Catégorie : Expositions

Grottesco : maniériste et raffiné, l’univers insolite d’Eva Jospin

— Par Dominique Daeschler —

Tout semble en contradiction : aux œuvres monumentales répond un travail de dentelière, à la minutie des détails et à la précision d’orfèvre semblent s’opposer les matières brutes utilisées (carton, laiton, bois, métal, verre, liège…) s’acoquinant parfois à la soie, aux coquillages pour mieux nous interroger. Notre repère restera les références convoquées plongeant dans un patrimoine symbolique. Cénotaphe, évoquant la mémoire des défunts est une immense tour de strates de carton sculpté entrelacé de papier coloré rappelant les capricci du 18ième siècle. Plus loin, Duomo, œuvre dans laquelle on peut pénétrer fait référence au Panthéon de Rome, apparait comme une grotte accumulant textures et matières pour mieux donner la vision d’une nature artificielle maniériste en vogue en Italie au 16ième siècle. L’imaginaire se niche dans ces « chefs d’œuvre », nom qu’utilise volontairement Eva Jospin en se référant à l’aboutissement du travail des compagnons dans une réalisation qui allie prouesse technique et invention. Des ponts, des arches, des escaliers s’ancrent au creux des parois. L’installation de ces œuvres monumentales dans une salle très close du Grand Palais est difficile.

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Ô femmes ! Une pièce de théâtre et une exposition

Une pièce de théâtre : « Les secrets d’un gainage efficace »

Les 6 et 7 mars à la Guinguette, Saint-Pierre

Le 8 mars au TOM, Fort-de-France

Elles sont cinq femmes qui se saisissent de l’anatomie féminine, objet des canons de beauté mais aussi de la honte de soi, de méconnaissance et de tabous, pour écrire un livre sur le corps des femmes comme leurs aînées dans les années 70.

Elles débattent et se débattent avec les hontes et traumatismes liés à ce corps et disent tout haut ce que beaucoup vivent tout bas : corps malmené par lui-même et par le corps social, médiatique et politique. Elles explorent leur intimité et les clichés qui leur collent à la peau à grands coups d’autodérision et d’humour.

Elles explorent leur intimité autant que l’Histoire ou la presse et réinventent les raisons de la colère. Des injonctions esthétiques à la transmission mère-fille.

Une exposition :

En écho, l’exposition ô femmes ! s’installe à la Guinguette de Saint-Pierre du 07 au 11 mars. Vernissage le 07 mars de 15h à 18h00.

Le titre fait référence à la célèbre citation de Olympe de Gouges dans sa déclaration des droits de la femme et de la citoyenne de 1791.

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Hybridation, appropriation, interférences

Éric Vincent à la Bibliothèque Schoelcher du 4 au 26 mars 2026.

— Par Marie Gauthier (*) —

« Le propre du visible est d’avoir une doublure d’invisible au sens strict qu’il rend présent comme une certaine absence. »
Maurice Merleau-Ponty, L’oeil et l’Esprit, Gallimard, 1964.

Si le masque africain est un trait d’union entre le monde visible des vivants et le monde invisible des ancêtres, les Modulavatars d’Éric Vincent contiennent, quant à eux, une réminiscence africaine, sur le mode avatar, avec toutes les variantes enrichies des possibles et de l’imprévisible coexistant dans notre aire culturelle caribéenne. Ces oeuvres, au sein de la communauté, ne sont-elles pas le signe tangible adressé aux ancêtres pour honorer leur mémoire ?

Les Modulavatars présentent des bas-reliefs réalisés à partir d’emballages postaux standardisés, prêts à l’emploi. Symbole des voyages et échanges transatlantiques, cette fois-ci chargés des douceurs du pays pour les expatriés. Ces supports de carton recyclés, partiellement pliés, structurent la représentation de visages où cohabitent, de manière non symétrique, des parties colorées peintes et des collages. Il ne s’agit pas du portrait tel qu’on le définit d’habitude.

