Assemblée du Peuple Caraïbe : appel à l’action

En défense de Notre Souveraineté et Notre Autodétermination !

Introduction

L’Assemblée des Peuples de la Caraïbe (APC) est un espace et un processus de rassemblement des Peuples de la Caraïbe, au-delà des divisions créées par notre passé colonial commun. L’APC est dans sa 28ème année, après la Conférence Préparatoire tenue en 1992, suivie par la première Assemblée en 1994. Notre huitième Assemblée a eu lieu l’année dernière. Au cours des années, l’APC a maintenu son engagement envers la défense de la Souveraineté et du droit à l’autodétermination pour la région et la conquête de la Prospérité des Peuples de la Caraïbe. Et c’est suivant ce même engagement envers nos Principes Fondateurs que le Comité Exécutif Régional de l’Assemblée des Peuples de la Caraïbe, lance aujourd’hui cet Appel à la mobilisation.

En conformité avec nos Principes Fondateurs de Défense de la Souveraineté des Peuples de la Région Caribéenne ; ainsi que les Appels, Déclarations et Résolutions de l’Assemblée des Peuples de la Caraïbe ;

En accord total avec les Principes universellement admis de non-ingérence d’un État dans les affaires internes d’un autre État, et du respect par un État de la souveraineté des autres États ;

Engagée en faveur de l’option politique selon laquelle la Caraïbe doit être une Zone de Paix, position adoptée de façon unanime par nos institutions inter-gouvernementales de la région, tel que la CARICOM, et la Communauté des États latino-américains et caraïbes (CELAC) et l’Association des États de la Caraïbe (AEC).

Étant d’un Peuple et d’une Région fier de ses traditions et de son Histoire de luttes contre le colonialisme et l’impérialisme, depuis la Révolution haïtienne de 1804, en passant par le Révolution cubaine de 1959, jusqu’aux mouvements indépendantistes victorieux des pays de la Caraïbe anglophone depuis 1962 ;

L’Assemblée des Peuples de la Caraïbe, étant un mouvement de rassemblement des peuples, au-delà des divisions créées par notre passé colonial commun ; et selon ce projet qui en est à sa 28ème année ;

Déclare qu’elle:

Condamne sans réserve les actions du régime de Trump et de son Secrétaire d’État Mike Pompeo, ainsi que leur stratégie d’affaiblissement de l’unité et du processus d’intégration régionale des pays caribéens, par la pratique de rencontres bilatérales avec les chefs d’États de la CARICOM, comme celles qui ont eu lieu en février 2020 en Jamaïque et lors de la visite organisée au Suriname et en Guyane en septembre ;

Dénonce dans sa totalité l’arrogance impériale et colonialiste du Secrétaire D’État des États-Unis, qui offre des miettes à nos pays en échange de l’appui des gouvernements à sa politique de renversement de régime au Venezuela ;

Rejette catégoriquement la position intrinsèquement raciste et méprisante que les États-Unis et particulièrement le régime de Trump soit un exemple à suivre en matière de respect du processus électoral démocratique et du respect de l’état de droit, ou que les États-Unis auraient contribué d’une quelconque manière au processus démocratique en Guyane; alors que la vérité des faits historiques montre clairement que les États-Unis ont saboté le processus démocratique dans ce pays, freiné la volonté électorale du peuple et appuyé la suspension de la Constitution guyanaise par la Grande-Bretagne, une action colonialiste suivi de l’emprisonnement de tout le gouvernement élu de Guyane en 1953; par la suite des tensions raciales au sein du peuple guyanais ont été fomentées pour aboutir aux violences des années 60, dont l’héritage continue de peser sur la Guyane jusqu’à nos jours, comme le montre la prolongation du processus lors des dernières élections ce qui a conduit à un nouveau cycle de violences;

 

Rejette catégoriquement la position intrinsèquement raciste et méprisante que les États-Unis et particulièrement le régime de Trump soit un exemple à suivre en matière de respect du processus électoral démocratique et du respect de l’état de droit, ou que les États-Unis auraient contribué d’une quelconque manière au processus démocratique en Haïti; alors que les faits historiques sont que les États-Unis ont envahi Haïti, occupé militairement un État indépendant et souverain, et miné sa démocratie; imposé et appuyé des dictatures brutales et cruelles contre le peuple haïtien, et continue d’intervenir dans les affaires internes d’Haïti en imposant les choix de Washington au peuple; en plus d’appauvrir le peuple haïtien par l’imposition de politiques économiques qui permettent à des multinationales étatsuniennes d’extraire des millions de dollars de profit et de nier à Haïti toute possibilité de développement durable; aujourd’hui à travers Pompeo les États-Unis militent activement pour la destruction de la Constitution de 87 et appuie sans réserve le pouvoir décrié, illégal, illégitime et sanguinaire de Jovenel Moïse et du PHTK qui prétend entrainer le pays dans une nouvelle aventure dictatoriale ;

