“Dernier caprice” un film de Yasujirô Ozu

Lundi 12/10/20 à 20h & mardi 13/10/20 à 14h. Salle Frantz Fanon.

Avec Ganjirô Nakamura, Setsuko Hara, Keiju Kobayashi
Nationalité Japonais
27 janvier 1982 / 1h 43min / Comédie dramatique
Date de reprise 5 août 2020

Synopsis :
Manbei Kohayagawa est le patron d’une petite brasserie de saké au bord de la faillite. Le vieil homme est entouré de ses trois filles : l’aînée, Akiko, veuve et mère d’un petit garçon, qu’il souhaite remarier ; la cadette, Fumiko, dont l’époux, gérant de la brasserie, se dévoue corps et âme pour la survie de l’entreprise ; et la benjamine, Noriko, qui refuse tous les prétendants choisis par sa famille. Ces derniers temps, Manbei trouve du réconfort auprès de Tsune Sasaki, son ancienne maîtresse chez qui il se rend en douce. Bientôt, la santé du patriarche commence à décliner…

La presse en parle :
Svdclasik.com par Jean Gavril Sluka
Dernier caprice : pas tout à fait pour Ozu, dont l’œuvre se conclura avec Le Goût du saké, et un titre auquel on pourrait préférer la traduction littérale de l’original (L’Automne de la famille Kohayagawa), qui suggère une dimension de finitude et de déclin, concernant un groupe familial entier et non pas seulement un retraité têtu. Ozu aborde cela non sans une certaine légèreté, toutefois (et l’évidence d’une mise en scène qui fait oublier à quel point il est difficile de faire simple). Face à la mort, qu’est-ce qui redouble d’importance et qu’est-ce qui apparaît dès lors comme tenant de la vanité ? À l’image d’un montage où les plans qui indiquent ce dont les personnages parlent n’appuient pas plus qu’ils ne contredisent leurs propos, leurs jugements de valeurs, le film ne tranche pas, mais recommande l’indulgence. Comme le dit un des clercs, tandis qu’il s’embrouille alors qu’il essaie d’expliquer à un autre l’arbre généalogique de son patron, les Kohayagawa sont une famille « compliquée ». Il parle alors du lien qui unit le patriarche à ses sœurs, de son adoption, mais la descendance de ce vieil homme n’est pas plus simple. Elle connaît des problèmes sérieux. Or, se montrer sérieux, c’est justement ce que Manbei ne veut plus (non qu’il ait l’air de beaucoup l’avoir fait auparavant dans sa vie, en dehors de la sphère professionnelle). La vieillesse est pour lui comme une seconde enfance (il prend, entre deux crises de santé, un plaisir particulier à jouer au base-ball et à cache-cache avec son petit-fils) qui désarçonne ses filles et son beau-fils, plus à cheval sur la bienséance, et que sa manière d’obéir à ses propres désirs confronte à leurs frustrations, leurs propres déceptions et reniements…

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