Catégorie : Les chroniques de Jean-Marie Nol

L’interrègne antillais

Un nouveau monde est entrain de naître aux Antilles : lignes de force, lignes de fracture ?

— Par Jean-Marie Nol —

Le vieux monde de la départementalisation se meurt, un nouveau monde chaotique est entrain de naître , alors de fait , quelles sont les lignes de force du changement de paradigme du désengagement de l’État français en cours en Guadeloupe et Martinique ?

La Guadeloupe et la Martinique abordent l’année 2026 dans un climat de trouble profond et de violence , nourri par l’intuition diffuse que quelque chose d’essentiel sur le plan politique et sociétal est en train de se défaire dans l’ordre du monde. Longtemps, les sociétés antillaises ont vécu dans un cadre relativement stabilisé, protégées des grands soubresauts géopolitiques et économiques par la solidité des institutions françaises, par l’appartenance à l’Union européenne, par un modèle social généreux et par un niveau de vie sans équivalent dans la région caribéenne. Cette situation, héritée de la départementalisation, a permis d’assurer une relative paix sociale, d’élever les conditions matérielles d’existence et de contenir les fractures issues de l’histoire longue de l’esclavage et de la colonisation.

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Antilles et Guyane à l’heure du monde dur

Le nouvel ordre mondial qui se dessine devrait inciter les élus et intellectuels Antillo – guyanais à l’heure de nouveaux choix parmi les plus clairvoyants. 

— Par Jean-Marie Nol —

L’instauration d’un nouvel ordre mondial et la fin de la mondialisation telle qu’elle s’est structurée depuis la fin de la guerre froide n’ouvre pas une ère de souverainetés retrouvées, mais inaugure au contraire une phase de brutalisation des rapports de force où la puissance technologique, financière et militaire prime désormais sans fard sur le droit, les règles communes et les récits universalistes. Cette mutation affecte directement la France et surtout l’Union européenne, conçue pour un monde de compromis multilatéraux et de commerce pacifié, mais elle produit un effet encore plus déstabilisant dans ses marges ultramarines, en Guyane et aux Antilles françaises, où les anciens schémas de la décolonisation se heurtent frontalement à la réalité d’un retour des empires.

Le monde et particulièrement l’Europe traversent aujourd’hui un moment de bascule historique. Pour la première fois depuis 1945, les piliers qui ont fait son succès – la paix, la prospérité, la prévisibilité stratégique et la croyance dans le primat du droit – vacillent simultanément.

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Antilles françaises : l’avertissement vénézuélien

Le droit international est mort : alors quels enseignements tirer pour les Antilles françaises du retour de la politique du Big Stick des USA dans la caraïbe et notamment au Venezuela ?

— Par Jean-Marie Nol —

L’intervention militaire américaine au Venezuela, annoncée comme une « attaque de grande envergure » ayant conduit à l’enlèvement du président Nicolas Maduro ainsi que de son épouse, marque un tournant brutal et sans ambiguïté dans la géopolitique régionale. Elle signe le retour assumé de la diplomatie de la force dans la Caraïbe, renouant avec une tradition interventionniste ancienne des États-Unis, théorisée au début du XXe siècle par Theodore Roosevelt sous le nom de politique du Big Stick autrement dit du « gros bâton » . Derrière les discours officiels invoquant la lutte contre le narcotrafic, la défense des droits humains ou la restauration de la démocratie, se dessine une réalité plus crue : celle du rapport de force, de la captation des ressources stratégiques et de la sécurisation des zones d’influence dans un monde redevenu ouvertement impérial, et surtout contrer l’influence chinoise dans la zone de l’Amérique du Sud .

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Guadeloupe et Martinique : La montée en puissance d’une classe moyenne

En 2026 , la surprenante résilience matérielle de la classe moyenne des Antilles à la crise ne doit pas être masquée par des considérations politiques et idéologiques.

