Pas si joyeux Noël !
I
Le Père Noël, j’y crois pas :
un VRP Coca-Cola !
Depuis que je l’ai découvert,
tout ça me met fort en colère…
Sur commande vient pas la joie.
Du coup, Noël me fout les boules
comme à ces sapins qu’on abat…
Commerciale et publicitaire
et par trop inégalitaire,
la fête n’est pas vraiment cool…
Aux gosses riches, beaux cadeaux
mais aux enfants de la misère,
les privations de la vie chère…
Comment de ça se satisfaire,
conscient de ce qu’il y a derrière !?
II
Ce Noël, la chose m’atterre
en ce monde inégalitaire :
pendant que, partout sur la Terre
aux pays où coule le fric,
on boit du champagne à gogo,
Mayotte, ruinée par Chido,
et d’autres pays d’Afrique,
où sévissent grande misère
et réchauffement climatique,
souffrent d’un constant manque d’eau…
Père Noël n’y peut rien faire,
lui qui est plutôt gras et gros…
Poussant de joyeux “Ho, ho, ho !”,
bien qu’ayant du pouvoir les “rennes”,
las, pour distribuer ses cadeaux
en ces lieux, il reste à la traîne…
Tout ça nous fait beaucoup de peine !

— Par Max Manigat —
— Par Michel Lercoulois —
— Par Lenous Guillaume-Suprice —
Depuis 2012, le poète antillais Monchoachi élabore, avec le cycle Lemistè, une œuvre poétique polyphonique qui fait résonner dans la langue française, qu’il s’approprie, malaxe, détourne et subvertit, les singularités de la langue créole et d’une identité caraïbéenne complexe aux racines à la fois américaines, africaines et européennes… « Streitti » constitue le 4ème recueil du cycle Lemistè, initié en 2012 avec « Liber América » et poursuivi en 2015 avec « Partition noire et bleue » (recueil par lequel j’ai découvert Monchoachi et que j’ai présenté sur CL) et en 2021 avec « Fugue vs fug ». D’une très grande richesse sémantique, car puisant à toutes les langues de l’espace caraïbéen, la poésie de Monchoachi est exigeante et ardue, et chacun des recueils, tous remarquables par la complexité et la minutie de leur composition, où tout est soigneusement pensé et pesé sans pour autant freiner la spontanéité de parole, exige plusieurs relectures. Néanmoins, par rapport aux précédents recueils, « Streitti » semble étonnamment accessible pour un lecteur européen. La langue est fluide et coule presque de source, comme une eau au flot bien moins tumultueux que les remous de « Partition » et de « Fugue », qui pouvaient effrayer un lecteur non averti.
— Par Robert Berrouët-Oriol, l
La complainte du sapin de Noël
Nota bene : Le poète n’analyse pas, n’explique rien. Ses poèmes sont des contes que chacun peut déchiffrer à sa guise. À l’instar du photographe ou du peintre, le poète prend des instantanés et s’efforce de décrire ce qu’il a observé avec son propre vocabulaire. Bien que le poète raconte ce qu’il voit, qu’il ne juge pas, son regard est sélectif et il ne cache pas ses états d’âme. S’il est « voyant », comme dit Rimbaud, il ne faut pas l’entendre au sens où il verrait plus clair que les autres, mais simplement qu’il faut le laisser libre de voir, parfois, autrement. Michel Herland.
Chido rivé
Samuel Beckett et Gérard Astor
The Center for Fiction est la seule organisation littéraire à but non lucratif aux États-Unis entièrement dédiée à célébrer la fiction. Situé à Downtown Brooklyn, à New York, ce centre est un véritable point de rencontre pour les passionnés de littérature, qu’ils soient lecteurs ou écrivains. Depuis son ouverture en 2019, The Center for Fiction a créé un espace unique pour la communauté littéraire de New York, tout en s’étendant à un public mondial grâce à son site web.
— Par Robert Berrouët-Oriol, l
La vie, c’est mortel !
On cherche l’éclaircie
Et puis si c’était vrai? Si ces tableaux anciens
Écœuré par la lâcheté et l’imposture qui règnent en France de nos jours, j’aimerais faire un retour aux années 60. Depuis le départ du Général De Gaulle, la France s’enfonce de plus en plus jusqu’à toucher le fond avec Emmanuel Macron. Les massacres quotidiens perpétrés à Gaza ne dérangent ni les hommes politiques, ni les journalistes français qui répètent tous en chœur les mêmes litanies mensongères, et gare à celui qui sortirait des rangs. Seules quelques rares exceptions sauvent l’honneur, tels Rony Brauman ou Dominique de Villepin.
Ami
Dans le récit Vini Vann, la boutique de Manzèl Yvonne, Arlette Pujar nous offre une immersion émouvante dans la Martinique des années 60, une époque où les changements sociaux étaient encore balbutiants, et où la modernité peinait à pénétrer l’île. À travers les yeux d’Anita, une jeune Martiniquaise qui vit à Marseille avec sa famille, le roman retrace une époque où l’identité, les valeurs de solidarité et le lien social étaient vécus au quotidien, notamment à travers les petites boutiques de quartier, telles que celle de sa grand-mère, Manzèl Yvonne.
Man tonbé blo !