Étiquette : Camille Loty Malebranche

De l’Amour contre l’insignifiance…

— Par Camille Loty Malebranche —

L’amour est en soi un archétype supérieur du sens en tant qu’il fait du don de soi et de la sublime appétence à se donner à l’autre bien-aimé, un destin qui décuple, centuple l’enthousiasme existentiel, le goût à la vie. C’est le chantre des splendeurs, le relief verdoyant d’une finalité à travers la proximité jouissive contre la grisaille et le spleen de l’absurde. L’amour est l’envergure, la dimension ontologique et sentimentale du divin et de son infinitude.

Il est dans le rapport de l’homme au monde, une propension qui caractérise la posture de son état métaphysique, un appel irrépressible que j’appelle « gnosique » qui consiste au besoin ontologique de comprendre le pourquoi de notre place dans l’univers. Un besoin qui déclenche une quête permanente de sens, quête restée inassouvie tant que l’homme se borne au schème du sensible. Une quête que seule la transcendance peut accueillir à bon escient! En spiritualité, c’est-à-dire au stade absolu, la quête humaine du sens de soi va bien au-delà du théorique voire du dicible, et c’est l’intuitif et le sentimental qui nous signifient la vérité de notre essence avant même les révélations.

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Altruisme et paternalisme, disponibilité désintéressée contre mesquinerie prédatrice…

— Par Camille Loty Malebranche —

Si l’on me demandait quelle est la face la plus hideuse, la plus sale de l’égoïsme ? Je répondrais sans la moindre hésitation que c’est le paternalisme, cette facticité du bienfaiteur narcissique en mal de règne pour l’assouvissement pathologique et pathogène des noirceurs de son ego, et donc toujours en quête de pouvoir aux dépens du destinataire de ses « bienfaits » piégés. De fait, le favori d’un paternaliste est une proie ciblée et perçue comme vulgaire favorisé par celui-ci qui, quels que puissent être les mérites du destinataire dudit bienfait, ne vise qu’à en faire sa chose par toutes les platitudes et les ruses de la réification de l’homme par l’homme. Le paternalisme est le bas-fond le plus sombre, le plus abyssal du mensonge mesquin et de l’hypocrisie narcissique que cultive un manipulateur singeant l’altruisme pour mieux dévorer son semblable.

L’altruisme, quant à lui, se reconnaît par le refus de tout rapport rapproché avec le bénéficiaire du bienfait qu’il fait. L’altruiste considère que le bien est un dû à l’humanité et une manière d’accomplir la sienne comme espace de valeurs spirituelles et morales, ces seules voies véritables de l’entéléchie humaine.

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Actualité: Médiatisation sensationnaliste du vide.

— Par Camille Loty Malebranche —

L’actualité événementielle du monde – cette histoire en train de se faire – est constamment séquestrée en sa présentation par une certaine presse vorace, presse généralement au service de l’État Moloch et des cerbères du capital qui le déterminent dans ses politiques.

Dans la surenchère de l’actualité politique, il s’agit de faire l’histoire par l’hyper-ostensibilité médiatique des icônes et des figurants, sans rien changer dans l’essentiel. Le pouvoir de tout empire, même en déclin, étant ailleurs – loin des seigneuries factices hypermédiatisées qu’on exhibe – le secret des soi disant analystes officiels et la méticuleuse mission propagandiste d’une certaine presse, consiste à focaliser les attentions sur les lieux communs, comme la différence de style de deux candidats aux élections étasuniennes. Comme si cela était la sève dont devrait se nourrir le sens dans un monde désignifié, pris en otage par quelques pérennes ploutocrates.

Avec une masse émoustillée par la fiction des apparences, en quête de « révolution » par le look qui fascine la mièvrerie collective, l’illusion d’une métamorphose du pouvoir par les manières ne manquera pas d’entretenir la ferveur des superstitieux du changement par la tronche de l’élu, idolâtres inconscients d’un système érigé en culte et rite pour le populo.

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Qualité et quantité : du substratum de l’être aux contingences de l’étant!

