— Communiqué de la L.D.H. Guadeloupe —
Depuis le 2 mars, Israël écrase le Liban sous les bombes au motif de combattre le Hezbollah, alors que l’immense majorité de la population libanaise aspire à la paix dans un pays libre et souverain. Le ministère de la Santé publique du Liban a annoncé hier que le nombre de morts causés par l’agression israélienne contre le Liban depuis le début de la guerre était désormais de 2 089 et qu’il y avait 6 762 blessés, alors que l’on comptait 5 morts – 3 civils et 2 militaires – du côté israélien (L’Orient-Le Jour). Le mercredi 9 avril est le plus lourd enregistré en une journée depuis le début de cette guerre entre Israël et le Hezbollah, au moins 357 Libanais ont été tuées et 1 223 autres ont été blessées.
Tandis que des négociations ont commencé à Washington suite à la main tendue du président libanais Joseph Aoun, Benyamin Nétanyahou refuse, pour l’heure, tout cessez-le-feu et Tsahal se félicite d’avoir atteint 154 cibles ces dernières 24 heures.
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a déclaré, mardi 31 mars, qu’Israël entendait occuper durablement une partie du sud du Liban jusqu’au fleuve Litani une fois la guerre terminée (depuis l’issue de la guerre des Six-jours en 1967, Israël occupe le plateau du Golan instituant une zone tampon avec la Syrie en dépit du droit international). Ce plan n’est pas sans réactiver les craintes d’une nouvelle guerre civile au Liban, tant les communautés libanaises entrent dans une inquiétante paranoïa (L’Orient-Le Jour). C’est précisément lors de cette guerre déclarée en 1975 que le Hezbollah (« parti de Dieu ») naît au sein de la communauté chiite en 1982, en réaction à l’invasion israélienne du Liban (qui intervient après une première invasion israélienne en 1978). Le Hezbollah, à la fois milice, parti et entrepreneur social est rapidement soutenu militairement et financièrement par la République islamique d’Iran.
Israël est la seule « démocratie » du Moyen-Orient, assène-t-on comme une antienne. C’est oublier que le Liban est également une démocratie dotée d’une Constitution (contrairement à Israël). Il est plus juste d’avancer qu’Israël est devenue une démocratie illibérale, dirigée par des suprémacistes d’extrême droite, coupable de génocide à Gaza, de colonisation et d’épuration ethnique en Cisjordanie, de crimes de guerre au Liban et en Iran ; une démocratie dont l’assemblée nationale (Knesset) vient de voter une loi qui permet à des tribunaux d’imposer la peine de mort aux personnes reconnues comme « terroristes » par Israël1 et dont le pouvoir en place n’a de cesse de mettre sous contrôle ses organisations de plaidoyer (B’Tselem, Gush Shalom, Breaking the Silence, etc.) qui veulent en finir avec le colonialisme et la guerre.
1 Avec cette loi, Israël se donne carte blanche pour exécuter des Palestinien·nes, sans garanties de procès équitable. (Amnesty International https://www.amnesty.fr/actualites/israel-loi-peine-de-mort/)
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