— Par Robert Saé, Responsable aux affaires extérieures —
16ème Assemblée Génrale de Comités Populaires
Bonjour à toutes et à tous.
Pour commencer, je voudrais dédier cette intervention à Assata SHAKUR, la grande révolutionnaire afro-américaine, décédée le 25 septembre 2025, à l’âge de 78 ans, alors qu’elle vivait à CUBA qui l’avait accueillie comme réfugiée politique. C’est elle qui nous enseignait, je la cite, que « Personne au monde, personne dans l’histoire, n’a jamais obtenu sa liberté en faisant appel au sens moral de ceux qui l’oppriment ! ».
Les camarades ont rappelé dans les précédentes interventions les énormes défis que nous avons à surmonter : Sur le monde entier pèsent des menaces de cataclysmes majeurs et l’agressivité du pouvoir colonial français se renforce dans notre pays, aggravant les énormes difficultés que subit notre Peuple. Il faut que nous fassions preuve d’une extrême lucidité, que nous identifions clairement la source de nos problèmes, ceux qui en sont responsables et que nous nous débarrassions de toutes formes d’illusions pour porter les remèdes efficaces.
* La première idée que je veux développer ici, c’est qu’en aucun cas, la propagande des impérialistes occidentaux ne doit nous servir de grille d’analyse, si nous voulons comprendre la situation mondiale et celle qui prévaut dans notre pays.
D’abord, comment expliquer la situation calamiteuse dans laquelle se trouve la Martinique ?
Non ! Elle n’est pas due au fait que les Martiniquais ne savent pas investir ou ne veulent pas travailler ! Elle n’est pas due au fait que nos élus sont tous pourris et incompétents ! Elle n’est pas due au fait que les jeunes auraient, sans qu’on sache pourquoi, « perdu leurs repères » ou encore au fait que « nèg kont nèg » !
Ceux qui se satisfont de ces explications sont, soit de malheureuses victimes du syndrome de lynch, soit de fieffés opportunistes qui surfent sur les divisions au sein du Peuple pour grapiller quelque notoriété et avantages personnels, sinon, qui cherchent à justifier leur refus de s’engager dans la lutte !
* La cause de nos maux, c’est la domination coloniale que nous subissons.
Depuis 1635, où les français, après avoir » génocidé » les habitants de l’île, ont pris possession de « Jouanacaera » renommée Martinique, demandons-nous : « Quand notre Peuple a-t-il connu le bonheur et la paix ?» : Jamais ! La caste béké, héritière des maîtres esclavagistes est restée maîtresse de l’économie, hier, grâce aux indemnisations reçues de l’État Colonial pour la perte de leur « cheptel humain » et, aujourd’hui, grâce aux défiscalisations et aux subventions qu’elle empoche avec la complicité du pouvoir français. Des barrières ont toujours été dressées pour empêcher le développement de l’économie populaire endogène et l’ascension sociale des fils et filles de notre peuple. Les « pwofitation » et les injustices n’ont jamais cessé !
* La cause de nos difficultés, c’est aussi la politique ultralibérale imposée à l’échelle mondiale par les multinationales et leurs gouvernements aux ordres qui ordonne qu’on saccage les services publics, la protection sociale et le droit du travail.
– Ce sont les fermetures de lits et d’établissements hospitaliers, la précarisation du personnel des services publics et l’étranglement fiscal des professionnels du secteur libéral qui nous privent du droit à la santé.
– C’est une remise en cause inadmissible de tous les avantages acquis grâce aux luttes des travailleurs, les déremboursements de soins et de médicaments, la destruction sadique du système de retraite qui nous privent du droit à la protection sociale. Permettez-moi de m’arrêter un instant sur la question emblématique des retraites. Nous devons, tous et toutes, combattre avec la plus extrême radicalité, le racket auquel se livrent actuellement les gouvernements et qui viole le droit sacré des ainés à profiter des dernières années de leur vie dans la quiétude, aux côtés de leurs proches et en bonne santé. Nous devons dénoncer avec la plus grande fermeté, les politiciens, les économistes et journalistes véreux qui se bousculent sur les plateaux pour baver qu’il serait irresponsable de ne pas diminuer les pensions de retraite de ceux qui les ont amplement méritées. Les politiques ultralibérales sont les seules responsables des déficits publics et du fait que les générations futures courent le risque de ne pas avoir de retraites dignes.
