Catégorie : Sciences Sociales

Des municipalités écologistes pour préparer demain (4)

— RS n° 427 lundi 29 décembre 2025 —

Les propositions citées dans les deux précédents numéros visent à répondre aux urgences et à préparer demain. Poursuivons dans la même optique en complétant l’indispensable volet écologique.

Cet aspect est certes déjà présent, étroitement mêlé au social, dans la question du transport public, d’une médecine prise en charge par la Sécu (dans des maisons communales de santé), dans le choix de création de structures publiques ou semi publiques pour la politique de transition énergétique, de l’eau, de l’agriculture paysanne (en lien avec l’alimentation des cantines scolaires). Dans tous ces domaines, la ville en étant un centre d’impulsion réaliste, doit chercher à avoir un effet d’entraînement sur les communautés de communes, mais aussi sur la CTM.

Toute édilité conséquente cherchera à combiner les échelles, allant du local à l’intercommunal et au territorial. Ces combats, il faudra d’ailleurs les mener en cherchant des alliés dans les autres colonies comme en France même.

Les problèmes écologiques affectant déjà notre présent et menaçant gravement notre futur, appellent des réponses jusque sur le plan international. Il faut agir local et aussi…agir global.

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À propos du retour programmé de la « soup joumou »

Imposture à géométrie variable, fraude identitaire et arnaque populiste : 
retour programmé de la « soup joumou » dans la gastronomie du Jour de l’An 2026
 — Par Robert Berrouët-Oriol (*)
 
MISE EN CONTEXTE  Au seuil du Nouvel an 2026, la « soup joumou » –emprisonnée dans les filets d’une verbeuse et récidiviste imposture à géométrie variable–, est de retour sur le registre préfabriqué de la fraude identitaire et de l’arnaque populiste. Ce délicieux mets de la gastronomie haïtienne est une fois de plus convoqué pour entonner le cocorico d’un discours affabulatoire selon lequel la « soup joumou » serait parée des vertus curatives de « soupe de l’identité nationale » et de « soupe de l’Indépendance »… Dans tous les articles que nous avons consacrés à cette arnaque affabulatoire et à ses manipulations politiques, nous avons démontré que le statut de « soupe de l’identité nationale » et de « soupe de l’Indépendance » ne repose sur aucune étude historique et scientifique connue et consultable. Nous avons également démontré que le cartel policito-mafieux du PHTK néo-duvaliériste a spécialement  missionné sa porte-parole auprès de l’UNESCO, l’ambassadrice Dominique Dupuy, dans le but de faire figurer la « soup joumou », en décembre 2021, sur la « Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO ».

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Ce qui change en janvier 2026

Finances, logement, transports, prestations sociales, etc. on fait le point sur les nouveautés qui interviennent au mois de janvier.

Transports

Plusieurs actualités relatives au domaine du transport en janvier : le contrôle technique est renforcé ; de nouvelles plaques d’immatriculation roses arrivent ; le versement mobilité (une contribution pour le financement des transports en commun versée par les employeurs qui embauchent plus de 10 salariés) évolue, etc.

Un contrôle technique renforcé à partir de 2026
Des plaques d’immatriculation roses arrivent en 2026
Quels seront les nouveaux tarifs des transports en Ile-de-France à partir du 1er janvier ?
Versement mobilité : les nouveaux taux au 1er janvier 2026

Argent

Service Public vous présente les différentes évolutions relatives aux finances des particuliers : revalorisation du Smic, de nouvelles règles applicables pour la déclaration de dons entre proches, etc.
Quelle revalorisation pour le Smic à compter du 1er janvier ?
Dons d’argent entre particuliers : les règles de déclaration évoluent
Nouveaux tarifs pour les timbres et les colis
Indice des prix à la consommation : quelle évolution ?

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L’état de droit à la Martinique

— Par Michel Herland —

Cet article qui fait suivre à celui portant sur le verdict du procès des « déboulonnages » des statues à la Martinique (*) se propose d’étudier plus largement la situation de l’état de droit. Compte tenu des similitudes structurelles existantes entre la Martinique et les autres collectivités françaises d’Outre-mer cette analyse pourra s’appliquer, mutatis mutandis, à ces dernières.

