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Les fils rouges de l’archipélie dans l’installation de Gwladys Gambie

— Par Anna Garzetta —
Lors de la 34ème édition du Festival culturel de Fort-de-France, La Manufacture nous proposait du 18 au 21 juillet au Parc culturel Aimé Césaire sa 3ème édition sur le thème de la cinesthésie. Selon Mylène Emika, responsable de cette édition, la cinesthésie est la « sensibilité organique, émanant de l’ensemble de sensations internes imprécises, qui suscite chez l’être humain le sentiment d’existence, indépendamment du rôle spécifique des sens ».
La Manufacture est le déploiement éphémère d’une culture alternative des arts visuels et des arts vivants. Les palettes qui délimitaient son entrée sont remballées, les food trucks sont partis régaler d’autres publics, l’arène de pierre est vide. Les œuvres présentées, installations, ateliers, danses, concerts, restent pourtant dans notre mémoire. Ces traces dans la mémoire sont le signe que la Manufacture suscite une réflexion non éphémère sur les manières d’écrire, de voir et d’entendre le monde.
Dans cette partie en friche du Parc culturel Aimé Césaire, l’événement se déroulait en nocturne. Le lieu était chichement éclairé. La promenade en prenait des allures fantasmatiques, et l’illusion de l’intimité se mêlait à l’attente d’un rite initiatique.

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« Au nom du père » ou les formes élémentaires de l’obéissance

— Par Anna Garzetta —

Création de la compagnie Art&Fact

Chorégraphie Jean-Hugues Mirédin. Interprètes : Astrid Mercier, Alexandra Déglise, Emilie Alves De Puga, Lindy Callegari, Ricardo Miranda, Laurent Troudart. Lumière Viviane Vermignon

A Tropiques-Atrium ce vendredi 5 avril, la salle Frantz Fanon est presque comble. Les premières minutes de la scène initiale d’Au nom du père instillent une inquiétude sourde née du silence et de l’obscurité qui pèsent sur le plateau au décor dépouillé. Seuls pendent du plafond deux branches ascétiques comme des bois de cerfs. Pelotonnée à terre, la danseuse Emilie Alves De Puga ramène incessamment sous elle ses jambes comme mues d’elles-mêmes. Le corps obéit sous son contrôle et sous la surveillance du groupe de danseurs qui l’observe. Puis la danseuse se lève, s’avance déterminée vers un micro placé en bord de scène et lance aux spectateurs des nouvelles catastrophiques. Par les gestes à la fois caressants et autoritaires des autres danseurs, elle est vite ramenée hors de portée du micro, liberté d’expression muselée par un collectif d’individus auquel elle va finalement, après plusieurs tentatives d’échappées, se conformer.

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