— Par Camille Loty Malebranche —

La qualité est prioritairement ontologique en tant que manifestation de tout être fini ou infini, tangible ou intangible à partir de sa substance et de ses caractères intrinsèques, alors que la quantité n’a qu’une valeur ontologique secondaire parce que référant aux seuls êtres finis et matériels dont elle constitue l’étendue à travers la mensuration de la densité, du volume, de la masse… La quantité évoque l’occupation spatiale d’un étant dans un topos. Ainsi, les choses immatérielles sont désignées par leur niveau d’expression, leur intensité exprimée car n’ayant pas de posture quantitative à proprement parler : la connaissance, l’amour, la joie sont intenses mais jamais volumineux pour être mesurables ou comptables!

Au niveau matériel, la qualité réfère au substratum qui définit un étant alors que la quantité est la condition contingente où la qualité prend forme pour être factuelle dans le monde. La qualité a donc une acception ontologique où elle incarne tel attribut d’une essence et un sens axiologique prenant forme dans le jugement de valeur appliqué par l’homme aux étants. Au sens axiologique absolu, la qualité intronise la plénitude du bon, alors qu’au relatif, elle est l’archétype qui permet de juger les étants dont la conformité ou non audit archétype, détermine leur bonne ou mauvaise qualité!

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Valeur et juste gouvernance…

— Par Camille Loty Malebranche —

La valeur est le repère du sens dans la représentation de soi et de l’être par l’homme ou la civilisation qui la manifeste. Elle fait partie toujours des domaines majeurs du sens logique, moral, s’exprimant dans les champs d’action politique, religieux autant individuel que social de celui ou de ceux qui l’assument, et, en science c’est encore la valeur, cette fois épistémologique, qui tient lieu de flambeau de la vérité tant de la discipline scientifique que de son application. Pour établir la justice, il s’agit pour l’homme, conscience créatrice, de construire un ordre socioéconomique, un système politique d’équité et non de se murer dans un vieux dualisme capitalisme et pseudo-communisme qui ont tous deux échoué.

La valeur, critère motivant la conduite humaine par l’action.

Nos sentiments nourrissent nos valeurs et nos valeurs hébergent nos sentiments, de sorte que nos sentiments sont des valeurs modulées par la logique, une interaction logique et axiologique, qui nous imprègne. Une imprégnation si forte qu’elle devient une partie de nous, de nos réflexes autoconditionnés qui nous agissent et nous font agir.

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Sur la question de l’utilité de la philosophie…

— Par Camille Loty Malebranche —

À la question réflexe « à quoi sert la philosophie? », je dis qu’ainsi posée, cette interrogation répétitive résonne comme une inquisition. Question trop chargée de préjugés sots, au point d’en devenir aberrante! Aberration primitive de la foule qui ne peut s’imaginer un ailleurs à l’utilité servile, celle de l’usage objectal des choses. Pragmatisme programmé par la société de l’immédiat.

Posée au pluriel, la réponse à la question de la fin des philosophies, non de leur utilité, serait: Elles aident à proposer des modes de vision, des manières de regard des êtres et des choses.

Mais sans vouloir justifier ce qui n’est sur la sellette du superfétatoire que par la superfluité du pratique, du rentable et de l’utile, ces idoles de la masse servile et réflexe que le systématisme de l’ordre socioéconomique et de l’idéologie programme, nous affirmons une bonne fois pour toutes, que l’utilité n’est pas la fin de l’homme et que ce qui est humain n’a que faire des réquisitions d’un quelconque mode de production ou d’emploi utilitaire.

Pour retourner à la manière de comprendre, cette forme d’observation et de perception qu’est la philosophie, je dis qu’elle (la philosophie) est le regard plongé dans les essences pour y appréhender le sens premier et ultime des étants, choses et situations perçus comme constituant l’être c’est-à-dire la présence en général en tant qu’antithèse du néant, à travers une généalogie et une eschatologie fondamentales.

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Internet et la déspatialisation de la proximité…

— Par Camille Loty Malebranche —

Paradoxe du lointain proche et du proche lointain…

L’internet nous met en présence d’une autre catégorie de proximité par rapport à la proximité classique (géographique et physique) des êtres humains. Il s’agit de fait de la possibilité d’une multilocation virtuelle nous donnant pignon sur la planète et ses habitants au hasard des contacts.

