Catégorie : Autres

Trump et la tentation impériale

Pourquoi il ne faut pas faire l’erreur de prendre les velléités impérialistes de Donald Trump sur les Antilles françaises à la légère ?

— Par Jean-Marie Nol —

La publication par Donald Trump d’une nouvelle carte des Etats Unis englobant les Antilles françaises s’inscrit directement dans une résurgence symbolique et agressive de la doctrine Monroe. Le lundi 7 septembre 2026, le président américain a partagé sur son réseau TruthSocial une image générée par intelligence artificielle montrant un drapeau américain recouvrant la quasi-totalité de l’Amérique du Nord, le Mexique, l’Islande, le Groenland et les Caraïbes, y compris la Guadeloupe, la Martinique, Saint-Barthélemy et Saint-Martin. Ce n’est ni plus ni moins que la réactivation de la doctrine Mouroe. Qu’est-ce que la doctrine Monroe ?Proclamée en 1823 par le président James Monroe, cette doctrine repose à l’origine sur deux grands piliers. Les puissances européennes ne doivent plus chercher à coloniser ou à intervenir dans les affaires du continent américain (Nord et Sud), perçu comme la sphère d’influence exclusive des États-Unis.En contrepartie, les États-Unis s’engageaient à ne pas s’immiscer dans les affaires européennes ni dans leurs colonies existantes à l’époque.<p>  Lire Plus

Autonomie : changer de modèle

L’autonomie politique sans indépendance financière : le grand paradoxe de la schizophrénie antillaise ?

— Par Jean-Marie Nol —

Aux Antilles, le débat sur l’autonomie bute désormais sur une vérité politique que personne ne peut éternellement contourner : on ne peut pas réclamer le pouvoir de décider seul et demander, dans le même temps, à l’État français de payer lorsque les décisions deviennent trop difficiles à assumer. C’est pourtant cette contradiction qui structure aujourd’hui une grande partie du débat public en Guadeloupe et en Martinique. Et elle révèle une réalité beaucoup plus profonde : derrière la revendication d’autonomie se trouve encore une dépendance financière à l’égard de l’État, tandis que la confiance des citoyens dans leurs propres institutions locales s’est considérablement érodée. Et c’est là que l’on retrouve une position schizophrénique des élus locaux des Antilles qui réclament l’autonomie et dans le même temps appelle l’État à l’aide pour suppléer les manquements graves des élus locaux dans la gestion de l’action publique et leur incapacité à régler les problématiques de déficits et d’effondrement des filières agricoles et du BTP. En réalité,les Antilles attendent trop de l’Etat or dans le même temps veulent l’autonomie et la responsabilité locale qui à leurs yeux sont indispensables au retour de la confiance, qui est donc plus faible qu’ailleurs.<p>  Lire Plus

« Les Tigres sont encore lâchés » : chapitre V… suite

— Par Robert Lodimus —

Chapitre V (Suite)

Magouilles, mensonges et dilatoires

C’est un faux débat de société de conditionner un « processus démocratique » à la durée d’un « règne politique ». Ainsi, Cuba serait une « dictature » parce que les frères Castro qui ont risqué leur vie pour libérer leur peuple sont au pouvoir depuis le 1er janvier1959. Et qu’en fait-on des réalisations tangibles, des progrès concrets de la « Révolution » depuis toutes ces décennies : éducation, santé, logement, eau potable, sécurité publique, transport… ? N’était-ce l’embargo des États-Unis décrété contre le pays de José Marti, de Camillo Cienfuegos, de Celia Sanchez, de Vilma Espin, de Haydée Santamaria, à quel carrefour de développement durable serait parvenu le peuple cubain à l’heure actuelle ? Lisez donc, ou relisez « Les Saints vont en enfer » de Gilbert Cesbron, et dites-nous si la démocratie, pour vous, s’apparente aux cas des travailleurs, des ouvriers, des journaliers qui se détruisent par millions dans les usines de sous-traitance nord-américaines ou ailleurs ?

« Les saints vont en enfer »vous le savez peut-être déjà – est le célèbre livre de l’écrivain, romancier et dramaturge français Gilbert Cesbron publié en 1952, qui plonge au cœur du mouvement des prêtres-ouvriers en France durant les Trente Glorieuses.<p>  Lire Plus

Sargasses (4) : Quinze ans après, combien la Martinique a-t-elle réellement payé ?

