Exposition : « Hurler les failles »

Du 13 janvier au 14 février Tropiques Atrium Galerie La Véranda

Cette nouvelle exposition collective réunit 18 artistes du PABE et leurs invité.e.s autour d’un mot aussi secret que profond : La faille.
Brisure géologique, fêlure intime, fracture sociale, rupture de la mémoire, naissance, mort …
« Sans aucun doute, nous traversons une période durant laquelle susurrer nos douleurs importe peu. Il nous faut les hurler, et ceci avec une rage foudroyante, pour enfin sortir de profondes somnolences toutes les failles vives du monde. »*
Inspirés des mots du poète Haïtien, Jean Erian Samson, les artistes explorent la tension fertile entre ce qui se brise et ce qui se révèle, à travers des médiums aussi divers que la peinture, la céramique, la sculpture, l’installation, l’art textile, la calligraphie.
À la croisée du Kintsugi et de la pensée stoïcienne, la faille devient ici dynamique de création, lieu de transformation parfois même de sublimation.
Cette exposition propose de regarder en face ce qui se fend, ce qui cède, ce qui échappe.
De comprendre comment, dans la blessure, une lumière peut surgir.
De laisser apparaître les failles en nous, dans le monde, dans la matière, non comme des défauts à gommer, mais comme des lignes de vérité, des fragments d’humanité, des territoires à habiter.
« Après le pilonnement, les saxifrages germeront et embelliront nos ruines. ».*
Garance VENNAT, commissaire de l’exposition
*Jean Erian Samson
Hurler les failles, extrait de la revue DO.KRE.I.S N°6 de 2023.
Les artistes : membres du PABE : Michèle ARRETCHE, Nadia BURNER, Claudy DALLA FONTANA, DAOUÏA, Anick EBION, Karin ELIASCH, Sylviane FEDRONIC, Marie-Annette FOURNIER, Hélène JACOB, Françoise LEVY, Isabelle PIN, Garance VENNAT. Et leurs invité.e.s : Fabienne CABORD, Fabienne CLEMENT, Chantaléa COMMIN, Vincent GAYRAUD, MAURE, Valérie PAUVERT. Commissariat : Nadia BURNER, Isabelle PIN, Garance VENNAT Scénographie :

Fabienne CLEMENT

Chantaléa COMMIN Babel VI, l’impossibilité du festin,

Quelques visuels et textes de cartel
Chantaléa Commin

La série Babel initiée avec la pandémie en 2020, expose des scènes différentes juxtaposées mais ne faisant rarement corps commun et met à nu les failles cisaillantes. C’est à Rome, face à ses monstres, préparant ce travail qu’éclatent à nouveau, les impossibilités, les disruptions évidentes et malgré tout ce fatras, un « autre » qui se constitue, bien que bancal, bien qu’incongru et inattendu en un salmigondis où chaque faille est élégie. Le festin improbable réunissant l’indien dit cannibale et le saturne dévorant son enfant transformé en sucre, vomit l’extractivisme, source d’exploitation de la nature (qui brûle) et des hommes.
Dans cette version où l’hybridité de mon travail ressurgit, le hurlement se fait vibrations plus ou moins harmonieuses ou entremêlées. Hurlement des conques dès le Saladoïde ancien, histoire et mémoires, récits intimes, sont un matériau plastique ; telle la comptine se jouant avec des grains de maïs dans les mains de l’aïeule bad bitch, « blan ka diné ? ».
Dessin, transfert, acrylique, textile, argile, QRcode dynamique
200 X 215 cm
2025
Vincent GAYRAUD

Vincent GAYRAUD
MADE IN MADININA


“ Lorsqu’il m’a regardé et a baissé sa cagoule…J’ai senti ce point de non-retour où une société se fragmente et où l’incompréhension conduit à la rupture.
La faille a ressurgi alors, elle s’est profondément ancrée, elle a pris racine.
Elle peut ressurgir à n’importe quel moment.”
Une faille au final, quelle qu’elle soit, nous habite, prend corps en
nous individuellement ou collectivement.
Il vient un cap où elle devient incompressible et inéluctable qui que nous soyons, où que nous soyons.
TRIPTYQUE
2025

1/ MADE IN MADININA 1
190cmx 130cm
Fusain sur papier aquarelle
2/ MADE IN MADININA  2
190cm x 130 cm
Fusain sur papier aquarelle
3/ MADE IN MADININA 3
190cm x 130cm
Fusain sur papier aquarelle
Garance VENNAT

Garance VENNAT
CŒURS COUSUS


Pulvérisés par la trahison, fracassés par la violence, broyés par l’humiliation, écorchés dans l’enfance, brisés par l’abandon, fissurés par l’échec….
Comment se recoud un cœur ?
Joie ? couleurs et paillettes !
Colère ? flammes et sequins !
Douceur ? Plumes et dentelles !……
Mes œuvres célèbrent ce travail d’orfèvre que nous déployons courageusement pour survivre avec un cœur brisé.
KINTSUGI des cœurs. Ces précieuses cicatrices font de nous des êtres parfaitement imparfaits, magnifiquement singuliers et superbement fêlés.
Tableaux : Collage, coutures, linogravure, empreinte, peinture. 42 cm/29,7 cm ; 2025
Cœur dentelle                                            Cœur vagues
Cœur flammes                                           Cœur fleurs
Coeur bijoux
Cœur barbelé
Valérie PAUVERT

Valérie PAUVERT
TIREZ SUR l’INTRUS


Dans un monde qui brille sous les projecteurs, chaque canard porte une histoire.
Certains exhibent leurs fissures comme des trophées.
D’autres les retiennent sous la surface, dans un silence fragile.
Les formes se tordent, se redressent, hésitent.
Rien ici n’est intact, et pourtant tout tient debout.
Les réparations côtoient les dissimulations.
Les failles deviennent rythme, murmures, respirations.
On y voit ce que l’on veut bien reconnaitre de soi.
Une fragilité qui circule, discrète ou assumée.
Hurler la faille, c’est arrêter de faire semblant.
Série de canards en porcelaine et porcelaine-papier, 20X23 cm chacun.
2025