Deux définitions pour commencer.

L’état de droit. A priori, l’état (sans majuscule) de droit règne dans un pays lorsque les lois sont globalement respectées. Mais dans les démocraties libérales la définition est différente, l’état de droit suppose en outre que les lois ne contredisent pas les droits de l’homme – les droits humains – tels que définis par diverses chartes, avec toutes les ambiguïtés que cela suppose (1). Ainsi considère-t-on chez nous que l’état de droit ne prévaut pas en Chine, même si les lois y sont respectées bien plus que dans bien des démocraties occidentales.

Légitimité de l’État. Ce n’est pas une question de droit mais de sentiment. Un État (avec majuscule) est ou non perçu (globalement) par les citoyens comme légitime – et donc plus ou moins en mesure de faire régner la loi.

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Les arrière-petits-fils d’esclaves martiniquais sont-ils les plus heureux de la terre ?

Par Yves-Léopold Monthieux —

La Martinique et les Martiniquais d’origine africaine ont connu la déportation, l’esclavage, les insurrections dont celles de 1848 et 1870, l’expédition du Mexique en 1861, la grève de février 1900, l’éruption de la montagne Pelée en 1902, les départs vers le Panama et le Vénézuéla vers 2010, la guerre 1914 – 1918, la marche de la faim de 1936, la guerre 1939 – 1945, l’Amiral Robert, 1939-1945, (la dépendance au ” biscuit américain” et la menace d’envahissement de Fort-de-France par les USA), la départementalisation – assimilation de 1946, les évènements du Carbet, de Bassignac et de Basse-Pointe entre 1948 et 1950, les morts de décembre 1959, l’ordonnance d’octobre 1960, les morts du Lamentin en 1961, l’OJAM en 1962, le BUMIDOM en 1963, la grève de février 1974, le traumatisme du chlordécone, la grève de février 2009, les incidents de 2021 liés au covid, la revendication en cours contre la vie chère, déclenchée par le RPPRAC en 2024.

Que de chemin de croix parcouru par les Martiniquais et la Martinique depuis la déportation d’Afrique, de la guerre pour la liberté et contre la faim jusqu’aux batailles pour la consommation !

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Des vœux, des vœux,

Voeux de l’union des Femmes de Martinique pour l’année 2026

En cette nouvelle année 2026, l’Union des Femmes de Martinique adresse ses vœux les plus chaleureux à l’ensemble de la population.

Une pensée particulière pour toutes les Femmes, celles qui luttent, celles qui réussissent, celles qui souffrent, celles qui résistent, toutes celles qui chaque jour se projettent dans un avenir meilleur au sein de notre société martiniquaise.

Merci à nos adhérentes et sympathisantes, aux associations sœurs,

Pour votre courage et votre solidarité,

Ensemble nous renforçons chaque jour notre engagement en faveur des Femmes.

Merci à nos partenaires, institutionnels, privés et associatifs qui nous soutiennent et accompagnent notre action.

En 2026 nous continuerons à nous battre avec détermination pour l’égalité réelle, la protection des victimes et l’émancipation économique et sociale des Femmes afin que cette année enregistre de réels progrès en leur faveur.

Femmes,

Nous le ferons pour vous et avec vous, toujours.

Gratitude et Respect,

Le Bureau de l’UNION des FEMMES de MARTINIQUE

Marjo HARDY- DESSOURCES SELLAYE

Michèle LATOUCHE

Armide OCTAVILLE

Marie- Christine VARTEL

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Élections en Haïti en 2026

« Il y a peu à choisir entre des pommes pourries. »  (William Shakespeare)

— Par Robert Lodimus —

« Les vices de l’esprit peuvent se corriger; mais quand le cœur est mauvais, rien ne peut le changer. »

(Voltaire) 

Le docteur Jean Price Mars, de son époque, parlait déjà de crise de pensée dans la société haïtienne. Nos « intellectuels », en ces instants tristes et sombres, ne devraient-ils pas prendre le temps, ou se redonner le plaisir de revisiter le « Discours sur la méthode » de René Descartes ? On ne construit pas l’avenir d’une Nation sans disposer d’une boussole d’idées rationnelles et d’un laboratoire de réflexions méthodiques. Haïti dérive à tous les niveaux. Socio-économiquement misérable, elle l’est tout aussi – si ce n’est davantage – sur le plan de l’ « intelligence créative ». Le 7 février 1986, le pays s’est libéré des Molochs duvaliéristes, mais pour se replonger bien vite dans la mare d’une incompétence anarchisante et d’une irresponsabilité détruisante. 

