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Sargasses (3) : Quand le littoral martiniquais perd de sa valeur

— Par Rodolf Étienne

Pendant longtemps, vivre au bord de l’eau était presque automatiquement associé à une plus-value.

Vue sur mer, accès au littoral, ventilation naturelle, proximité des plages : dans une île comme la Martinique, le rivage concentre une partie des biens immobiliers les plus recherchés.

Mais que se passe-t-il lorsque la mer apporte régulièrement autre chose que l’image paradisiaque promise par l’annonce immobilière ?

Depuis 2011, les sargasses modifient progressivement cette équation. Au point où dans certaines villes de la façade atlantique, elles ne sont plus seulement un problème environnemental ou sanitaire. Elles deviennent un facteur de localisation immobilière.

Le phénomène est, certes, encore difficile à mesurer avec précision : professionnels de l’immobilier, propriétaires, loueurs saisonniers et travaux publics commencent à documenter une dégradation de l’attractivité de certains secteurs particulièrement exposés.

Le bord de mer n’a plus partout la même valeur

Le paradoxe est saisissant. Un bien peut posséder tous les attributs traditionnellement recherchés — vue mer, piscine, terrasse, accès direct au littoral — et perdre une partie de son attractivité précisément parce qu’il se trouve trop près de l’eau.<p>  Lire Plus

Sargasses (1) : Quand l’Atlantique fabrique la réalité martiniquaise

— Par Rodolf Étienne

Depuis 2011, la Martinique vit au rythme des échouages de sargasses.

Quinze ans plus tard, le phénomène ne peut plus être traité comme un accident saisonnier. Il structure désormais une partie de la vie du littoral, pèse sur la santé, les finances communales, l’activité économique, le tourisme, la pêche, les paysages et jusque sur l’organisation des services publics.

Début septembre 2026, cinq communes parmi les plus exposées — Le François, Le Vauclin, Trinité, Le Marigot et Le Robert — ont décidé de parler d’une seule voix.

Leurs maires se sont réunis au François avec le directeur du GIP Sargasses, Frédéric Voyer, pour réclamer une réponse durable à un phénomène qui s’installe dans le temps. Ce mouvement des élus dit peut-être l’essentiel : qui doit porter durablement le coût, la responsabilité et la stratégie de cette nouvelle réalité environnementale ?

Quinze ans après, toujours l’urgence

La Martinique a pourtant considérablement renforcé son dispositif. Depuis 2023, la collecte en mer monte en puissance. En mars 2026, deux nouveaux moyens ont été mis en service : le Sargator 3, destiné notamment à la façade sud-atlantique, et la barge de transfert Toupiti. <p>  Lire Plus

Martinique : Quid de la douleur sociale ?

— Par Rodolf Étienne

En cette rentrée de septembre 2026, les foyers sociaux se multiplient.

Transports paralysés, hôpital sous tension, enseignants mobilisés, agents territoriaux en préavis, difficultés financières du Service d’Incendie et de Secours, tensions au Comité Martiniquais du Tourisme, conflit à La Poste et retour annoncé du RPPRAC : il ne se constitue pas encore un mouvement, mais commence à se dessiner un paysage familier.

On ne se demande déjà plus quel secteur connaîtra le prochain préavis, la panique semble générale. On se demande plutôt si toutes ces douleurs, toutes ces colères, pour l’instant parallèles, resteront séparées ou finiront par trouver un point de rencontre. Dans cette hypothèse, un dénominateur commun apparaît : la vie chère et une date, le 19 octobre prochain.

Transport — quand la crise devient institutionnelle

La crise du transport constitue le phénomène le plus visible. Dans le Nord, le Centre puis le Sud, l’arrêt des réseaux urbains a profondément perturbé les déplacements quotidiens. Le TCSP et les transports scolaires permettent encore d’assurer une partie de la mobilité, mais l’essentiel du transport collectif ordinaire est affecté.<p>  Lire Plus

La conciergerie : chaînon manquant entre « l’hébergement » et « l’expérience touriste »

— Par Rodolf Étienne

Après le développement spectaculaire de l’hébergement locatif, une nouvelle étape s’amorce pour le tourisme martiniquais : celle de la pleine valorisation du service.