— Par Jean-Marie Nol —

La montée en puissance de la classe moyenne en Guadeloupe et en Martinique depuis plusieurs décennies ne relève plus aujourd’hui d’un simple ressenti sociologique ni d’une construction intellectuelle défensive face aux crises contemporaines. Elle s’observe de manière concrète, mesurable et quotidienne dans les pratiques de consommation, les choix patrimoniaux et les comportements économiques des ménages. En dépit d’un discours dominant insistant sur l’inflation, la vie chère et l’essoufflement supposé du modèle départemental, les faits traduisent une réalité bien plus complexe et souvent dérangeante pour ceux qui ont fait de la dénonciation permanente du système un levier idéologique. Loin d’un effondrement social, la Guadeloupe et la Martinique donnent à voir l’existence d’un pouvoir d’achat réel, concentré mais suffisamment diffus pour structurer durablement la société antillaise autour d’une classe moyenne désormais centrale.

La consommation de champagne constitue à cet égard un indicateur emblématique. En 2025, plus de trois millions de bouteilles ont été importées sur les deux territoires, soit près de cinq bouteilles par habitant, plaçant la Guadeloupe et la Martinique en tête du palmarès mondial de la consommation proportionnelle de ce vin effervescent d’exception.

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L’autonomie comme défausse politique

Autonomie : une opportunité ou un piège délibéré pour les Antilles ?

— Par Jean-Marie Nol —

Avec l’autonomie politique voulue par les élus avec l’acquiescement tacite de l’État français , semble se dessiner la fin du modèle de départementalisation, et la paupérisation de la classe moyenne .

Cette manœuvre politique avec à la clé l’effacement relatif de toute solidarité nationale, marque subrepticement une volonté de substitution du modèle actuel de consommation à un autre modèle dit de production .

La crise silencieuse qui s’installe en Guadeloupe et en Martinique ne peut plus être analysée comme une simple défaillance conjoncturelle ni comme la conséquence abstraite de forces économiques mondialisées échappant à toute maîtrise politique. Elle est avant tout le produit d’un système économique construit, organisé et consolidé dans le temps par des choix politiques assumés, au premier rang desquels ceux de l’État français dans le cadre de la départementalisation. Les blocages actuels, l’extraversion de l’économie, la faiblesse chronique de l’appareil productif local et l’incapacité croissante à intégrer les jeunes diplômés dans le monde du travail engagent donc directement la responsabilité politique de l’État, non comme simple acteur parmi d’autres, mais comme architecte central du modèle en vigueur.

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Le désengagement des millionnaires antillais : un problème structurel

Pourquoi les antillais exilés en France et à l’étranger n’investissent pas aux Antilles, alors comment expliquer cette absence de patriotisme ?

— Par Jean-Marioe Nol —

L’absence quasi totale d’investissement aux Antilles de la part de personnalités millionnaires originaires de Guadeloupe et de Martinique, installées durablement en France hexagonale ou à l’étranger, constitue aujourd’hui un angle mort du débat public, rarement abordé frontalement tant il met en tension les discours identitaires, la responsabilité individuelle des élites économiques et les failles structurelles du modèle de développement antillais. Cette question dérange, car elle oblige à dépasser l’explication confortable d’un territoire prétendument « peu attractif » pour interroger un phénomène plus profond : celui d’un désengagement volontaire, rationnel et assumé, de celles et ceux qui disposent pourtant du capital financier, symbolique et relationnel susceptible de transformer durablement l’économie locale.

L’attractivité d’un territoire se mesure d’abord à sa capacité à capter des investissements durables, et notamment des investissements directs étrangers, entendus comme des prises de participation significatives dans le capital d’entreprises locales permettant d’influer sur leur gouvernance et leur stratégie. Investir n’est jamais un acte neutre : c’est un pari sur la stabilité institutionnelle, la lisibilité des règles, la qualité du capital humain et la profondeur des marchés.

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Guadeloupe–Martinique : sortir de l’économie de dépendance

Le combat contre la vie chère est une impasse tant que le modèle économique antillais demeure inchangé.
— Par Jean-Marie Nol —

La vie chère aux Antilles n’est ni un accident conjoncturel ni une dérive temporaire des marchés, mais l’expression la plus visible d’un modèle économique profondément déséquilibré, hérité de l’histoire coloniale et perpétué sous des formes modernes. En Martinique comme en Guadeloupe, le combat contre la cherté de la vie revient de manière cyclique dans le débat public, porté par des mobilisations populaires, des négociations institutionnelles et des promesses politiques de textes de lois récurrentes. Pourtant, malgré l’intensité des colères et la légitimité des revendications, rien ne change fondamentalement. Les prix restent durablement plus élevés qu’en France hexagonale, le pouvoir d’achat s’érode et le sentiment d’injustice sociale s’enracine. Cette répétition de l’échec n’est pas le fruit du hasard : elle révèle une impasse structurelle.

