“J-expose + Numeris Clausus”

Du 15 janvier au 10 mars 2021. Fondation Clément.

Le projet est une tentative expérimentale de présenter quelque chose de nouveau. Une présentation de la créativité guadeloupéenne avec deux expositions distinctes. Une exposition numérique J-Expose et une exposition à la Fondation Clément Numéris Clausus. Chacune répondra aux normes du monde auquel elles appartiennent ; le numérique ou le réel, avec des composantes communes.

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J-Expose est une exposition qui vise à faire apparaître le dynamisme de la scène artistique de Guadeloupe. Elle devait se tenir en avril 2020 à la Fondation Clément mais a été suspendue à l’occasion du confinement. Quand la Fondation m’a renouvelé la commande, j’ai conçu une autre exposition pour le lieu et proposé de maintenir J-Expose en tant que projet numérique. J’ai choisi ce format parce qu’aujourd’hui – post confinement – il me semble plus efficace qu’une exposition in situ pour offrir au plus grand nombre une fenêtre sur la créativité des artistes guadeloupéens.
Le confinement, le covid-19 et la crise qui les a accompagnés ont accéléré de façon brutale le taux de participation du numérique dans notre vie. En tant qu’artiste, je crois que l’oeuvre doit refléter son environnement. Quand une exposition collective est présentée par un artiste, elle devient un peu son oeuvre.
Elle doit donc elle aussi, s’inscrire dans son environnement géo-politique et maintenant numérique.
Cette exposition en ligne ne s’oppose pas à l’exposition à la Fondation. Je ne la vois pas non plus comme une exposition qui la complète. J’espère que la dualité que nous créons avec cette configuration apporte de nouvelles réponses à la période tumultueuse que nous vivons actuellement.
Thierry Alet
Artiste peintre
Chevalier des Arts et des Lettres

THIERRY ALET
Né en Guadeloupe en 1969
Vit et travaille en Guadeloupe et à New York
Départ de Guadeloupe en 1987
Retour en Guadeloupe en 2013
Né au large de la Martinique d’un père guadeloupéen et d’une mère réunionnaise, Thierry grandit sous la protection de sa grand-mère paternelle Marthe en Guadeloupe. À 17 ans, il retourne en Martinique où il apprend à peindre sous la direction d’Ernest Breleur, Victor Anicet, René Louise et quelques autres. Le succès de sa première exposition «Le Roi Déchu» le propulse sur le devant de la scène artistique martiniquaise et provoque son départ à New York. Thierry ne quitte jamais vraiment la Martinique, la Guadeloupe ou New York, lieux dans lesquels il vit et travaille encore aujourd’hui. Taggé ‘d’infatigable’ par artnet.com, son oeuvre est multiple. Il s’exprime prioritairement par la couleur mais les installations, le dessin et la sculpture sont aussi présents dans son art. Il est aussi très actif dans l’organisation d’expositions pour lui et les autres artistes.

CARLA BERNHARDT
Née en 1976 en Normandie
Vit et travaille en Guadeloupe
Arrivée en Guadeloupe en 2014
Une expression, une histoire avec ses détails et ses subtilités. Grammaire et lumière sont indissociables, vocabulaire et composition donnent vie à des émotions. Ces approches sensibles et esthétiques sont aujourd’hui au coeur de son travail photographique. Cette quête est permanente lors de chacune de ses escapades mais également au quotidien. L’artiste pose son regard sur le quotidien qui l’entoure pour figer un instant, saisir une vibration, garder une trace de ce qui est furtif et éphémère, l’émotion d’une rencontre, l’histoire d’un sourire ou d’une main.