Mon voisin de ville voire de palier que je ne rencontre qu’au hasard des côtoiements, tout en étant mon proche peut m’être lointain si jamais notre avoisinement se borne à de banales salutations indifférentes ou au silence. Ceux qui sont proches par l’espace immédiat, ne sont pas forcément des proches, c’est même un truisme que de le rappeler! Dans le même temps, mon abonné de blog qu’il soit allemand, algérien, russe, britannique… que je n’ai jamais perçu sur mon chemin physique, est mon proche auditeur ou interlocuteur par la communication des idées. Une proximité idéelle permise par un virtuel qui excède ses propres contours de virtualité à travers la vérité bien factuelle des contacts. Ainsi, le cyberespace fait naître un grand paradoxe où se chevauchent deux types de proximités, la proximité classique et la proximité électronique.

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Réalité et Vérité, de la gestalt à la substance.

— Par Camille Loty Malebranche —

La réalité suppose l’idée d’un contour découpant l’espace par sa forme ou la présence d’une situation ostensible ponctuant le temps et l’espace; la réalité constitue la factualité du monde et des choses, cette dimension qui établit le statut de fait de quelque être ou chose, dimension où les êtres sont objectivement vérifiables. Le mot réalité est en fait la désignation de la factualité. Elle est un construit à partir de la perception, et dans le domaine social, la réalité est tout entière un produit de l’idéologie, en tant qu’elle tient de l’artificiel et n’existe que par l’homme.

La vérité, elle, se passe du regard de l’homme et existe en soi. Elle fait sentir la nature imperceptible inscrite dans la nature visible des êtres et du monde. Seul l’esprit sachant se libérer des formes et des bornes du concret avec les illusions sensibles, peut voguer sur l’océan insensible et inconnu de l’abstrait si grouillant de vie qu’est la vérité, y plonger afin de mieux pêcher les essences cachées dont recèlent ses eaux profondes, prolifiques, vivantes…

Au prime abord de la sémantique courante, réalité et vérité sont des termes interchangeables parce que référant à ce qui existe, se passe, dont l’événementialité est constatable, la factualité vérifiable.

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L’intimité mentale, ce terreau inviolable de la conscience humaine.

— Par Camille Loty Malebranche —

Si l’intimité corporelle est violable et souvent prise d’assaut par des manants à l’heure où les mufles de certains gouvernements eux-mêmes, encouragent l’irrespect de leurs gouvernés, il est heureusement un lieu qui demeure le tabernacle inaccessible de la suprématie humaine car caché au plus profond de lui, c’est son intimité mentale en tant qu’elle est l’espace de la formation et de l’évolution de la vision du monde de chaque individu selon ses propres engrammes déterminant sa sensibilité pensante et agissante et son cheminement dans la pensée et l’action.

C’est donc le terreau discret et secret du rapport à soi et au monde dont on ne peut constater une bonne part des contours qu’après leur manifestation comportementale

L’intimité mentale est donc le coryphée qui gouverne l’homme puisqu’elle détermine tous les aspects fondamentaux de la conscience dont elle est le creuset par les sensibilités souvent changeantes à tout le moins évolutives, parfois spontanées en idéation, sous-tendant les motivations de l’agir. L’autre, le plus proche d’un homme peut la partager, la pressentir en partie par la proximité, mais onques nul ne peut la sonder, c’est pourquoi même des proches parents et des époux se trompent parfois crûment sur leurs bien-aimés.

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Temps et chronométrie: la ruse du cyclique dans la linéarité.

— Par Camille Loty Malebranche —

Le temps cyclique est de caractère festif ou à tout le moins remémoratif en tant qu’il fait se répéter mémoriellement les faits par l’artifice de la date ou période pérenne, immuable pour les cérémonies commémoratives. Il tient son origine dans la cyclicité des phénomènes naturels tels le cycle du jour et de la nuit, le cycle des saisons… Le temps linéaire – temps d’évolution, d’âge vers l’imparable eschaton – marque, quant à lui, la croissance de l’homme et apporte la maturité qui fait de l’enfant un adulte. C’est le temps qui permet d’orchestrer le pouvoir d’orientation par chaque conscience humaine dans la durée, le temps qui héberge la perception et la projection organisée de la ligne finie de la temporalité; le temps effectif et vécu où l’homme choisit l’action à mener ou la réaction à adopter. C’est là, la dualité du rapport immédiat de l’homme au temps.