S’oppose vigoureusement à toute tentative, planification ou action qui implique la force militaire d’aucune sorte, par aucun État, en particulier les États-Unis et ses sbires de la Colombie et du Brésil, afin d’envahir l’État souverain de la République Bolivarienne du Venezuela ;

Met en garde fermement les gouvernements de Guyane et de Suriname de ne pas permettre qu’eux-mêmes, que leurs territoires souverains et que leurs peuples soient utilisés par tout état étranger qui envisagerait d’occuper ou d’intervenir militairement contre la République bolivarienne du Venezuela ;

Condamne sans réserve l’imposition unilatérale par le régime Trump des sanctions illégales et illégitimes à l’encontre de la République bolivarienne du Venezuela et de sociétés telles que PDVSA et ses filiales légalement détenues par l’état vénézuélien, ainsi que les sanctions imposées à un certain nombre de personnes occupant des fonctions gouvernementales ; ces sanctions ont inclus la saisie illégale de milliards de dollars gagnés légalement et légitimement par des sociétés d’État vénézuéliennes ; l’assemblée condamne la saisie illégale par le Royaume-Uni d’un stock d’or évalué à des milliards de dollars appartenant à l’État vénézuélien ;

Condamne sans réserve les États Unis pour leur objectif déclaré de changement de régime au Venezuela et sommes conscients que :

  • L’imposition unilatérale des sanctions illégales par les États-Unis ;
  • le fait de fomenter et financer des troubles civils et des violences en vue de déstabiliser le pays ;
  • le recrutement de mercenaires pour envahir le Venezuela ;
  • les manœuvres diplomatiques du groupe de Lima et de l’Organisation des États américains ;
  • les allégations imprudentes et mensongères des États-Unis selon lesquelles le Venezuela est un État hors-la-loi et que ses dirigeants sont des narcotrafiquants ;
  • le positionnement d’importantes ressources navales américaines dans des eaux proches du Venezuela censées contrer le commerce de la drogue ; et
  • la tentative la plus récente d’utiliser la couverture des Nations Unies pour publier un rapport commandé par le groupe de Lima afin de discréditer et de diaboliser la République bolivarienne et son gouvernement

sont tous des mécanismes utilisés pour aboutir au renversement du régime vénézuélien et remplacer le Président démocratiquement élu Nicolas Maduro, et le remplacer par le grand prétendant, Juan Guaidó, la marionnette élue par les États-Unis ;

Condamne sans réserve les actions du régime de Trump en faveur des sanctions qui ont été renforcées en ce qui concerne le blocus commercial et financier contre la République cubaine; ce blocus illégal, illégitime et criminel est aujourd’hui encore plus brutal qu’auparavant; alors que le monde entier – à l’exception des États-Unis et de l’État d’Israël – reconnait qu’il est illégitime et contraire aux lois internationales et aux normes régissant les relations internationales ; ce rejet du blocus par le monde entier est réaffirmé année après année par les différentes résolutions de l’Assemblée Générale de l’ONU, demandant la fin du blocus des États-Unis contre Cuba;

 

Exprime son indignation face à l’absence totale de valeurs humanitaires du régime de Trump, dans son refus absolu, en pleine pandémie mondiale de la Covid-19, de même considérer la levée des sanctions illégalement et illégitimement imposés à la République cubaine, à la République Bolivarienne du Venezuela et à la République du Nicaragua – tous États membres de l’AEC et du CELAC; sanctions et blocus qui ont pour conséquence des pertes en vies humaines, une augmentation de la souffrance dans ces pays, qui continuent à combattre la pandémie, pendant qu’on leur nie l’accès à des ressources urgentes et stratégiques, dont des médicaments;

 

Exprime encore son indignation face à l’absence totale de valeurs humanitaires du régime de Trump, quand il menace les nations caribéennes de sanctions quand elles acceptent la générosité et la solidarité de la Révolution cubaine et du peuple cubain, manifestées concrètement dans les brigades de médecins cubains qui travaillent dans nos pays depuis des décennies; ces professionnels médicaux cubains ont été précieux et indispensables pour des millions de caribéens qui ont bénéficié de leurs soins en matière de santé, des gens qui en grande majorité n’auraient pas eu accès à des soins de qualité; cette solidarité a été exceptionnelle dans son appui au peuple haïtien dans la lutte contre le choléra et le séisme dévastateur du 12 janvier 2010; de nombreux autres pays caribéens ont pu ainsi se relever du passage de cyclones et d’autres désastres naturels. La solidarité cubaine envers la Caraïbe a été particulièrement importante pendant la pandémie de la Covid19, sauvant d’innombrables vies tandis que nos systèmes de santé étaient défaillants ;