— Par Rodolf Étienne

En 2011, lorsque les premières nappes massives de sargasses atteignent les côtes martiniquaises, personne ne sait encore que l’île entre dans un cycle qui durera au moins quinze ans.

On ramasse. On dégage les plages. On cherche où stocker. On mesure les premières émanations d’hydrogène sulfuré. Puis les sargasses reviennent.

À mesure que les arrivages se répètent, la facture change de nature. Elle n’est plus seulement celle du tractopelle envoyé sur une plage. Elle est devenue la somme de dépenses publiques, de pertes d’activité, d’équipements détériorés, de bateaux immobilisés, de logements exposés, de journées de travail perdues, d’établissements scolaires perturbés, de dépenses sanitaires, d’écosystèmes fragilisés et d’investissements qu’il faut recommencer chaque année.

Le problème est qu’aucune comptabilité consolidée ne permet aujourd’hui d’annoncer sérieusement : « Les sargasses ont coûté X millions d’euros à la Martinique depuis 2011. »  Ce chiffre global n’existe pas. Et cette absence de chiffre constitue déjà en elle-même une information. Quinze ans après le début du phénomène, nous savons compter les tonnes ramassées, les barrages installés ou les crédits engagés certaines années. Nous ne savons pas le coût total supporté par le territoire.<p>  Lire Plus

Sargasses (3) : Quand le littoral martiniquais perd de sa valeur

— Par Rodolf Étienne

Pendant longtemps, vivre au bord de l’eau était presque automatiquement associé à une plus-value.

Vue sur mer, accès au littoral, ventilation naturelle, proximité des plages : dans une île comme la Martinique, le rivage concentre une partie des biens immobiliers les plus recherchés.

Mais que se passe-t-il lorsque la mer apporte régulièrement autre chose que l’image paradisiaque promise par l’annonce immobilière ?

Depuis 2011, les sargasses modifient progressivement cette équation. Au point où dans certaines villes de la façade atlantique, elles ne sont plus seulement un problème environnemental ou sanitaire. Elles deviennent un facteur de localisation immobilière.

Le phénomène est, certes, encore difficile à mesurer avec précision : professionnels de l’immobilier, propriétaires, loueurs saisonniers et travaux publics commencent à documenter une dégradation de l’attractivité de certains secteurs particulièrement exposés.

Le bord de mer n’a plus partout la même valeur

Le paradoxe est saisissant. Un bien peut posséder tous les attributs traditionnellement recherchés — vue mer, piscine, terrasse, accès direct au littoral — et perdre une partie de son attractivité précisément parce qu’il se trouve trop près de l’eau.<p>  Lire Plus

Quid de la douleur sociale ?

— Par Rodolf Étienne

En cette rentrée de septembre 2026, les foyers sociaux se multiplient.

Transports paralysés, hôpital sous tension, enseignants mobilisés, agents territoriaux en préavis, difficultés financières du Service d’Incendie et de Secours, tensions au Comité Martiniquais du Tourisme, conflit à La Poste et retour annoncé du RPPRAC : il ne se constitue pas encore un mouvement, mais commence à se dessiner un paysage familier.

On ne se demande déjà plus quel secteur connaîtra le prochain préavis, la panique semble générale. On se demande plutôt si toutes ces douleurs, toutes ces colères, pour l’instant parallèles, resteront séparées ou finiront par trouver un point de rencontre. Dans cette hypothèse, un dénominateur commun apparaît : la vie chère et une date, le 19 octobre prochain.

Transport — quand la crise devient institutionnelle

La crise du transport constitue le phénomène le plus visible. Dans le Nord, le Centre puis le Sud, l’arrêt des réseaux urbains a profondément perturbé les déplacements quotidiens. Le TCSP et les transports scolaires permettent encore d’assurer une partie de la mobilité, mais l’essentiel du transport collectif ordinaire est affecté.<p>  Lire Plus

La conciergerie : Entre l’hébergement et l’expérience touriste

— Par Rodolf Étienne

Après le développement spectaculaire de l’hébergement locatif, une nouvelle étape s’amorce pour le tourisme martiniquais : celle de la pleine valorisation du service.