La chronométrie se divise dans la réalité factuelle de l’homme comme relevant soit du macro soit du micro.

Macrochronométrie

La macrochronométrie est institutionnelle ou humaine. Institutionnelle, elle est stative quand elle sert à séparer par importance événementielle les périodes de l’histoire, elle porte également sur les projections en prospective, la futurologie scientifique pour les besoins d’administration à moyen et long termes des structures institutionnelles.

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Humanisme et misanthropie, le même amour de l’humanité…

— Par Camille Loty Malebranche —

Le misanthrope sage est celui qui aime tant l’espèce dans ce qu’elle a de grand, dans ce qu’elle renferme, par essence, de promesse et de vocation exaltante et magnifiante pour l’Homme, qu’il hait d’une sainte haine la société de déshumanisation qui altère, domine le monde et dévie l’humanité.

Aimer l’humanité au point de haïr la société déviante qui la dénature, tel est l’art de la misanthropie conséquente avec elle-même et avec l’humanisme.

J’appelle misanthropie, le refus de l’humanité tronquée proposée par les sociétés oppressives qui, tout en continuant à évoquer la personne humaine, en font un être asservi par les paradigmes de la politique et de l’économie appliquée par les « élites » dirigeantes. Cette misanthropie est une conséquence et une partie de l’humanisme intégral qui milite pour l’homme. D’où la dualité naturelle (je dirais substrative car il s’agit du substratum) de l’humanisme qui, dans son paradigme même, est un combat, une lutte idéelle, actionnelle parce que militante, dans un monde où l’avarice et l’instinct de domination des uns menacent et anéantissent la primauté de l’homme sur les biens et les richesses, en utilisant si souvent les autres (l’humain) transformé en instrument de système politico-économique conçu pour l’enrichissement et la jouissance d’oligarchies exploiteuses.

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Manichéisme moral, mensonge ontologique.

— Par Camille Loty Malebranche —

Pour asseoir leur pouvoir sacré qu’il soit séculier ou religieux, les chefs du monde créent un manichéisme moral de facto dans le monde social. Pourtant, dans le factuel de la vie, l’homme, tout homme est une terre naturellement ensemencée de l’ivraie et du bon grain à satiété, indifféremment fertile pour l’une et l’autre semailles. C’est à l’Esprit, cultivateur moissonneur, selon sa conscience allumée ou enténébrée, de choisir de l’ivraie ou du bon grain, quelle culture il entretient, quel est le jardin de sa vie!

D’un point de vue strictement cosmique, il n’y a ni bien ni mal. La morale est un domaine du sens pour permettre à l’homme de signifier l’action et ainsi d’être juge de soi et d’autrui, jugeable et justiciable à tout coup. La morale spirituelle réfère au métaphysique, au sens même de la présence humaine comme être au monde et qui se vit dans la pensée-action qui constitue la ligne existentielle de tout homme. La spiritualité est donc le lieu de l’indication du Véritable qui permet à l’homme de s’accomplir loin des contre-indications de l’illusion mondaine par quoi l’homme se perd, aliéné, égaré loin de son essence, sa destinée.

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La signification du cœur en poésie et spiritualité.

— Par Camille Loty Malebranche

Le cœur, au sens spirituel et poétique, réfère à la capacité d’affect de l’humain, à la conscience spirituelle du sentiment et de la sensibilité. Le cœur spirituel et poétique est le centre des profondeurs et hauteurs du sentir humain et de son expression.

Le cœur est un vocable ubiquitaire dans le langage de la poésie et de la spiritualité. Langage fondamental de la sensibilité qui prime et module la raison et l’action. Quand le spirituel et le poétique disent « cœur » ils se calquent sur l’importance vitale du cœur organique dont les battements sont garants de la vie du corps nourri par lui d’oxygène et de tous les nutriments véhiculés par le sang pompé du cœur dont les palpitations sont dispensatrices de vie. Nous savons tous ce qu’il en est de conséquence d’un dysfonctionnement du cœur physique! Puisse Dieu garder tous ceux qui lisent ce billet de la moindre anomalie affectant cet inlassable palpitant de nos thorax!

