« Plein soleil », un chef-d’œuvre de René Clément

Lundi 24 novmebre 20h50 Sur Ciné+ Classic

Par René Clément, René Gégauff Avec Alain Delon, Marie Laforêt, Maurice Ronet | 10 mars 1960 en salle | 1h 54min | Thriller | Date de reprise 10 juillet 2013

Synopsis :
Un milliardaire américain confie à Tom Ripley la mission de convaincre son fils Philippe Greenleaf, noceur invétéré qui passe de longues vacances en Italie avec sa maîtresse Marge, de rentrer en Californie. Tom entre dans l’intimité du couple et devient l’homme à tout faire de Philippe qui le fait participer à toutes ses aventures, non sans souvent l’humilier. Celui-ci va même, faire mine d’aider un aveugle à traverser la rue et lui acheter finalement sa canne (très cher) et alors jouer la comédie du faux-aveugle, provoquant l’hilarité de Tom. De son côté, Tom s’insinue au sein du jeune couple et y sème la zizanie. Alors qu’ils sont tous trois en croisière sur le bateau de Philippe, et à la suite d’une dispute, Philippe laisse Tom dans un canot attaché par un cordage au bateau, en plein soleil. Philippe et Marge s’enferment dans la cabine, et constatent, lorsqu’ils ressortent, que la corde s’est rompue. Ils partent à la recherche de Tom, qu’ils finissent par retrouver déshydraté et avec un fort coup de soleil. Tom se venge en suscitant une dispute entre Philippe et Marge, et Philippe, enfant gâté colérique, finit par débarquer Marge pour se retrouver seul avec Tom dont l’attitude l’intrigue. Lorsque les deux hommes sont seuls sur le bateau, Tom avoue ingénument à Philippe qu’il compte l’assassiner, puis prendre sa place pour, à son tour, mener la grande vie. Bluffé par un tel cynisme, Philippe le met au défi de réaliser son plan. Tom passe immédiatement à l’action et le poignarde. Puis il jette le corps, emmailloté dans de la toile et des cordages et lesté par l’ancre, en pleine mer. Dès son retour à terre, Tom met son plan en application. Il falsifie le passeport de Philippe en remplaçant sa photo par la sienne, et s’entraîne à imiter sa signature. Il téléphone à Marge en imitant la voix de Philippe pour lui dire qu’il ne souhaite pas la voir pour l’instant. Lorsque Freddy Miles, un ami de Philippe, lui rend visite et soupçonne quelque chose de louche, Tom le tue aussi. La découverte de son corps amène la police italienne à intervenir. Tom change régulièrement d’identité, passant de la sienne à celle de Philippe selon les circonstances, et déménage fréquemment. Il cherche à imputer l’assassinat de Freddy à Philippe, rédige une lettre d’adieu et un testament pour rendre plausible la thèse du suicide de ce dernier. Tom retourne auprès de Marge pour essayer de la séduire. Celle-ci a un rendez-vous pour la vente du bateau de Philippe. L’embarcation est hissée hors de l’eau et l’on découvre alors le corps de Philippe, resté accroché au filin de l’ancre. Tom, ignorant ce qui se passe, savoure tranquillement un alcool dans un bar après avoir dit à la tenancière qu’il n’a jamais été aussi heureux. Les policiers arrivent discrètement et demandent à celle-ci d’appeler Tom : il se dirige dans leur direction, un sourire aux lèvres…

La presse en parle :
Critikat.com par Nicolas Maille
[Reprise] Modèle de maîtrise stylistique, avec une distribution au diapason (Alain Delon vit sa carrière décoller), ce film noir brouille les pistes avec une étonnante modernité et montre que toute illusion reste bonne à prendre.

Libération par Gérard Lefort
[Reprise] (…) par-delà sa sociologie d’époque et une intrigue policière littéralement au couteau, « Plein Soleil » ne tiendrait pas sans la puissance de son documentaire sur Delon le jeune.

Télérama par Guillemette Odicino
[Reprise] C’est la modernité du film qui frappe, surtout.

aVoir-aLire.com par Frédéric de Vençay
[Reprise] Le charme vénéneux de Delon et le soleil éclatant d’Italie au service d’une sombre histoire de convoitise et de meurtre : c’est toute l’habileté de ce film haletant, qui fait du spectateur le complice consentant de son héros assassin.

Les Inrockuptibles par Jean-Baptiste Morain
[Reprise] Clément reste engoncé dans sa littérature, ne sait même pas filmer deux glandeurs bourrés errant dans une ruelle blanche. Restent les couleurs chaudes de l’Italie, et surtout le regard incandescent, la beauté sauvage et dangereuse d’Alain Delon.