Faada Freddy, du gospel qui claque

— Par Fara C. —
faada_freddyL’artiste sénégalais présente “Gospel Journey”, son CD sans instrument mêlant voix et percussions corporelles, contre le règne du fric, du look et du toc.

Il faut chérir l’audace et, surtout, son public, pour conclure son concert au Trianon en accompagnant les spectateurs jusque dans les couloirs du métro, comme l’a fait, en 2014, l’époustouflant Faada Freddy. À la grande joie des voyageurs, stupéfaits, mais à l’enthousiasme immédiat devant tant de talent et de générosité, l’auteur, interprète et compositeur sénégalais continuait de chanter a cappella, leur offrant à la volée l’or de sa voix.

Étourdissante, ductile à souhait, elle s’élève à tire-d’aile vers des harmonies éthérées. Elle constitue la sève du CD Gospel Journey, conçu sans instrument. « Alors que règnent l’artificiel, l’argent et son lot de contre-valeurs, j’ai souhaité mettre en lumière l’essentiel, explique Freddy. Et cela, à travers ce qu’on a de plus naturel et intime : la voix, le corps. » Il a ainsi baptisé son disque, car le gospel en forme la matrice. « Pour moi, le gospel relie fondamentalement les chants de travail, jadis, des esclaves dans les champs et la vaste Great Black Music contemporaine, en laquelle j’inclus le hip-hop. Je tire la sonnette d’alarme : les esclaves d’aujourd’hui portent les fers du fric roi, du look, des marchands de toc et de faux rêves. »

Comme le firent autrefois les esclaves pour défier l’interdiction d’utiliser des instruments de musique, Faada Freddy et les invités de son CD (Imany, Wasis Diop…) puisent aux ressources du corps : chant, beatbox, sifflement, claquement des doigts et percussion sur les membres, la poitrine…

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