Littératures

La question linguistique haïtienne : Textes choisis

— Par Robert Berrouët-Oriol et Hugues Saint-Fort —

Éditions Zémès
288
Port-au-Prince, juin 2017

L’observateur : En 2011, vous avez co-rédigé, avec le linguiste Hugues Saint-Fort et al, le livre de référence «L’aménagement linguistique en Haïti : enjeux, défis et propositions » (Éditions de l’Université d’État d’Haïti et du Cidihca). Aujourd’hui, à Livres en folie, vous publiez « La question linguistique haïtienne / Textes choisis » (Éditions Zémès). Qu’apporte de nouveau cette publication aux lectorats d’Haïti et de la diaspora ?

Robert Berrouët-Oriol – Le livre « La question linguistique haïtienne / Textes choisis » prolonge l’état des lieux et les propositions contenues dans « L’aménagement linguistique en Haïti : enjeux, défis et propositions » et, également, il innove. Il mûrit en l’approfondissant le diagnostic posé dans « L’aménagement linguistique en Haïti : enjeux, défis et propositions ». Cette nouvelle publication accorde une large place à la créolistique avec des textes de haute facture de Hugues Saint-Fort, et ma contribution éclaire mieux la situation linguistique du pays à l’aune de la jurilinguistique.…

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Jwé mizik (Pou lafèt lanmizik)

— Par Daniel M. Berté —

Bat tanbou, tibwa, batri ek dé lanmenw

Pran siyak, bwa-ronflé, chacha ek dé pyéw

Mennen piano, violon, awmonyòm ek djòl-ou

Pòté tronpèt, sakso, tronbòn ek Zorè’y-ou

Epi klarinet, flit, awmonika ek dé ziéw

Plis djita, siyak, manman-kochon ek tout kòw

Mayé tousa an awmoni ek kadans épi lespriw

Pou mété bel anbians an lafèt lanmizik

Akòwdé !

Balansé lasòs !

Twa-kat !

Jwé misik !…

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« La roche empoisonnée », un polar de Loïc Léry, préfacé par P. Chamoiseau

Loïc Kéry, auteur du roman largement autobiographique  « Le gang des Antillais » adapté au cinéma par Jean-Claude Barny publie son deuxième roman « La roche empoisonnée ».

L’histoire se déroule dans le milieu de la drogue et plus précisément celui du crack aux Antilles. Ce polar met en scène des toxicomanes à la fois fiers et blessés, violents et fragiles, angoissés et impétueux.
L’ouvrage est préfacé par Patrick Chamoiseau et la couverture réalisée par Jacques de Loustal.
Loïc Léry est né en Martinique. Adolescent, il foule la « terre patrie » où il reçoit ses premières calottes raciales. Quelques années plus tard, il se lie aux frères du ghetto pour écumer les bureaux de poste parisiens, ce qui le conduit en prison. C’est dans le milieu carcéral qu’il découvre la littérature et plus particulièrement les piliers de la littérature nègre pour ensuite se muer en un talentueux écrivain. A sa sortie de prison, il s’installe en Martinique où il vit depuis, partageant son temps entre son travail en milieu hospitalier et l’écriture.…

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Un corpus de discours scientifiques sur le créole

— Par Leslie Péan, économiste et historien —

« LA QUESTION LINGUISTIQUE HAÏTIENNE / TEXTES CHOISIS »

Robert Berrouët-Oriol & Hugues Saint-Fort

Éditions Zémès

288 pages

Port-au-Prince

Juin 2017

Au fil des années, nous sommes intervenus sur les questions linguistiques et sur le créole en quelques occasions. D’abord en écrivant un texte d’économie en créole pour la revue Sèl intitulé « Kèk nòt sous balans-péman pandan diktati Divalié yo (1957-1975) » (SÈL, jounal ayisyin aletranje, no 30-31, Brooklyn, New-York, 1976). Par la suite, nous avons publié douze articles sur cette question entre 2013 et 2016.     

  •  Économie d’une langue et langue d’une économie, Le Nouvelliste, 25 février 2013.
  •  Retour sur l’article « Économie d’une langue et langue d’une économie » (Première partie), AlterPresse, 25 mars 2013.
  •  Retour sur l’article « Économie d’une langue et langue d’une économie » (Deuxième partie), AlterPresse, 26 mars 2013.
  • Marasme économique, transmission des savoirs et langues (texte en sept parties), AlterPresse, 23, 25 mai, 1, 3, 7, 9, 11 juin 2013.