Le cœur de la spiritualité et de la poésie est donc par évocation analogique, le centre nourricier de la vie de l’esprit dans sa conscience sentimentale.

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Votre âge, du singulier au plutiel…

— Par Camille Loty Malebranche —

L’âge – assumé en conscience éveillée – est chose de la volonté et l’attention à être soi et d’y grandir. Au stade métaphysique, l’âge est le parcours de maturation ontologique de l’homme, sa projection en rapport à son essence, sa substance comme être.

En évoquant le mot âge, comme stade existentiel, il est important d’y voir une floraison conceptuelle et non un lemme simplet à sémantique figée. L’âge, par sa dénotation toute chronologique, cache une pluralité de champs d’existence, une ontologie plurielle quand il réfère à l’humain.

Si l’âge chronologique est infligé à l’homme, ses âges spirituel, relationnel, sentimental, érotique… sont, pour autant qu’il dispose de ses facultés mentales et physiques, l’apanage de sa conscience au gré de sa perception du monde et de sa conception de la foi et de son agir par rapport à Dieu, au fait d’être, à soi, au monde et à autrui.

L’homme est le coryphée intemporel de sa temporalité à vivre par delà l’âge linéaire du corps et de son fatal aboutissement. Là, seul l’esprit est souverain ou esclave à l’égard du temporel.

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Le ciel: acceptions physique et métaphysique.

— Par Camille Loty Malebranche —

Le ciel, sous toutes ses acceptions, renvoie à la catégorie de l’élévation du regard et de l’ascension de l’être. C’est toujours le sommet surélevé, le toit suprême qui, pour être perçu, exige de lever la tête en direction diamétralement opposée au bas et au sol.

Le ciel physique est l’espace hébergeant l’ensemble des corps et de la matière perceptible et imperceptible, visible et invisible, déterminés par les forces cosmiques connues et inconnues. Cette vision de l’univers ou des univers (le multivers) nous amène à cette vérité du relativisme céleste des corps astraux et autres de l’interstellaire. Ainsi, on peut imaginer, que s’il y avait des humains vivant en famille sur la lune, leurs enfants joueraient, quand vient la nuit lunaire, « au clair de la terre »! C’est que la terre est dans le ciel pour qui la regarde depuis la lune. Les composantes de la voûte céleste et le ciel lui-même sont amovibles selon les repères spatiaux d’un observateur. Pour retourner à nos humains luniens (habitants de la lune), lorsqu’ils regarderaient le sol, ce qu’ils verraient, ne serait que le sol lunaire, c’est seulement en levant la tête pour contempler leur ciel qu’ils y verraient la splendide planète bleue, notre terre bien-aimée.

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Le Prométhée damné, symbole de l’aliéné métaphysique.

— Par Camille Loty Malebranche

Le Prométhée est l’incarnation de la dénaturation de l’aliéné métaphysique refusant d’ennaturer, rendu étranger à sa nature spirituelle par les vanités d’orgueil du charnel psychologique.

Le Prométhée voleur de feu évoque la déviance existentielle de l’homme dénaturant les attributs humains fondamentaux que sont la pensée et l’action. Le Prométhée, c’est l’homme possédé par l’orgueil dénaturé de la pensée et l’hubris de l’action, qui voudrait réinventer la nature humaine contre le Démiurge de l’humanité, il est donc normal que l’homme prométhéen en hérite d’un monde en ruines et terni de la suie produite du lumignon fumeux fuligineux inapte à éclairer! Un monde incinéré par le feu volé dont il fut incapable à assumer la lumière, et qui, à son corps défendant, s’est transformé en force destructrice et incendiaire contre l’homme lui-même et contre la prétendue civilisation que le voleur de feu prétendait créer…

Nous comprenons aisément la damnation de Prométhée attaché au Caucase où un aigle lui dévora le foie, lui, héros débile et sordide d’un orgueil à contrecourant du mystère de l’Être! Antihéros maudit en son délire d’arrogance qui voudrait réinventer l’être et recréer l’homme et la vie dont, misérable apprenti sorcier, il ignore pourtant jusqu’à l’essence!

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La Barbarie, un rapport malsain de la société à soi et à l’altérité.

