Catégorie : Autres

« Le Pérégrin » de Michel Herland

Un entretien avec Jacques Brasseul

Jacques Brasseul. Nous voici à nouveau réunis pour parler d’un de tes textes, Le Pérégrin, qui vient de paraître. Ce qui me frappe d’abord, c’est que tu abordes là un genre nouveau pour toi. Je te connaissais romancier et bien sûr poète puisque notre premier entretien a porté sur L’Homme qui voulait peindre des fresques (1), Le Pérégrin est un récit qui participe un peu des deux genres que je viens de citer, il raconte une histoire, ou du moins il met en scène un personnage, mais dans une langue clairement poétique. Qu’est-ce qui t’a conduit vers ce nouveau genre ?

Michel Herland. Pour moi ce texte est avant tout de la poésie, un récit, certes, mais écrit comme une longue phrase musicale qui se développe dans la même tonalité jusqu’à la fin, y compris dans les parties dialoguées. C’est effectivement quelque chose que je n’avais jamais tenté, une prose poétique. Quant à savoir ce qui m’a décidé, qu’est-ce qui pousse à écrire le premier vers d’un poème ou la première ligne d’un roman, ce n’est pas moi qui te le dirai.  Lire Plus

Une rentrée italienne au Pavillon Noir

— par Selim Lander — Le Pavillon Noir, le lieu d’Angelin Preljocaj à Aix-en-Provence, un bâtiment de l’architecte Rudy Ricciotti, accueille régulièrement des danseurs extérieurs à la compagnie. Trois spectacles venus d’Italie ont marqué le lancement de la saison 2026-2027, dont deux « seuls en scène » dont il sera question ici (1). « Seuls en scène » et non solos, en l’occurrence, la danse n’étant pas le propos principal des artistes concernés.

R.Osa, la performance de Sylvia Gribaudi

Pourquoi ce titre, R.Osa, et pas seulement rosa, la rose, métaphore de la jeune fille… en fleur ? Sans doute faut-il deviner « oser » dans « osa », car Sylvia Gribaudi exhibe sans complexe un corps « augmenté » selon l’expression délicate d’une critique, mais qu’en d’autres temps on aurait qualifié de monstrueux. Autant dire que même si l’on se croyait prévenu, pour avoir vu l’affiche, l’apparition de S. Gribaudi provoque un choc. D’autant que le spectacle découpé en une dizaine « d’exercices » peine à démarrer. Ou bien est-ce simplement le temps nécessaire pour s’accoutumer ? Car très vite on est dans le bain, on se laisse prendre par une interprète à l’entrain débordant, qui a la bonne idée de détendre l’atmosphère en invitant bientôt son audience à esquisser quelques mouvements de danse.  Lire Plus

L’étonnante route des créoles en Australie

– par Rodolf Etienne

À première vue, tout semble séparer Fort-de-France de Perth : près de deux océans, des histoires politiques différentes, des migrations qui n’empruntent pas les mêmes routes et plus de 18 000 kilomètres à parcourir.

Pourtant, lorsqu’on observe la carte culturelle de l’Australie contemporaine, un archipel inattendu apparaît. Caribéens, Mauriciens, Seychellois, Réunionnais et autres populations insulaires s’y retrouvent autour de la musique, de la cuisine, de la danse, des langues, de la transmission familiale et parfois d’un mot commun : créole.

Cette géographie raconte moins une migration massive des Antillais français vers l’Australie qu’une circulation beaucoup plus subtile des cultures créoles à travers le monde. Perth, sur la façade occidentale du continent australien, constitue probablement le point d’observation le plus étonnant.

La Caribbean Australian Association y est créée en 1975 pour aider les nouveaux migrants originaires de la Caraïbe à s’installer en Australie et leur permettre de conserver des liens culturels et sociaux.

Le premier rassemblement organisé le 8 août 1975 attire 191 personnes, chiffre remarquable pour une diaspora encore très réduite. Cricket, football, gastronomie, carnaval, fêtes familiales, bals et activités pour enfants deviennent progressivement les moyens de maintenir une identité caribéenne à des milliers de kilomètres des îles.  Lire Plus

La puissante parole des jeunes en Australie (1)

-Par Rodolf Etienne

D’Adélaïde à Sydney, d’Antigua à Tahiti, l’automne 2026 voit se multiplier forums, conférences et sommets destinés aux jeunes.

Identité, appartenance, diversité, culture, leadership, avenir : partout, on leur demande leur avis, de parler.

L’Australie va plus loin en essayant d’inscrire cette parole dans ses mécanismes de décision publique.

Vue depuis la Martinique, où les 15-29 ans connaissent un taux de chômage de 33 % et où le départ reste une étape presque obligée de la formation et de l’insertion, une question : écouter les jeunes, certes oui. Mais qu’advient-il ensuite de cette parole, de ce qu’ils disent ?

Le 30 septembre 2026, à Adélaïde, l’Australian Migrant Resource Centre organisait son Youth Forum autour de trois verbes particulièrement révélateurs : « Belong. Connect. Lead. » — appartenir, se connecter, diriger.

Destiné aux 13-25 ans, notamment issus des différentes communautés culturelles de South Australia, le rendez-vous associait identité, culture, confiance en soi, participation communautaire et capacité à agir. Derrière la formule apparaît cette question centrale : comment montrer à une génération qu’elle appartient réellement à la communauté politique, sociale et culturelle dans laquelle elle vit et grandit ?  Lire Plus