Coronavirus : « Les inégalités tuent aujourd’hui en Seine-Saint-Denis »

— Collectif —

La crise sanitaire liée au Covid-19 que nous traversons affecte toutes les régions, tous les territoires. Pour autant, les chiffres publiés récemment par les autorités montrent une « surmortalité exceptionnelle » dans le département de la Seine-Saint-Denis. Ces chiffres doivent encore faire l’objet d’analyse mais ils nous mettent en colère.

Les communes de Seine-Saint-Denis sont celles où les inégalités, pointées par de nombreux rapports, persistent dans de nombreux domaines : l’éducation, la justice, la sécurité ou bien sur la santé. Ces inégalités rendent aujourd’hui nos habitantes et habitants, les classes populaires, de plus en plus vulnérables au virus.

Celles et ceux qui, exemptés de confinement, sont contraints de travailler, parfois sans les protections suffisantes. Celles et ceux qui sont caissiers ou caissières des grands magasins, éboueurs, agents d’entretien, aides-soignants, aides à domicile, livreurs. C’est d’ailleurs ce qui justifient la majorité des déplacements que nous observons dans les rues de nos villes.

Un réseau des médecins de ville plus faible qu’ailleurs

Gardons aussi à l’esprit que le confinement dans un appartement est autrement plus difficile à vivre dans des situations de mal logement, lorsque l’on est la proie des vendeurs de sommeil, contraints de vivre dans des logements insalubres ou sur occupés…

La pandémie actuelle instaure une course de vitesse entre la propagation du virus, le degré de sévérité chez les patients atteints et la capacité de prises en charge des structures sanitaires.

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Tandis que notre réseau des médecins de ville est plus faible qu’ailleurs limitant la détection précoce des cas, tandis que les pathologies associées à des complications sont plus nombreuses (cancer, diabète, etc), la population de Seine-Saint-Denis est d’autant plus vulnérable. Il faut ajouter la crise traversée par l’hôpital public qui est particulièrement d’actualité ici.

Ne plus suivre les logiques d’austérité budgétaires

Si nos villes s’appuient aujourd’hui sur un réseau de Centres municipaux de santé performant, qu’elles ont choisi de préserver malgré les coupes budgétaires, et si la solidarité est déployée grâce à l’investissement des villes, du personnel communal, des associations, entre les habitantes et les habitants… la situation reste alarmante.

C’est vrai qu’aujourd’hui, les inégalités tuent en Seine-Saint-Denis.

Ces profondes injustices, que plus personne ne peut choisir d’ignorer, il faudra s’y attaquer de front, avec des actes. Le nouveau monde, celui d’après la pandémie, que même des députés de la majorité appellent à construire, ne pourra plus suivre les logiques d’austérité budgétaires qui sacrifient des vies.

 Aujourd’hui, nous sommes dans l’action pour agir et faire face à la crise, demain, nous exigeons que le gouvernement en tire rapidement des conclusions et propose des actions fortes de rattrapage pour la Seine-Saint-Denis. Nous y veillerons après la crise avec la même énergie qui nous mobilise tous les jours pour lutter aujourd’hui.

Le collectif d’élus de la Seine-Saint-Denis : Stéphane Troussel (PS) président du Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis ; Mériem Derkaoui (PCF), maire d’Aubervilliers ; Mohamed Gnabaly (sans étiquette), maire de l’Ile-Saint-Denis ; Gilles Poux (PCF), maire de La Courneuve ; Laurent Russier (PCF), maire de Saint-Denis ; Sylvine Thomassin (PS), maire de Bondy

Collectif