Catégorie : Autres

Anticiper plutôt que subir

La source des crises financières , économiques et sociales aux Antilles, résultat de l’absence de vision prospective et d’un manque d’anticipation.

— Par Jean-Marie Nol —
Les crises actuelles aux Antilles sur les problématiques de l’eau et des transports ne sont pas seulement des accidents de gestion, elles révèlent surtout l’absence d’une culture de l’anticipation et d’une stratégie économique de long terme. La vision prospective économique et l’anticipation sont indispensables pour empêcher les crises car elles permettent de rompre avec la gestion purement réactive et d’agir sur les causes profondes des déséquilibres avant qu’ils ne deviennent incontrôlables. En Martinique et en Guadeloupe, une crise survient souvent lorsqu’un dysfonctionnement accumulé (dette excessive, bulle immobilière spéculative, pénurie de ressources financières) atteint un point de rupture. L’anticipation sert de bouclier préventif à travers plusieurs mécanismes clés : La détection précoce des signaux faibles. L’économie locale est systémique, donc la prospective permet d’identifier les déséquilibres naissants avant qu’ils ne se propagent, et surtout d’identifier l’accumulation de dettes insoutenables chez les ménages, les entreprises ou les collectivités locales . Les marchés publics et les acteurs économiques ont tendance à être procycliques (ils amplifient les tendances par mimétisme ou panique).<p>  Lire Plus

« Les Tigres sont encore lâchés » : chapitre V

— Par Robert Lodimus —

Magouilles, mensonges et dilatoires

« Les vices de l’esprit peuvent se corriger ; mais quand le cœur est mauvais, rien ne peut le changer.»

(Voltaire)

Les élections générales du 25 octobre 2015 en Haïti, comme nous l’avons souligné au chapitre précédent, n’ont pas échappé aux étampes des « magouilles traditionnelles ». Elles ont marqué le début d’une crise politique majeure et d’une instabilité institutionnelle prolongée dont le pays subit encore les répercussions profondes. Conçu à l’origine pour élire un nouveau président, renouveler le Parlement et choisir les magistrats municipaux, ce triple scrutin s’est rapidement transformé en une « impasse démocratique » majeure.

Le premier tour des élections, combiné aux législatives et aux municipales, s’est tenu dans un climat de forte tension. Plus de 50 prétendants briguaient la succession de l’arsouille et l’aigrefin sortant, le chef dévoyé du PHTK. Seul environ un quart des électeurs inscrits s’est déplacé aux urnes. Bien que la journée du vote ait été globalement épargnée par de grandes violences, le dépouillement a été entaché d’accusations graves de bourrage d’urnes et d’irrégularités généralisées.<p>  Lire Plus

La Droite martiniquaise : une parenthèse dans le siècle.

— Les ContreChroniques d’Yves-Léopold Monthieux —

Contrairement à une inexactitude répandue par une information exclusive, la Droite martiniquaise n’a dirigé la collectivité (conseil général) que pendant 22 ans, de 1960 à 1982. Les résultats ont été inversement professionnels à cette courte durée : ils peuvent être appréciés par rapport au bilan catastrophique des 45 années suivantes.

LE CONCOURS DE PLUSIEURS CIRCONSTANCES

La droite locale constituée est née d’un concours de circonstances historiques, presque d’un accident : la chute de la Quatrième République. L’an 1958, date du retour au pouvoir du général de Gaulle et de l’avènement de la 5ème République, furent aussi celle de la création du Parti progressiste martiniquais (PPM) le 22 mars 1958, de la Fédération martiniquaise de l’Union pour la nouvelle République (UNR) fondé le 1er octobre 1958 et de l’apparition des idées de rupture institutionnelle. Cette droite, qui n’est pas née d’un élan purement local comme le PPM, s’est constituée pour servir de relais au parti national et s’opposer à l’émergence des idées autonomistes et indépendantistes en se cristallisant autour du général de Gaulle. A l’initiative de la création des DOM, de Gaulle réapparaît au moment où des vents contraires commencent à s’exprimer en outre-mer.<p>  Lire Plus

Espionnage : comment l’IA transforme le réseau du renseignement mondial ?