PAULINE ET MATHILDE BONNET
Mathilde, née en Guadeloupe en 1993 & Pauline, née en Guadeloupe en 1996
Quittent la Guadeloupe en 2011 et 2012
Vivent et travaillent en Martinique depuis 2016
Pauline et Mathilde Bonnet sont deux soeurs nées en Guadeloupe. Depuis toujours animées par la création artistique et très vite orientées dans cette voie, elles travaillent ensemble actuellement entre la Martinique et la Guadeloupe. Malgré les différences d’ordre esthétique qui enrichissent leur pratique commune, c’est avant tout une quête d’expression qui les rassemble. Dire l’indicible et faire ressentir des émotions contradictoires constitue le coeur de leur pratique.
L’univers caribéen habite leur travail quel que soit le medium employé.
Dessin, peinture, installation, vidéo et photographie s’hybrident dans de troublantes productions. Agrégées en Arts Plastiques et doctorantes en Arts caribéens toutes les deux, elles exposent régulièrement depuis la fin de leurs études et intègrent des programmes de résidence. Parallèlement à leur pratique artistique, elles publient des articles, rédigent des catalogues d’exposition et interviennent dans des conférences.

JEAN-MARC BOUDINE
Né en 1973 en Guadeloupe
Vit et travaille en France
Départ de Guadeloupe en 1992
Dans les expositions de Jean-Marc Boudine, 4 éléments ne sont jamais loin : lui-même, dans une perspective autobiographique, l’actualité dans sa brutalité et ses brûlures, les Antilles et l’Afrique-Mère qu’il ne cesse de chanter.
Il faut dire que le créateur navigue entre 4 dimensions : le passé, le présent, le futur, et la dimension humaine qu’il pose comme préalable, plaçant ainsi l’homme au cœur de son projet artistique.
Dans sa frénésie créatrice , Jean-Marc Boudine porte en bandoulière, son crédo d’humaniste, d’artiste engagé sur toutes les terres où affleure une seule injustice , une seule part d’inhumanité et d’indignité, où perce une once de souffrance qui puisse remettre en question sa quête d’équilibre, de quiétude, sa soif d’Utopie Essentielle.

CHARLES CHULEM-ROUSSEAU
Né en Guadeloupe en 1970
Vit et travaille en France
Il travaille pendant 7 ans en laboratoire photo argentique puis numérique. En 2002 il couvre la manifestation alter mondialiste contre le G8 à GENES, reportage qu’il publie dans les quotidiens italiens (L’Expresso, Il Seculo XIX, IL Manifesto…). Ces oeuvres sont aussi publiées dans Libération, JazzMan et aux éditions Hervas. En 2005, il retourne s’installer en Guadeloupe, où il a présenté deux expositions majeures, Paroles de sourd et Mi Màs. Ses photographies saisissent la vie dans sa diversité. Suit le projet de publication sur Ali Tur avec Sophie Paviol puis une exposition de ses photographies en 2014. En 2019 il participe au
cycle d’exposition Eclats d’Ile organisé à Paris par la Région Guadeloupe

CHANTALÉA COMMIN
Née en 1971 en Guadeloupe
Vit et travaille en Guadeloupe, Saint-François
Quitte la Guadeloupe en 1989
Retour en Guadeloupe en 2011
Née à la Guadeloupe en 1971, Chantaléa Commin quitte l’archipel en 1990 pour Paris où elle poursuit, jusqu’en 1998, des études d’Esthétique, de littérature et de cinéma expérimental à l’université Paris I – Sorbonne. Refusant de se limiter formellement, Chantaléa Commin mixe dessin, installation, textile et vidéo dans une pratique expérimentale et protéiforme qui découvre un monde désenchanté mais riche de ses
multiples, un monde en mutation mais non sans réelles fondations, dominé par le règne de la marchandisation où la réflexion, l’action peuvent cependant ouvrir un autre champ des possibles.

VALÉRY GABON
Né en 1976 à Saint-Claude en Guadeloupe
Vit et travaille à Bouillante en Guadeloupe
L’artiste dessine depuis l’âge de six ans. Après sa classe de Terminale au lycée Gerville Réache de Basse-Terre, Gabon est admis au centre d’arts plastiques du Lamentin, école fondée et dirigée par Michel Rovelas. Pendant les cours, Valéry Gabon prenait du plaisir à faire des nuanciers de gris sur du papier avec son stylo bille, sans aucune intention, juste pour le plaisir, sans savoir qu’un jour ce médium deviendrait son outil de prédilection. C’est après une succession de rêves prémonitoires, que tout commence. Animé par une frénésie créatrice, l’artiste commence à objectiver sur du papier toutes ces formes imaginaires qui adviennent avec une totale spontanéité.