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La question linguistique haïtienne / Textes choisis

Robert Berrouët-Oriol et Hugues Saint-Fort
Éditions Zémès
288 pages
Port-au-Prince, juin 2017

 Q.1Le National : En 2011, vous avez co-rédigé, avec le linguiste Robert Berrouët-Oriol et al, le livre de référence « L’aménagement linguistique en Haïti : enjeux, défis et propositions » (Éditions de l’Université d’État d’Haïti et Cidihca). Aujourd’hui, à Livres en folie, vous publiez « La question linguistique haïtienne / Textes choisis » (Éditions Zémès). Qu’apporte de nouveau cette publication aux lectorats d’Haïti et de la diaspora ?

R.1 – Hugues Saint-Fort : Le livre « L’aménagement linguistique en Haïti : enjeux, défis et propositions » que mes collègues linguistes Robert Berrouët-Oriol, Darline Cothière, Robert Fournier et moi avons publié en 2011 est un livre de référence, c’est-à-dire un ouvrage fait pour être consulté, dans la lignée d’un dictionnaire ou d’une encyclopédie par exemple.

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Patrick Chamoiseau : «Les flux migratoires sont comme un réveil du sang de la terre»

—Par Catherine Calvet —

Patrick Chamoiseau vient de publier un ouvrage poétique et passionné, Frères migrants (Seuil, mai 2017), véritable manifeste poétique pour tous ceux qui sont refoulés aux frontières ou qui errent de centres de rétention en bidonvilles. Ce livre s’inscrit dans un large faisceau d’initiatives venant de la société civile, depuis la «Constituante migrante» (symposium-performance organisé en janvier à Beaubourg par la plateforme «le Peuple qui manque») jusqu’à l’adaptation récente au théâtre par Marcel Bozonnet du Couloir des exilés de l’anthropologue Michel Agier.

*****

Pourquoi choisir la poésie comme moyen de protestation contre la fermeture des frontières ?

Parce que c’est tout ce que je sais faire ! Ceci étant, il faut distinguer «poésie» et «poétique». La «poésie» est la pratique d’un langage inouï, la fréquentation d’un indicible, dans une langue. La «poétique» est une vision du monde, et de l’homme dans le monde, sur la base de ce qui fait l’irréductible humain quand on a enlevé toutes les aptitudes liées aux nécessités immédiates, à la survie et aux pures rationalisations.…

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« Nous sommes plus grands que nous » : le texte-manifeste du festival Étonnants Voyageurs

— Par collectif —
Le festival international du livre et du film Étonnants Voyageurs se tient à Saint-Malo du 3 au 5 juin 2017. Depuis 1990 il explore les littératures d’Orient, d’Amérique latine, d’Afrique. Chaque année, deux cents écrivains de différents pays se retrouvent à Saint-Malo pour trois jours de rencontres, débats, lectures, cafés littéraires, dans 25 lieux de la ville.

Le texte-manifeste du festival:

Chaque jour nous le rappelle, s’il en était besoin : il n’est pas de question plus urgente, ici, au plus près de nous, comme à l’échelle du monde, que celle de la démocratie. Partout menacée, comme si nous avions perdu ce qui lui donnait sens, et qu’il s’agit de retrouver, pour la défendre. Parce qu’elle engage une idée de l’être humain et de sa liberté.

Pourquoi les fanatiques, s’acharnent-ils à détruire, à Palmyre et ailleurs, les manifestations du génie créateur de l’être humain? Parce qu’elles témoignent d’une dimension, en nous, qu’ils veulent à toute force nier et dans laquelle la plus immense diversité exprime une immense unité.…

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Nou pa titiri san fanmi

— Par Térèz Léotin —

Mi an vwala, pou yo gloriyé 22 mé lanné tala, manmay lakomin Karbé pran désizion mété-douvan mémwè gangan yo.
Yo rimonté tan-an, yo chaché, é yo tiré sé lesklav konmin tala adan fondok loubli ki té za bien paré téré yo, pou man pa di fini épi rass yo.
Sé moun-lan fè wouchach, é toutt travay wouchach-la mennen yo matjé non yo, trasé’y nan mab, pou fè non yo palé di yo, palé ba yo, palé ba désandan yo, menm manniè an monniman-o-mò ka fè’w chonjé, men yo, sé non yo a ka vini di : mi nou la nou pa mò. Nou sé chouss fanmi zott !
An serten manniè toutt sé esklav tala ka vini montré ki si jòdi Karbé sé Karbé, sé yo ki fè’y tou. Tousa ka vini ba mémwè nou, an richess ki pòtalan, é man ka di woulo-bravo ba yo, ba désandan yo ki chonjé yo, ki chonjé mété yo dan limiè yo merté.…