Nous sommes de plus en plus loin des époques mémorables qui ont donné le mouvement insurrectionnel baptisé « Les Cinq Glorieuses de Janvier 1946 », qui a renversé le lescotisme proétatsunien.

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Interdire l’extrême droite pour sauver la démocratie ? Le vieux dilemme européen

— Par Andrea Martini (*) —

Classée comme organisation extrémiste, l’AfD relance en Allemagne un débat aussi ancien que la démocratie elle-même : faut-il interdire pour se protéger ? De la France des années 1930 à l’Europe d’après-guerre, l’histoire de la “démocratie militante” montre une efficacité réelle… mais toujours fragile.

Début mai 2025, l’Office fédéral allemand pour la protection de la Constitution a établi que le parti d’extrême droite Alternative für Deutschland (AfD) devait être considéré comme une organisation extrémiste. Ce statut permet aux magistrats et aux services de renseignement de mener des investigations plus approfondies sur les activités de l’AfD. Désormais, son interdiction ne peut, en termes absolus, être exclue, du moins selon ce qui est prévu par la Constitution du pays, qui considère comme l’un des scénarios envisageables la dissolution de tous les partis – qu’ils soient de droite ou de gauche – représentant une menace pour la démocratie elle-même (art. 21).

En Allemagne, cette décision de l’Office fédéral pour la protection de la Constitution a déclenché un débat intense, interrogeant l’opportunité de mettre en œuvre des mesures répressives pour protéger la démocratie.

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Des labels qualité pour la presse, mission impossible ?

En évoquant un possible label pour l’information, Emmanuel Macron a relancé un débat sensible sur la “vraie” et la “bonne” information. Derrière la polémique, une question centrale : peut-on mesurer la qualité du journalisme sans menacer le pluralisme et la liberté de la presse ?

Le vendredi 28 novembre 2025, dans un échange avec les lecteurs du groupe EBRA, Emmanuel Macron, président de la République, évoquait un “label” pour l’information. Il citait celui de la Journalism Trust Initiative (JTI), créé par Reporters sans frontières (RSF), sans en faire la norme par ailleurs, rappelant que l’engagement des rédactions sur la vérification des faits et de la déontologie est essentiel. Cette déclaration, qui n’avait pas vocation à faire parler d’elle, sera largement débattue dans les médias du groupe Bolloré, qui vont dénoncer une mise sous tutelle de l’information. L’Élysée réagira dès le lundi 1er décembre et dénoncera une “fausse information”.

Ainsi, en trois jours à peine, le trio JDD-Europe 1-CNews sera parvenu à mettre la question du “label” à l’agenda, et le président Macron en porte-à-faux. L’opération est réussie puisque la confusion s’est très vite installée entre, d’une part, un label qui garantit l’information produite par des journalistes selon un certain nombre de critères professionnels – que l’on pourrait appeler “vraie information” et, d’autre part, les velléités prétendues de certains politiques sur la sélection de la “bonne” information.

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L’autonomie comme défausse politique

Autonomie : une opportunité ou un piège délibéré pour les Antilles ?

— Par Jean-Marie Nol —

Avec l’autonomie politique voulue par les élus avec l’acquiescement tacite de l’État français , semble se dessiner la fin du modèle de départementalisation, et la paupérisation de la classe moyenne .

Cette manœuvre politique avec à la clé l’effacement relatif de toute solidarité nationale, marque subrepticement une volonté de substitution du modèle actuel de consommation à un autre modèle dit de production .

