autorités de l’État. Mais lorsqu’il s’agit de racisme anti-Noirs ou anti-Arabes, la République regarde ailleurs. Jusqu’à quand ?

Samedi dernier 29 mars 2025, la 8 ème édition des marches de la solidarité, baptisée journée mondiale contre le racisme et le fascisme, rassemblait plus de 90 000 personnes dans les rues, une manifestation appelée par 220 associations et syndicats contre le racisme et l’extrême droite. Une manifestation puissante, portée par des citoyens conscients de l’urgence d’une société plus juste. Mais un incident en marge — l’agression d’un rabbin par un adolescent de 16 ans — a suffi à mobiliser l’appareil d’État : le Président, le Premier ministre, le ministre de l’Intérieur, tous ont pris la parole, dénonçant avec vigueur « le poison de l’antisémitisme ».

Soit. L’antisémitisme est une abomination. Il doit être combattu avec détermination.

Mais où est cette même vigueur quand le racisme vise les Noirs ou les Arabes ? Où sont les déclarations solennelles, les condamnations officielles, les tweets républicains, quand la négrophobie frappe ?  Lire Plus

Misère sociale et complexité d’une réalité martiniquaise

— Par Christian Jean-Etienne, président —
Le Comité Devoir de Mémoire Martinique, préoccupé par la situation de crise que nous vivons depuis trop longtemps s’interroge sur la Vie chère en Martinique. Elle est le résultat direct de mécanismes économiques issus de l’époque coloniale. On peut remonter à 1670, siècle de l’absolutisme pour l’installation du pacte colonial afin de comprendre cette situation. Cette doctrine économique avait pour but de favoriser les intérêts économiques de la Métropole coloniale en consolidant son pouvoir financier et en contrôlant son monopole sur le commerce et le système de l’exclusif. Selon cette doctrine, la colonie est autorisée à exporter uniquement vers la Métropole les matières premières indispensables au développement de son industrie et à n’importer que des produits venant de la Métropole.

Ce rappel historique est utile pour mieux appréhender la complexité de la réalité vécue et pour comprendre le ras-le-bol légitime des Martiniquais. Cette réalité illustre un contexte social et économique caractérisé par un taux de pauvreté 5 à 10 fois plus élevé qu’en France et une cherté de la vie hors du commun, jusqu’à 40% plus élevée.  Lire Plus