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22 kout koutla pou 22 Mé

 — Par Daniel M. Berté —

22 kout koutla pou kapti an Afwik-la     

22 kout koutla pou gwan vwéyaj-la      

22 kout koutla pou la vant nèg-la    

22 kout koutla pou fè-cho mawkaj-la

22 kout koutla pou sèp-la      

22 kout koutla pou fwèt-la      

22 kout koutla pou kawkan-a       

22 kout koutla pou laba-la                   

22 kout koutla pou kolié an fè-a                   

22 kout koutla pou sé chenn-la                         

22 kout koutla pou lé kat pitjièt-la             

22 kout koutla pou amak-la                    

22 kout koutla pou bwenbal-a              

22 kout koutla pou bayon piman-a                   

22 kout koutla pou zorè’y koupé-a                     

22 kout koutla pou jawé koupé-a                         

22 kout koutla pou lapoud-la limen an tjiou nèg-la                 

22 kout koutla pou ribèl Sézè-a

22 kout koutla pou fannfwa mèt-la

22 kout koutla pou san-a ki tijé-a         

22 kout koutla pou sèl batenm-la man ka sonjé jôdi-a       

22 kout koutla pou 22 Mé 1848-la

     

Daniel M. Berté…

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Son Tanbou 22 Mé

— Daniel M. Berté —

Tanbou 22 Mé ka bat an boul bon son…

Boudoung- Wap ! Boudoung-Wap !

Toumblak-blak ! Toumblak-blak !

Toum-toukoutoum ! Toum-toukoutoum !

Patak-patak-pak ! Patak-patak-pak !

Son fizi larazia adan péyi Lafrik

Son lang-Yo nou pa sav mé ki té ka bay lòd

Son kout baton an do pou té fè Nèg vansé

Son chenn ki maré Nèg kondi bèt yonn-a-lòt

Toumblak-blak, Toumblak-blak… Goré !

Son gran kannòt-bwa-a ka kratjé nuit kon jou

Son van ka fè gran-vwèl flaflaté san rété

Son kowdaj ka grensé an pouli mal grésé

Son chenn ki maré Nèg anlè gran lanmè-a

Plak-plakatak, Plak-plakatak… Latlantik !

Son ti-anmay ki fen ka kriyé an kal-a

Son Négrès ka pléré maren-Yo anviolé

Son Nèg ki tro majò Yo ka fouté an dlo

Son chenn ki maré Nèg an fenfon ladoulè

Bim-Bitak-Bitak, Bim-Bitak-Bitak… Masakrè!

Son djòl-Yo ka rélé pou la vant-o-anchè

Son koutla ka fann kann di lévé-o-kouché

Son fret-Yo an zo Nèg maten-midi-é-souè

Son chenn ki maré Nèg anlè labitasyon

Boudoum-bap, Boudoum-bap… Matnik !

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« Frères migrants » de Patrick Chamoiseau : notre parole primordiale

— Par Loïc Céry (Institut du Tout Monde) —

Comment convaincre de l’importance du dernier essai de Patrick Chamoiseau, et de l’urgence de le lire et d’en diffuser la substance ? – celle d’une mobilisation de chacun face au drame des migrants, et du moment de nouvelles fondations ? Je propose un aperçu sur les urgences de cette diffusion, à laquelle nous voulons contribuer ici avec l’Institut du Tout-Monde (fin de l’article).

À en juger par les commentaires assez unanimes de la presse, la sortie de l’essai Frères migrants de Patrick Chamoiseau (Seuil, mai 2017) a été saluée par un éloge général, les uns et les autres ayant noté la générosité singulière de cet appel à la solidarité avec les migrants, son élan vers l’ouverture et son aspiration au dépassement des réflexes de rejet. Une quasi-unanimité par conséquent, qui a quelque chose de rassurant devant ce qui est certainement un livre important, en un contexte troublé. Pourtant, demeure une sorte d’insatisfaction toute personnelle : je ne suis pas sûr finalement, qu’on ait pour de bon pris la mesure exacte de cet appel, et tout à la fois de cet essai politique court et dense, de ce tournant éthique et de cette postulation poétique à de nouvelles éclosions.…

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Sanmdi nwè

— Daniel Berté —
Emé ! O Emé ! Anmwé ! Soukou ! Nou pri !
An boul kalòt bilten-lapenn an djòl an Sanmdi
pou fè nou pèd lakat kon dé vié lanbi bat
Mé sa ki pèd lakat ?
Nou oben yo ?
O Emé ooo… Lévé!!! Ralé pié-yo !