La crise silencieuse qui s’installe en Guadeloupe et en Martinique ne peut plus être analysée comme une simple défaillance conjoncturelle ni comme la conséquence abstraite de forces économiques mondialisées échappant à toute maîtrise politique. Elle est avant tout le produit d’un système économique construit, organisé et consolidé dans le temps par des choix politiques assumés, au premier rang desquels ceux de l’État français dans le cadre de la départementalisation. Les blocages actuels, l’extraversion de l’économie, la faiblesse chronique de l’appareil productif local et l’incapacité croissante à intégrer les jeunes diplômés dans le monde du travail engagent donc directement la responsabilité politique de l’État, non comme simple acteur parmi d’autres, mais comme architecte central du modèle en vigueur.

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Le désengagement des millionnaires antillais : un problème structurel

Pourquoi les antillais exilés en France et à l’étranger n’investissent pas aux Antilles, alors comment expliquer cette absence de patriotisme ?

— Par Jean-Marioe Nol —

L’absence quasi totale d’investissement aux Antilles de la part de personnalités millionnaires originaires de Guadeloupe et de Martinique, installées durablement en France hexagonale ou à l’étranger, constitue aujourd’hui un angle mort du débat public, rarement abordé frontalement tant il met en tension les discours identitaires, la responsabilité individuelle des élites économiques et les failles structurelles du modèle de développement antillais. Cette question dérange, car elle oblige à dépasser l’explication confortable d’un territoire prétendument « peu attractif » pour interroger un phénomène plus profond : celui d’un désengagement volontaire, rationnel et assumé, de celles et ceux qui disposent pourtant du capital financier, symbolique et relationnel susceptible de transformer durablement l’économie locale.

L’attractivité d’un territoire se mesure d’abord à sa capacité à capter des investissements durables, et notamment des investissements directs étrangers, entendus comme des prises de participation significatives dans le capital d’entreprises locales permettant d’influer sur leur gouvernance et leur stratégie. Investir n’est jamais un acte neutre : c’est un pari sur la stabilité institutionnelle, la lisibilité des règles, la qualité du capital humain et la profondeur des marchés.

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Vulgarophilie: production du peuple en foule par l’oligarchie.

— Par Camille Loty Malebranche —

De l’État vulgarophile

La vulgarophilie est l’art macabre d’encanaillement du peuple par l’État. Art sordide d’un État morbide qui tend, à coups de perfidies extrêmes, à faire de toute la société une collectivité vulgaire, une immense foule manipulée à travers toutes espèces de perversions réifiantes. Là où l’ochlocratie est le pouvoir des foules imposant leur diktat sans aucune vision politique viable ni aucun but révolutionnaire à la société, la vulgarophilie, elle, réduit le peuple votant en moins que rien agressif, cohue sauvage, horde de forcenés électeurs qui vote des populistes et fascistes grossiers sachant mobiliser et manipuler l’électorat par des slogans démagogiques, vides et vulgaires mais flatteurs des bas instincts de la canaille votante.

L’une des plus maléfiques réussites des establishments manipulateurs qui mènent idéologiquement le monde, c’est de réduire le plethos (la multitude) des peuples en foules médiatico-idéologiques et de niveler au plus vil la perception conditionnée que les majorités reçoivent de la factualité des choses du social que sont la politique, l’économie, le culturel… Tous ces paramètres de la vie sociale du civilisé sont dénaturés et produits en credo vulgairement identitaires du grand nombre.

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Caraïbes : l’effondrement silencieux des récifs coralliens

— Par Sabrina Solar —

Les récifs coralliens des Caraïbes traversent une crise écologique majeure, d’une ampleur sans précédent. En un peu plus de quatre décennies, près de la moitié de la couverture en coraux durs de la région a disparu. Entre 1980 et 2024, cette couverture a chuté de 48 %, selon les travaux du Global Coral Reef Monitoring Network, un réseau international mobilisant plus de 200 scientifiques issus de 44 pays et territoires. Ces données, collectées sur près de 14 000 sites suivis depuis les années 1970, dressent un constat alarmant pour un écosystème qui représente à lui seul près de 10 % des récifs coralliens mondiaux.