— Par Camille Loty Malebranche —

Le paradoxe de la barbarie sévissant dans le monde soi disant civilisé par l’acquisition de tous les savoirs et savoir-faire, c’est que cette sorte d’antihumanité qui fait le civilisé barbare, découle des rapports des sociétés avec elles-mêmes, en leurs classes, leurs groupes, leurs catégories jusques en leurs individus et aussi de ceux qu’elles entretiennent avec autrui au nom de principes inavoués et de choix de société inavouables qui déterminent des comportements monstrueux.

La barbarie est de la civilisation gouvernée par les pires défauts humains qui l’altèrent à travers les plus ignobles vices des hommes mis en commun et érigés système idéologique, choix politique, mode de vie culturel. Là, il faut préciser que la société comme création et institution humaine est ce qu’on peut appeler la protoculture inéluctable émanée de la Nature humaine, protoculture constituant la configuration fondamentale qui héberge le vivre-avec indispensable aux êtres humains.

La sauvagerie, comme nous l’avons dit ailleurs, est du domaine de la pulsion naturelle alors que la barbarie est culturelle ou, en tout cas, de motivation non naturelle. Le lion qui attaque le gnou, le fait parce que la chasse, la carnivorie est part naturelle de ses codes de carnassier, mais la barbarie d’un escogriffe qui frappe brutalement et lâchement un homme de moindre taille, est primitive et n’est pas que de la sauvagerie puisqu’il ne s’agit pas de nature mais d’une culture de l’agression réfléchie pour s’imposer et d’usage couard de la force afin de dominer sur ce qui est sans défense.

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Philosophie et unité du temps.

— Par Camille Loty Malebranche —

Si je dois considérer l’image de la chouette de Minerve ne s’envolant qu’au crépuscule, pour qualifier la philosophie comme l’a fait Hegel, je dirai que le jour qui s’éteint, est le symbole de la vie agissante grouillante de faits et évènements consitutant l’histoire des sociétés et civilisations. Et donc, si la philosophie est chouette c’est-à-dire regard nyctalope, n’ayant que la nuit à analyser, c’est parce que le jour et son action humaine ont enténébré l’espace et le temps. Le crépuscule et la nuit qui s’ensuit, est le sinistre bilan de l’obscurité produite des œuvres humaines, du mental et de l’agir ténébreux de l’homme. Ce n’est donc pas le retard de la sagesse à intervenir seulement à la fin de l’action, mais le constat douloureux des noirceurs de l’histoire d’une humanité délaissant les fondements de la sagesse divine originelle et immuable, une humanité détournée de sa vocation lumineuse d’Esprit Imago Dei.

Comme je l’ai écrit à un poème évoquant l’histoire: l’espace et le temps historiques ne brillent que des ténèbres humaines…

La philosophie, ainsi que je l’ai ailleurs dit sur la préface à la philosophie du droit de Hegel où celui-ci prétend que « la philosophie arrive toujours trop tard » et que « la Chouette de Minerve ne prend son vol qu’au crépuscule », fait mieux l’unité du temps que l’histoire elle-même.

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La Barbarie, un rapport malsain de la société à soi et à l’altérité.

— Par Camille Loty Malebranche

Le paradoxe de la barbarie sévissant dans le monde soi disant civilisé par l’acquisition de tous les savoirs et savoir-faire, c’est que cette sorte d’antihumanité qui fait le civilisé barbare, découle des rapports des sociétés avec elles-mêmes, en leurs classes, leurs groupes, leurs catégories jusques en leurs individus et aussi de ceux qu’elles entretiennent avec autrui au nom de principes inavoués et de choix de société inavouables qui déterminent des comportements monstrueux.

La barbarie est de la civilisation gouvernée par les pires défauts humains qui l’altèrent à travers les plus ignobles vices des hommes mis en commun et érigés système idéologique, choix politique, mode de vie culturel. Là, il faut préciser que la société comme création et institution humaine est ce qu’on peut appeler la protoculture inéluctable émanée de la Nature humaine, protoculture constituant la configuration fondamentale qui héberge le vivre-avec indispensable aux êtres humains.

