Étiquette : Annabelle Lengronne

« La fine équipe » : un film réfléchi, attachant et drôle!

— Par Roland Sabra —

Sans conteste elle est la révélation de ce film. Elle et lui. Elle c’est Stan (Annabelle Lengronne). Lui, Omen (William Lebghil). Elle plus noire qu’hier soir. Lui couleur camembert. Elle « Madame 100 000 volts », volubile, autoritaire, insupportable d’orgueil blessé usant de tous les artifices pour atteindre ses fins. Exceptée la séduction. Ça elle sait pas, elle peut pas ou plutôt elle veut pas. Lui, rêveur, ailleurs, toujours ailleurs, jamais tout à fait réveillé, Pierrot lunaire amoureux depuis sept ans, sans espoir.

Leur histoire ? Un road movie au fin fond de la Normandie. Elle pilote son groupe de rap, Varek, fauché comme les blés. Elle est à la recherche d’un « chauffeur-régisseur-homme à tout faire » pour une tournée. Omen est là, sans doute pas par hasard, il propose ses services. Gratos. Elle accepte contre l’avis du groupe qui ne veut pas de ce « petit blanc », de ce « jambon de pays » qui forcément porte le mauvais oeil . Et vogue la galère. De salles de concerts dépeuplées en chambres d’hôtel minables, de restos camionnettes en mal-bouffe obligée.

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La fine équipe

Mercredi 8 février 19h 30 Madiana VO

De Magaly Richard-Serrano
Avec Annabelle Lengronne, William Lebghil, Ralph Amoussou
Genre Comédie
Nationalité Français
Synopsis :
Omen aime le rap et surtout celui de Stan, une jeune fille qui veut à tout prix percer. Il surprend une conversation entre l’artiste et son manager qui cherche un chauffeur-régisseur-homme à tout faire. Omen offre gratuitement ses services. Il est embauché, contre l’avis du reste du groupe. La tournée commence, dans des salles miteuses, avec des personnes âgées qui ne comprennent rien à la musique de Stan. C’est un désastre, la troupe accumule les dettes. Tous pensent que Omen a apporté le mauvais oeil au groupe. Mais Stan, pourtant titulaire d’un Capes de français, s’accroche, car la scène, c’est le seul endroit où elle se sent vivante…

Voir la bande-annonce en bas de page.
La presse en parle :

Voici par La Rédaction
Le charme de cette dream team, l’énergie et l’humour sont une très belle surprise.

Le Parisien par Catherine Balle
Rythmée par des musiques composées notamment par Oxmo Puccino et des scènes de concert endiablées, cette comédie énergique est portée par des répliques très drôles et des comédiens formidables.

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« Bintou » de Koffi Kwahulé dans une mise en scène de Laetitia Guédon

— Par Roland Sabra, 

Un talent prometteur !

 Virilisme « Réaction virile exacerbée face à l’évolution des rapports hommes-femmes, le virilisme, surtout dans les banlieues, est aussi l’indicateur d’un malaise social plus large. » Telle est la définition du sociologue  Daniel Welzer-Lang qui semble s’appliquer à la lettre à la thématique déclinée par Koffi Kwahulé dans « Bintou » mis en scène par Laetitia Guédon et jouée le 09 octobre2009 à Fort-de-France. Une jeune fille de treize ans, qui n’est plus une enfant, exceptée pour les contempteurs de Polansky, issue de l’immigration africaine refuse les codes machistes d’une acculturation batârde. Ou plutôt, Bintou, puisque c’est d’elle dont il s’agit, va se jouer des acquis d’une socialisation apparemment conflictuelle, entre Europe et Afrique mais fondamentalement convergente quand à perpétuation de la domination masculine.   Noyée dans le sang sous le couteau de l’exciseuse,  avec la complicité des femmes plus âgées, elle paiera de sa vie de n’avoir pas voulu rester à la place que l’ordre des hommes lui avait assignée. Le thème développé n’est  pas tant l’excision que celui des ravages de socialisations différentielles et conflictuelles dans un contexte d’acculturation postcoloniale et de virilisme mortifère.

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