Quatre filles en révolte, dont une meneuse du jeu

— Par Jean Roy —

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Photo Pyramide Distyribution Bande de filles, de Céline Sciamma. France. 1 h 52.

A Madiana !

Bande de filles a fait cette année l’ouverture de la Quinzaine des réalisateurs à Cannes.
Plus que dans ses deux premiers films, Naissance des pieuvres et Tomboy, Céline Sciamma filme dans “Bande de filles” la banlieue d’aujourd’hui. Jusqu’à la dissection.

Pour leur coup d’essai, ils font des coups de maître. La réalisatrice Céline Sciamma en est un parfait exemple, qui s’était fait remarquer dès son premier long-métrage, Naissance des pieuvres, histoire d’une ado en vacances, première œuvre présentée à Cannes dans la section Un certain regard. Ce film a été récompensé par le prix Louis-Delluc du meilleur premier long-métrage, et il avait été également nommé au titre du césar du meilleur premier film en 2008. En 2011, Tomboy, histoire de garçon manqué, avait eu les honneurs d’être le film d’ouverture de la section Panorama au festival de Berlin, où il emporte le prix du public, avant de rencontrer un succès critique comme public avec une presse tout à fait favorable, plus de 300 000 entrées comptabilisées et une sortie dans plus de trente pays ; seule une campagne du groupe catholique intégriste Civitas tenta, en vain, de faire interdire le film. Et voici qu’arrive Bande de filles, donc le troisième long-métrage signé par Céline Sciamma, film qui eut l’honneur de faire cette année à Cannes l’ouverture de la Quinzaine des réalisateurs. La réalisatrice, faisant le pont avec ses deux premiers films, en parle : « À l’origine, le désir premier, ce sont les personnages. Ces filles que je croisais dans le quartier des Halles, dans le métro, à la gare du Nord. En bandes, bruyantes, vivantes, dansantes. En allant chercher plus loin, sur leurs Skyblogs, j’ai été fascinée par leur esthétique, leur style, leurs poses. Au-delà de cette énergie séduisante, il y avait avec ces personnages la présence d’enjeux forts et intimes au cœur de mon projet de cinéaste : la construction du féminin, avec ses pressions et ses interdits, l’affirmation des désirs, le jeu avec les identités. À travers elles, je voulais poursuivre mon travail autour des questions de jeunesse et du récit initiatique, mais dans un précipité de contemporain, ancré dans une réalité française politique. » …

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