Le véritable objectif de tous ces mafieux est de détourner les cotisations des travailleurs vers des Fonds de Pension privés, afin que ceux-ci disposent de plus d’avoirs à miser dans la spéculation boursière. On sait ce qui est arrivé à des millions de retraités aux USA, où leurs soi-disant « réformes » existent déjà. Ils ont vu leurs avoirs s’envoler lors de crises financières ; ils ont été complètement ruinés et des milliers d’entre eux se sont suicidés. Les seules réponses qui vaillent en matière de retraite sont, d’une part, de compenser la baisse de cotisations des actifs par un prélèvement conséquent sur les plus-values gigantesques permises par les progrès spectaculaires de la productivité et, d’autre part, d’inscrire dans la loi l’obligation que l’État privilégie le financement de la protection sociale en lieu et place des dépenses d’armement et de l’engraissement des actionnaires.
Ceci dit, revenons aux autres effets de l’ultralibéralisme.
– La destruction des Services Publics d’éducation est l’un des objectifs principaux des multinationales, parce qu’elles savent que des Peuples instruits sont un danger pour leur système. Au prétexte de difficultés budgétaires ou de baisse d’effectifs des élèves, les gouvernements décrètent des fermetures de classes, précarisent la situation des enseignants, violant le droit fondamental de la jeunesse à l’éducation. Dans le même temps, l’aide aux associations d’accompagnement de cette jeunesse est considérablement réduite et les médias du système plongent l’ensemble de la population dans une culture bestialisante et qui attise la violence.
– Les Collectivités Locales (particulièrement les communes) qui, auparavant, garantissaient, tant bien que mal, des services à la population et jouaient souvent un rôle de régulation sociale, voient leur possibilité d’action paralysée parce que l’État les asphyxie financièrement et que, en pays colonisé, elles ne disposent d’aucun pouvoir politique réel.
– En Martinique, comme partout ailleurs, le sabotage du droit syndical et le détricotage des conventions collectives ont pour conséquence une exploitation accrue des travailleurs.
Ainsi, le chômage, la vie chère, le désespoir de ceux qui n’ont aucune perspective d’épanouissement et qui sombrent dans les violences ou l’errance, ce sont autant de conséquences directes des politiques ultralibérales.
Depuis que la bourgeoisie européenne a entrepris de « civiliser » le reste du monde, nos Peuples ont été plongés dans des rivières de douleur, de sang et de larmes et, aujourd’hui encore, toujours au nom de la supériorité de l’Occident, soi-disant chrétien, nos pays sont étranglés par l’exploitation, l’oppression, la répression et notre peuple est désorienté. Tout cela, au nom d’une « Civilisation » idéale que vantent les colonialistes, qu’on nous invite à copier et qui illusionne les aliénés!
Mais de quelle civilisation s’agit-il ? Il s’agit de celle qui a partagé le monde entre pays pillards et pays pillés.
Les pays impérialistes occidentaux se sont arrogés le droit de spolier toutes les ressources de ce qu’on appelle aujourd’hui le « Sud Global ». Tout ce qui se fait dans les pays qu’ils dominent doit servir exclusivement leurs intérêts. Chez nous, quand la France avait besoin de sucre, il fallait planter de la canne. Quand ils ont eu leur sucre de betterave chez eux, ils ont fermé les usines chez nous. Quand ils ont eu besoin de bananes dessert chez eux, ils ont imposé la monoculture de banane chez nous, avec toutes les conséquences tragiques que nous savons.
Comme on le sait, une colonie doit fournir des matières premières à sa « métropole » et consommer les produits finis venant de celle-ci. La France se garde bien de dire à l’opinion publique que le déficit commercial de la Martinique s’accroit régulièrement, bien sûr en sa faveur, atteignant 3 milliards d’euros en 2023 (soit 765 millions de plus en trois ans).
A l’échelle mondiale, le modèle de développement qu’ils imposent, basé sur le productivisme, l’extractivisme, la sur-industrialisation et une consommation débridée, a pour effet de défigurer la planète et de générer un dérèglement climatique porteur d’incessantes catastrophes qui déciment les populations. Malgré les mises en garde de milliers de scientifiques, malgré les mobilisations de millions de personnes sur tous les continents, ils perpétuent leurs crimes sans vergogne, « soutirant » avec concupiscence l’obsolescence programmée, faisant obstruction aux législations susceptibles de limiter les dégâts et de mettre fin aux écocides.