Au cœur de cette dégradation se trouve le réchauffement accéléré des océans. Dans les zones récifales des Caraïbes, la température moyenne de surface de la mer a augmenté de 1,07 °C entre 1985 et 2024, soit un rythme de réchauffement de 0,27 °C par décennie. En 2023, la température de l’eau a même dépassé les 30 °C durant plusieurs semaines consécutives, un seuil critique pour la survie des coraux. Cette élévation thermique, directement liée aux émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine, provoque des épisodes répétés de blanchissement massif.

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Taïnos et Kalinagos : une exposition et un livre

— par Selim Lander —

La Fondation Clément à la Martinique organise à côté des expositions mettant en valeur les artistes caribéens contemporains des événements prestigieux en relation avec d’autres institutions. Après Télémaque et Le Geste et la Matière avec le Musée Pompidou (2016 et 2017), Afrique (2108 avec la Fondation Dapper), Révélation ! (2025 avec la République du Bénin) c’est cette fois d’un retour aux sources les plus lointaines de la création dans l’archipel caribéen qu’il est question, en collaboration avec le Musée du Quai Branly. Plus de 300 pièces sont rassemblées en provenance des collections européennes mais aussi bien américaines, dominicaines, portoricaines, guadeloupéennes et bien sûr martiniquaises, sous le commissariat d’un ancien directeur du Musée de l’Homme, André Delpuech qui signe plusieurs articles du catalogue.

Les catalogues sont souvent comme ces beaux livres qu’on range dans un coin pour ne plus les consulter. Celui de cette exposition devrait connaître un sort différent et devenir un ouvrage de référence concernant une ou plutôt des civilisations à propos desquelles on manquait jusqu’ici cruellement d’informations aisément accessibles, sachant que ni le livre ni l’exposition ne pourront lever tous les secrets de sociétés sans écriture et dont les seuls témoignages dont nous disposions par les récits des premiers colonisateurs (soldats ou plus souvent membres du clergé) ne portent que sur la période la plus récente de leur histoire, comme celui du Père Breton (1665), lequel a laissé de précieuses informations et même un dictionnaire callinago-français.

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Guadeloupe–Martinique : sortir de l’économie de dépendance

Le combat contre la vie chère est une impasse tant que le modèle économique antillais demeure inchangé.
— Par Jean-Marie Nol —

La vie chère aux Antilles n’est ni un accident conjoncturel ni une dérive temporaire des marchés, mais l’expression la plus visible d’un modèle économique profondément déséquilibré, hérité de l’histoire coloniale et perpétué sous des formes modernes. En Martinique comme en Guadeloupe, le combat contre la cherté de la vie revient de manière cyclique dans le débat public, porté par des mobilisations populaires, des négociations institutionnelles et des promesses politiques de textes de lois récurrentes. Pourtant, malgré l’intensité des colères et la légitimité des revendications, rien ne change fondamentalement. Les prix restent durablement plus élevés qu’en France hexagonale, le pouvoir d’achat s’érode et le sentiment d’injustice sociale s’enracine. Cette répétition de l’échec n’est pas le fruit du hasard : elle révèle une impasse structurelle.

Le coût de la vie aux Antilles est sensiblement supérieur à celui de l’Hexagone, avec des écarts sur l’alimentation qui atteignent en moyenne plus de 40 % selon les données de l’Insee. Cette situation est souvent expliquée par des facteurs techniques — éloignement géographique, surcoûts de transport, petitesse des marchés, faibles volumes importés — qui, bien que réels, ne constituent que la surface du problème.

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Paul Julvécourt, le saxophoniste de Redoute, s’éteint à 98 ans

Le 24 décembre 2025, la Martinique a perdu une de ses plus grandes figures musicales : Paul Julvécourt, à l’âge de 98 ans. Originaire du quartier de Redoute à Fort-de-France, cet homme d’exception a traversé plus de sept décennies de musique, laissant une empreinte indélébile sur la scène musicale antillaise.