La sauvagerie, comme nous l’avons dit ailleurs, est du domaine de la pulsion naturelle alors que la barbarie est culturelle ou, en tout cas, de motivation non naturelle. Le lion qui attaque le gnou, le fait parce que la chasse, la carnivorie est part naturelle de ses codes de carnassier, mais la barbarie d’un escogriffe qui frappe brutalement et lâchement un homme de moindre taille, est primitive et n’est pas que de la sauvagerie puisqu’il ne s’agit pas de nature mais d’une culture de l’agression réfléchie pour s’imposer et d’usage couard de la force afin de dominer sur ce qui est sans défense.

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L’esprit et l’enchantement de la vie.

— Par Camille Loty Malebranche —

Comment vivre dans l’enchantement au sein d’un monde de platitude et de sécheresse pragmatique où l’agressivité morne de l’immédiat dit réalité, bloque tout accès aux plus simples charmes naturels de la vie et détériore la qualité des rapports humains? Sans être une désincarnation fictive, expatriation fantasque de l’imaginaire, la transcendance spirituelle seule peut y contribuer. Et parlant d’expatriation, nous ne pouvons oublier les apatridies forcées de l’individu dans un contexte de séquestration multiple des espaces de l’homme par l’idéologie, car l’État, soi disant propriété commune des fils de la nation, est converti en sceptre terrifiant entre les mains des magnats voraces de la finance, de l’industrie et du commerce contre l’individu cloîtré par les structures débilitantes du pouvoir qui annihilent ses droits citoyens.

Le culturel, cet espace immatériel et impondérable – subverti par le marchandage médiatique, freiné par les ayant droit de la diffusion de masse, accoutré par le kitsch pour le populisme médiatique – est, hélas, ravi aux peuples auxquels on ne présente que les productions le plus souvent banales mais fortement commercialisables pour les foules ignares que téléguident les organes de presse mainstream.

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Vulgarophilie: production du peuple en foule par l’oligarchie.

— Par Camille Loty Malebranche —

De l’État vulgarophile

La vulgarophilie est l’art macabre d’encanaillement du peuple par l’État. Art sordide d’un État morbide qui tend, à coups de perfidies extrêmes, à faire de toute la société une collectivité vulgaire, une immense foule manipulée à travers toutes espèces de perversions réifiantes. Là où l’ochlocratie est le pouvoir des foules imposant leur diktat sans aucune vision politique viable ni aucun but révolutionnaire à la société, la vulgarophilie, elle, réduit le peuple votant en moins que rien agressif, cohue sauvage, horde de forcenés électeurs qui vote des populistes et fascistes grossiers sachant mobiliser et manipuler l’électorat par des slogans démagogiques, vides et vulgaires mais flatteurs des bas instincts de la canaille votante.

L’une des plus maléfiques réussites des establishments manipulateurs qui mènent idéologiquement le monde, c’est de réduire le plethos (la multitude) des peuples en foules médiatico-idéologiques et de niveler au plus vil la perception conditionnée que les majorités reçoivent de la factualité des choses du social que sont la politique, l’économie, le culturel… Tous ces paramètres de la vie sociale du civilisé sont dénaturés et produits en credo vulgairement identitaires du grand nombre.

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La Volonté contre l’aliénation.

— Par Camille Loty Malebranche —

L’aliénation est dénaturation de la volonté. À la différence de l’aboulie qui est directement pathologique en tant que déficience mentale qui bloque la capacité conscientielle de vouloir, l’aliénation, quant à elle, corrompt la volonté et fait de l’individu une sorte de reflet compulsif du maître bourreau personnel ou institutionnel introjecté dans sa conscience dénaturée. Là où la volonté normale est activité, proactivité, affirmation, fut-ce par exigence d’une négation affirmée, l’aliénation est une altération de la volonté rendue passive, laissant l’autre décider contre soi. Là où la conscience devrait choisir en souveraineté à travers le recul critique de l’intelligence et du jugement, l’aliénation ravale le sujet victime à une auto-dénégation qui nie toute faculté d’autodétermination.

La servitude est immanente à l’aliénation et lui est une conséquence immédiate. On ne peut être libre sans vouloir assumer sa propre conscience, sans décider pour soi-même et choisir sa voie en pleine lumière des buts visés et de la responsabilité qui y est inscrite. On ne peut être libre sans la volonté d’être libre en se travaillant soi-même au plan mental pour affiner le jugement et atteindre la finesse du jugement juste qui rend libre.