Cette Civilisation dont les occidentaux s’enorgueillissent ne peut exister qu’au prix de profondes inégalités. Elle traite les êtres humains comme des marchandises, des variables d’ajustement ou, pire encore, comme des cobayes.
* Au moment où l’UNICEF révèle que, dans le monde, 138 millions d’enfants sont obligés de travailler pour survivre, dont 54 millions dans des conditions dangereuses, au moment où l’ONU rapporte qu’en 2024, 1,1 milliards de personnes souffrent de pauvreté, les 1 % les plus riches possèdent 48 % de tous les actifs financiers mondiaux. La fortune des milliardaires a augmenté de 3 300 milliards de dollars depuis 2020 et celle des 5 hommes les plus riches a grimpé de 114 % depuis cette même année.
* Le traitement scandaleux réservé aux immigrés dans les pays occidentaux illustre parfaitement la cruauté de leur dite « civilisation ». On sait que les immigrés ont été fortement incités à venir reconstruire leurs pays ravagés par la seconde guerre mondiale. On sait aussi qu’ils sont indispensables à la survie des économies de ces pays dits développés, dans de larges secteurs de l’agriculture, du bâtiment, des travaux pénibles et dévalorisés et, paradoxalement, dans des métiers qualifiés de la recherche, de la santé ou de l’éducation où la main d’œuvre leur fait défaut (c’est ce qu’ils appellent l’immigration choisie). L’hypocrisie dont ils font preuve à cet égard dépasse toutes les bornes. Tiens, en parlant d’hypocrisie, savez-vous que l’actuel Président de la République Dominicaine*, qui a lancé un plan d’expulsion de 10.000 Haïtiens
par semaine, est d’origine Syrienne et sa femme d’origine Turque. La bourgeoisie n’a aucun scrupule à désigner les immigrés comme responsables de toutes les souffrances qu’elle même inflige à ses propres populations. En France, que dis-je, en Europe, c’est même devenu le terrain d’une compétition sordide entre tous les Partis bourgeois. C’est à qui diabolisera le plus les immigrés, avec la complicité des médias du système, pour glaner des voix xénophobes et racistes aux élections. Le pire, c’est que ces barbares entravent l’action des militants et des organisations humanitaires qui portent assistance aux immigrés en détresse. Le résultat en est que, depuis 2014, au moins 24.494 personnes se sont noyées dans la mer Méditerranée.
* Les êtres humains ne sont pour ces gens-là que des pièces d’une machine à produire du profit, pièces qu’ils n’hésitent pas à envoyer à la décharge dès qu’elles ne leur sont plus utiles.
– A grand renfort de publicité et de promotions, ils poussent les masses populaires à s’endetter en faisant des achats compulsifs et à se gaver dans leurs centres commerciaux de produits nuisibles à leur santé et à l’environnement.
– Les multinationales pharmaceutiques, quant à elles, refusent de produire des médicaments qui pourraient sauver des millions de vies humaines parce que ceux-ci ne sont pas rentables. Leur politique est de satisfaire la clientèle huppée qui peut payer au prix fort ! Le comble, c’est qu’elles vont tester les médicaments, pour en évaluer les effets indésirables, dans les populations des pays dominés du sud, prétendant cyniquement les aider. Rappelons-nous, par exemple, qu’en 1996, Pfizer a effectué de façon illégale des essais cliniques sur 200 enfants atteints de méningite au Nigéria. 11 d’entre eux sont morts et les autres ont subi de graves séquelles (surdité, paralysie, lésions cérébrales ou cécité). L’épisode du COVID prouve clairement la collusion entre les gouvernements et les multinationales pharmaceutiques.
