— RS n° 442 lundi 13 avril 2026 —
Appelons les choses par leurs noms. Lorsqu’on assiste à une agitation qui ne va pas à la racine des choses, on est en droit de parler d’agitation formelle.
Les prix du transport aérien flambent. On crée une commission parlementaire. Une grève de salariés bloque des centaines de personnes dans le transport terrestre ou maritime, on multiplie les déclarations, banalement répétitives et inefficaces. Les prix des marchandises du quotidien étranglent le peuple consommateur. Celui-ci descend dans la rue. Alors, dirigeants et éluEs proposent de casser les monopoles. C’est oublier que cette solution magique a déjà été mise en œuvre… dans le transport aérien avec la privatisation d’Air France qui était censée tout régler !
Ce type de réponse aux divers désordres sociaux et autres, ignore que le système capitaliste aboutit tendanciellement à la transformation de la concurrence en monopole, qu’il est basé sur la recherche du profit et non sur celle de la satisfaction des besoins humains.
Dès lors que le besoin est social, dès lors que l’activité concerne des collectifs (d’usagers consommateurs, de salariés producteurs), laisser la main au privé, conduit nécessairement à se soumettre à la loi du profit. Le vocabulaire bien gentil de «délégation de service public » (DSP) ne change rien au problème. C’est juste un voile pour masquer le vrai moteur qui fonctionne, puisqu’en fait l’autorité publique défaillante se décharge d’obligations d’intérêt général qu’elle transfère au secteur privé jugé plus efficace. Le transport aérien, terrestre, maritime doit être public, et rien d’autre. La solution du public suppose bien entendu un traitement équitable des intérêts des acteurs privés d’aujourd’hui. Une intégration au public acceptable doit être négociée avec toutes les parties prenantes. L’intérêt collectif doit primer, en évitant toute spoliation.
La solution des problèmes que ce caractère public peut engendrer (laxisme, gabegie, corporatisme outrancier, possibilité de corruption…) ne se résoudra pas en faisant marche arrière vers le privé, mais en avançant grâce à deux leviers essentiels des temps modernes : le contrôle ouvrier par les salariés, le contrôle citoyen par les usagers. À ce double contrôle s’ajoute tout naturellement celui des responsables politiques, dont le rôle est essentiel, avec le contrepoids de ceux cités plus haut.
C’est l’intérêt collectif qui doit arbitrer. Les intérêts légitimes des salariés doivent être défendus, le droit des usagers à un service public aussi, les droits de l’environnement ne doivent pas être passés par pertes et profits. Enfin, il appartient au politique de décider du financement d’un plan de transport public visant à terme à la gratuité. Bien sûr, cela ne suffira pas à installer le bonheur sur terre. Bien sûr, cela ne signifiera pas le renversement du capitalisme. Néanmoins, cette incursion dans les règles d’un système qui mutile l’humain et abime la nature peut nous permettre d’avancer dans la solution concrète des problèmes concrets, de donner une petite préfiguration de ce que peut signifier une autre organisation de la société, de trouver un modus vivendi acceptable et absolument indispensable entre travailleurs·euses producteurs·trices de services et travailleurs·euses usagers·ères des services en question.
Il faut un peu d’audace, d’anticipation, et d’imagination, si on ne veut pas ronronner dans l’agitation conformiste et ronchonnante, au paroxysme des crises comme celle que nous vivons.
MACRON ATTAQUE LE 1er MAI
CONNAISSONS LE POUR LE DÉFENDRE !
Conférence-débat
HISTOIRE DU 1er MAI
Par Philippe PIERRE-CHARLES
Agrégé d’histoire
JEUDI 23 AVRIL À LA MAISON DES SYNDICATS – 18 HEURES
La mobilisation pour Cuba se concrétise
L’élément nouveau c’est le début de la mobilisation humanitaire. Des équipes militantes avec l’aide précieuse de l’association URGENCE CARAÏBE, ont passé la semaine à collecter, dans les grandes surfaces partenaires de l’opération, les produits demandés par Cuba et achetés par les personnes solidaires de cette cause. Chacun a pu constater la générosité de larges couches de la population. Oui pour Cuba, disaient les uns. Apré yo, pétèt sé ké nou, disaient d’autres.
On a aussi eu droit à des propos contre le régime de Cuba et des doutes sur l’arrivée à destination des produits collectés. Nous expliquons aux sceptiques que tout est géré à Cuba par l’institut cubain d’amitié avec les peuples (ICAP) et qu’une équipe partira de Martinique en fin avril pour accompagner les dons, informer la population à travers les médias et rendre compte de l’effectivité de la distribution. Les images télévisées de la flotte internationale parvenue récemment sur place confirment nos propos. La collecte de produits pharmaceutiques déjà entamée se poursuit, de même que la souscription pour l’achat et le transfert de matériel photovoltaïque.
La bataille politique, après la marche aux flambeaux, les prises de parole et la partie artistique du 27 mars, doit-elle aussi se poursuivre. Les éluEs et mouvements présents le 27 ont donné leur accord pour une démarche en direction de la Guadeloupe et de la Guyane afin de faire front commun aux côtés de Cuba. Reste à passer de la parole aux actes, en tenant compte de l’urgence.
Une importante réunion s’est tenue, à l’initiative du député Davy Rimane, dans les locaux de l’Assemblée nationale sur le soutien à Cuba. LYANNAJ MATINIK POU KIBA. SOLIDARITÉ ! a pu rendre compte de nos activités en Martinique.
Pa ni moli. Cuba, si ! Yankee, no !
RAPPEL : pour une analyse sur Cuba, situant la réflexion davantage dans la profondeur historique et dans notre géographie « cordiale » demander notre brochure en ligne : Cuba, si ! Yankee, no !
Pour l’avoir il faut demander expressément avec son adresse mail ou son numéro de tel. On peut écrire à Révolution Socialiste B.P 1031 Fort-de-France.