Franz! O Franz! Anmwé ! Soukou ! Nou pri !
An lo kout-tjòk bilten-lapenn an bouden an Sanmdi
pou fè nou pèd larel ek trapé kakarel
Mé sa ki pèd larel ?
Nou oben yo ?
O Franz ooo… Lévé!!! Ralé pié-yo !

Edwa! O Edwa! Anmwé ! Soukou ! Nou pri !
An patjé kout-pié bilten-lapenn an tjou an Sanmdi
pou fè nou pèd lespri épi fè nou toudi
Mé sa ki pèd lespri ?
Nou oben yo ?
O Edwa ooo… Lévé!!! Ralé pié-yo !

Emé! Franz! Edwa! Anmwé ! Soukou ! Nou pri !
An vwéyaj won-bwa bilten-lapenn an tout kò an Sanmdi
Sa ki fè ki si fè nou antré an kolè,
ki lakat, larel, lespri, a tè,
garé an brèt-lin Yo
dé modi Sanmdi nwè ?!…

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Lire « Tropique de la violence. » de Natacha Appanah

— Par Françoise Dô (*)—

J’ai alors dit la chose la plus stupide de ma vie « Mais c’est la France ici quand même  » et Chebani a tellement ri qu’il en a eu les larmes aux yeux. (p.113)

Lire Tropique de la violence

Qu’est-ce que c’est? Très clairement accepter d’être emporté à Mayotte. 

J’ai pas envie… a été ma réaction naturelle. Pour quoi faire… a été ma seconde réaction naturelle. C’est une histoire qui se passe à Mayotte et « Mayotte, c’est la France et ça n’intéresse personne. » (Extrait de la page 112). 

C’est plutôt vrai. 

J’ai tout de même ouvert la première page pour lire les premières lignes à reculons. Quelques heures plus tard j’y étais toujours. Propulsée à Mayotte, par une écriture initialement au rythme quasi-frénétique. On croit à l’histoire de Marie mais il ne s’agit pas de cela. D’abord ébouriffée du voyage donc, puis giflée. Putain Mayotte quoi! J’ai brûlé comme peut brûler un pneu un jour de grève.…

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« L’insurrection de l’âme » de Raphaël Confiant

Autobiographie imaginée d’un Martiniquais dont l’oeuvre et la trajectoire marquèrent l’histoire non seulement de l’Algérie et du Tiers-monde, mais aussi du monde entier : Frantz Fanon, le «guerrier-silex» comme le définissait son compatriote Aimé Césaire.
Vie brève d’à peine trente-six années, assemblée à la manière d’un puzzle dont les pièces s’ajustent et se disjoignent, se recomposent pour mieux s’éloigner, entre l’île natale perdue-retrouvée, la France découverte dans sa vérité vraie, l’Algérie, sa patrie d’adoption, passionnément aimée et l’Afrique noire, terre longtemps rêvée.
Fulgurances d’une pensée qui brasse la psychiatrie, la psychanalyse, l’anthropologie, l’histoire, la sociologie et la littérature, qui sans cesse interroge, dissèque, dénonce, propose, exalte, avec comme souci primordial celui de l’Homme quelles que soient sa race, sa langue, sa religion, sa culture. Frantz Fanon a bâti une oeuvre d’une profondeur et d’une complexité redoutables dont le point d’orgue, Les Damnés de la terre (1961), demeure à ce jour une référence pour tous les peuples opprimés.
Derrière le théoricien et le militant révolutionnaire, l’éminent praticien hospitalier et le rédacteur du journal El Moudjahid, il y avait une personnalité hors du commun qui n’aimait pas se livrer, tout entièrement dévouée qu’elle était à la lutte contre l’oppression coloniale.…

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Patrick Chamoiseau : « Les frontières sont devenues des guillotines »

Le grand écrivain martiniquais publie « Frères migrants », une ode à la tolérance et à l’accueil. Entretien.