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« L’Irréversible », une exposition au Créole Art Café

— Par Selim Lander —

À l’occasion de la parution du numéro 31 de la revue annuelle Recherches en Esthétique sur le thème de « L’irréversible », une exposition rassemble certains des artistes mis en honneur dans ce numéro plus quelques autres. Quatorze artistes en tout, la plupart déjà connus du public martiniquais, et une trentaine d’œuvres. Deux nouvelles venues : Manon Cassagrande qui utilise la photographie dans ses tableaux, et Hamideh Hosseini, venue d’Iran, dont la peinture exprime toute la dureté de la situation des Iraniens et particulièrement des Iraniennes dans leur pays, soit ici un buste de femme blessée, mutilée, l’œuvre la plus forte de cette exposition (« Une tulipe de sang », première photo).

Les visiteurs martiniquais auront plaisir de retrouver des artistes qui leur sont familiers : par ordre alphabétique Victor Anicet (trois céramiques dont un vase spectaculaire évoquant le cratère d’un volcan en feu), Michèle Arretche, Christian Bertin (une impressionnante sculpture anthropomorphe en matériaux composites de couleur noire), Julie Bessard (un tondo rotatif), Chantal Charron, Bruno Creuzet, père de Julien Creuzet qu’on ne présente plus (une installation énigmatique, évolutive de surcroît), Habdaphaï (trois peintures), Hugues Henry (deux photographies), Valérie John (deux petits livres comme calcinés à l’indigo, éléments d’une installation à venir), Robert Manscour (trois de ses sculptures en verre dont un grand « Stani » en pied), Luz Severino et Henri Tauliaut (deux masques).

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Exposition : « Authenticité » Corinne Solitude

— Par Philippe Charvein —

L’Exposition : « Authenticité » Corinne Solitudeexposition de Corinne Solitude est construite autour de la question de l’ « Authenticité » et de ses manifestations.

Quelles sont les marques et les expressions de celle-ci ? Telle est la question à laquelle Corinne SOLITUDE tente de répondre par le biais de vingt-cinq toiles articulées autour de motifs divers : visages de femmes ; d’enfants ; représentations de femmes de générations différentes ; scènes de la vie quotidienne ; représentations de deux fauves.

N’oublions pas les corps ; les corps qui disent encore, avec justesse, naturel et sincérité, par leurs attitudes, ce qui se noue à l’intérieur des êtres. Images d’un corps qui se rassemble, pour se prémunir contre l’extérieur ou se recentrer ; corps qui se détache de la pénombre pour affirmer son « être-là » ; corps résilients ; corps déliés et stylisés exprimant toute la grâce de la féminité ; corps dansants

Motifs qui déclinent donc ce thème de l’authenticité cher à l’artiste peintre, renvoyant précisément à la complexité de l’être ; à la complexité de chaque visage ; de chaque portrait illustrant chacun une existence complexe, riche de sens.

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« Peindre à la Martinique », une exposition à la Fondation Clément

— Par Selim Lander —

Peindre à la Martinique, l’exposition qui vient de se substituer à celle consacrée à Christian Bertin – laquelle a dû laisser plus d’un visiteur dubitatif – est une nouvelle exposition patrimoniale, à l’instar de Aux origines de la Caraïbe, Taïnos et Kalinagos qui se poursuit jusqu’au 15 mars, et à nouveau en étroite collaboration avec le Musée du Quai Branly, héritier des fonds du Musée colonial. Elle devrait rallier tous les suffrages, ceux des nombreux visiteurs venus d’ailleurs et plus encore sans doute ceux des habitants actuels de la Martinique. On y découvre « la Perle des Antilles » à travers les yeux des peintres et des premiers photographes d’antan, ce qui permet de mesurer les transformations radicales qui se sont produites au fil du temps (et pas toujours pour le meilleur !). Ainsi, les planches d’un album de photos d’Eugène Cicéry, coloriées puis lithographiées, prises un peu avant 1860, représentent-elles certaines constructions de Fort-de-France qui existent toujours (la Fontaine Gueydon, l’ancien Palais de justice, …) mais situées dans un environnement qui n’est plus reconnaissable.

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The Black Joconda de Patricia Lollia au Grand Palais

« ART CAPITAL » c’est l’effervescence artistique à l’état pur avec plus de 3000 artistes et 4 salons emblématiques : le Salon des Indépendants, le Salon des Artistes Français, le Salon Comparaisons et le Salon Dessin et Peinture à l’eau.