ROMAIN GANER
Dates de vie et de mort : 1953 – 2019
Né en Guadeloupe
Départ de Guadeloupe : 1971
Du point de vue du plasticien que je suis, comment raconter une histoire en peinture ? Comment dire ce qui me touche directement ? Culturellement, comment dire qui je suis ? Il n’y avait pas de repères. L’art, en Guadeloupe, ne racontait pas l’histoire réelle, contrairement à Haïti, à Cuba. J’ai alors entrepris, en 1998-1999, un travail de recherche historique. Il en résulta, deux ou trois ans plus tard, des compositions qui,
proches de celles de Jacob Lawrence ou de Wilfredo Lam, ont été exposées, en 2002, à Berlin.
Propos recueillis par Roger Toumson
Professeur à l’université des Antilles et de la Guyane 2009

GOODŸ (GILLES EUGÈNE)
Né en 1975 en Guadeloupe
Vit et travaille en Guadeloupe
Goodÿ est un artiste plasticien né le 22 novembre 1975 en Guadeloupe, à Saint-Claude, Ambassadeur de la Mondial Art Académia pour la Guadeloupe. Pratiquant le dessin et la poésie depuis son enfance, et après avoir rencontré de nombreux artistes entre les années 1998 et 2000, il décide, en novembre 2000, de se mettre à son compte en tant qu’artiste auteur-infographiste et de se consacrer aux arts plastiques.

ALAIN LACKI
Né à Paris en 1954
Vit et travaille en Guadeloupe
Arrivé en Guadeloupe en juin 1990
Alain Lacki est un photographe et artiste français basé en Guadeloupe. En combinant plusieurs photographies, il crée une vision imaginaire inspirée, détournée de la réalité mais la plus réaliste possible. À la différence de la photographie traditionnelle, Alain ne saisit pas l’instantanéité de la vie quotidienne, il pêche les différents éléments qui lui permettent de construire et concrétiser ses idées. Finalement sa
principale difficulté consiste à trouver le moyen de photographier l’impossible, c’est ce qui en constitue le piment.

FÉLIE LINE LUCOL
Née en Guadeloupe
Vit et travaille en Guadeloupe
Départ de Guadeloupe en 1976
Retour en Guadeloupe en Janvier 2002
Artiste multiple, Félie Line Lucol n’a aucune limite dans le choix des médiums et des supports. Après des études dans l’industrie de l’habillement puis dans la décoration publicitaire en France, elle travaille pour Disney World en tant que portraitiste. Elle y perfectionne son don pour le dessin et y débute l’aquarelle. Elle poursuit sa carrière artistique en 2002, en Guadeloupe où elle vit et travaille. Sensible aux méfaits de la surconsommation, elle entreprend une démarche partant des matières recyclables, un engagement utile et apprécié entre autres face à la problématique des déchets sur l’île. Ayant trouvé en ces matériaux une réelle source de création, elle fonde le Collectif Rip’art pour une réflexion profonde sur l’art du détournement et l’accumulation.

ANTOINE NABAJOTH
Né en Guadeloupe en 1964
Départ de Guadeloupe en 1985
Retour en Guadeloupe en 1990
Antoine Nabajoth est né en Guadeloupe en 1964. Il a obtenu un DNSEP à l’école régionale d’Arts Plastiques de Martinique. Après son diplôme, il effectue divers stages de pratiques artistiques en Martinique, en France et à Cuba. De retour en Guadeloupe, il crée l’atelier d’Art Antoine Nabajoth en 1998, destiné dans un premier temps aux enfants et ensuite aux adultes.
Sa pratique picturale questionne l’humain, la nature, son enfance, son pays la Guadeloupe.
A la recherche de l’émotion provoquée par la vivacité des couleurs qu’il choisit, il utilise différentes techniques (pinceau, couteau, fourchette, éponge, carton, truelle, etc.) pour surprendre l’oeil et pour dompter la fulgurance des thèmes qui surgissent dans sa peinture.