La conciergerie pourrait précisément être le chaînon manquant entre « logement touristique » et « expérience touriste ».

Formation des professionnels, commercialisation, accueil, intendance, connaissance des clientèles, numérique : le CMT (Comité Martiniquais du Tourisme) accompagne désormais explicitement la structuration de la conciergerie en Martinique.

Près d’un touriste de séjour sur deux choisit désormais, en Martinique, un appartement, une villa ou une résidence de tourisme.

Hier, la Martinique vendait sa destination. Aujourd’hui, depuis qu’elle a développé ses hébergements, elle doit vendre davantage la qualité de son service et la singularité de l’expérience qu’elle propose.

Disposer de milliers de villas et d’appartements ne suffit pas. Il faut transformer le séjour en expérience, le visiteur en hôte, la réservation en consommation locale et, idéalement, un premier voyage en désir de revenir.

2024 – Un nouveau départ

En 2024, la Martinique accueillait 988 301 visiteurs. La fréquentation globale reculait légèrement de 1,4 % par rapport à 2023, mais cette évolution masquait un phénomène beaucoup plus intéressant : le nombre de touristes de séjour progressait de 2,8 % pour atteindre 571 511 personnes, son niveau le plus élevé depuis plusieurs décennies.<p>  Lire Plus

La Droite martiniquaise : une parenthèse dans le siècle.

— Les ContreChroniques d’Yves-Léopold Monthieux —

Contrairement à une inexactitude répandue par une information exclusive, la Droite martiniquaise n’a dirigé la collectivité (conseil général) que pendant 22 ans, de 1960 à 1982. Les résultats ont été inversement professionnels à cette courte durée : ils peuvent être appréciés par rapport au bilan catastrophique des 45 années suivantes.

LE CONCOURS DE PLUSIEURS CIRCONSTANCES

La droite locale constituée est née d’un concours de circonstances historiques, presque d’un accident : la chute de la Quatrième République. L’an 1958, date du retour au pouvoir du général de Gaulle et de l’avènement de la 5ème République, furent aussi celle de la création du Parti progressiste martiniquais (PPM) le 22 mars 1958, de la Fédération martiniquaise de l’Union pour la nouvelle République (UNR) fondé le 1er octobre 1958 et de l’apparition des idées de rupture institutionnelle. Cette droite, qui n’est pas née d’un élan purement local comme le PPM, s’est constituée pour servir de relais au parti national et s’opposer à l’émergence des idées autonomistes et indépendantistes en se cristallisant autour du général de Gaulle. A l’initiative de la création des DOM, de Gaulle réapparaît au moment où des vents contraires commencent à s’exprimer en outre-mer.<p>  Lire Plus

France des régions : Le paradoxe martiniquais ou l’île qui gaspillait ses deniers publics

– Par Rodolf Etienne

Certaines régions attirent les habitants, produisent, innovent, exportent et maintiennent un chômage relativement faible. D’autres accumulent vieillissement, pauvreté, dépendance, perte de population et faiblesse de l’investissement. 

La Martinique n’est pas, chiffres en main, le « dernier de la classe » républicaine. Mais son cas est peut-être plus dérangeant encore. Possédant davantage d’atouts que plusieurs autres régions ou territoires, elle se voit tout de même largement dépassé.

La France, dans son large ensemble, n’avance pas à la même vitesse.

Il faut tout d’abord faire taire une idée simple. Non, la région française économiquement la plus mal en point n’est pas systématiquement la Martinique. La Guyane affiche un chômage de 19,3 % au premier trimestre 2026. La Réunion est à 19 %, la Guadeloupe à 15,2 %, contre 13,5 % en Martinique. Sur la pauvreté, les dernières données régionales comparables placent également la Guyane, La Réunion et la Guadeloupe derrière la Martinique. Mais cette lecture brute aurait le désavantage de masquer quelque chose de bien plus grave. La Martinique n’est peut-être pas le territoire français le plus pauvre. Mais, elle pourrait être l’un de ceux qui gaspillent le plus spectaculairement son potentiel.<p>  Lire Plus