Le coût de la vie aux Antilles est sensiblement supérieur à celui de l’Hexagone, avec des écarts sur l’alimentation qui atteignent en moyenne plus de 40 % selon les données de l’Insee. Cette situation est souvent expliquée par des facteurs techniques — éloignement géographique, surcoûts de transport, petitesse des marchés, faibles volumes importés — qui, bien que réels, ne constituent que la surface du problème.

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Changer de statut, fuir l’essentiel ?

Ary Chalus vs Guy Losbar, où l’art de la rupture consommée sans le dire ouvertement, mais à demi mot .

— Par Jean-Marie Nol —

Le slow dumping est un processus indirect et progressif par lequel un partenaire prend ses distances. C’est là exactement le cas de figure qui se profile entre le président du conseil régional et le président du conseil départemental de la Guadeloupe.La Guadeloupe donne aujourd’hui le sentiment paradoxal de consacrer une énergie considérable à penser son avenir institutionnel tout en dilapidant ce qui devrait constituer sa ressource la plus rare : le temps long de la vision prospective. Dans un contexte marqué par la désorganisation des priorités publiques et par une incapacité chronique à hiérarchiser les urgences économiques et sociales, le débat institutionnel semble avancer comme une évidence politique, alors même qu’il repose sur des postulats fragiles. Or, dans un territoire où la perte de productivité, l’inefficacité administrative et la mauvaise allocation du temps institutionnel coûtent cher, récupérer ne serait-ce que 10 % d’heures utiles pourrait suffire à relancer la croissance, créer de l’emploi et dégager des marges de manœuvre pour financer des politiques publiques plus ambitieuses et plus efficaces.

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Quand l’histoire empêche la bourgeoisie

Analyse inédite du rôle historique de la bourgeoisie locale dans la perte de contrôle de l’économie de la Guadeloupe .

— Par Jean-Marie Nol —

Le paysage économique guadeloupéen contemporain, marqué par la domination d’intérêts martiniquais békés et de groupes métropolitains, ne peut être compris sans revenir à une donnée structurante et largement méconnue du débat public : l’absence durable d’une bourgeoisie nationale endogène capable de se reproduire, de s’organiser et de porter un projet politique et économique autonome. Cette absence n’est ni le fruit d’une fatalité culturelle ni celui d’un simple retard de développement, mais le résultat d’un enchaînement historique singulier, violent et profondément différencié de celui qu’a connu la Martinique, qui a brisé très tôt les conditions matérielles et symboliques de l’émergence d’une classe bourgeoise guadeloupéenne au sens plein du terme.

Dans toutes les sociétés capitalistes, la bourgeoisie ne se définit pas seulement par la richesse, mais par un faisceau de caractéristiques objectives : la détention durable des moyens de production, la capacité à transmettre un capital économique et symbolique sur plusieurs générations, l’existence de lignées familiales solidement ancrées dans un territoire, une sociabilité spécifique, des réseaux d’alliance et une conscience de classe suffisamment structurée pour produire une idéologie justifiant sa domination.

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De la plantation à la consommation : l’évolution de la classe moyenne

Le poids économique singulier de la classe moyenne de la Guadeloupe qui n’a pas d’équivalent ailleurs dans la Caraïbe.

— Par Jean-Marie Nol —

Au cœur de la société guadeloupéenne, la classe moyenne occupe une place singulière dont le poids économique et social ne trouve que peu d’équivalents dans l’ensemble de la région caraïbe. Loin d’être une catégorie marginale ou en voie de dissolution, elle constitue au contraire un socle central, à la fois numériquement, culturellement et symboliquement, qui structure les dynamiques de consommation, d’éducation, de mobilité et de cohésion sociale de l’archipel. Alors que dans la France hexagonale la classe moyenne est souvent décrite comme fragilisée, inquiète de son avenir et menacée de déclassement, la Guadeloupe présente un visage contrasté, marqué par une résistance relative à ces tendances lourdes et, sur certains indicateurs, par une progression tangible de cette catégorie socio-économique.