FRANÇOIS PIQUET
Né en 1967 en France
Vit et travaille en Guadeloupe
Arrivé en Guadeloupe en 2000
François Piquet vit et produit dans le “Tout-Monde”, où il choisit d’expérimenter artistiquement la «créolisation» d’Edouard Glissant, et les imprévus d’une création contemporaine populaire et protéiforme, pour replacer l’art dans ses fonctions sociales et utopiques, et mettre en place les conditions de la rencontre. Sculptures, installations, street art, video, livres et ateliers : sa démarche est résolument contemporaine, combinant l’humour et l’expérimentation constante de nouvelles manières, matières et médias, pour présenter des formes accessibles, politiquement incorrectes et bousculant les points de vue sur les relations à l’autre.

RUDDY MARC ROQUELAURE
Né en 1971 en Guadeloupe
Vit et travaille en Guadeloupe
Départ de Guadeloupe en 2001
Retour en Guadeloupe en 2013
Lauréat de la première promotion du Diplôme national d’arts et techniques (DNAT) – option Arts graphiques – au sein de l’Institut régional des Arts Visuels de la Martinique, il a vécu et travaillé en Martinique, en Guadeloupe, à Montpellier puis à Vancouver au Canada. Traitant de son identité “d’afro-caribéen”, son travail parle notamment de la relation « à distance » entre les « Noirs » et leurs racines africaines, la spiritualité africaine ancestrale y occupe une place importante. « Je considère mon travail d’utilité publique, une thérapie de groupe vers la prise de conscience, j’invite le public à réfléchir aux enjeux sociétaux, politiques et métaphysiques ».

JIMMY SABAS ALIAS MASH
Né en 1989 en Guadeloupe
Vit et travaille entre la Guadeloupe et Saint-Martin
Street artist Caribéen et professeur d’Arts Plastiques, Jimmy Sabas alias MASH commence à pratiquer l’art par le Graffiti dès l’adolescence. En investissant les rues, il s’autorise à peindre les murs des divers lieux qu’il traverse. Diplômé des Beaux-Arts en 2012, à la Martinique, il est lauréat de la JAM SESSION. Adepte du Street art, son travail s’est enrichi des arts visuels. A partir de l’année 2013, il intègre à sa démarche une dimension participative en s’orientant vers le développement de projets artistiques collectifs. Habitué à transmettre, il intervient en tant qu’artiste en milieux urbain, scolaire et associatif en Martinique, en
Guadeloupe puis à Saint-Martin.
En perpétuelle réflexion quant à sa pratique artistique et toujours en quête de partage, il s’adonne à la pratique du Street art dans plusieurs villes dans le monde.

JÉRÔME SAINTE-LUCE
Né en 1981 à Perpignan
Vit et travaille en Guadeloupe
Arrivé en Guadeloupe en 1984
Jérôme Sainte-Luce développe un travail de recherche visuelle, parcourant la culture Amérindienne, élément fédérateur de l’histoire et du patrimoine de l’espace caribéen. En effet, « hanté » par la perte de la Mémoire, l’artiste contourne inlassablement les pétroglyphes amérindiens et pose la question de « l’autre état » après la mort de l’homme, et donc la question de la trace laissée… Ce qui subsiste malgré tout, après l’extinction de toute une civilisation. Son univers plastique est fait de superpositions de textures, papiers et tissus, il y mêle peinture, graphisme et collage. Il s’empare de la matière, la travaille, la triture, la transforme, la détruit et la recompose.

CATHERINE SEZNEC
Née en 1962 en France
Vit et travaille en région Parisienne
Originaire de deux îles d’Outre-Mer : la Guadeloupe et la Réunion, Catherine Seznec vit et travaille en région parisienne. Sa pratique artistique puise son énergie dans les racines des peuples d’Outremer. Elle se construit et affirme son identité multiple tout en créant des liens entre les différentes cultures. Ce processus de création est une ouverture à l’Autre. L’hybridation des supports, le métissage des matières et les
techniques utilisées forgent un univers syncrétique mis en scène dans des installations. Ses créations représentent les éléments d’une mythologie personnelle composée essentiellement de quatre séries : les
Effigies (assemblages), les Valises (assemblages), les Etoffes (toiles libres cousues et peintes) et les Icones (peintures acryliques et gravures). Ses oeuvres touchent simultanément l’individuel et l’universel, le local et le mondial, le passé et le présent.