J’exposerai avec l’Association « ART FREEDOM » au sein du Salon des Indépendants qui célèbre une liberté totale d’expression et la diversité des démarches.

Depuis 1884, le Salon des Indépendants joue un rôle primordial dans l’histoire de l’art mondial.

« Ni jury, Ni récompense ! ». Telle est la devise des membres fondateurs de cet espace. Tout le monde peut y exposer. C’est donc une chance inouïe pour les artistes, connus ou non, de pouvoir exposer, dans le cadre d’une manifestation artistique de portée internationale, dans un lieu aussi prestigieux que le Grand Palis.

Lorsque j’ai réalisé « THE BLACK JOCONDA » en Novembre 2023, je n’aurais jamais imaginé qu’elle ferait son entrée au Grand Palais.

Alors, oui, « THE BLACK JOCONDA » trônera au sein du Grand Palais avec des œuvres d’artistes venus des cinq continents.

Lorsque Léonard de Vinci a peint la Joconde, il a créé plus qu’un portrait : il a inscrit, dans un regard, un mystère qui continue de fasciner, de questionner et d’inspirer.

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Exposition – VaKBand : 20 ans d’aventure carnavalesque

Rond-Point des Arts Centre commercial Le Rond-Point

🎭 VaKBand, 20 ans de rue, de rythme et de transmission

Depuis 2006, VaKBand incarne un carnaval vivant, populaire et profondément ancré dans la rue.

En 2006, loin de la Martinique, au cœur de Bordeaux, quelques jeunes Antillais font le même constat : malgré la distance, le carnaval continue de battre en eux.
De ce besoin vital de culture, de lien et d’expression naît VaKBand, un groupe à pied qui choisit la rue comme scène et la musique comme langage universel.

Dès ses premières apparitions, le collectif se distingue par une identité singulière :

  • mêler les rythmes venus d’ailleurs aux sonorités du folklore caribéen,

  • faire dialoguer les influences,

  • préserver l’essence d’un carnaval populaire, vivant et accessible à tous.

VaKBand ne défile pas seulement : il fédère, rassemble et transmet.

🌍 De la diaspora à la terre natale, une continuité culturelle

Lorsque les fondateurs rentrent au pays, l’histoire ne s’interrompt pas.
Elle se transforme.

Porté par l’amitié et la volonté de rester unis, le collectif se réinvente en Martinique et s’inscrit durablement dans le paysage carnavalesque local.

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Peindre à la Martinique. Une histoire de l’art décentrée (1765-1943)

Fondation Clément du 6 février au 26 avril 2026

— Par Sarha Fauré (*) —

L’exposition Peindre à la Martinique. Une histoire de l’art décentrée (1765-1943), présentée à la Fondation Clément du 6 février au 26 avril 2025, interroge les pratiques picturales en Martinique dans le contexte colonial. Réunissant pour la première fois plus de 150 œuvres – peintures, dessins, sculptures et photographies –, rarement ou jamais montrées aux Antilles, issues principalement des collections du musée du quai Branly – Jacques Chirac et de collections privées, elle propose une relecture ambitieuse de l’histoire de l’art martiniquais. Le parcours retrace les grandes temporalités de cette histoire, depuis la construction des imaginaires coloniaux dominants jusqu’aux formes de rébellion esthétique portées par la négritude, le surréalisme et la création de l’école des arts appliqués.

L’exposition met en évidence les fractures, les silences et les préjugés qui ont longtemps structuré le champ artistique, tout en soulignant les résistances et les combats menés depuis la Martinique et Paris pour l’accès à la formation artistique et la reconnaissance d’un art martiniquais représentant les paysages, les scènes et les habitants du péyi.

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Jérôme Sainte-Luce : Visages de la mémoire caribéenne

Jusqu’au samedi 14 février, à Tropiques-Atrium.

Visages de la mémoire caribéenne
— Par Sarha Fauré —

Avec Figi — « visages » en créole — Jérôme Sainte-Luce présente à Tropiques-Atrium une exposition dense et habitée, où peinture, dessin et graphisme deviennent les vecteurs d’une réflexion sensible sur la mémoire, l’identité et les traces laissées par les civilisations disparues. Le peintre et plasticien guadeloupéen y déploie un univers singulier, nourri à la fois par une recherche approfondie sur les cultures amérindiennes de la Caraïbe et par une exploration introspective de son propre parcours.

