La crise climatique démasque l’inéfficacité des politiques agricoles communes : une urgence de réforme

Les défis que le changement climatique pose à l’agriculture sont de plus en plus préoccupants. Des phénomènes météorologiques extrêmes, tels que les inondations, les sécheresses, les tempêtes et les crises sanitaires, ont causé des pertes massives dans le secteur agricole. Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), ces catastrophes ont entraîné des pertes de 3 800 milliards de dollars (3 592 milliards d’euros) en récoltes et productions animales au cours des 30 dernières années. Cette situation alarmante nécessite une action immédiate pour aider l’agriculture à s’adapter au changement climatique.

Un rapport récent de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) met en lumière les politiques agricoles mises en place dans 54 pays du monde pour faire face à ces défis climatiques. Malheureusement, le constat est sévère : la majorité de ces politiques ne parviennent pas à préparer adéquatement le secteur agricole au changement climatique. Malgré près de 600 mesures mises en place, ces politiques s’avèrent inefficaces, mal ciblées et parfois même potentiellement nuisibles pour l’environnement.

L’OCDE pointe du doigt un certain nombre de problèmes clés dans ces politiques de soutien à l’agriculture. Tout d’abord, elles ne sont souvent pas conçues en vue d’atteindre les objectifs d’adaptation au changement climatique. Au lieu de favoriser l’agilité et l’adaptation des agriculteurs à un environnement en mutation, la plupart de ces mesures renforcent les structures de production existantes. Par exemple, certaines politiques encouragent les agriculteurs à se concentrer sur quelques produits spécifiques, ce qui les empêche de diversifier leurs cultures en réponse aux évolutions climatiques.

Il est essentiel que les gouvernements dépassent le stade de la planification et passent à la mise en œuvre, au suivi et à l’évaluation de ces mesures. De plus, les politiques publiques devraient se concentrer davantage sur des investissements bénéficiant à l’ensemble du secteur agricole, tels que la recherche et le développement, ainsi que les infrastructures. Pourtant, le rapport de l’OCDE révèle que ces programmes de soutien représentent une part modeste et en déclin des transferts destinés au secteur agricole, avec seulement 106 milliards de dollars, soit 12,5 % des 851 milliards au total.

L’OCDE souligne l’importance de mesures supplémentaires pour préparer l’agriculture au changement climatique. Ces mesures devraient encourager l’adaptation des agriculteurs à un environnement en mutation, favorisant la diversification des cultures, la mise en place de systèmes d’alerte précoce et d’autres pratiques agronomiques pour améliorer la résilience des systèmes agricoles.

Alors que la conférence internationale sur le climat, la COP28, se profile à l’horizon, il est impératif que les gouvernements prennent des mesures significatives pour repenser leurs politiques agricoles. Le changement climatique exige une approche proactive et des politiques qui facilitent l’adaptation du secteur agricole aux nouvelles réalités climatiques. Il est grand temps que les agriculteurs et leurs moyens de subsistance soient mieux préparés à relever ces défis croissants, et cela ne peut se faire sans une révision approfondie des politiques actuelles.

M’A