Littératures : nouveautés du 26 juillet 2020

Le mot littérature, issu du latin litteratura dérivé de littera (la lettre), apparaît au début du xiie siècle avec un sens technique de « chose écrite » puis évolue à la fin du Moyen Âge vers le sens de « savoir tiré des livres », avant d’atteindre aux XVIIe – XVIIIe siècles son sens principal actuel : ensemble des œuvres écrites ou orales comportant une dimension esthétique (ex. : « C’est avec les beaux sentiments que l’on fait de la mauvaise littérature » André Gide) ou activité participant à leur élaboration (ex. : « Se consacrer à la littérature »).

La littérature se définit en effet comme un aspect particulier de la communication verbale — orale ou écrite — qui met en jeu une exploitation des ressources de la langue pour multiplier les effets sur le destinataire, qu’il soit lecteur ou auditeur. La littérature — dont les frontières sont nécessairement floues et variables selon les appréciations personnelles — se caractérise donc, non par ses supports et ses genres, mais par sa fonction esthétique : la mise en forme du message l’emporte sur le contenu, dépassant ainsi la communication utilitaire limitée à la transmission d’informations même complexes. Aujourd’hui, la littérature est associée à la civilisation des livres par lesquels nous parlent à distance les auteurs, mais elle concerne aussi les formes diverses de l’expression orale comme le conte (en plein renouveau depuis une trentaine d’années dans les pays occidentaux), la poésie traditionnelle des peuples sans écriture — dont nos chansons sont les lointaines cousines — ou le théâtre, destiné à être reçu à travers la voix et le corps des comédiens. La technologie numérique est cependant peut-être en train de transformer le support traditionnel de la littérature et sa nature.

Le concept de littérature a été régulièrement remis en question par les écrivains comme par les critiques et les théoriciens : c’est particulièrement vrai depuis la fin du xixe siècle où l’on a cherché à redéfinir – comme pour l’art – les fonctions de la littérature (par exemple avec la notion d’engagement pour Sartre, Qu’est-ce que la littérature ?) et sa nature (réflexion sur l’écriture et la lecture de Roland Barthes ou études des linguistes comme Roman Jakobson) et à renouveler les critères esthétiques (du « Il faut être absolument moderne » de Rimbaud au nouveau roman en passant par le surréalisme, par exemple).

 

Littérature

ÉCRIRE LE VOILE

Réponses aux discours colonial et patriarcal – dans les oeuvres d’Évelyne Accad et Assia DjebarAline Charles

Les oeuvres d’Évelyne Accad et Assia Djebar ont jeté une lumière nouvelle sur un processus aussi physique que symbolique, propre à l’ère postcoloniale : le dévoilement des femmes et de leur condition particulière. La domination coloniale qui les a contraintes comme l’autorité patriarcale qu’elles subissent encore ont toutes deux contribué à diminuer leur parole et leur visibilité au sein de l’espace public. Le dévoilement est examiné dans sa valeur concrète et matérielle. Le voile, comme bout de tissu joue un rôle politique, social et religieux majeur. Dressant un parallèle entre la situation coloniale et la situation des femmes dans la société patriarcale, Accad et Djebar en font le symbole d’une forme de domination et d’oppression, de ce qui rend tout à la fois sourd, muet, aveugle et invisible ; et le dévoilement celui d’une libération.

Coll. Espaces Littéraires256 pages • 25,5 euros• juillet 2020

EAN : 9782343204321

SIMONE DE BEAUVOIR :

poétique et éthique de la mélancolie – Lecture de l’oeuvre autobiographiqueJing Zhao

Cette recherche confronte l’expérience plurielle de la mélancolie telle que l’écriture autobiographique beauvoirienne la déploie avec les catégories psychologiques, philosophiques et littéraires. En transformant en « désir d’exister » la passion inutile de l’homme vers l’Être chez Jean-Paul Sartre, les pensées beauvoiriennes reposent sur la problématique de l’éthique. Simone de Beauvoir aspire sans cesse à l’Absolu abstrait et à la Totalité inaccessible qui la conduisent inévitablement à la frustration métaphysique, qui est une structure inhérente à la mélancolie. La problématique de la mélancolie féminine se retrouve chez les féministes contemporaines, en France et dans les pays anglo-américains. Un tel contexte confère à ce livre une grande actualité.

