Sommes-nous prêts pour la biomasse ?

Ce qu’il faut savoir..

— Par Florent Grabin, pour l’association PUMA —

Les arbres ont tous un rôle important dans le développement de notre biotope*, aussi avons nous l’impérieux devoir de les préserver. Depuis la nuit des temps, l’Homme a su s’adapter à cette forêt qui lui a assuré nourriture, toit, et eau, mettant ainsi à sa disposition les sources d’énergie nécessaires à son cadre de vie.

L’une de ces sources d’énergie est la biomasse. C’est, selon le LAROUSSE : la « masse totale des êtres vivants subsistant en équilibre sur une surface donnée du sol ou dans un volume d’eau océanique ou douce ».

A notre sens, la biomasse est dans le domaine de l’énergie, et plus particulièrement des bioénergies, la partie de la biomasse utilisée ou utilisable comme source d’énergie. On parle alors de biomasse énergie. On peut tirer profit de cette dernière soit directement, par combustion (ex : bois énergie) ; soit indirectement, après méthanisation ( on a le biogaz ou sa version épurée, le biométhane) ou d’autres transformations chimiques (biocarburants, aussi appelés ”agrocarburants ”)

La biomasse peut être toute matière organique d’origine végétale (microalgues incluses), animale, bactérienne ou fongique (champignons).

D’autres ressources, dont les énergies renouvelables  ont des avantages de taille. Elles semblent inépuisables et dégagent très peu de gaz à effet de serre, responsable du réchauffement planétaire.

Parmi ces ressources, il y a le vent, la lumière du soleil, la chaleur de la Terre (la géothermie)… mais aussi la biomasse, l’énergie des plantes et des arbres !

Quels sont les atouts de la biomasse?

D’abord, cette source d’énergie ne risque pas de s’épuiser, comme c’est le cas des énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz). En effet, quand la moindre goutte de pétrole met des millions d’années à se former dans le sous-sol, les arbres, eux, fabriquent 81 millions de mètres cubes de bois chaque année rien qu’en France ! 

Mais surtout, elle dégage très peu de gaz à effet de serre. Bien sûr, tout comme le charbon ou le pétrole, lorsque des éléments de la biomasse brûlent, cela dégage du dioxyde de carbone (CO2), le principal gaz responsable du réchauffement planétaire. La différence, c’est que la biomasse ne fait pas qu’émettre du CO2, elle en stocke aussi… en poussant ! (source WIKIPEDIA)

En Martinique, dans la gestion de nos forêts, nous avons été victimes de la méconnaissance de nos milieux par l’administration centrale ; ce qui nous oblige, du fait des erreurs passées, à tout mettre en œuvre pour tenter d’inverser les conséquences. Malheureusement, dans cette posture, nous nous retrouvons face à une autre triste réalité : le manque d’indignation .

Certains, en s’engouffrant dans les méandres de la démocratie, ne se tromperaient-ils pas de cible, sous couvert de ”Réparation ou autres revendications” ? Cette attitude ne retarderait-t-elle pas la prise en considération de l’évolution et du développement de notre Martinique.

Nous avons eu une forêt dense qui, à une époque, fut malmenée par des spécialistes qui voulaient asseoir leur volonté de transformer notre forêt tropicale en mode tempéré. Un combat supplémentaire est venu à bout de l’idéologie de ces hommes, les forçant à entendre que nous, Martiniquais étions aux Antilles françaises et non sur le territoire hexagonal. Heureusement pour nous, notre forêt fut sauvée et il existe encore des essences endémiques que nous ne parvenons pas à exploiter ; ce, du simple fait de l’importation massive de bois européens qui n’ont pas la même résistance mécanique que notre production.

Nous, PUMA proposons de profiter de la loi, dite LETCHIMY n° 2016-1657 du 5 décembre 2016 relative à l’action extérieure des collectivités territoriales et à la coopération des outre-mer dans leur environnement régional et de la loi n° 2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte afin de revenir à l’utilisation des bois de notre zone géographique dans la construction de nos charpentes, de nos menuiseries et de notre ébénisterie.

À ce propos, les services de l’État cherchent à valoriser les déchets des meubles venant de l’Hexagone. Pourtant, ces derniers ne résistent pas dans nos foyers ; contrairement à notre ébénisterie qui avait une durée de vie de plusieurs dizaines d’années. Alors, pourquoi créer des déchets qui finalement grèvent l’économie de nos ménages ? Revenons à nos bons vieux et beaux meubles.

Nous avons actuellement l’usine ALBIOMA qui respecte la loi 2015-992 du 17 août 2015 en produisant 12 % de l’énergie électrique consommée, tout en réduisant, dans le même temps, l’importation du fioul et du mazout, combustibles dérivés du pétrole utilisés notamment dans les moteurs et chaudières d’EDF et classés dans les ressources énergétiques fossiles donc impliqués dans la pollution de l’air.

Nous ne comprenons pas cette attaque politique dont est victime ce projet que tout le monde avait cautionné dans différentes séances de travail et devant nos élus réunis en plénière publique. Cette opération va connaitre très bientôt l’épilogue de la construction, pour passer à la phase d’exploitation avec, comme matière première, la biomasse. Devant cette réalité le moment n’est il pas venu de reboiser massivement, pour permettre de réduire l’importation des granulés de bois (petit bâtonnet cylindrique de combustible compacté. Il est principalement issu du compactage des résidus de scieries comme les sciures et copeaux provenant directement de la sylviculture) en les produisant localement ?

Il est important de savoir que lorsque l’on abat un arbre. la partie noble représente plus de 50 % de ce dernier, le reste nous donne le feuillage que l’on peut exploiter dans la fabrication de compost et ce n’est que le solde du volume qui est utilisé comme combustible. Cette production locale pourrait réduire à terme, l’importation et pourrait permettre d’organiser une filière, à très forte valeur ajoutée, tout en créant un bon nombre d’emplois à visée écologique.

Toujours dans la même veine juridique et technologique, nous devrions poursuivre nos investigations pour trouver d’autres filières de production d’électricité Pour Une Martinique Autrement.

 

Pour l’association écologique PUMA

Le Président , Florent GRABIN

* En écologie, un biotope est, littéralement en grec ancien, un type de lieu de vie défini par des caractéristiques physiques et chimiques déterminées relativement uniformes. Ce milieu héberge un ensemble de formes de vie composant la biocénose : flore, faune, fonge (champignons), et des populations de micro-organismes.