— RS n° 433 lundi 9 février 2026 —
L’attention se concentre souvent sur le « budget de l’outremer ». Et lorsque les baisses de celui-ci sont modérées par l’intervention des parlementaires coloniaux, beaucoup s’imaginent que le problème des moyens est plus ou moins résolu. Mais devant l’aggravation des difficultés du quotidien, on cherche les responsables. En réalité, on les trouve derrière des chiffres trop souvent ignorés parce qu’on ne les entend nulle part dans les grands médias.
Les municipalités voient leurs dotations diminuées. L’agriculture est sacrifiée. Pour les sargasses, l’argent manque et l’État organise la énième « concertation ». La culture est en souffrance. Le sport, si utile à l’épanouissement et la cohésion, est à la portion congrue.
Tout cela, nous dit-on, parce que la France n’a pas d’argent, est endettée, etc. C’est le prétexte donné par le pouvoir pour « justifier » que le budget des sports a diminué en deux ans de 31%, l’agriculture, dans la même période, de 14%, l’aide au développement, cette maigre compensation au pillage de l’Afrique, a diminué de 40% en deux ans. Le Fond vert, servant à aider les programmes écologiques des municipalités, a baissé. Le budget de l’éducation raboté avec 4000 postes d’enseignants supprimés, tout comme les moyens de veiller aux conditions de travail ou aux emplois aidés. Nous sommes, ici encore plus qu’en France, victimes de toutes ces mesures.
Pendant ce temps, et ceci explique cela, les 500 personnes les plus riches de France ont vu leurs fortunes doubler depuis 2017, au point de représenter actuellement 40% de la richesse nationale. Évidemment ce beau monde tire son opulence des cadeaux fiscaux et sociaux de l’État, réalisés grâce aux sacrifices imposés aux classes subalternes.
Vouloir conquérir des municipalités sans appeler les masses laborieuses à engager le combat contre cet ordre injuste des choses, c’est préparer de nouvelles déceptions pour le peuple. Il y a quelques mois, un mouvement de solidarité venait au secours des étudiants étrangers plongés dans la misère sur le campus de Schœlcher. Mais, voilà que le budget qui vient d’être voté, sous la pression de la droite extrême et de l’extrême droite, supprime l’aide pour les étudiants étrangers.
Le combat contre la pauvreté, la déliquescence des services publics, pour l’emploi, les salaires, les minima sociaux, revêt une dimension globale. Nous avons à lutter contre les effets et contre les causes, contre les causes immédiates et contre les causes lointaines, contre les mauvaises décisions prises ici, et contre les mauvaises décisions prises en France, pour des organisations syndicales et populaires de lutte, et pour des municipalités organisées en bastions au service des classes debout contre l’injustice, l’arrogance, le mépris.
Quand Alliance Police Nationale appelle à l’aide
Malgré la médiatisation dont bénéficie ce syndicat classé à l’extrême droite, malgré son implication dans une opération « nationale » (française), malgré la demande d’un renforcement de la police par bien des partis martiniquais, malgré l’angoisse dans la population devant l’importance de la délinquance armée en Martinique, on ne peut pas dire que leur appel « Venez manifester votre soutien pour une police respectée et protégée » ait été massivement entendu chez nous !
Les raisons de leur échec sont assez claires.
1.Tout le monde se rend bien compte que l’éradication de la violence mortifère qui gangrène notre société, demande une politique globale plus profonde que ce que réclame ce syndicat.
2.On n’a jamais entendu ce syndicat élever la voix contre les méfaits révoltants de certains membres de la police, ni aux Antilles (affaire Kézia, affaire Klodo par exemple), ni en France (trop d’exemples à citer), ni ailleurs (de l’affaire George Floyd aux affaires de ICE aujourd’hui à Minneapolis…).
3.Leur appartenance à l’extrême droite, très commentée en France et passée sous silence chez nous, est une insulte à notre histoire et aux réalités de nos combats pour l’émancipation.
4.Dans le débat qui fait rage en France, le syndicat Alliance est mobilisé pour que la loi confère à la police une « présomption de légitime défense », en cas d’usage des armes à feu. Une horreur.
Pendant que nous écrivons ces lignes, les agents du Centre Pénitentiaire de Ducos protestent contre les dangereuses conditions de travail qui leur sont imposées. En dépit de notre parfaite acuité auditive, les rassurants messages de solidarité d’Alliance Police à ce légitime combat, ne sont toujours pas entendus…
Palestine : Solidarité toujours indispensable
Trump et sa bande ont toujours un mauvais coup pour détourner l’attention du reste de leurs crimes. Et ceux-ci se poursuivent. Plus de 500 Palestinien·ne·s tué·e·s depuis le prétendu cessez-le-feu à Gaza, plus d’une trentaine d’ONG, indispensables pour sortir la population de Gaza du manque de soins et de nourriture, sont brutalement expulsés. Des milliers de prisonniers toujours dans les geôles sionistes alors que tous/tes otages du 7 octobre ont été remis à Israël. En Cisjordanie, provocations et colonisation se poursuivent.
Le projet fou et génocidaire de rayer la Palestine de la carte est toujours dans la tête des suprémacistes israéliens.
En France, la macronie veut toujours criminaliser toute critique de l’État hébreu, alors que celui-ci reconnaît officiellement le chiffre édulcoré de 70 000 victimes à son actif criminel sur le site de Gaza.
Poursuivons au contraire la solidarité ! Signons la pétition pour que l’union européenne dénonce enfin, les accords préférentiels avec Israël qui n’en respecte pas les conditions ! Renforçons le Comité Martinique-Palestine Solidarité !