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Nostalgie, affect de la mémoire douloureuse.

— Par Camille Loty Malebranche —

The Significance Of Being Alone

La nostalgie est essentiellement un affect de la mémoire qui fait souffrir à intensités variables, selon l’acuité émotionnelle charriée par l’attachement à un passé qui afflige le présent. Sans confiner au stade traumatique, fors certains cas extrêmes, la nostalgie est cette souffrance née de l’impuissance humaine face au temps et à son irréversibilité.

La nostalgie est cette blessure du regard arrière, ce figement mémoriel par le retour affectif dans le factuel irréversible, ce regret d’une situation pouvant être état suspendu ou condition existentielle abolie par le temps remémoré dans l’affect nostalgique. C’est un ravissement affectif détemporalisé, ravissement rêvassant sur le passé qui, en quelque sorte nous ravit notre présent, nous prive du temps effectif et actuel. C’est aussi cette douleur ressentie par rapport à telle œuvre figée dans l’inachèvement, cette nique du temps écoulé qui n’a pas été ensemencé et qui nous prive à jamais de la fécondité et de la fructification présente vu sa disparition irrémissible.

Les grandes nostalgies sont surtout celles sous-tendues par un sentiment de manque, une sorte de piqûre égotiste, car lorsque l’on sent que l’on a bien réussi et joui un temps passé, on en sourit et la petite langueur à posteriori qui accompagne la mémoire d’un tel temps, n’est pas vraiment de la nostalgie mais un éprouvement normal de la finitude du temporel parce qu’atténuée et contrebalancée en quelque sorte, par le sentiment d’achèvement.

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Le brûleur d’étapes, un voyageur égaré, un routier de l’illusion.

— Par Camille Loty Malebranche —

 On ne brûle jamais les étapes, la destination est une maîtresse qu’on ne trompe pas quant à son curriculum inhérent et obligatoire constitué de ses exigences d’itinéraire précis et de juste parcours.

Cinglante aberration du stagnant qui voudrait se voir ailleurs; fantasque obsession du routier sans but ni carte qui espère parvenir à une hypothétique destination sans lieu et donc nécessairement sans voie! Pris dans la sinistre lubie de son appétence, incohérente appétence d’une moisson sans ensemencement, le brûleur d’étapes, déchire l’itinéraire tout en croyant bêtement pouvoir atteindre une arrivée de son être sans acquérir les ressources du caractère ni la force de détermination du voyageur existentiel pour vaincre les incontournables murailles et trappes de la route: exigences de patience, de délais, d’accélérations et d’assiduité au parcours vers la grande destination de son humanité à conquérir. Les brûleurs d’étapes envahissent une civilisation qu’ils prennent d’assaut par toutes sortes de prétentions d’entéléchies aberrantes dans le faux et le fini de leur projection loufoque parfois au parcours putride, et pensent en bons avorteurs avortés du scalpel des inepties et faussetés d’un dépassement d’apparat sans la substance humaine du soi, atteindre le sommet.

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Le bachique, l’épique et le spirituel, trois modalités d’assumation du soi

— Par Camille Loty Malebranche —

Il est pour l’humain, trois grands modes de rapport à soi que nous désignons comme bachique, épique et spirituel. Modes par lesquels les hommes se manifestent comme conscience en action dans le monde, tout en se signifiant à eux-mêmes.

1) Le mode bachique est l’empire de l’individuel organique, modalité existentielle de l’homme assumant son individualité pour l’assouvissement immédiat. L’homme bachique est ivre de la vie qu’il veut vivre à l’excès, jusqu’à la consommation de l’énergie vitale dans toutes ses pulsions. C’est un niveau de conscience qui, s’il n’est conditionné par des principes forts, donne libre cours à l’instinct organique réduisant l’existence et le monde en champ de chasse au nom de lui.

Le bachique est mû par le plaisir obsédant. La quête obsessive de la satisfaction y pousse plusieurs à toutes sortes d’abominables comportements où ils utilisent tous, à travers des rapports érotiques abjectement malsains, car il s’agit d’assouvir non pas les besoins de leur ego, mais de leur désir charnel, leur plaisir organique. C’est le lieu de l’éros débridé et de l’assouvissement impératif voire compulsif du charnel littéral.

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