Reste soudée dans son engagement de défense de notre souveraineté, de notre dignité et de notre humanité, dans notre opposition à la politique des États-Unis, qui peut être décrite comme un ensemble de tactiques d’harcèlement par un pouvoir impérialiste qui pense que la Caraïbe lui appartient, comme le concevait la doctrine Monroe il y a deux cent ans; mais cette ère a pris fin grâce aux luttes de nos peuples pour la liberté et l’autodétermination;

Prend l’engagement immédiat d’accomplir les actions suivantes dans la lignée de ses positions et en solidarité avec tous ceux qui luttent aujourd’hui pour la justice sociale, contre le racisme, la xénophobie, la discrimination, le néofascisme, avec tous ceux qui luttent contre le colonialisme et les agissements dangereux du régime impérialiste de Trump, qui menace la paix et provoque des pertes de vies en ces temps de pandémie du Covid-19:

  1. Le Comité Exécutif Régional (CER) de l’Assemblée fera circuler cette résolution à un vaste réseau de mouvements sociaux caribéens, d’ONG, d’organisations confessionnelles et de partis politiques progressistes, d’intellectuels, d’artistes et de personnages publics progressistes, pour solliciter leur appui formel;

 

  1. Le Comité Exécutif Régional organisera une conférence de presse virtuelle, pour lancer un appel à mobilisation le lundi 12 octobre à 10h30 (GMT-4);
  1. L’Assemblée publiera une lettre ouverte adressée à tous les chefs d’État de la CARICOM, pour évoquer nos inquiétudes sur la stratégie étasunienne de diviser pour régner dans la Caraïbe; pour appeler les dirigeants de la CARICOM à résister à ces manœuvres et à maintenir notre unité pour rejeter la politique criminelle d’intervention des États-Unis au Venezuela, qui est contraire à tous les principes internationaux de non-ingérence dans les affaires internes d’un autre État et contraire au respect de la souveraineté d’un État; la lettre ouverte réaffirmera notre engagement pour une résolution pacifique et négocié du conflit interne au Venezuela; et renouvellera notre indéfectible adhésion pour une Caraïbe comme Zone de Paix;
  1. L’Assemblée enverra une lettre ouverte au Secrétaire Général des Nations Unis, en appui au peuple haïtien, pour demander réparation due au peuple d’Haïti à la suite de l’introduction du choléra dans le pays par la MINUSTAH de l’ONU, et les conséquences massives en pertes humaines et en maladie. Une copie de cette lettre sera envoyée aux Ministres des affaires étrangères de nos pays, afin d’attirer leur attention et de les appeler à agir. Cette lettre sera publiée le 19 octobre, date du10ème anniversaire de l’introduction du choléra en Haïti.
  2. L’Assemblée adressera une lettre ouverte au Département d’État des États-Unis, pour exiger la fin du blocus contre Cuba et la restitution de Guantanamo à ce pays. Cette lettre sera remise aux ambassades de nos pays respectifs.

 

  1. L’Assemblée publiera une lettre ouverte à la diaspora caribéenne aux États-Unis, en les appelant à “Jeter Trump aux poubelles” et les invitant à voter contre les Républicains dans les autres scrutins, à cause de leurs politiques qui menacent les peuples de la Caraïbe; il faut donc reconnaitre le danger que représente Trump et les Républicains pour la diaspora caribéenne en terme de racisme et de xénophobie, à travers leurs positions anti-immigration et le refus de Trump de condamner, et en fait fournissant son appui aux idéologues de la suprématie blanche et aux organisations de blancs terroristes et racistes, comme les “Proud Boys” ainsi que d’autres expressions du néofascisme.

Est encore déterminée:

  • à rester éternellement vigilant, car le prix de la liberté est l’éternelle vigilance,
  • à renforcer notre solidarité,
  • à continuer à éduquer à informer nos peuples,
  • à agir quand cela est nécessaire, en participant à des activités organisées par d’autres mouvements nationaux, régionaux et internationaux,

Nous faisons tout cela parce que nous reconnaissons qu’un peuple conscient et uni ne peut jamais être vaincu !

#CaraïbeUne! #CaraibeZoneDePaix! #RespectezNotreSouveraineté!

SIGNATURES

  1. David Abdulah, Trinidad & Tobago
  2. David Denny, Barbade
  3. Camille Chalmers, Haïti
  4. Robert Sae, Martinique
  5. Ivan Rodriquez, La République Dominicaine
  6. Hilda Guerrero, Porto Rico
  7. Chapitre cubain de l’APC, Cuba