Né en 1981 à Perpignan, Jérôme Sainte-Luce se forme très tôt aux arts visuels. Il débute son parcours par des études d’arts appliqués à Rivières-des-Pères, avant de s’orienter vers les arts plastiques à partir de 1999. Son cheminement artistique se construit également au gré d’expériences menées hors de la Caraïbe, notamment en Espagne et en Ardèche, qui enrichissent son regard et affinent sa pratique. En 2002, il obtient un Diplôme Supérieur d’Arts Appliqués, spécialité design, à l’École Estienne à Paris. Depuis 2009, il transmet à son tour cette exigence et cette sensibilité en tant que formateur en arts appliqués, intervenant dans plusieurs centres de formation en Guadeloupe.

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La beauté, un art de l’instant

Du 24 janvier au 7 mars au Cabinet Médical Etang Z’Abricot FdF

Le temps n’a qu’une réalité, celle de l’instant.
Autrement dit, le temps est une réalité resserrée sur l’instant
et suspendue entre deux néants.

Gaston Bachelard, L’intuition de l’instant, 1932

— Par Marie Gauthier —

Sur le thème de la danse, l’artiste plasticienne Valérie H. Biegel présente des œuvres plus graphiques que picturales, des dessins délicats où se mêlent sur le même support encre, peinture, collages sur papier, le tout souvent marouflé sur toile. Son intention est de partager avec nous lumière et joie de vivre.

Les surfaces organisent des graffiti qui immédiatement font penser à des écritures. Notre regard s’attarde et reconnaît alors des silhouettes graciles, des corps humains en mouvement réduits à des signes, accompagnés parfois de points, de virgules, d’apostrophes, en un mot d’arabesques colorées, heureux repentirs sur des fonds clairs qui donnent un effet de lumière, de légèreté, au-dessus ou à l’intérieur du vide. Parfois des bribes de poèmes, des bleus doux, des rouges toniques, accompagnent ces mouvements dansants rythmés de noirs intenses.

Outre l’influence évidente des idéogrammes de la calligraphie orientale, l’artiste nous révèle aussi son goût pour le papier artisanal : papier aquarelle, papier de soie, papier coton, papier de riz, papier Jaipur ou Wenzhou.

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« Poispersion & Trasrillance » du 21 au 28 janvier

Centre Culturel de Rivière-Salée

La Ville de Rivière-Salée a le plaisir d’accueillir la deuxième exposition de la jeune artiste martiniquaise Rachel Perro, intitulée Poispersion & Trasrillance.

Artiste autiste dotée d’une grande sensibilité artistique depuis son plus jeune âge, Rachel Perro développe une œuvre singulière, vibrante et profondément intuitive. À travers une série de peintures texturées, souvent construites sur des fonds sombres, la lumière surgit, non comme une opposition, mais comme une complémentarité naturelle, une continuité entre deux forces indissociables.

Inspirée par son imaginaire intérieur, mais aussi par les détails du quotidien — un motif aperçu sur une rambarde, une boîte à gâteaux, une forme fugace — Rachel peint sans toujours savoir où son geste la mènera. La création est pour elle un cheminement libre, entre excitation, appréhension et découverte du résultat final.

Après s’être essayée à la chanson il y a quelques années, cette passionnée de dessins animés et de mangas s’est tournée vers la peinture, soutenue par sa mère, Nicole. Elle a déjà réalisé plus d’une centaine de toiles, dont certaines seront présentées et proposées à la vente lors de cette exposition.

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 » The Black History Month’ : Patricia Lollia à Atlanta