Par définition, la classe moyenne regroupe la population située au centre de l’échelle sociale, entre les 30 % les plus modestes et les 20 % les plus aisés. En 2024, selon l’Observatoire des inégalités, elle correspond à des niveaux de vie mensuels compris entre 1 530 et 2 787 euros pour une personne seule, entre 2 300 et 4 200 euros pour un couple sans enfant, et entre 3 800 et 7 000 euros pour un couple avec deux enfants.

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« Martinique et Guadeloupe : entre fragilité économique et contraintes budgétaires »

L’avenir de la Martinique et de la Guadeloupe s’écrit aujourd’hui en pointillé avec des temps très difficiles en perspective  ?

— Par Jean-MArie Nol —

L’avenir de la Martinique et de la Guadeloupe s’écrit aujourd’hui dans une zone grise, presque en pointillé, à mesure que se précise le projet de budget 2026, présenté à Paris comme l’un des plus contraints depuis plusieurs décennies. Pour ces régions , déjà confrontées à une fragilité économique structurelle et à un modèle de dépendance financière profondément enraciné, la perspective est lourde de conséquences. Car derrière les chiffres, les rapports et les discours institutionnels, une réalité s’impose avec une netteté croissante : la France, étranglée par sa dette, devrait entrer prochainement dans une ère de rigueur dont l’outre-mer risque de faire les frais plus brutalement que tout autre territoire.

Les fondamentaux sont connus mais rarement pleinement assumés : la collectivité territoriale de Martinique et les collectivités locales guadeloupéennes peinent à équilibrer leurs budgets, accumulent les dettes et dépendent d’un État qui, lui-même, voit ses marges de manœuvre se réduire à grande vitesse. Dans un monde secoué par des crises financières récurrentes, et alors même que le FMI constate une résorption des risques à court terme mais une aggravation préoccupante des vulnérabilités à moyen terme, notamment la question de la dette privée, imaginer que la Martinique et la Guadeloupe pourraient soudain s’autosuffire relève de l’illusion.

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France–Outre-mer : l’orage démographique et robotique

L’avenir de la Guadeloupe et de la Martinique est suspendu à la  mutation en cours qui va changer la face du monde

— Par Jean-Marie Nol —

La France entre dans une zone de turbulences démographiques, économiques et technologiques dont les conséquences redessineront en profondeur l’ensemble de sa structure sociétale et son modèle économique et social. Déjà, l’on peut noter que en 2025 la France a détruit 100.000 emplois  dans le secteur privé. Ce basculement de l’emploi , que la Cour des comptes qualifie désormais de « contrainte systémique », s’annonce comme l’un des défis les plus structurants des dix prochaines années. Son effet ne restera évidemment pas cantonné à l’Hexagone : les outre-mer, et particulièrement la Guadeloupe et la Martinique, fortement dépendants des transferts nationaux, vivront de plein fouet ces mutations. C’est donc l’avenir français dans son ensemble qu’il faut comprendre pour anticiper celui du territoire guadeloupéen.

Le premier bouleversement est démographique. La France vieillit rapidement et fait désormais face à une chute de la natalité qui efface l’avantage démographique dont elle se prévalait encore il y a une décennie.

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Requiem pour l’outre-mer avec le subreptice désengagement de l’État ?

— Par Jean-Marie Nol —

Le débat sur la continuité territoriale révèle aujourd’hui une fracture profonde entre les promesses affichées par l’État français et la réalité vécue dans les régions ultrapériphériques, au premier rang desquelles la Guadeloupe. Alors que le gouvernement vient d’annoncer une rallonge exceptionnelle de 50 millions d’euros pour la Corse, portant à 237 millions l’enveloppe consacrée en 2026 au soutien des liaisons aériennes et maritimes de l’île méditerranéenne, les territoires d’outre-mer assistent, eux, à un désengagement financier préoccupant. Cette décision, justifiée par la hausse du carburant, l’intensification du trafic et la volonté affirmée de soutenir le quotidien des Corses « y compris les plus modestes », met en lumière un contraste saisissant : une île déjà fortement soutenue voit son aide renforcée, pendant que les régions ultramarines, confrontées à des contraintes d’insularité et d’éloignement incomparablement plus fortes, voient leurs demandes systématiquement renvoyées à des difficultés juridiques, budgétaires ou européennes.

