Portrait de Clément Méric, bien plus qu’un “antifa”

Très bon élève, antifasciste, anticapitaliste et anti-homophobe, Clément Méric n’a pas survécu à ses blessures à la suite de son agression mercredi soir.

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[…] Originaire de Brest et étudiant à Sciences Po à Paris, Clément Méric, 19 ans, était un “antifa”, un militant antifasciste d’extrême gauche, très engagé dans de multiples causes. Ses camarades de Sciences Po décrivent un jeune homme blond, petit, frêle, avec un visage poupin. “Clément se relevait d’une leucémie, ce n’était pas un monstre de guerre”, ont même précisé des membres d’Action antifasciste Paris-banlieue, groupe auquel appartenait selon eux Clément Méric. Ce dernier “faisait du terrain, du renseignement, de l’agit-prop”. “Il portait tout le temps son badge antifasciste”, précise un étudiant de première année comme lui. “C’était un militant qui était tout le temps là. Il tractait contre les fascistes, pour le droit des étrangers, pour l’égalité hommes-femmes”, ajoute Adrien, de 5e année, qui le connaissait.

Fils de deux professeurs de droit de la faculté de Brest, le jeune homme, qui avait obtenu son bac scientifique avec mention très bien l’an passé, était installé depuis septembre à Paris et habitait, d’après le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, dans le 9e arrondissement de la capitale. “Très bon élève”, c’était “un gamin un petit peu rebelle”, mais “tout à fait respectueux des règles”, d’après son ancien proviseur, Jean-Jacques Hillion, du lycée de l’Harteloire, dans le centre de Brest. Alors qu’il était en classe de seconde, il a été l’un des chefs de file du mouvement contre la réforme du lycée lancée par la droite en 2010, a ajouté ce dernier. “J’ai le souvenir d’un gamin que j’ai eu plusieurs fois dans mon bureau”, se souvient encore le proviseur, qui évoque un lycéen “capable de mobiliser ses camarades”. Clément militait aussi à Brest à la Confédération nationale du travail (CNT), mouvement anarcho-syndicaliste.
“Il n’était pas agressif”

En entrant à Sciences Po, Clément Méric avait rejoint les rangs du syndicat Solidaires, mais n’était adhérent d’aucun parti, d’après plusieurs sources. “Il avait des engagements très divers”, antifasciste, anticapitaliste, anti-homophobe avec Act Up au cours des derniers mois, a précisé Claire Cosquer, militante Solidaires Sciences Po. Il avait notamment participé ces derniers mois à plusieurs actions pour dénoncer la recrudescence de propos homophobes. Le 17 avril, en marge d’une manifestation de la Manif pour tous, il faisait partie d’un petit groupe d’étudiants brandissant une banderole “L’homophobie tue” et criant “Pas de fachos dans nos quartiers, pas de quartier pour les fachos”. “C’était quelqu’un de ferme dans ses convictions, mais il n’était pas agressif. On pouvait s’engueuler en assemblée générale, et le lendemain il disait bonjour normalement”, explique Raphaëlle Remy-Lele, une étudiante qui milite à l’Unef et qui l’a fréquenté.
[…] Outre ses engagements syndicaux et antifascistes, Clément Méric était, d’après ses proches, un amateur de musique, végétalien et anti-spéciste (qui s’oppose à l’exploitation et à la consommation des animaux par les êtres humains).
Il était également un fervent supporter de l’équipe de foot du Red Star à Saint-Ouen et un habitué des tribunes du stade Bauer : le collectif Red Star Bauer, qui rassemble des indépendants très actifs, lui a d’ailleurs rendu hommage jeudi.

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Le Point.fr – Publié le 06/06/2013 à 18:42 – Modifié le 06/06/2013 à 23:29