La conciergerie pourrait précisément être le chaînon manquant entre « logement touristique » et « expérience touriste ».

Formation des professionnels, commercialisation, accueil, intendance, connaissance des clientèles, numérique : le CMT (Comité Martiniquais du Tourisme) accompagne désormais explicitement la structuration de la conciergerie en Martinique.

Près d’un touriste de séjour sur deux choisit désormais, en Martinique, un appartement, une villa ou une résidence de tourisme.

Hier, la Martinique vendait sa destination. Aujourd’hui, depuis qu’elle a développé ses hébergements, elle doit vendre davantage la qualité de son service et la singularité de l’expérience qu’elle propose. Disposer de milliers de villas et d’appartements ne suffit pas. Il faut transformer le séjour en expérience, le visiteur en hôte, la réservation en consommation locale et, idéalement, un premier voyage en désir de revenir.

2024 – Un nouveau départ

En 2024, la Martinique accueillait 988 301 visiteurs. La fréquentation globale reculait légèrement de 1,4 % par rapport à 2023, mais cette évolution masquait un phénomène beaucoup plus intéressant : le nombre de touristes de séjour progressait de 2,8 % pour atteindre 571 511 personnes, son niveau le plus élevé depuis plusieurs décennies.<p>  Lire Plus

La Droite martiniquaise : une parenthèse dans le siècle.

— Les ContreChroniques d’Yves-Léopold Monthieux —

Contrairement à une inexactitude répandue par une information exclusive, la Droite martiniquaise n’a dirigé la collectivité (conseil général) que pendant 22 ans, de 1960 à 1982. Les résultats ont été inversement professionnels à cette courte durée : ils peuvent être appréciés par rapport au bilan catastrophique des 45 années suivantes.

LE CONCOURS DE PLUSIEURS CIRCONSTANCES

La droite locale constituée est née d’un concours de circonstances historiques, presque d’un accident : la chute de la Quatrième République. L’an 1958, date du retour au pouvoir du général de Gaulle et de l’avènement de la 5ème République, furent aussi celle de la création du Parti progressiste martiniquais (PPM) le 22 mars 1958, de la Fédération martiniquaise de l’Union pour la nouvelle République (UNR) fondé le 1er octobre 1958 et de l’apparition des idées de rupture institutionnelle. Cette droite, qui n’est pas née d’un élan purement local comme le PPM, s’est constituée pour servir de relais au parti national et s’opposer à l’émergence des idées autonomistes et indépendantistes en se cristallisant autour du général de Gaulle. A l’initiative de la création des DOM, de Gaulle réapparaît au moment où des vents contraires commencent à s’exprimer en outre-mer.<p>  Lire Plus

Le paradoxe martiniquais ou l’île qui gaspillait ses deniers publics

– Par Rodolf Etienne

Certaines régions attirent les habitants, produisent, innovent, exportent et maintiennent un chômage relativement faible. D’autres accumulent vieillissement, pauvreté, dépendance, perte de population et faiblesse de l’investissement. 

La Martinique n’est pas, chiffres en main, le « dernier de la classe » républicaine. Mais son cas est peut-être plus dérangeant encore. Possédant davantage d’atouts que plusieurs autres régions ou territoires, elle se voit tout de même largement dépassé.

La France, dans son large ensemble, n’avance pas à la même vitesse.

Il faut tout d’abord faire taire une idée simple. Non, la région française économiquement la plus mal en point n’est pas systématiquement la Martinique. La Guyane affiche un chômage de 19,3 % au premier trimestre 2026. La Réunion est à 19 %, la Guadeloupe à 15,2 %, contre 13,5 % en Martinique. Sur la pauvreté, les dernières données régionales comparables placent également la Guyane, La Réunion et la Guadeloupe derrière la Martinique. Mais cette lecture brute aurait le désavantage de masquer quelque chose de bien plus grave. La Martinique n’est peut-être pas le territoire français le plus pauvre. Mais, elle pourrait être l’un de ceux qui gaspillent le plus spectaculairement son potentiel.<p>  Lire Plus