— Communiqué de la Fédération de la Ligue des Droits de l’Homme de Guadeloupe —
Les peuples de la Caraïbe ne peuvent manquer de s’inquiéter devant la situation créée par l’invasion du Venezuela par les USA et la capture de son Président et de son épouse qui viennent de se produire.
Après la commission, depuis plusieurs mois, d’actes inqualifiables à l’égard des hommes de ce pays, expulsions brutales et attaques ciblées d’embarcations dans la mer des Caraïbes, au mépris du droit international et de leurs propres lois, de leur propre Constitution, les USA viennent de franchir une étape nouvelle dans leur démonstration de force sans retenue.
Mis en avant, le même prétexte, la lutte contre les narcotrafiquants.
Hier, les bateaux explosés en mer, étaient ceux de narcotrafiquants ; aujourd’hui, le Président du Venezuela est un baron de la drogue.
Il s’agit en réalité de l’application de la fameuse « doctrine Monroe » (1823) – dans son extension impérialiste de la fin du 19ème. Trump a clairement évoqué cette doctrine dans sa conférence de presse depuis Mar-a-Lago, samedi dernier.
Autrement dit, TOUT le continent, du Nord au Sud, est la propriété des USA.
Les Caraïbes font partie de ce continent. Du reste, depuis des lustres, la mer des Caraïbes est la « mare nostrum » des USA.
Nous ne sommes même plus à l’époque du « nouveau dialogue » prôné par Henri Kissinger, en 1974. Désormais la « doctrine Monroe » est nouvellement actualisée par l’idéologie « MAGA ».
Cela a été tout aussi clairement dit par Donald Trump, le pétrole vénézuélien est la propriété des USA ; il leur a été volé. Les sociétés pétrolières yankees vont pouvoir le récupérer, en se réinstallant au Venezuela. Il s’agit aussi et surtout de business !
Le comportement inadmissible du chef de l’état américain et de son équipe doit inciter les peuples de la Caraïbe non seulement à une condamnation ferme mais à une vigilance accrue à l’égard d’un état qui, fort de sa puissance militaire, se croit tout permis.
Le mépris des droits ne peut prospérer dans la sphère géographique caribéenne, pas plus qu’ailleurs, et doit être clairement dénoncé et la violation de ces droits combattue par les hommes et les femmes épris de liberté.
Ainsi, la violation délibérée du droit international, singulièrement de la Charte de sanctions des Nations Unies, par les USA ne peut être ni acceptée ni cautionnée par aucun homme, aucune femme, libres car elle porte atteinte aux droits fondamentaux de l’homme et annonce l’émergence d’un monde chaotique.
La fédération de la LDH Guadeloupe appelle à prononcer une dénonciation claire de cet état de fait et demande à ses adhérents et sympathisants à se préparer à participer à toute manifestation ou mouvement de protestation.
Le 4 janvier 2026