Dans le cadre de « THE BLACK HISTORY MONTH ¬, Patricia LOLLIA a été sélectionnée pour participer à l’exposition « ECHOES OF THE DIASPORA ¬.qui se tiendra du 29 Janvier au 26 Février 2026. au « CALLANWOLDE FINE ARTS CENTER ¬.à Atlanta en Géorgie.
« LE MOIS DE L’HISTOIRE DES NOIRS ¬ est un moment important pour célébrer l’histoire, et les contributions des Noirs à la culture universelle. C’est une célébration annuelle qui a lieu en février aux USA et au Canada et en Octobre au Royaume-Uni.
C’est l’occasion de mettre en avant les leaders noirs qui ont oeuvré contre l’esclavage, la ségrégation raciale, les discriminations.. Mais également de reconnavtre leur apport dans des domaines comme : la science, la technologie, la musique, les arts plastiques..
En 1926, C’est Woodson, fils d’esclaves de Virginie, titulaire d’un Doctorat en histoire de Harvard qui a eu l’idée de cette célébration. Il s’inquiétait du fait que les enfants noirs ne recevaient pas d’enseignement sur les réalisations de leurs ancëtres dans les écoles américaines. Il s’agissait pour lui d’aider la jeunesse afro-américaine à construire l’estime de soi et d’affirmer la confiance en soi.

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Didier Meynard : Sous la peau du paysage

15 janvier – 07 mars 2026 | L’Artocarpe – art contemporain

— Par Sarha Fauré —
À l’occasion de cette exposition présentée à L’Artocarpe, Didier Meynard déploie une proposition artistique inédite, profondément liée à la Guadeloupe, territoire de l’enfance et de la mémoire. Ce retour sur une terre longtemps tenue à distance devient le moteur d’un travail pictural intense, traversé par l’émotion, la sensation et l’attention portée au vivant. L’exposition réunit un ensemble d’œuvres réalisées dans un contexte de réactivation mémorielle, où peindre revient à renouer avec une géographie intime autant qu’avec un héritage culturel et sensible.

La peinture de Didier Meynard se situe à la croisée du paysage et de la figure, du corps et de son environnement. Une large part des œuvres présentées est consacrée au végétal, envisagé non comme un simple motif décoratif mais comme une matière active, un milieu vivant chargé de mémoire et de résistances. Feuillages denses, herbes entremêlées, troncs, sols et clairières composent des espaces picturaux traversés par une temporalité lente, organique, presque méditative. Le végétal y devient un véritable espace de pensée, un lieu où s’inscrit le temps long du vivant et où se superposent sensations, souvenirs et perceptions.

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Le PABE fait hurler les failles

— Par Selim Lander —

Le Plastik Art Band Expérimental n’en est pas à sa première exposition à Tropiques-Atrium Scène Nationale, à Fort-de-France. On se souvient, parmi d’autres, de « Féminins du sac » en 2014. Le PABE, actif depuis 2009 sous la houlette de Michèle Arretche, n’est pourtant pas une « École de peinture » au sens de l’histoire de l’art ; il ne réunit pas des artistes reconnaissables par leur esthétique commune. Si le PABE est quand même une école, c’est avec un « é » minuscule, puisque des sessions de formations sont organisées périodiquement à l’intention de ses membres sous la direction de tel ou tel plasticien. En dehors de cette volonté de se perfectionner, les artistes toutes féminines du PABE ont en commun leur passion pour l’art, le besoin de s’exprimer en art, chacune bien sûr avec ses moyens, son imaginaire propres mais une sensibilité toujours féminine, si tant est que cela ait un sens.

L’artiste est le plus souvent solitaire. Seul devant sa toile ou les matériaux qu’il compte utiliser, il doit puiser en lui-même les forces qui lui permettront d’avancer.

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Didier Meynard : exposition

Visible jusqu’au samedi 07 mars 2026
L’Artocarpe – Contemporary Art
55 rue Victor Hugo, 97160 Le Moule, Guadeloupe

L’Artocarpe a l’honneur de présenter une exposition inédite de Didier Meynard, artiste peintre majeur de la scène contemporaine, à l’occasion de son retour en Guadeloupe, terre de ses racines familiales. Cette exposition s’inscrit comme un temps fort, à la fois intime et universel, où la peinture devient espace de mémoire, de transformation et de dialogue avec le vivant.

Né en 1960 à Bar-le-Duc (Meuse) de parents guadeloupéens originaires de Petit-Bourg, Didier Meynard débute très tôt la peinture. Dès les années 1990, son travail est exposé en France et à l’international. Membre de la Maison des Artistes depuis 1994 et de la Fondation Taylor, son parcours est marqué par de nombreux voyages, notamment en Inde et aux États-Unis, ainsi que par des rencontres décisives avec des traditions picturales anciennes et des pratiques visuelles contemporaines.