Surnommé « Paulo » par ses amis, Paul Julvécourt s’est d’abord fait connaître comme flûtiste avant de se tourner vers le saxophone à l’âge de 16 ans. Cet instrument deviendra le cœur de sa carrière, qu’il débute au sein des orchestres locaux. Il intègre les célèbres formations Harmony King d’Henri Sommier et Blue Star de Jean Guannel, avant de rejoindre Stardust de Fernand Donatien. Sa carrière prend également une dimension internationale lorsqu’il représente la France à l’Exposition Universelle de 1967 au Canada.

De Francisco à Lola Martin, en passant par Les Frères Coppet, Paul Julvécourt accompagne les plus grands noms de la musique martiniquaise. Sa virtuosité au saxophone et sa capacité à marier tradition et modernité font de lui une référence incontournable du jazz antillais. Durant 17 ans, il anime également les soirées de l’hôtel Hilton, qui deviendra l’hôtel Batelière, un lieu emblématique de Fort-de-France.

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“Ce que Mumia Abu Jamal révèle des démocraties occidentales”

— Philippe Yerro (Ali Babar Kenjah) sur Mumia Abu-Jamal. Entretien avec Rodolf Etienne —

Plus de quarante ans après son arrestation, Mumia Abu-Jamal demeure l’un des noms les plus emblématiques de la lutte contre la répression d’État et le racisme structurel.

Philippe Yerro (Ali Babar Kenjah) nous livre une lecture caribéenne et postcoloniale : de la justice américaine comme prolongement historique de la domination, jusqu’au rôle des figures assignées au statut de martyr de la cause.

Entre références à Fanon, Glissant, Foucault, Deleuze et une méditation sur la spiritualité comme ressort de résistance, Philippe Yerro interroge aussi la Martinique : mémoire, clivages, responsabilité et devoir de ne pas détourner le regard.

Q : En tant qu’anthropologue et intellectuel martiniquais, comment lisez-vous la trajectoire de Mumia Abu-Jamal : affaire judiciaire singulière ou plutôt symptôme profond d’un système politique et racial ?

R : Se mêlent en moi au moins deux registres quand je m’évoque le destin singulier de Mumia : il y a le logos militant, panafricain, frotté aux Frères de Soledad depuis mes années de collège, familier du regard myope de Malcom et de la réalité théorique de ce qu’est le Ku Klux Klan (KKK)… C’est l’approche de l’ancien combattant sans illusions sur la cruauté de Babylone.

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Changer de statut, fuir l’essentiel ?

Ary Chalus vs Guy Losbar, où l’art de la rupture consommée sans le dire ouvertement, mais à demi mot .

— Par Jean-Marie Nol —

Le slow dumping est un processus indirect et progressif par lequel un partenaire prend ses distances. C’est là exactement le cas de figure qui se profile entre le président du conseil régional et le président du conseil départemental de la Guadeloupe.La Guadeloupe donne aujourd’hui le sentiment paradoxal de consacrer une énergie considérable à penser son avenir institutionnel tout en dilapidant ce qui devrait constituer sa ressource la plus rare : le temps long de la vision prospective. Dans un contexte marqué par la désorganisation des priorités publiques et par une incapacité chronique à hiérarchiser les urgences économiques et sociales, le débat institutionnel semble avancer comme une évidence politique, alors même qu’il repose sur des postulats fragiles. Or, dans un territoire où la perte de productivité, l’inefficacité administrative et la mauvaise allocation du temps institutionnel coûtent cher, récupérer ne serait-ce que 10 % d’heures utiles pourrait suffire à relancer la croissance, créer de l’emploi et dégager des marges de manœuvre pour financer des politiques publiques plus ambitieuses et plus efficaces.

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La Volonté contre l’aliénation.

— Par Camille Loty Malebranche —

L’aliénation est dénaturation de la volonté. À la différence de l’aboulie qui est directement pathologique en tant que déficience mentale qui bloque la capacité conscientielle de vouloir, l’aliénation, quant à elle, corrompt la volonté et fait de l’individu une sorte de reflet compulsif du maître bourreau personnel ou institutionnel introjecté dans sa conscience dénaturée. Là où la volonté normale est activité, proactivité, affirmation, fut-ce par exigence d’une négation affirmée, l’aliénation est une altération de la volonté rendue passive, laissant l’autre décider contre soi. Là où la conscience devrait choisir en souveraineté à travers le recul critique de l’intelligence et du jugement, l’aliénation ravale le sujet victime à une auto-dénégation qui nie toute faculté d’autodétermination.