— Par Marie Lemonnier —

Drame majeur de notre temps, la question des migrants n’a trouvé aucune réponse dans notre monde actuel, comme si celle-ci s’avérait réellement impossible à concevoir à l’heure de la mondialisation marchande et du repli sur soi. Ce sont ainsi des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants qui sont abandonnés à la mort, transformant la Méditerranée en cimetière et nos frontières en murs de sang. Une catastrophe humanitaire, politique mais aussi poétique, souligne le grand écrivain martiniquais Patrick Chamoiseau, prix Goncourt 1992 pour «Texaco».

A l’occasion de la parution de son nouveau livre «Frères migrants», publié aux éditions du Seuil, il explique à «L’Obs» pourquoi la poésie doit en effet d’urgence revivifier nos systèmes de représentation afin de renouveler notre vision du monde, réinventer le sens de nos frontières et organiser une solidarité des souverainetés nationales. Dans une vibrante «Déclaration des poètes» qui clôt l’ouvrage (extraits à découvrir ici), il formule aussi les grands principes humains qui pourraient nourrir ce nouvel imaginaire et conduire à la «mondialité» voulue par son ami Edouard Glissant.…

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Frères migrants, les poètes déclarent…

« On ne peut pas laisser passer ça » : c’est ainsi qu’Édouard Glissant, en insistant sur le « on ne peut pas », convoquait son jeune complice Patrick Chamoiseau face aux urgences du Tout-Monde et des humanités en relation. Ce souvenir a été d’emblée rappelé par l’écrivain en introduction à la lecture de cette « Déclaration des poètes », mercredi 1er février à la Maison de la poésie à Paris, lors d’une soirée de « poétiques de la résistance » organisée par l’Institut du Tout-Monde fondé par Édouard Glissant.

L’esprit qui habite Frères migrants est le même qui avait inspiré Quand les murs tombent, ce manifeste contre le ministère de l’identité nationale et de l’immigration qu’ils avaient écrit ensemble en 2007. On y retrouve cette inspiration que, depuis Aimé Césaire (Discours sur le colonialisme) et Frantz Fanon (Les Damnés de la terre), la Martinique n’a cessé d’apporter au monde (lire sur Mediapart Martinique éveilleuse du monde).…

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« À chacun son big-bang… » de Jean-Robert Léonidas

Un regard neuf 5 ans après

— Par Hélène Tirole*

J’ai été frappée par le roman de Jean-Robert Léonidas À chacun son big-bang publié par les éditions Zellige, Seine-et-Marne, France.

Ancien professeur de médecine et à New York, Jean Robert Léonidas décide en 2008 de « quitter son exigeante épouse, la médecine, et de s’attacher à sa douce maîtresse, la littérature ».

Écrivain, poète, romancier, il enseigne la langue française, donne des conférences. Il en est maintenant à son dixième ouvrage, outre de nombreux articles publiés seul ou en collectif.

À la lecture de À chacun son Big-Bang, on comprend sans peine qu’il soit considéré comme une grande plume de la littérature francophone contemporaine.

Car Jean Robert Léonidas ne s’est pas contenté d’un simple roman biographique, reflétant une quête identitaire. En illustrant les mémoires d’un grand père dont la vie a été faite de migrations, voyages, rencontres et drame, Jean-Robert Léonidas contemple, réfléchit, analyse; Sur plusieurs échelons superposés.

« Nous devons plus à nos hésitations et à nos doutes qu’à nos certitudes lorsque il s’agit de résumer une vie », explique-t-il.…

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« Une si longue lettre d’amour – Et d’autres paroles », de José Robelot

5 mai 2017 à 16h 45, à la BU du Campus, Schoelcher

L’écrivain José Robelot sera présent à la BU du campus de Schoelcher vendredi 5 mai à 16h45 pour une rencontre/signature autour de son dernier ouvrage, Une si longue lettre d’amour – Et d’autres paroles (L’Harmattan, 2016).

Dans la lignée de ses prédécesseurs, poètes et écrivains marqueurs de la Parole caraïbe, José Robelot dresse le portrait sans concession d’une terre, d’un pays habité d’hommes et de femmes partagés entre la tentation de l’immobilisme et le désir de changement.
Ouvrage à la fois polémique, didactique, lyrique, épique, Une si longue lettre d’amour est un voyage au chaud de la réalité caribéenne dans ce qu’elle a de complexe, de dérangeant et de beau : le vivre ensemble. L’auteur se livre à un décryptage du pays aussi implacable que salutaire et revisite à sa manière les questions de mémoire, de « race », de liberté, de réparations, de partage de richesses, de pouvoir ou de protection de l’environnement.