L’annonce d’une rallonge de 50 millions d’euros dédiée à la continuité territoriale de la Corse, portant l’enveloppe à 237 millions d’euros en 2026, a mis en lumière un déséquilibre de plus en plus manifeste entre le soutien que l’État accorde à l’île méditerranéenne et celui qu’il consent aux régions ultramarines.

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Les Antilles : coûts, dépendance et enjeux futurs

Que coûtent vraiment les Antilles à la France et l’Europe ?
— Par Jean-Marie Nol —

Le débat sur ce que « coûtent » réellement les Antilles à la France et à l’Europe revient régulièrement sur la scène publique, alimenté tantôt par les tensions autonomistes, tantôt par la dégradation des finances publiques, tantôt encore par l’incertitude entourant les futurs financements européens. Pourtant, ce débat souffre plus que jamais d’amalgames, de raccourcis idéologiques et d’une vision purement comptable incapable de saisir la complexité du lien entre la Guadeloupe, la Martinique, l’État et l’Union européenne. Ce prisme réducteur, devenu réflexe, produit davantage de confusion que de compréhension. Il masque le fonctionnement d’un système de solidarité qui s’essouffle, il méconnaît la valeur géostratégique des territoires ultramarins, et il sous-estime la dépendance cruciale aux fonds européens dans un moment où ceux-ci sont eux-mêmes remis en question. Dans un contexte où la France traverse une crise budgétaire majeure, où l’Europe revoit drastiquement ses priorités et où le monde bascule vers un nouveau centre de gravité asiatique, la question du coût du lien financier entre l’Hexagone et les Antilles prend une signification inédite.

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L’Hexagone vacille, la Guadeloupe s’inquiète

— Par Jean-Marie Nol —
Somme toute, devons nous continuer à vivre, comme si de rien n’était , en dépit des menaces de crise budgétaire, financière et économique en France ?

Selon le gouvernement par la voix de la ministre des comptes publics et du budget, l’échec budgétaire actuel pourrait conduire la France à une impasse budgétaire de nature à provoquer une grave crise . Ceux qui présentent le plan du premier ministre comme une violente cure de rigueur n’ont pourtant rien vu, avertit l’Institut Montaigne dans une note riche et assez alarmiste, publiée mercredi 26 novembre par le journal Les échos.  » Selon le cercle de réflexion libéral, financé par plus de 150 grandes entreprises, les efforts sur lesquels se déchirent aujourd’hui les élus ne donnent qu’un avant-goût minime de ceux qui attendent le pays. Car l’heure des vrais sacrifices approche, selon l’Institut Montaigne, qui en propose un chiffrage inédit. Une façon pour le patronat de préparer le terrain à l’adoption de mesures impopulaires, dans le budget en discussion mais surtout les suivants. Les dépenses risquent de croître plus vite que les recettes, donc d’aggraver le déficit, notamment en raison d’une forte hausse de coûts jugés incompressibles : le paiement des intérêts de la dette, la contribution de la France à l’Union européenne, et le budget militaire » .

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Un drame se profile de manière insoupçonnée aux Antilles : c’est le danger du péril jeune !

— Par Jean-Marie Nol —

Le péril jeune aux Antilles n’est pas une simple formule médiatique ou un cliché alarmiste. C’est une réalité sociale, culturelle et psychologique qui s’impose désormais comme l’un des défis les plus urgents des sociétés guadeloupéenne et martiniquaise. Voilà une vérité compliquée à admettre : les jeunes vont mal. La Génération Z traverse une période économique et psychologique difficile, avec des répercussions bien réelles sur l’économie globale.Lorsque la qualité de la vie se dégrade structurellement, ce sont toujours les couches les plus fragiles de la population qui en souffrent le plus et le plus vite. Les plus jeunes font partie de ces couches précaires. Quelles sont les spécificité de cette catégorie sociale ?
La génération Z, née entre 1995 et 2010, y concentre toutes les fragilités d’un monde devenu incertain, hyperconnecté et dépourvu de repères éducatifs solides. Souvent accusée d’inconstance, de manque de discipline, d’individualisme ou de désintérêt pour le travail, elle reflète surtout les défaillances d’un cadre collectif déstructuré. Les chiffres révèlent aujourd’hui l’ampleur d’un malaise qui dépasse largement les frontières caribéennes, mais qui se manifeste aux Antilles avec une acuité particulière.