La peinture de Didier Meynard se déploie comme un territoire d’exploration sensible, où les figures émergent, se transforment et échappent à toute narration figée. Les corps, traversés de traces, de sillages et d’effacements, semblent pris dans un état de métamorphose permanente.

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Exposition : « Hurler les failles »

Du 13 janvier au 14 février Tropiques Atrium Galerie La Véranda

Cette nouvelle exposition collective réunit 18 artistes du PABE et leurs invité.e.s autour d’un mot aussi secret que profond : La faille.
Brisure géologique, fêlure intime, fracture sociale, rupture de la mémoire, naissance, mort …
« Sans aucun doute, nous traversons une période durant laquelle susurrer nos douleurs importe peu. Il nous faut les hurler, et ceci avec une rage foudroyante, pour enfin sortir de profondes somnolences toutes les failles vives du monde. »*
Inspirés des mots du poète Haïtien, Jean Erian Samson, les artistes explorent la tension fertile entre ce qui se brise et ce qui se révèle, à travers des médiums aussi divers que la peinture, la céramique, la sculpture, l’installation, l’art textile, la calligraphie.
À la croisée du Kintsugi et de la pensée stoïcienne, la faille devient ici dynamique de création, lieu de transformation parfois même de sublimation.
Cette exposition propose de regarder en face ce qui se fend, ce qui cède, ce qui échappe.
De comprendre comment, dans la blessure, une lumière peut surgir.
De laisser apparaître les failles en nous, dans le monde, dans la matière, non comme des défauts à gommer, mais comme des lignes de vérité, des fragments d’humanité, des territoires à habiter.

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Hurler les failles : Conférence autour de DO-KRE-I-S et d’une exposition

Mardi 13 janvier 2026, 18h30, Tropiques-Atrium

Dans le cadre de l’exposition collective du PABE, « Hurler les failles » (13 janvier-14 février 2026)

« Sans aucun doute, nous traversons une période durant laquelle susurrer nos douleurs importe peu. Il nous faut les hurler et ceci avec une rage foudroyante, pour enfin sortir de profondes somnolences toutes les failles vives du monde. »*. Ce constat initial a été établi en 2024 dans le cadre d’un échange éditorial entre Yara Ligiéro, artiste plasticienne brésilienne, et Jean Erian Samson, poète haïtien. Une correspondance qui a pour titre « Hurler les failles » et qui offre une série de réflexions sur le rôle de l’art et de la littérature dans les mouvements culturels politiques et artistiques contemporains dont la revue DO-KRE-I-S demeure un foyer dynamique.

La pertinence des revues culturelles dans les luttes d’émancipation mérite donc d’être éclairée. Il apparaît ainsi que de nombreuses études consacrées à ces objets démontrent que la revue comme support éditorial collectif transcende sa fonction de simple vitrine – surtout quand celle-ci émerge des « périphéries ». Elle dépasse donc son rôle de catalogue de « nouvelles voix à promouvoir » pour former des communautés engagées.

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Taïnos et Kalinagos : une exposition et un livre

— par Selim Lander —

La Fondation Clément à la Martinique organise à côté des expositions mettant en valeur les artistes caribéens contemporains des événements prestigieux en relation avec d’autres institutions. Après Télémaque et Le Geste et la Matière avec le Musée Pompidou (2016 et 2017), Afrique (2108 avec la Fondation Dapper), Révélation ! (2025 avec la République du Bénin) c’est cette fois d’un retour aux sources les plus lointaines de la création dans l’archipel caribéen qu’il est question, en collaboration avec le Musée du Quai Branly. Plus de 300 pièces sont rassemblées en provenance des collections européennes mais aussi bien américaines, dominicaines, portoricaines, guadeloupéennes et bien sûr martiniquaises, sous le commissariat d’un ancien directeur du Musée de l’Homme, André Delpuech qui signe plusieurs articles du catalogue.

