“Monchichi” par la Cie Wang Ramirez

Samedi 12 Novembre – 20h – Salle Frantz Fanon

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Créé en 2011 Monchichi est la pièce fondatrice du duo Wang Ramirez. Un spectacle à la frontière du hip hop et de la danse contemporaine Monchichi chorégraphie avec humour et poésie le portrait d’une nouvelle génération urbaine, mobile et interculturelle.

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Elle s’appelle Mme Wang et lui M Ramirez. Elle est allemande par son père et coréenne par sa mère. Il est né français de parents ibériques parlant catalan et castillan. Elle est ballerine. Il danseur de breakdance ( b-boy). L’une et l’autre vivent dans deux univers que beaucoup de choses séparent. Mais Cupidon est capricieux. Ils tombent follement amoureux l’un de l’autre et vont donc s’inventer un monde à eux, rien qu’à eux. Enfin pas tout à fait puisqu’ils vont nous en faire part, nous invitant à le visiter. Cette langue commune qu’ils créent n’est pas un entre deux, n’est pas un syncrétisme, un mélange hétéroclite, un migan. Elle n’est pas un pot-pourri de ballet et de breakdance. Elle puise dans ce courant de la danse expressionniste né sous la République de Weimar dans les années vingt du siècle dernier et que l’on appelle le Tanztheater. Le terme et le mouvement qu’il désignait avait disparu avant de ressurgir dans les années 80 pour identifier par exemple le travail de Pina Bausch et de ce qu’on a appelé de façon plus générique la nouvelle danse française. La traduction de Tanztheater en danse-théâtre peut prêter à confusion car il ne s’agit ni de théâtre dansé, ni de danse jouée. Il y a fusion entre la ligne musicale suggérée par la danse et la possibilité d’une expression dramatique propre au théâtre. Monchichi invente un langage qui dit l’isolement, l’enfermement dans des identités pré-construites et divergents mais aussi le désir d’y échapper. Aux mouvements harmonieux de l’une s’opposent le staccato, le geste mécanisé de l’autre dans le morcellement des corps surajouté à leur altérité constitutive. La rencontre semble impossible et pourtant elle aura lieu car “L’amour est enfant de bohème…”. M. Ramirez et Mme Wang au delà de tout ce qui les différencie, de tout ce qui les sépare, de tout ce qui les oppose, vont inventer sur le plateau un langage nouveau qui par la vérité et l’authenticité qui le fonde  sera  un langage universel que tout un chacun pourra comprendre et partager. Pour leur bonheur et le plaisir des spectateurs.

R.S.

le 08/11/2016