Le « nouveau » gouvernement : une insulte aux droits des femmes!

L’Union des Femmes de Martinique s’associe aux protestations et aux actions des féministes et des démocrates suite aux nominations de 2 ministres du nouveau gouvernement :
L’avocat Éric Dupond-Moretti à la Justice, connu pour obtenir l’acquittement de violeurs, de pédocriminels et de proxénètes : Affaire d’Outreau, affaire du Carlton, affaire Tron… procès pendant lesquels la culture du viol alimente sa plaidoirie, et il accuse les victimes d’être consentantes. Connu pour ses propos sexistes : niant les stratégies des violeurs, les mécanismes d’emprise et les rapports de pouvoir, il affirme « à 30 ans, on n’est plus une potiche incapable de dire non ». Contre la création du délit d’outrage sexiste, il déclare que « les femmes regrettent de ne plus être sifflées ». L’affaire Carlton, ce sont « des copains qui s’offrent du bon temps ». Lors d’un procès, il croise une policière dont il s’apprête à attaquer l’enquête : « Tiens, voilà la pom-pom girl ! ». Aux associations féministes qui luttent pour l’égalité entre les femmes et les hommes (l’AVFT), il assène « vous préparez un curieux mode de vie aux générations futures » et il reprend à son compte les rances poncifs qui dénoncent « l’hystérisation du débat », sans compter ses propos ironiques sur la féminisation des métiers…

Gérald Darmanin au ministère de l’Intérieur, qui est visé par une procédure judiciaire pour viol, harcèlement sexuel et abus de confiance qu’il aurait commis en 2009. La cour d’appel de Paris a ordonné, mardi 11 juin, la reprise des investigations après un premier non-lieu obtenu en 2018. Même s’il est présumé innocent, il se retrouve en position d’avoir à orchestrer l’amélioration de l’accueil et l’accompagnement des femmes victimes de violences par les professionnel.le.s de police. C’est une question de principe, même si rien ne s’oppose juridiquement à sa nomination.

On se demande quelle confiance on peut avoir dans l’objectivité de ces 2 nouveaux ministres dans les politiques en faveur des femmes victimes de violences ?
Aujourd’hui en France, où 1% des violeurs sont condamnés, 76% des plaintes pour viol sont classées sans suite, 82% des victimes de viol ont mal été accueillies lors du dépôt de plainte, le gouvernement censé montrer l’exemple et indiquer la direction, affiche un mépris total pour les femmes en nommant ces personnes à la tête des 2 ministères les plus importants dans cette politique.
L’UFM relaie donc la pétition lancée par « Osez le féminisme » qui demande la démission de ces 2 ministres, et appelle tous et toutes à la signer massivement. Elle s’associera aussi à d’autres actions.

Nous nous posons aussi des questions sur la pertinence de la ministre nommée pour l’égalité entre les femmes et les hommes, Elisabeth Moreno, qui selon des sources* il y a peu considérait que pour lutter contre le sexisme en entreprise « Mon conseil serait de prendre davantage de responsabilités ! Plus vous montez dans la hiérarchie, moins vous êtes confrontée au sexisme », (interview Les Échos en 2018). Et qui estime « Quand vous prenez ce genre de situations sur le ton de la plaisanterie, cela passe toujours beaucoup mieux que lorsque vous entrez en guerre. », et que cela relève souvent « des blagues à la machine à café », méconnaissant ou refusant le droit, la dignité, et les ravages psychologiques sur les femmes des violences sexistes au travail.
Après avoir décrété pour le quinquennat les violences contre les femmes « grande cause nationale », ces décisions viennent en contradiction manifeste, et on peut considérer qu’il s’agit d’une insulte aux droits des femmes.

*Médiapart

3 ans après #Metoo, le gouvernement nous engage sur un chemin qui nous condamne à une marche à rebours.

Bâtissez votre carrière sur l’acquittement des hommes accusés de viol, vous serez ministre de la Justice !

Eric Dupond-Moretti est nommé ministre de la Justice. Affaire d’Outreau, affaire du Carlton, affaire Tron… celui que l’on surnomme « acquittator » est de tous les procès pour obtenir l’acquittement des violeurs, des pédocriminels et des proxénètes. La culture du viol alimente sa plaidoirie, il accuse les victimes d’être consentantes. Niant les stratégies des violeurs, les mécanismes d’emprise et les rapports de pouvoir, il affirme « à 30 ans, on n’est plus une potiche incapable de dire non ». Contre la création du délit d’outrage sexiste, il déclare que « les femmes regrettent de ne plus être sifflées ». Pour lui, des hommes accusés de proxénétisme aggravé dans l’affaire Carlton sont « des copains qui s’offrent du bon temps ». Loin de reconnaître le vécu traumatique des violences sexistes et sexuelles, il vocifère à l’encontre des plaignantes de l’affaire Tron « moi, je vous sauterais à la gorge ». Dans l’affaire Outreau, lors du contre-interrogatoire des enfants victimes, il terrorise une enfant de 7 ans qui a uriné sur elle de peur. Suite au procès Outreau, c’est la parole des enfants victimes de viols pédocriminels qui est remise en cause plus largement, et les condamnations pour viol chutent de 40% en 10 ans. Aux associations féministes qui luttent pour l’égalité entre les femmes et les hommes (l’AVFT), il assène « vous préparez un curieux mode de vie aux générations futures » et il reprend à son compte les rances poncifs qui dénoncent « l’hystérisation du débat ».

Soyez accusé de viol, vous serez 1er flic de France !

Gérald Darmanin est nommé ministre de l’Intérieur. Le 1er flic de France est accusé de viols, de harcèlement sexuel et d’abus de confiance. Le parquet a annoncé le 11 juin, souhaiter poursuivre les investigations ! L’affaire est en cours et l’accusé se retrouve en position d’avoir à orchestrer l’amélioration de l’accueil et l’accompagnement des femmes victimes de violences par les professionnel.le.s de police. L’impunité est totale. Même la série Black Mirror n’aurait pas imaginé une telle dystopie.

Si les femmes ne peuvent avoir confiance ni en la police, ni en la justice, la société les renvoie au silence et les condamne à subir les violences masculines ! Cette société organise alors l’impunité des agresseurs.

Aujourd’hui, 1% des violeurs sont condamnés, 76% des plaintes pour viol sont classées sans suite, 82% des victimes de viol ont mal été accueillies lors du dépôt de plainte. Nous avons besoin d’un gouvernement irréprochable, qui montre l’exemple et indique la direction.Les nominations des ministres de la Justice et de l’Intérieur démasquent le masculinisme de la classe politique dirigeante et le mépris envers la parole des victimes et les droits des femmes. La grande cause du quinquennat n’a jamais été plus insultée, méprisée et moquée. Nous exigeons la démission de Darmanin et de Dupond-Moretti, et nous appelons toutes les féministes à se mobiliser !

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