Les catalogues sont souvent comme ces beaux livres qu’on range dans un coin pour ne plus les consulter. Celui de cette exposition devrait connaître un sort différent et devenir un ouvrage de référence concernant une ou plutôt des civilisations à propos desquelles on manquait jusqu’ici cruellement d’informations aisément accessibles, sachant que ni le livre ni l’exposition ne pourront lever tous les secrets de sociétés sans écriture et dont les seuls témoignages dont nous disposions par les récits des premiers colonisateurs (soldats ou plus souvent membres du clergé) ne portent que sur la période la plus récente de leur histoire, comme celui du Père Breton (1665), lequel a laissé de précieuses informations et même un dictionnaire callinago-français.

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Exposition : Mini Formats des Avents

Jusau’au 10 janvier | Cabinet médical des  Drs Jean-Laurent

— Par Philippe Charvein —

Rassemblées dans la pièce principale du Cabinet médical des Dr Charles JEAN-LAURENT et Dr Medhi JEAN-LAURENT, les œuvres qui constituent l’exposition : « Mini Formats des Avents » déclinent – à l’envi – leurs formes, leurs couleurs et leurs messages.

D’un point de vue symbolique, elles apportent douceur et bien-être aux femmes accueillies dans ce cabinet et qui souvent… « attendent » un heureux évènement…redoublant ainsi le travail des praticiens dont la tâche consiste précisément à veiller au bien-être physique et mental de leurs patientes au seuil d’un tournant existentiel et humain.

Notons la présence de petits textes poétiques qui viennent redoubler le « discours » pictural, démultipliant dans le même temps les possibilités de l’Art invitant l’humain à redécouvrir les siennes.

Dix artistes, en effet (Victor ANICET, Julie BESSARD, Nadia BURNER, Carole BUTTIN, Marie GAUTHIER, Karine JOSEPH-ROSE, HAMID, ISKIAS, Pierre MONTAGARD, Martine PORRY), nous proposent des réalisations diverses, relevant aussi bien du dessin, du collage, de la peinture que de la céramique.

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Aux origines de la Caraïbe : Taïnos & Kalinagos

Du 14 décembre 2025 au 15 mars 2026 à !a Fondation Clément. Le programme!

L’exposition Aux origines de la Caraïbe : Taïnos & Kalinagos est la première à proposer une vision aussi complète des premiers peuplements de la région et des deux grandes sociétés amérindiennes présentes lors de l’arrivée des Européens à la fin du XVe siècle. Elle retrace plus de 6 000 ans d’histoire, éclairant les cultures, les savoir-faire et les croyances qui ont façonné les civilisations antillaises.

Elle offre une lecture renouvelée du passé des Taïnos et des Kalinagos, de leur rencontre brutale avec les conquistadors, mais aussi de leur héritage jusqu’à aujourd’hui. Bien qu’ils soient souvent simplifiés par les récits scolaires ou touristiques, ces peuples possédaient des cultures complexes, profondément enracinées dans une histoire longue faite de migrations, d’échanges et d’innovations. Les Taïnos occupaient alors les Grandes Antilles, les Bahamas et le nord des Petites Antilles, tandis que les Kalinagos vivaient dans le sud de ces dernières.

Une histoire millénaire

Les premiers habitants de la Caraïbe arrivent entre le IVe et le Ve millénaire av. n. è., probablement depuis l’Amérique centrale ou en longeant l’arc des Petites Antilles, alors relié au Venezuela par un niveau marin plus bas.

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Arts in Transit : From Pointe-à-Pitre to… Dakar – 3 au 7 décembre 2025

L’événement artistique « Arts in Transit : From Pointe-à-Pitre to… Dakar » s’apprête à prendre son envol vers de nouveaux horizons. Du 3 au 7 décembre 2025, la ville de Dakar, vibrante capitale sénégalaise, accueillera cette exposition itinérante qui célèbre l’art, la culture et l’héritage guadeloupéen à l’échelle mondiale.

Le projet, initié par Jérôme de Massias de Bonne, neurologue et créateur engagé, incarne une vision ambitieuse de réinventer et de diffuser le récit guadeloupéen à travers l’art contemporain. En tant qu’extension de sa marque DMDB, une plateforme culturelle alliant mode, identité et engagement social, « Arts in Transit » s’impose comme un espace de rencontre entre créateurs, territoires et mémoires partagées.

Un Voyage Artistique Inédit

Ce voyage artistique débute en Guadeloupe, une île riche de diversité culturelle et historique, pour ensuite s’étendre à Genève, Londres et désormais Dakar. La sélection de Dakar, capitale africaine à la croisée des cultures, marque un tournant dans ce périple créatif, ancrant le projet dans un dialogue puissant entre la Caraïbe et l’Afrique.

