L’éphéméride du 11 avril

Fondation de l’Organisation Internationale du Travail le 11 avril 1919

L’Organisation internationale du travail ou OIT (en anglais : International Labour Organization, ILO) est depuis 1946 une agence spécialisée de l’ONU. Sa devise, si vis pacem, cole justitiam (« si tu veux la paix, cultive la justice »), est gravée dans la pierre de ses locaux.1

Sa mission est de rassembler gouvernements, employeurs et travailleurs de ses États membres dans le cadre d’une institution tripartite, en vue d’une action commune pour promouvoir les droits au travail, encourager la création d’emplois décents, développer la protection sociale et renforcer le dialogue social dans le domaine du travail2.

Elle est fondée le 11 avril 1919, à la suite de la Première Guerre mondiale, pour « poursuivre une vision basée sur le principe qu’il ne saurait y avoir une paix universelle et durable sans un traitement décent des travailleurs »3. En 1946, l’OIT devient la première agence spécialisée des Nations unies. En 2012, l’Organisation regroupe 183 États membres. Son siège est situé à Genève, en Suisse. Son directeur général est le Britannique Guy Ryder depuis le 1er octobre 2012. L’organisation est distinguée en 1969 par l’attribution du prix Nobel de la paix.

Histoire
L’esquisse d’une politique internationale du travail avant 1914
La conférence de Berlin (1890)
La première « conférence internationale concernant le règlement du travail dans les établissements industriels et dans les mines » se tient à Berlin du 15 au 29 mars 1890, à l’invitation de l’empereur Guillaume II et avec l’aval du pape Léon XIII. Elle réunit les « principaux États industriels de l’Europe » (Allemagne, Autriche-Hongrie, Belgique, Danemark, Espagne, France, Grande-Bretagne, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal, Suède-Norvège, Suisse), à l’exception de la Russie.

La conférence adopte diverses recommandations quant au travail dans les mines, au travail du dimanche et aux conditions d’emploi des enfants, des adolescents et des femmes. Elle préconise que l’exécution de ces mesures soit « surveillée par un nombre suffisant de fonctionnaires spécialement qualifiés, nommés par le gouvernement » et « indépendants des patrons, aussi bien que des ouvriers » (les inspecteurs du travail). Elle invite également les États participants à échanger entre eux les « rapports annuels » de ces fonctionnaires, les « relevés statistiques » et les « prescriptions émises par voie législative ou administrative » dans le domaine du travail.

L’Office international de Bâle (1901)
L’assemblée constitutive de l’Association internationale pour la protection légale des travailleurs (AIPLT ou APLT) se tient à Bâle les 27 et 28 septembre 1901. Le secrétariat de l’AIPLT est assuré par l’Office international du travail, dont le siège est également fixé à Bâle. Si l’association vise à réunir les partisans de la protection légale des travailleurs pour promouvoir cette dernière, l’office se présente comme un organisme privé indépendant à caractère scientifique.

C’est à l’initiative de l’AIPLT que sont signées à Berne, le 26 septembre 1906, les deux premières conventions internationales du travail, l’une sur l’interdiction du travail de nuit des femmes dans l’industrie, l’autre sur l’interdiction de l’emploi du phosphore blanc dans l’industrie des allumettes. La première est signée par l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie, la Belgique, le Danemark, l’Espagne, la France, la Grande-Bretagne, l’Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Portugal, la Suède et la Suisse. La seconde ne porte que sept signatures, celles de l’Allemagne, du Danemark, de la France, de l’Italie, du Luxembourg, des Pays-Bas et de la Suisse.

La création et le développement de l’OIT

En 1919, les États signataires du traité de Versailles créent l’Organisation internationale du travail (OIT), en marge de la Société des Nations.

Avec la résolution du premier conflit mondial, beaucoup sont conscients du fait « qu’il existe des conditions de travail impliquant pour un grand nombre de personnes l’injustice, la misère et les privations, ce qui engendre un tel mécontentement que la paix et l’harmonie universelles sont mises en danger4 » . Arthur Fontaine – l’un des rédacteurs de la partie XIII qui a permis la création de l’institution5 – commence sa constitution en affirmant qu’« une paix universelle et durable ne peut être fondée que sur la base de la justice sociale6 ».

En 1926, la nouvelle organisation s’installe au Centre William Rappard, à Genève.

En 1927, a mis à l’ordre de sa douzième session prévue pour 1929 la question du travail obligatoire, institutionnalisé depuis 1917 dans les colonies belges7. Une mission d’enquête est réclamée en Belgique en 1930 par les politiques, polémique dont le journal La Libre Belgique se fait largement écho8, en particulier dans les plantations congolaises de café.

Le 10 mai 1944, la Conférence générale de l’Organisation internationale du travail, réunie à Philadelphie, adopte la déclaration de Philadelphie. Parmi les institutions de la Société des Nations (SDN), l’OIT est la seule organisation qui survit telle quelle à la disparition de celle-ci en 1946 (plusieurs agences de l’ONU sont directement inspirées de sections de la SDN). L’OIT devient une institution spécialisée de l’Organisation des Nations unies (ONU). Dotée d’une structure tripartite unique, elle réunit sur un pied d’égalité les représentants des gouvernements, des employeurs et des travailleurs pour débattre des questions relatives au travail et à la politique sociale. Le secrétariat de l’Organisation, le Bureau international du travail (BIT), a son siège à Genève en Suisse et gère des bureaux extérieurs dans plus de 40 pays.

En 1969, à l’occasion de son cinquantième anniversaire, l’OIT reçoit le prix Nobel de la paix.

En février 2002, l’OIT crée une Commission mondiale sur la dimension sociale de la mondialisation. Cet organe indépendant a pour but d’amener le débat à quitter le terrain de la confrontation pour celui du dialogue et de jeter ainsi les bases de l’action pour faire en sorte que la mondialisation profite à davantage de personnes.

Le 10 juin 2008, l’OIT adopte à l’unanimité sa nouvelle déclaration de foi, la « Déclaration sur la justice sociale pour une mondialisation équitable ».

En 2016, l’OIT compte 187 États-membres après l’adhésion du Royaume des Tonga.

Source : Wikipedia