“Le Papalagui” : le 31 mars à 18h 30 sur le campus de Shoelcher et le 1er avril à 19h sur l’esplanade de l’Atrium.

 Mise en scène d’ H.K. Kouyaté. Accès libre!

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Le Papalagui désigne le Blanc, l’étranger, littéralement : le pourfendeur du ciel. Le premier missionnaire blanc qui débarqua à Samoa arriva sur un voilier. Les indigènes prirent de loin les voiles blanches pour un trou dans le ciel, à travers lequel le Blanc venait à eux. Il traversait le ciel. Le texte est présenté comme un recueil d’observations et de réflexions où la civilisation occidentale est passée au crible du bon sens d’un dignitaire samoan du début du siècle.

C’est avec humour et malice que la civilisation occidentale du début du XXème siècle est passée au crible du bon sens de Touiavii, chef d’une communauté des îles Samoa, au cours d’une mémorable conférence illustrée.

De retour d’un périple en Europe, l’étonnant voyageur rapporte à sa tribu les étranges mœurs et coutumes des Papalagui, les hommes blancs. Ils vivent les uns au-dessus des autres dans d’immenses huttes de pierre, étranglent leurs corps avec des étoffes, emprisonnent leurs pieds… Si sa description nous renvoie directement aux méthodes anthropologiques européennes, elle nous montre à quel point, lorsque nous ne possédons ni les codes d’une société, ni son vocabulaire, ceux-ci peuvent nous sembler étrangers.

« Frères, que pensez-vous d’un homme possédant une hutte assez grande pour y loger tout un village de Samoa et qui, ne serait-ce que pour une nuit, refuse son toit au voyageur qui passe ? Que pensez vous d’un homme tenant dans ses mains un régime de bananes et qui n’en donne pas une seule à l’affamé qui lui demande ? Je lis l’indignation dans votre regard et je vois un grand mépris sur vos lèvre. Et bien c’est ainsi que le Papalagui se comporte à tout instant. Même s’il a cent nattes, il n’en donnera pas une seule à celui qui n’en a pas. Il lui reprochera plutôt de ne pas en avoir. Il a beau posséder une hutte remplie de haut en bas provisions suffisant pour des années à lui et à son aïga (famille), il ne lui vient pas à l’idée d’aller chercher ceux qui son blêmes et affamés. Et il y a pourtant beaucoup de Papalagui blêmes et affamés.»
Extrait du Papalagui

Récit de voyage raconté sous la forme d’une conférence, le Papalagui constitue, avec un humour irrésistible, une critique acerbe de notre société. Près d’un siècle après sa rédaction, le texte d’Erich Scheurmann présenté comme un recueil d’observations et de réflexions, n’a rien perdu de sa pertinence.

Habib Dembélé réalise une exceptionnelle performance d’acteur qui emporte l’adhésion de tous les publics.

Le Papalagui
Discours de Touiavii, chef de tribu de Tiavéa dans les Mers du Sud
Recueilli par Erich Scheurmann (1878-1957), édition originale en 1920
Première édition française 1980
création 2003 –reprise 2012
Mise en Scène Hassane Kassi Kouyaté
Adaptation Léon Kouyaté
Avec Habib Dembélé
Lumières, Images, Son Cyril Mulon
Costumes Anuncia Blas
Durée : 45 à 50 mn

http://www.scenenationale.fr/fr/spectacle/compagnie-deux-temps-trois-mouvements.html