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Identité antillaise : entre quête de reconnaissance et risque de fragmentation

La quête identitaire des nationalistes Guadeloupéens et Martiniquais comme une possible impasse menant à une dynamique de conflits, d’enfermement culturel et à la xénophobie.

— Par Jean-Marie Nol —

La question identitaire, omniprésente depuis plusieurs années dans le débat public antillais, notamment à travers la question du foncier, constitue désormais un marqueur essentiel des crispations sociales et politiques en  Guadeloupe et surtout en Martinique . Elle émerge dans un contexte planétaire où les frontières symboliques et culturelles se recomposent sous l’effet de la mondialisation, d la question brûlante du changement climatique , de l’hybridation des modes de vie et de l’accélération de la révolution technologique. Partout, les communautés cherchent à raviver des origines parfois lointaines, comme un refuge face à l’incertitude. Aux Antilles, ce mouvement prend une forme singulière : il s’exprime à la fois comme une quête de reconnaissance historique légitime et comme une revendication identitaire qui peut, si elle se radicalise, devenir une impasse menant à l’enfermement culturel et à la survenance de comportements xénophobes. Cet emballement identitaire, nourri par les frustrations d’un rapport dominé-dominant hérité d’un passé colonial douloureux, menace aujourd’hui d’ébranler la cohésion sociale déjà précaire de l’archipel guadeloupéen et de l’île de la Martinique .

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Caraïbes : le rêve souverainiste à l’épreuve du réel

Quid de la crédibilité de l’indépendance de la Martinique et de la Guadeloupe en question vu la nouvelle donne géopolitique et économique mondiale ?

— Par Jean-Marie Nol —

L’idée d’une indépendance de la Guadeloupe, de la Martinique ou de la Guyane continue de nourrir les imaginaires des discours militants et d’inspirer certaines organisations patriotiques qui, à l’image de celles à l’instar de l’UPLG qui se réunissent en Azerbaïdjan ou encore à Duval, à Petit-Canal, tentent de maintenir vivante la flamme d’un idéal souverainiste. Dans ces rassemblements à l’allure festive, où l’on invite la population à venir nombreuse découvrir des stands d’artisanat, des ago-transformateurs, des livres, un bar, de la restauration, où pour quinze euros on peut savourer un bébélé sans porc ou un colombo de poulet, trois ateliers thématiques entendent réfléchir à l’avenir national : la société civile dans la lutte de libération nationale avec le sociologue Franck Garrin, le patriotisme économique avec l’économiste Patrice Borda, ou encore un échange entre organisations politiques locales et internationales sur l’état du monde. Tout cela témoigne d’une aspiration sincère, souvent légitime, à une réappropriation du destin collectif.

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« Gestion locale : l’avertissement du scandale de l’eau »

Crise de trésorerie : gare à la reproduction des erreurs du passé ?

— Par Jean-Marie Nol —

De l’urgente  nécessité d’une bonne gestion des élus des collectivités locales pour ne pas reproduire  un schéma semblable de la faillite du SMGEAG gestionnaire de l’eau en Guadeloupe .

L’un des signaux les plus préoccupants pour l’avenir institutionnel et économique de la Guadeloupe réside dans l’incapacité chronique de ses élus à anticiper les crises structurelles, notamment dans la gestion des services publics essentiels. L’exemple emblématique demeure celui de la gestion de l’eau. Les territoires de Guadeloupe et de Martinique font aujourd’hui face à une menace dont la gravité n’a pas été suffisamment anticipée par leurs responsables politiques : celle d’un effondrement progressif de leurs finances publiques locales, déjà fragilisées par des années de gestion approximative, de dépenses peu maîtrisées et d’un manque criant de vision prospective stratégique. Le drame silencieux de la gestion de l’eau en Guadeloupe en constitue l’illustration la plus frappante. Alors que près de 60 % des eaux distribuées continuent de se perdre dans un réseau vétuste, le syndicat chargé de l’eau et de l’assainissement, le SMGEAG, se retrouve au bord de la cessation de paiement, accablé par un déficit abyssal de près de 100 millions d’euros , ainsi que des factures impayées des usagers avoisinant les 50 millions d’euros.