Tous les états ont imposé de façon particulièrement brutale l’obligation de se faire injecter un produit expérimental qui n’empêchait ni d’être atteint par la maladie, ni de la transmettre. On a assisté à un exercice grandeur nature de fascisation de la société (limitation du droit de circuler, amendes, licenciement des personnels récalcitrants, diabolisation des lanceurs d’alertes, accusés d’être obscurantistes et complotistes. Notre Peuple avait heureusement refusé en majorité de céder à la pression et à la peur. Aujourd’hui, il est établi que de très nombreuses personnes, qui étaient en bonne santé et qui s’étaient faites vacciner, sont victimes d’AVC ou d’autres graves pathologies. Comprenez bien qu’ici, je ne critique ni la technologie, ni la nécessité de la vaccination. Ce que nous dénonçons, c’est le détournement irresponsable des politiques de santé publique dans l’intérêt des multinationales.
– Enfin, l’horreur suprême de cette civilisation qui se prétend supérieure, se manifeste dans le traitement qu’elle réserve à la moitié de l’Humanité constituée par les femmes. Ces gens qui attisent l’islamophobie, en prétendant que c’est essentiellement le port du voile qui symboliserait l’oppression de la femme, cultivent le machisme à grande échelle et s’organisent pour que les femmes continuent à être perçues comme des objets destinés à satisfaire les appétits sexuels des hommes. D’ailleurs, les femmes ne sont pas les seules concernées par l’exploitation sexuelle.
Les scandales de pédophilie qui ont éclaté dans les établissements religieux de France, du Canada ou d’Irlande, pour ne citer que ces exemples, révèlent combien cette idéologie nauséabonde est profondément ancrée dans leur « civilisation ». Mais, en ce qui concerne l’esclavage sexuel, c’est surtout l’affaire Epstein qui dévoile la collusion existante entre ceux qui sont au pouvoir et le milieu du crime. Combien de gens savent qu’au niveau mondial, la deuxième source de revenus du crime organisé après le trafic de drogue, c’est l’esclavage sexuel ? Combien savent que « l’industrie légale de la pornographie génère à elle seule, je cite, «des revenus plus élevés que Microsoft, Google, Amazon, eBay, Yahoo, Apple et Netflix réunis » ? Résultat : Plus de 370 millions de filles et de femmes dans le monde ont subi un viol ou une agression sexuelle alors qu’elles étaient enfants (Ces chiffres ont été révélés par l’UNICEF).
Voilà donc la « civilisation » que l’Occident est fier de revendiquer !
Pour notre part, nous n’y voyons que barbarie !
En tout cas, rien ne pourra effacer de l’histoire de l’humanité les crimes abominables commis par les impérialistes occidentaux.
Les générations futures se rappelleront des dizaines de coups d’états fomentés par la CIA contre les gouvernements progressistes qui refusaient le pillage de leur pays par les multinationales étatsuniennes. Elles n’oublieront pas les agressions militaires illégales faites par les USA dans de nombreux pays, tels que le Panama, la Yougoslavie, l’Irak, la Libye, ou l’île de Grenade.
Les Peuples n’oublieront pas les crimes de masse commis par l’armée française au Cameroun, à Thiaroye, à Madagascar, en Indochine, en Algérie, etc. Ils se souviendront que parmi les 22 chefs d’état africains assassinés, plusieurs l’ont été sous l’égide des services secrets français. Et les livres d’histoire, quand la Martinique sera indépendante, raconteront les atrocités de leur système esclavagiste, les massacres de septembre 1870, les morts de décembre 59 et ils rendront justice à tous les ouvriers grévistes tombés sous les balles des colonialistes français de 1900 à 1974.
Quelle honte de voir encore, dans nos pays colonisés, des élites encenser le prétendu « pays des droits de l’homme » que serait la France. Quelle tristesse de les entendre jurer leur indéfectible fidélité à sa mystificatrice République, Démocratique, Laïque, Yé Krik et Mistikrik.
Croire que notre peuple s’émancipera en s’agenouillant devant l’État colonial pour quémander un pouvoir normatif, « S’il-te-plait-monsieur », n’empiétant surtout pas sur ses pouvoirs régaliens, ou implorer une autonomie soi-disant totale, relève d’une illusion qui elle est vraiment totale ! Comme si n’existaient pas les précédents de Kanaky, de Mayotte, de la Polynésie ou de la françafrique !
Parce que c’est d’une guerre décisive entre deux camps qu’il s’agit, nous devons nous ranger aux côtés des autres peuples du monde pour revendiquer notre indépendance et notre pleine souveraineté.