RONY SIDON
Né en 1974 en Guadeloupe
Départ de Guadeloupe en 1997
Vit et travaille en France, Guadeloupe, Irelande
Les dessins et la peinture de Rony sont créés à Balbriggan, en Irlande, où il vit et développe un syncrétisme culturel combinant plusieurs styles d’art brut en un (dessin sur pierre des Caraïbes, design celtique, livre de kells…), qu’il nomme BlackLines. BlackLines est un concept de liberté dans le processus de création. L’intuition prend le dessus sans interruption. Pour le projet Numéris Clausus, il présente quatre grandes pièces en carton du corps humain représentant la notion de « Sentinelle». Le gardien qui veille sur nous, surtout en cette période pandémique où nous sommes entre réalité et surréalisme. Cette approche du travail en déchirant le carton en morceaux et en le remontant en une seule forme intuitive (le corps humain) est l’esprit d’un travail précédent intitulé «Neg Mawon», réalisé en 2013. Ce travail inspiré de Neg Mawon a dû s’adapter à un nouvel environnement. Rony a traduit cette résilience en oeuvres d’art à travers des formes qui représentent un gardien imaginaire.

AMANDINE UGER
Née à Bordeaux en 1983
Vit et travaille en Guadeloupe
Arrivée en Guadeloupe en 2008
Originaire de Guadeloupe, Amandine est née à Bordeaux, en 2015, elle installe son atelier à la Pointe-des-Châteaux à Saint-François. Diplômée en Arts plastiques, elle peint depuis l’âge de 17 ans. Elle participe en 2017, à PooL Art Fair Guadeloupe, où elle présente pour la première fois les corps bleus de la série Alkhôves, un univers fait de légendes, de mythologies et croyances, où évoluent des personnages aux tons bleus entourés d’une végétation foisonnante et omniprésente. A l’origine, Amandine Uger travaille à l’acrylique et à la poudre depuis 2020, à la recherche de plus de profondeur, plus d’éclat dans les couleurs, elle travaille à la peinture à l’huile, technique qu’elle apprend en autodidacte.

STEEVE VERIN
Né en 1991 en Guadeloupe
Vit et travaille en Guadeloupe
Départ de Guadeloupe en 2012
Retour en Guadeloupe en 2018
Depuis ses études, il travaille notamment le portrait en peinture et en dessin, sous différents aspects, réalistes, caricatures, déstructurés. Dans la filiation de Rebeyrolle et Bacon, ces portraits colorés et floutés font le lien entre la présence et l’absence. La question du lien entre la vie et la mort n’est que suggérée. Ils sont pour l’artiste le résultat de souvenirs enfouis, cachés comme une sorte de réminiscence. L’artiste cherche à figurer le sentiment étrange d’avoir déjà vécu un moment dont on aurait le souvenir conscient. Steeve Vérin tente de révéler notre humanité, et profite par la même occasion de mettre en avant l’essence de ce qui nous constitue, et pour lui cela passe par l’acceptation de ce qui est et par la déconstruction du beau.

PHILIBERT YRIUS
Né en 1950 en Guadeloupe
Vit et travaille en Guadeloupe
Philibert Yrius est né au sein d’une famille modeste sur les plaines de Pointe-Noire en Guadeloupe. Il commence la peinture à l’âge de 14 ans. L’homme qui se passionne pour la pêche et le jardin, extrait de cette communion avec la nature, toute une imagination extravagante. C’est au coeur d’un atelier-cabanon que cet autodidacte fait naître sous ses pinceaux, son monde fantastique. D’inspiration biblique, l’artiste révèle, en prophète métaphorique, un pays d’apocalypse peuplé d’êtres mi-animaux marins, mivégétaux exotiques au déluge de couleurs symboliques. Une peinture torturée, hurlant autant de messages angoissés et
mystiques, traduit la force, le besoin, la fougue et la passion, jusqu’à atteindre la révolte contenue dans l’action de spontanéité.