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De l’ouli du travail à l’oubli de la liberté

Quand les économistes s’inquiètent à juste titre de l’évolution négative prévisible de l’économie de la Guadeloupe et de la Martinique ?

— Par Jean-Marie Nol —

La Guadeloupe et la Martinique sont désormais à l’épreuve du nouveau paradigme de l’économie et de la mutation du travail : entre dépendance, mutation sociétale et survie économique, et elles vivent aujourd’hui un moment charnière de leur histoire économique et sociale. Le modèle qui, depuis des décennies, a assuré la stabilité du système politique et social repose sur un équilibre fragile : celui d’une économie de transferts et de consommation, adossée à la solidarité nationale. L’État français, par ses subventions, ses exonérations et ses sur-rémunérations, en demeure le principal pilier. Sans ce soutien constant, l’économie locale s’effondrerait comme un château de cartes. Mais ce modèle, à force d’avoir protégé, a fini par enfermer. L’assistanat, devenu système, s’est transformé en l’un des facteurs majeurs de la dévalorisation du travail. À force de compenser, on a fini par désapprendre à produire ; à force d’aider, on a cessé de valoriser l’effort.

Car le travail, en Guadeloupe, n’est plus perçu comme un moteur de dignité, mais souvent comme un fardeau dont la récompense semble dérisoire face aux mécanismes d’assistance.

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Le fantôme de la colonisation plane sur le XXIᵉ siècle

La Caraïbe et l’Afrique sont aujourd’hui les champs de batailles géopolitiques, où risquent fort de se réinstaller très bientôt le colonialisme économique et numérique.

— Par Jean-Marie Nol —

Le spectre du retour à une diplomatie de la force refait surface dans la région caraïbe, rappelant les heures sombres de la doctrine du Big Stick qui, au début du XXᵉ siècle, permettait aux États-Unis d’imposer leur loi sur leur « arrière-cour ». Aujourd’hui, face au Venezuela et à d’autres nations jugées rebelles à l’ordre économique occidental, Washington renoue avec cette logique interventionniste, sous couvert de défense des droits de l’homme ou de lutte contre les trafics. Cette démonstration de puissance traduit en réalité la volonté américaine de reprendre le contrôle d’un espace stratégique convoité, riche en hydrocarbures, en ressources minières et en positions géopolitiques clés. Ce qui se joue dans la Caraïbe résonne étrangement avec les dynamiques observées sur le continent africain : dans les deux cas, la domination contemporaine s’exerce moins par la conquête militaire que par l’influence économique, technologique et idéologique. La Caraïbe et l’Afrique deviennent ainsi les laboratoires d’une même recomposition du monde, où les anciennes puissances, déclinantes, cherchent à préserver leur suprématie dans un contexte de rivalités globales exacerbées.La

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Le vide symbolique d’une nation

— Par Jean Claude Halley —

C’est un texte dense et puissamment structuré, dans la grande tradition des essais politico-philosophiques français. Jean-Marie Nol y tisse un diagnostic implacable : la France macronienne aurait sciemment renoncé à son récit national — non pas par oubli, mais par calcul. Et ce renoncement volontaire, devenu symptôme d’une recomposition silencieuse, s’étend jusqu’aux marges ultramarines, où il ravive les blessures coloniales et les fractures mémorielles.