La servitude est immanente à l’aliénation et lui est une conséquence immédiate. On ne peut être libre sans vouloir assumer sa propre conscience, sans décider pour soi-même et choisir sa voie en pleine lumière des buts visés et de la responsabilité qui y est inscrite. On ne peut être libre sans la volonté d’être libre en se travaillant soi-même au plan mental pour affiner le jugement et atteindre la finesse du jugement juste qui rend libre.

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Solidarité et Mobilisation contre les Violences Sexistes et Sexuelles dans le Sport en Martinique

— Association féministe Culture Egalité —

À la suite de l’agression sexuelle d’une jeune fille de 14 ans par son entraîneur, une action inédite de solidarité s’est réalisée ce samedi 20 décembre, lors d’un tournoi internationalde compétition de judo.

À 7h30, soutenues et accompagnées par l’association Culture Egalité, des sportives de la Ligue de judo Martiniquaise ontorganisé un happening fort et symbolique pour dénoncer les violences sexistes et sexuelles dans le milieu sportif.

Un rassemblement pour dire : “plus jamais ça”

Banderoles, pancartes et prises de parole ont marqué ce moment de mobilisation. Toutes les jeunes sportives et tous les jeunes sportifs parés.es pour ce moment de compétition, leurs familles, entraineur.es et arbitres sont venu.es sur le tatami soutenir cette action. Une grande première en Martinique ! Les messages étaient clairs : « Brisons le silence », «La honte doit changer de camp », « Violeur on te voit, victime on te croit», « Piès violans kont fanm » !

Un temps d’explication pour sensibiliser

L’association Culture Egalité a rappelé l’urgence de mettre fin au sexisme dans le sport et à l’omerta qui entoure encore trop souvent les violences dans les clubs.

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L’ambiguïté des Plans Locaux d’Urbanisme.

— Par Florent Grabin, Président de l’association écologique P.U.M.A. —

Dans le cadre de l’aménagement du territoire, il existe une série de documents administratifs qui peut donner le tournis, avec pour incidence de plonger son lecteur dans un maquis réglementaire. Arrêtons-nous aux principaux plans :

  1. Le Plan Local dUrbanisme (PLU) est un document qui, à l’échelle de la commune, traduit un projet global d‘aménagement et fixe en conséquence les règles d‘utilisation des sols.
  2. Le schéma de cohérence territoriale (SCOT) incarne la réflexion stratégique à grande échelle et à long terme, tandis que les PLU et les cartes communales représentent les moyens de déclinaison locale et opérationnelle de cette stratégie.
  3. Le Schéma d’Aménagement Régional (SAR) élaboré en Guadeloupe, Guyane, Martinique, à Mayotte et à la Réunion, fixe les orientations fondamentales à moyen terme en matière de développement durable, de mise en valeur du territoire et de la protection de l’environnement.
  4. Le Schéma de Mise en Valeur de la Mer (SMVM) est, en France, un outil d’aménagement du territoire qui vise à une meilleure intégration et une meilleure valorisation du littoral et portée à connaissance du citoyen.

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Les municipalités qu’il nous faut (3)

— RS n° 426 lundi 22 décembre 2025 —

La réflexion sur les municipalités et les campagnes municipales du passé, doit nous servir à sauver ce qu’il y a de meilleur dans les divers héritages, nous aider à se débarrasser des tares du passé et du présent, nous permettre de confronter ce legs d’expériences aux impératifs des temps présents et à venir.

Des choix politiques adaptés à l’échevon municipal

L’échelon municipal est celui qui met le plus immédiatement au contact des problèmes du quotidien. C’est là que le rapport de proximité est le plus évident entre la population et les élu·e·s.

