— Par Dominique Daeschler —
Deux spectacles sans paroles qui ne sont pas s’en rappeler la grande époque de la marionnette tchèque où la médiation de l’objet incluait une parole secrète pour contrecarrer la censure soviétique. Deux spectacles inspirés par deux œuvres de Vaclav Havel( Perpetuum mobile et Audience) qui ont pour thème l’oppression politique sous des régimes totalitaires.
Perpetuum Havel- m e s Petr Bohac- scénario Bohac et Zotov-Mikshin
Dans une cellule de prison un homme tondu, opposé au régime totalitaire de son pays est recroquevillé sous une maigre couverture. Un dissident. Un prisonnier politique soumis à l’isolement dans une cellule spartiate va accomplir les gestes de survie quotidiens avec les humiliations qui doivent détruire sa résistance : séances de tinette sous la surveillance d’un maton qui le mate, repas dérisoire sous forme de petit pois, flashs de lumière… Pas de livre, pas de radio, seuls de lancinants bruits qui s’amplifient : l’homme n’a que son corps pour dire, en s’astreignant à des exercices physiques, qu’il lutte, que son aspect robotique dénonce une nécessité de routine pour survivre. Plus tard il dansera…Dehors les barbelés semblent se resserrer autour de lui.