Coll. Europe & Asie344 pages • 35 euros• juillet 2020

EAN : 9782343178851

LES ROCHERS SONT ÉTERNELS

Mémoires d’un enfant de Dalaba Alfa Oumar Diallo

Je connais chaque sentier, chaque grotte, chaque colline et chaque ruisseau de Dalaba, « la Suisse africaine », ma ville natale. Mes amis et moi avons été des pharaons d’Egypte à l’ombre des grands rochers qui étaient nos majestueuses pyramides invaincues par le temps qui passe dans les vallées des Rois où brouillard et minéraux immortels échangent les secrets de leur longévité à l’aube de chaque jeudi en face du fabuleux sphinx de Paraya. Sur la cime olympique de Tinka, les génies de Kaalaa, avaient donné aux gamins de notre âge, le remède contre la mort à savoir « une écorce du ciel, une racine de pierre et un poil de chimpanzé blanc ».

240 pages • 25,5 euros• juillet 2020EAN : 9782343199795

ARENITIS

Sur les sables de l’exil républicain espagnolSébastien Sanchez

Comme un pont qui s’élance pierre à pierre entre l’Espagne et la France, Arenitis suit le cours des anecdotes confiées en héritage par Daniel, républicain espagnol, à son petit-fils Emmanuel. Mais que reste-t-il à transmettre quand la vie s’est obstinée à tout vous prendre, quand elle vous a dépossédé tour à tour d’une victoire, d’un pays, d’un amour ? Peut-être encore l’essentiel : l’art de marcher dans le sable sans s’y enliser, l’art de chanter la vie par-delà la défaite, l’art de passer au suivant le témoin de l’espoir.

Coll. Écritures96 pages • 12 euros• juillet 2020

EAN : 9782343207247

LE TEMPS SUSPENDU

Nouvelle fantastique autour d’un poème universelValérie Sana

Alban aime la magie. Il aime sa maman aussi. Marion ne croit pas en ces pratiques. Elle aime tout simplement sans magie. Wûmunu, lui, connaît la magie. Son nom signifie souffle de vie. Être visible ou invisible, il a sa part dans leurs deux vies. Mais lorsque Marion vient à lui, tout l’univers réagit. Ces trois personnages vous plongeront dans les méandres de l’infini. Construit autour d’un poème original traduit ici en 14 langues, le récit de ces aventures extraordinaires vous mènera à vous poser quelques questions, et si possible à répondre à celles de son auteure. Prêt(e) ?

Coll. Miroirs du réel66 pages • 10 euros• juillet 2020

EAN : 9782343203799

FAÇONS DE VOIR, FAÇONS DE REGARDER

Les Pyrénées et leurs explorateursGilles Duval

Les récits des premiers ascensionnistes nous donnent des indices sur une relation vécue à la montagne. Gilles Duval a retenu les auteurs les plus explicites et les plus représentatifs des XVIIe et XIXe siècles : Daniel Defoe, Arthur Young, Louis Ramond de Carbonnières, Vincent de Chausenque, Henry Russell et quelques autres. Passée la sidération devant un objet totalement nouveau, ces marcheurs phénoménaux plus ou moins ouverts au monde des « patoisants » autochtones mobilisèrent leurs références intellectuelles et émotionnelles pour ramener l’inconnu au connu. A son tour, l’auteur porte sur eux un regard interrogateur afin de mieux comprendre nos propres pratiques, filles de la voiture, du tourisme de masse et d’Internet.

Coll. Littérature et régions218 pages • 24,5 euros• juillet 2020

EAN : 9782343205281

LES SILENCES

Louise Caron

Cette pièce met face à face Éléonore et sa fille, Léa. Elles se retrouvent à Paris parce qu’il faut prendre une décision concernant l’arrêt des soins d’Antoine, ex-mari d’Éléonore. La relation entre les deux femmes est obérée par des non-dits qui remontent à l’enfance. Léa, qui est avocate, va profiter de ces trois jours pour briser le silence et permettre à sa mère de se libérer d’une violence dont elle a honte, qui la ronge et la détruit, le viol au sein de son couple. Ce n’est qu’une fois la parole libérée que la reconstruction sera envisageable.

Coll. Théâtres72 pages • 10,5 euros• juillet 2020

EAN : 9782343208619

LA MORT DU CHEVAL FOU

RomanFrançois-Xavier Marquis

Octobre 1991, François est arrêté, l’arme à la main, aux côtés du cadavre de son ami Gérard. Au fil des témoignages de ses proches et de sa propre confession va se dessiner progressivement le profil d’un homme déchiré entre la simplicité de ses aspirations et une addiction dévorante : une déchirure qui aboutira à l’irréparable. Le lecteur assiste, tout au long du récit, à leur combat incessant contre la force qui les entraîne vers le drame. Jusqu’au dénouement, il se posera la question : qui a tué Gérard ?

Coll. Rue des écoles152 pages • 15,5 euros• juillet 2020

EAN : 9782343205830