Cette étape s’inscrit dans le cadre de « Partcours », l’un des plus grands événements d’art contemporain d’Afrique de l’Ouest.

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Siyonnaj : 1ère exposition de l’artiste Syal.

Du 6 au 26 novembre à l’Insolite, rue Garnier Pages, FdF

Vous avez déjà pu voir ses oeuvres sur les murs de la ville à travers des projets collectifs. Cette fois-ci, Syal, s’expose pour la première fois en solo, avec un commissariat de Medhi Michalon et Kelly Barast et nous ouvre les portes de sa forêt enchantée, au coeur du vivant. Feuilles séchées, fragments de bois, encres végétales et pigments deviennent matière pour recomposer le vivant. Siyonnaj est un carnet de passages, à la manière d’un herbier contemporain où chaque oeuvre est une halte et chaque feuille tombée, une empreinte laissée, l’exposition est à découvrir jusqu’au 26 novembre, au bar l’Insolite à Fort-de-France.

A propos de l’artiste Syal

Dessinatrice et peintre autodidacte, Alice Arnaud s’intéresse aux relations entre les êtres vivants. Elle passe sa jeunesse en banlieue parisienne, où elle suit des études scientifiques, tout en ayant la passion du dessin. Un coup de coeur pour la forêt tropicale l’amène dans les Antilles, en Guadeloupe, puis en Martinique, où elle devient botaniste de terrain. Fascinée par la beauté du végétal, elle ramasse des feuilles mortes et autres trouvailles en forêt, qu’elle commence à mettre en valeur dans des tableaux.

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« Femmes noires ». Exposition de Karine Joseph-Rose

— — Par Philippe Charvein — —

L’exposition de Karine JOSEPH-ROSE est construite autour d’un impératif : célébrer les femmes noires dans leur diversité par le biais de leurs visages. Visages multiples, saisis dans leurs déclinaisons les plus diverses ; vecteurs des expressions les plus diverses, elles aussi ; que ce soit la sérénité, la détermination, le défi ou le bonheur.

Autant d’expressions traduisant une volonté, chez l’artiste, de promouvoir une identité féminine se déployant, s’exposant au regard de tous ; une identité féminine affirmant et affichant sa présence envers et contre tout.

Derrière ces nombreux visages, sublimés pour la plupart, se trouve cette volonté, chez Karine JOSEPH-ROSE, d’inscrire cette identité féminine dans un absolu aux allures d’éternité ; dans une sorte de renaissance perpétuelle, préservée des affres de l’oubli et du néant ; de là l’emploi du procédé de la « technique mixte » (impliquant également celui de la « tempéra ») par le biais duquel des couches de peinture se superposent à d’autres, sans risque d’effacement pour telles ou telles.

La préoccupation majeure de Karine JOSEPH-ROSE est de mettre en lumière un visage féminin inscrit dans un processus de renaissance permanent.

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Patricia Lollia, un parcours entre reconnaissance et nouvelles perspectives

Le Salon international Business Art Fair s’est tenu du 24 au 26 octobre à l’Espace Nesle, dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés à Paris, à l’occasion du week-end d’art contemporain de la capitale.
L’événement a réuni une centaine d’artistes de différents horizons et a mis en avant la diversité des expressions artistiques actuelles.

Le collectif Art Freedom, dirigé par Mélissa Biron, a une nouvelle fois assuré la présence d’artistes ultramarins au sein du salon. Trois créatrices originaires de Guadeloupe et de Martinique y ont présenté leurs œuvres : Patricia Lollia, Jorgi et Marie-Françoise Luce.

Originaire du Gosier, Patricia Lollia participait pour la seconde fois à un salon parisien. Elle y a présenté une fresque mettant en scène quatre femmes antillaises, dans la continuité de sa démarche artistique intitulée « Une œuvre, une histoire ».
Son travail a été récompensé par le troisième prix du jury, une distinction saluant la qualité de sa recherche plastique et la singularité de son univers.

« Il est important que les artistes guadeloupéens soient visibles sur la scène nationale et internationale.

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