L’éphéméride du 27 décembre

Promulgation des Lois de Burgos pour organiser la conquête aux Amériques le 27 décembre 1512. | Mort du prince des poètes, Pierre de Ronsard

Les lois de Burgos, furent les premières ordonnances que la monarchie hispanique mit en œuvre aux Amériques pour organiser la conquête. Elles furent promulguées à Burgos le 27 décembre 1512, avec pour but principal de protéger les Amérindiens des conquistadors. Elles ne furent que vaguement appliquées aux Nouvelles-Indes, la distance empêchant tout contrôle.

En 1511, le dominicain Antonio de Montesinos avait tenu à Saint-Domingue un sermon célèbre dénonçant les exactions commises par les colons espagnols contre les Indiens dans les Grandes Antilles au cours de la première décennie du XVIe siècle. Cette dénonciation s’inscrivait dans le cadre d’une question préoccupante : la justification de la souveraineté espagnole sur les territoires du Nouveau Monde. Afin de réglementer les rapports entre les colons et les autochtones, le roi Ferdinand le Catholique réunit une junte de juristes à Burgos en 1512.

Les discussions opposèrent le juriste Juan López de Palacios Rubios, qui faisait valoir la théorie inspirée d’Aristote de la servitude légitime des Indiens pour leur propre intérêt, à Matías de Paz, représentant des indigénistes indignés par l’exploitation des Indiens.

Ces débats aboutirent à la reconnaissance des droits légitimes du roi d’Espagne sur son territoire du Nouveau Monde à condition toutefois qu’il n’exploite pas les Indiens mais leur reconnaisse des droits d’hommes libres. Toutefois, les débats aboutirent aussi à reconnaître la nécessité pour les Indiens de travailler au profit de la Couronne par l’intermédiaire des Espagnols installés sur place. Conformément à la tradition médiévale, l’évangélisation des Indiens était comprise comme un bien supérieur permettant de justifier les éventuelles injustices qui pourraient leur être infligées.

Les 35 ordonnances connues également sous le nom « d’ordonnances données pour la bonne administration et le bon traitement des Indiens » prévoient, pour l’essentiel, les dispositions suivantes :

droit de chaque indigène à un repos de quarante jours après cinq mois de travail
obligation de nourrir les indigènes correctement et de leur donner à manger de la viande
interdiction de faire travailler jusqu’à épuisement les indigènes; interdiction de faire travailler les femmes enceintes
obligation de loger et vêtir les indigènes ; obligation de leur fournir un hamac
interdiction d’emprisonner les indigènes et de les frapper avec des bâtons ou des fouets
interdiction faite aux indigènes de se saigner, de se peindre le corps, de se saouler…
obligation de construire des églises partout de façon que les indigènes puissent entendre la messe facilement, les dimanches et les jours fériés
instruction chrétienne obligatoire pour tous les indigènes
nomination d’un « moniteur » pour cinquante indigènes chargé de veiller à l’administration gratuite des sacrements, au baptême des nouveau-nés, à la tenue des registres des naissances et des décès, à la pratique du mariage régulier et non consanguin ainsi qu’à la monogamie. Le « moniteur » sera assisté de deux inspecteurs choisis parmi les voisins les plus âgés de l’encomienda la plus proche.

Illustration : Extrait du codex Kingsborough, un indigène mexicain porte plainte contre un abus commis par le responsable d’une encomienda.

Source Wikipedia

Mort du prince des poètes, Pierre de Ronsard

Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avait éclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
N’a point perdu cette vêprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au votre pareil.

Pierre de Ronsard est l’un des plus grands poètes français de la Renaissance. Il naît en septembre 1524 au château de la Possonnière, près de Vendôme, dans une famille noble et aisée. Son père, Louis de Ronsard, est chevalier et maître d’hôtel du roi François Ier, ce qui permet au jeune Pierre d’être très tôt introduit à la cour. Selon certains biographes, sa famille aurait des origines lointaines en Europe de l’Est, et son nom aurait évolué de « Roussard » à « Ronsard ».

Dès l’enfance, Ronsard reçoit une éducation soignée. À l’âge de neuf ans, il est envoyé au collège de Navarre à Paris, puis devient page auprès de membres de la famille royale. Il voyage beaucoup en Europe — en Écosse, en Angleterre, en Irlande, en Allemagne et en Italie — et semble promis à une brillante carrière diplomatique au service de l’État. Cependant, vers l’âge de dix-neuf ans, une maladie le rend partiellement sourd. Cet accident met brutalement fin à ses ambitions mondaines et diplomatiques.

Contraint de changer de voie, Ronsard se consacre alors entièrement aux lettres. Il étudie avec passion au collège de Coqueret sous la direction de grands humanistes comme Jean Dorat, apprend le grec et le latin, et se forme aux modèles de l’Antiquité. C’est à cette période qu’il rencontre Joachim du Bellay. Avec lui et d’autres poètes, il fonde le groupe de la Pléiade, dont l’objectif est de défendre et d’illustrer la langue française afin d’en faire une langue littéraire aussi noble que le latin ou le grec.

Le succès arrive rapidement. En 1550, Ronsard publie Les Odes, puis Les Amours (1552) et Les Hymnes (1555). Il connaît une gloire immense : il est célébré comme le plus grand poète de son temps, comparé aux poètes antiques, admiré en France et à l’étranger. Les rois Henri II, Charles IX et Henri III lui témoignent leur estime, et Charles IX lui montre une affection particulière, l’emmenant souvent avec lui lors de ses voyages. Ronsard devient ainsi un véritable poète de cour, chargé d’écrire des poèmes officiels et de célébrer les événements politiques.

Pour assurer sa subsistance, il reçoit des bénéfices ecclésiastiques, notamment le prieuré de Saint-Cosme, près de Tours, dont il devient prieur en 1565. Bien que sa vie morale ait parfois été critiquée par ses contemporains, sa renommée littéraire reste incontestée. Sa poésie célèbre la beauté du monde, l’amour, la nature et la vie, en s’inspirant de la mythologie antique et de la philosophie humaniste de la Renaissance.

Après la mort de Charles IX en 1574, Ronsard est progressivement écarté de la cour. Ce retrait correspond aussi à son désir de tranquillité, dans un contexte de guerres de Religion qui troublent profondément le royaume. Il se consacre alors à la révision et à la publication de ses œuvres et écrit notamment les Sonnets pour Hélène en 1578.

Pierre de Ronsard meurt le 27 décembre 1585 dans son prieuré de Saint-Cosme. Enterré simplement, il reçoit néanmoins, quelques mois plus tard, de grandioses hommages à Paris. Considéré par ses contemporains comme le « prince des poètes », il demeure une figure essentielle de la littérature française et l’un des plus illustres représentants de la Renaissance.