On peut en tirer plusieurs axes d’analyse :

  1. La disparition du récit national comme stratégie politique
    Nol avance que Macron ne serait pas seulement victime d’une crise de sens, mais son architecte. À la place du vieux roman national (hérité de Michelet et Ferry), il impose une narration de la performance : celle de la start-up nation, fluide, mondialisée, « déterritorialisée ». En somme, une France sans mythe, mais avec des tableaux Excel.
  2. Le vide symbolique et ses effets sociaux
    Ce refus du récit partagé créerait un gouffre identitaire, où s’engouffrent défiance, populisme et nostalgie. Les « fractures françaises » deviennent fractures de sens : le pays n’a plus de boussole morale, seulement des indicateurs économiques.

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Macron ou la stratégie du chaos

Le Pourquoi de l’absence volontaire de récit national en France, et quelles sont les ramifications idéologiques de cette occultation en outre-mer ?

— Par Jean-Marie Nol —

Depuis l’élection d’Emmanuel Macron, la France semble traverser une zone de turbulence identitaire et politique où l’absence d’un véritable récit national est devenue l’un des symptômes les plus inquiétants de la crise de sens que connaît le pays. Loin des promesses d’un « nouveau monde » et d’une modernisation apaisée de la République, les deux quinquennats du président Macron ont vu s’approfondir les fractures sociales, territoriales et culturelles qui minent le lien national. L’instabilité politique, la méfiance envers les institutions, la défiance vis-à-vis des élites et le sentiment de déclin dominent désormais une société française qui doute d’elle-même et qui, faute d’un récit collectif fédérateur, à l’instar des régions Antilles – Guyane, se replie sur ses fractures identitaires.

Cette perte de repères touche de plein fouet la France hexagonale, mais ses répercussions sont encore plus sensibles en outre-mer, où la distance géographique se double d’une distance symbolique. Dans ces territoires où l’Histoire nationale s’est longtemps confondue avec celle de la colonisation, la question du récit national résonne comme une interrogation existentielle.

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Le désengagement de l’État, un séisme social annoncé

Un ciel hexagonal sombre et menaçant empli de nuages lourds laisse présager une tempête économique et sociale sur la Guadeloupe .

— Par Jean-Marie Nol —

La Guadeloupe semble devoir désormais entrée dans une phase historique de désenchantement budgétaire avec à la clé des conséquences économiques et sociales . Nous n’avons plus le loisir de demeurer dans l’insouciance et le déni de réalité, car il y a déjà péril en la demeure. Après des décennies de prospérité sociale et de protection étendue, les signes de fatigue du modèle d’État-providence français se multiplient. La Cour des comptes tire la sonnette d’alarme, les chiffres s’emballent, et le gouvernement reconnaît à demi-mot que la « générosité » qui a longtemps fait la fierté nationale arrive peut-être à son terme. Le ministre du Travail et des Solidarités, Jean-Pierre Farandou, l’a affirmé sans détour : « La générosité qu’on a connue est peut-être arrivée à son terme. » Cette phrase résonne comme un aveu autant que comme un avertissement. Car c’est tout un modèle social qui, fragilisé par des décennies de déficits et de dettes, s’apprête à être révisé dans ses fondements mêmes.

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Vers un Outre-mer européen

Exégèse d’un scénario inédit, déjà virtuellement écrit, d’un rattachement institutionnel de l’outre-mer à l’Union Européenne.

— Par Jean-Marie Nol —

Le scénario d’un rattachement institutionnel direct de l’outre-mer français à l’Union européenne, encore tabou il y a quelques années, semble aujourd’hui faire son chemin dans les cercles politiques les plus fermés et économiques les plus lucides. Derrière les discours officiels empreints d’attachement républicain et de continuité nationale, se profile en réalité une logique comptable et stratégique : celle d’une France qui, étranglée par sa dette, chercherait à déléguer une partie du fardeau financier que représente la gestion de ses territoires ultramarins à l’Union européenne. Ce basculement, loin d’être une rupture brutale, s’inscrirait dans un continuum historique amorcé depuis le traité de Rome de 1957, qui a progressivement arrimé les Outre-mer à la construction communautaire.

Depuis plus d’un demi-siècle, l’Union européenne a élaboré deux cadres distincts pour organiser sa relation avec ces territoires : les régions ultrapériphériques (RUP), intégrées pleinement dans le marché intérieur, et les pays et territoires d’outre-mer (PTOM), qui jouissent d’un statut d’association plus souple. La France, particularité unique en Europe, cumule les deux régimes.

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