3919 : plus de 108 000 appels traités en 2025

En 2025, la ligne d’écoute 3919, dédiée aux femmes victimes de violences, a enregistré une hausse notable de son activité. Selon la Fédération nationale Solidarité Femmes (FNSF), qui gère ce dispositif, 108 241 appels ont été pris en charge par les écoutantes au cours de l’année, soit une augmentation de 7,8 % par rapport à l’année précédente.

Cette progression s’explique en partie par une libération de la parole des victimes et par une meilleure visibilité du numéro, désormais largement relayé dans les médias et sur les réseaux sociaux. Mais elle reflète aussi certaines difficultés rencontrées sur le terrain. La directrice générale de la FNSF, Mine Günbay, souligne notamment que des femmes se retrouvent parfois moins soutenues par les associations locales, certaines d’entre elles étant fragilisées par des réductions de subventions.

Parmi les appels traités, 63 500 concernaient des violences conjugales. Les situations décrites révèlent une forte présence de violences psychologiques, mentionnées dans 85 % des cas, souvent liées à des phénomènes d’emprise ou de dévalorisation. Les violences verbales apparaissent dans 71 % des témoignages, tandis que 48 % évoquent des violences physiques. D’autres formes de maltraitance sont également signalées : 23 % des appels font état de violences économiques visant à rendre la victime dépendante de son partenaire, 15 % de violences sexuelles, 10 % de cyberviolences et 6 % de violences administratives. Dans de nombreux cas, les victimes décrivent plusieurs formes de violences simultanées.

Les professionnelles qui répondent au 3919 doivent aujourd’hui faire face à des récits de plus en plus difficiles. Les témoignages évoquent parfois des situations extrêmes, incluant des actes de torture ou de barbarie. Parallèlement, la ligne reçoit aussi un nombre croissant d’appels d’hommes liés à des mouvements masculinistes, qui contestent l’existence d’un dispositif réservé aux femmes. Certains contactent le service pour réclamer son ouverture aux hommes, allant parfois jusqu’à insulter ou dénigrer le travail des écoutantes. D’après la FNSF, une quinzaine de questions adressées au gouvernement en 2025 pour demander cette ouverture auraient été portées par des membres de ces collectifs.

Créé en 2006, le 3919 a pour objectif d’écouter, informer et orienter les femmes victimes de violences, notamment conjugales, afin de les accompagner dans leurs démarches et de contribuer à prévenir les féminicides. Le service est gratuit, anonyme et accessible 24 heures sur 24, par téléphone ou via un dispositif de discussion en ligne.