« Ma pauvre île », par Gary Klang

Ma pauvre île

Ma pauvre île
Tu connus la douceur amérindienne
La reine Anacaona
Et le cacique Henri
Les caresses de la lune
Et le rire du soleil
Lorsqu’un jour
Débarquèrent les conquistadors
Avec leurs lances et leur violence

Commencèrent alors
La traite et l’esclavage
Les nez les bras coupés
Les hommes enfouis sous terre
Avec du miel sur la tête
Pour attirer les abeilles

Puis ce furent
Les présidences en cascade
Et des êtres
Avides de pouvoir
Et sans cesse renversés
Telles des quilles folles

Pourtant
Ce n’était pas la fin
Car un jour
Surgi l’on ne sait d’où
Un soi-disant médecin
Qui se vantait d’avoir guéri le pian
Fut élu chef de l’État
Mais qui au lieu de guérir
Préférait tuer
Le mal étant ainsi à jamais éradiqué

Après sa mort
Son fils lui succéda
Avec son goût du luxe et de la fête
Le peuple ne comptait pas
Il pouvait bien crever
Puisque après tout
Ce n’était que le peuple
Celui qui dort dans la boue
Et ne sait pas de quoi demain sera fait

Depuis lors
De malheur en malheur
Ma pauvre île s’en alla à vau-l’eau
Malgré les tentatives d’un prêtre qui lui voulait du bien
Mais que deux fois l’on renversa
Car le peuple
Comme on sait
Est fait pour souffrir
Le peuple n’a pas droit au bonheur

Et aujourd’hui
De descente en descente
Ma pauvre île se retrouve au fond du gouffre
Avec la loi des gangs et de la violence

Autrefois Perle des Antilles
Elle en est aujourd’hui la honte

Dirigeants de mon île
Qu’attendez-vous pour y remédier

 

 Gary Klang