Si l’on s’en tient aux institutions politiques, la commune comme la ville, doit être l’instance première de résistance à la politique scélérate des classes dominantes et de leurs divers relais. Les traditions d’identification aux masses laborieuses, sur le plan social, et de résistance au colonialisme sur le plan politique, sont un patrimoine précieux qui doit nous écarter des discours aseptisés de la neutralité dans la lutte de classes, de la prétention trompeuse de représenter aussi bien les exploiteurs et les dominants que les exploités et les dominés, au féminin comme au masculin.

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Parutions du 22 décembre : Caraïbes, Economie, Entreprises…

Essais

Bretons dans la mer des Caraïbes

Dans les pas des marins bretons à l’époque moderne
Yajaira Vargas Velásquez
Préface de Michel L’Hour

Cet ouvrage s’inscrit dans le sillage de Fortunes de mer et sauvetages dans la mer des Caraïbes du XVIe au XVIIIe siècle. Il met en lumière le rôle méconnu des Bretons dans les Caraïbes aux XVIIe et XVIIIe siècles.
De la course à la traite, en passant par la colonisation et le commerce de toiles, de vêtemen[…]

  • EAN : 9782336571973

  • Parution : 20/11/2025

  • Format : 135 × 215 mm

  • Collection : Historiques

  • Pagination : 158 pages

  • Prix : 20,00 €


Boire le vin et le champagne à la table des élites martiniquaises

(1914–1945)
Abel Alexis Louis

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La crise de l’igname en Martinique : un héritage local en péril

Les fêtes de fin d’année approchent, et avec elles, l’espoir de déguster des plats traditionnels à base d’ignames locales. Pourtant, cette année encore, les tables martiniquaises risquent de se voir privées de cette précieuse racine, autrefois symbole de notre culture culinaire. Si les ignames péyi, cultivées sur notre sol, ont toujours occupé une place de choix dans les assiettes locales, la production s’effondre sous le poids de deux maladies dévastatrices : la rouille et l’anthracnose.

Des maladies dévastatrices

L’agriculteur Éric Fage, installé au Vauclin, déclare dans France Antilles avoir vu ses terres ravagées par ces infections fongiques. La rouille, notamment, a attaqué ses plantations d’ignames, et en particulier l’igname portugaise, sur laquelle il fondait ses espoirs économiques. Après plusieurs tentatives infructueuses de relance, il n’a plus que quelques variétés résistantes à cultiver, telles que l’igname jaune de Guinée. Malheureusement, même cette variété se trouve aujourd’hui menacée, victime de la rouille qui continue de détruire les récoltes avant leur maturation complète.

« J’avais quatre variétés de Saint-Vincent, l’igname atoutan, la portugaise, mais aussi la dominiquaise et l’igname jaune. Aujourd’hui, je n’arrive plus à produire qu’une petite quantité », se désole-t-il.

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GBH dans le viseur de la justice financière

Le groupe Bernard Hayot visé par une enquête judiciaire pour pratiques anticoncurrentielles et escroquerie présumée

Le groupe Bernard Hayot (GBH), acteur majeur de la distribution et de l’automobile en outre-mer, fait désormais l’objet d’une information judiciaire ouverte par le parquet national financier. La procédure, engagée au mois d’août et confiée à des juges d’instruction parisiens, porte sur des soupçons d’escroquerie en bande organisée, d’abus de position dominante et d’entente, en particulier dans le secteur automobile ultramarin.

Selon des éléments révélés par le journal Libération, les activités automobiles du groupe seraient au cœur des investigations. Les concessions détenues par GBH, qui occupent une place prépondérante sur ces marchés, dégageraient des marges nettement supérieures à celles observées en France hexagonale, pouvant aller jusqu’à trois ou quatre fois plus. Les enquêteurs s’intéressent notamment à de possibles déclarations trompeuses de certains concessionnaires, soupçonnés d’avoir minoré leurs marges réelles auprès des constructeurs automobiles.

La justice cherche également à déterminer s’il a pu exister des accords illicites entre GBH et d’autres acteurs économiques locaux, susceptibles de fausser la concurrence dans plusieurs territoires ultramarins. Ces soupçons s’inscrivent dans un contexte de critiques récurrentes visant le groupe, régulièrement accusé par des syndicats, des élus et des associations de contribuer au niveau élevé des prix, notamment aux Antilles.

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