De l’affaire Snowden aux réseaux privés de renseignement, des hackers nord-coréens aux agents d’intelligence artificielle capables de coopérer, une révolution silencieuse redéfinit les rapports de puissance

  • Par Rodolf ETIENNE

Vous ne verrez plus jamais James Bond de la même manière !

Milan, NSA, pétrole iranien, hackers nord-coréens, réseaux privés de renseignement et essaims d’agents artificiels, le pouvoir ne réside plus seulement dans la capacité de collecter des données. Il réside désormais dans celle de les comprendre, de les croiser et, de plus en plus, d’agir automatiquement à partir d’elles.

Il y avait autrefois quelque chose de presque rassurant dans l’image de l’espion.

Un homme ou une femme, une fausse identité, un rendez-vous discret, un micro dissimulé, quelques photographies, un dossier rangé dans un coffre. Le renseignement avait ses hommes, ses méthodes, ses frontières et ses secrets. Cette représentation appartient peut-être déjà au passé.

De Washington à Milan, de Pékin à Pyongyang, les affaires apparues ces dernières années dessinent progressivement un autre monde. Les services d’État demeurent, les agents humains n’ont évidemment pas disparu, mais entre eux se sont installés d’immenses réservoirs de données, des sociétés privées de renseignement, des pirates informatiques, des infrastructures dispersées dans plusieurs pays et, désormais, des intelligences artificielles capables d’exécuter elles-mêmes une partie des opérations.<p>  Lire Plus

France des régions – Paradoxe en Martinique ou l’île qui gaspillait ses deniers publics

La France, dans son large ensemble, n’avance pas à la même vitesse.

– Par Rodolf Etienne

Certaines régions attirent les habitants, produisent, innovent, exportent et maintiennent un chômage relativement faible. 

D’autres accumulent vieillissement, pauvreté, dépendance, perte de population et faiblesse de l’investissement. 

La Martinique n’est pas, chiffres en main, le « dernier de la classe » républicaine.

Mais son cas est peut-être plus dérangeant encore.

Possédant davantage d’atouts que plusieurs autres régions ou territoires, elle se voit tout de même largement dépassé.

La France, dans son large ensemble, n’avance pas à la même vitesse.

Il faut tout d’abord faire taire une idée simple. Non, la région française économiquement la plus mal en point n’est pas systématiquement la Martinique. La Guyane affiche un chômage de 19,3 % au premier trimestre 2026. La Réunion est à 19 %, la Guadeloupe à 15,2 %, contre 13,5 % en Martinique.

Sur la pauvreté, les dernières données régionales comparables placent également la Guyane, La Réunion et la Guadeloupe derrière la Martinique. Mais cette lecture brute aurait le désavantage de masquer quelque chose de bien plus grave.<p>  Lire Plus

Fort-de-France : l’usure du pouvoir dans le miroir de l’Afrique

La ville d’Aimé Césaire, grand penseur de l’émancipation noire du XXᵉ siècle, est aussi une ville où la même filiation politique municipale gouverne depuis 1945.

— Par Rodolf Étienne —

À un moment où la rentrée scolaire remet sous nos yeux les transformations démographiques de la capitale, Fort-de-France offre une contradiction politique particulière qui mérite d’être regardée sans révérence excessive.

Ici, il faut préciser ! Le PPM (Parti Progressiste Martiniquais) ne gouverne pas Fort-de-France depuis 1945, puisqu’il n’a été créé qu’en 1958.

Césaire fut d’abord élu sous l’étiquette communiste.

Mais la continuité politique issue du césairisme est incontestable.

Aimé Césaire de 1945 à 2001, Serge Letchimy de 2001 à 2010, Raymond Saint-Louis-Augustin de 2010 à 2014, puis Didier Laguerre depuis 2014. Nous parlons donc, en 2026, de quatre-vingt-une années de continuité politique municipale.

Cette durée n’est pas en elle-même antidémocratique. Lors des récentes élections, les Foyalais ont librement voté. Des oppositions se sont présentées. Toute élection est libre. Vouloir assimiler Fort-de-France à quelque régime autoritaire que ce soit serait absurde.

Mais la démocratie ne se mesure pas seulement à la possibilité juridique de changer de pouvoir, elle se mesure également à la réalité de cette possibilité.<p>  Lire Plus