Soyons aux côtés de Cuba pour dénoncer l’embargo criminel des USA et faire respecter son droit à construire le socialisme.
Soyons aux côtés du Venezuela pour dénoncer les sanctions illégales, les provocations militaires des Etats-Unis et faire respecter le droit de la Révolution Bolivarienne à construire une société alternative.
Soyons aux côtés de notre glorieux Peuple frère Haïtien qui a offert au monde la Première République Noire et dont la destruction est orchestrée par les impérialistes occidentaux !
Soyons aux côtés des Peuples Africains, en particulier ceux de l’AES, qui chassent les bases militaires françaises, refusent le Franc CFA et imposent leur véritable souveraineté !
Soyons aux côtés du Peuple Palestinien héroïque qui résiste au génocide sioniste barbare, un génocide encouragé par la livraison d’armes, le soutien financier, diplomatique et médiatique des impérialistes occidentaux, dont la France !
Oui, par notre lutte de libération nationale, soyons au front, aux côtés de tous les Peuples dominés et opprimés qui luttent pour mettre fin à l’hégémonie impérialiste et pour construire un monde alternatif !
Pendant qu’ils continuent à parler de « civilisation », continuons à leur opposer « déchoukaj » et « déboulonnage » !
Et, soyons-en sûrs, leur domination prendra fin !
Pour terminer mon intervention, je voudrais insister sur deux points :
* Premièrement, concernant l’importance stratégique de notre pays dans la conjoncture actuelle.
Dans les rencontres internationales, nous avons souvent eu l’occasion d’alerter les anti-impérialistes caribéens à ce sujet : La France utilise la Martinique comme plateforme pour sa domination impérialiste dans la grande région. Notre pays lui sert de base d’éclatement commercial, de tête de pont militaire et de cheval de Troie diplomatique, pour y défendre ses propres intérêts et ceux de l’Union Européenne. Or la France est le maillon faible de l’Europe impérialiste. Maillon faible, parce que chassée d’Afrique ; maillon faible parce que victime de sa soumission à un impérialisme américain qui n’hésite pas à la torpiller économiquement pour tenter de se sortir de sa propre crise ; maillon faible, parce que rendue ingouvernable par la décrépitude de sa classe politique et discréditée à l’échelle internationale.
La libération de notre pays accélérera le déclin du colonialisme français et par voie de conséquence celui de l’impérialisme Européen. Notre Peuple Martiniquais a donc pour mission historique, par la conquête de son indépendance, de porter sa contribution au renversement du rapport de force au niveau mondial et, en même temps, de permettre la consolidation du développement d’une caraïbe unie et souveraine.
* Deuxièmement, pour finir, nous voulons insister sur l’urgente nécessité qu’aujourd’hui, chacun choisisse son camp. L’éradication du système mortifère qui met en danger la planète et l’Humanité est possible ; la construction d’un monde alternatif plus équitable, socialement harmonieux, respectueux du vivant, des écosystèmes et de l’intérêt des générations futures, est aussi possible. Mais cela exige que nous renforcions le camp des Peuples en nous engageant individuellement et collectivement dans la lutte. Dans le contexte de la guerre décisive que nous vivons, la neutralité et l’inaction sont synonymes de complicité.
Notre organisation, pour sa part, a choisi le camp de ceux qui luttent pour l’Émancipation, l’Autodétermination, la Décolonisation, l’Indépendance et la Souveraineté. Nous invitons tous ceux qui partagent ses analyses et ses orientations à la rejoindre maintenant, car l’urgence est à la mobilisation ! Toutefois, nous tenons à affirmer que la lutte de libération d’un Peuple ne saurait être la chasse gardée d’une seule organisation. C’est la convergence des luttes de toutes les organisations conséquentes, qu’elles soient politiques, syndicales, écologistes, caritatives, culturelles ou autres, qui garantira notre victoire et qui permettra, plus tard, un développement harmonieux dans le cadre d’une véritable démocratie directe. Je conclurai donc mes propos en disant :
A bas le colonialisme ! A bas l’impérialisme !
Que vive la solidarité entre tous les peuples en lutte pour la paix et l’émancipation
Que vive l’unité de lutte pour notre libération : Tout pèp-la sanblé, nou ké fè an péyi- nèf !
Je vous remercie de votre attention.
14 Décembre 2025