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Slam et poésie urbaine au Lamentin

29 avril 2014 de 19 h à 22h

Le slam, qu’est-ce que c’est?

Popularisé par des vedettes renommées, le slam a connu un essor foudroyant depuis quelques années dans toute la Francophonie.

Les scènes slam se multiplient et accueillent de plus en plus de monde à Paris, Lyon, Bruxelles, Montréal, Lausanne, Fort-de-France, ainsi que dans de nombreuses villes plus petites.

Le slam réunit des personnes de tous les horizons et de tous les milieux sociaux et chacun, chacune, selon son envie, peut monter sur scène pour dire un texte au public. Seules quelques règles assurent que personne ne monopolisera la soirée :

3 minutes maximum par poème
pas de musique (eh oui !)
pas de costume
pas de décors
pas d’accessoire.

Le slam a donné un véritable coup de fouet à l’art de la poésie orale.

Parfois, les sessions de slam sont organisées en tournois : un jury est choisi parmi le public pour élire le meilleur slameur ou la meilleure slameuse de la soirée.…

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Littérature et théâtre, pour affirmer notre humanité

— par Janine Bailly —

Littérature : Ta-Nehisi Coates : Le grand combat

Théâtre : Aimé Césaire : La tragédie du roi Christophe

A l’heure où une partie de la France, pour contrer justement la montée des racismes et de la xénophobie, s’apprête à voter, contre ses convictions intimes, en faveur d’un candidat qui n’est pas plus celui de son choix que celui des humbles, à l’heure où surgissent, venues de différents horizons, des créations artistiques qui nous parlent de notre monde, de ses pulsions inavouables, des souffrances infligées à maintes communautés, il me semble bon de parler des luttes courageuses qui y afférent. Car, ainsi que le dit le musicien Jordi Saval sur la station radiophonique France Inter, il faut que les arts, quels qu’ils soient, servent à quelque chose et, « si la musique, et les autres arts, ça ne sert pas pas à faire que les êtres soient meilleurs, alors ça ne sert à rien ! »· Comment ne pas le croire, lui qui est allé dans la jungle de Calais offrir aux émigrés, « gens qui fuient l’horreur de la guerre, hommes en détresse » le réconfort d’un généreux concert⋅

Interpellée par l’article « Je ne suis pas votre nègre », paru sur le site Madinin’Art, il me faut ici parler d’identité noire, puisque dire que le problème de couleur n’existe pas s’avère malheureusement être encore du domaine de l’utopie.…

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Pour éviter le pire…

Le soir du second tour des élections présidentielles la ville s’embrase, le pire est arrivé. David se retrouve à déambuler face aux émeutes et à sa vie ratée. Mina, elle, a préféré s’embarquer sur un cargo vers les Antilles pour ne pas assister à la débâcle. Deux êtres en proie à l’impuissance d’aimer qu’une nuit de cataclysme va profondément changer. Deux voyages intérieurs qui s’entremêlent en fiévreuses et subtiles sinuosités. Eric Pessan poursuit une œuvre singulière, souvent mélancolique, explorant les liens étroits entre la vie intime et le désarroi collectif, qui empêche parfois jusqu’à la possibilité de se réinventer. Eric Pessan anime des ateliers d’écriture et des rencontres littéraires. Auteur de pièces de théâtre, de fictions radiophoniques, de textes en collaboration avec des plasticiens, ses premiers romans sont parus à La Différence et au Seuil. Il a publié chez Albin Michel Incident de personne, Muette, Le démon avance toujours en ligne droite.
Eric Pessan
ISBN : 222632870X
Éditeur : Albin Michel (02/01/2017)

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Un roman qui croise les doigts pour éviter le pire

Que faire face à la victoire électorale du parti de la haine, tourner en rond ou s’embarquer pour ailleurs où un monde toujours semblable vous rejoint ?

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Parutions : nouveautés du 23-04-2017

PÒTRÉ-PÒTRÉ A…

Portraits créoles

d’Alain Rutil

Cet ouvrage est un recueil de 42 portraits de gens ordinaires, chargés de certains attributs de la société guadeloupéenne. Il permettra de se regarder dans le miroir non déformant de la complexité des relations, dans la riche mosaïque de la langue et de la culture du Pays Guadeloupe. Le lecteur y trouvera son compte de réalités épiques, d’une langue généreuse, expression d’une culture faite d’aliénations, d’assimilations, mais aussi de résistances créatrices. Tous ces portraits qui nous sont offerts expriment autant le plaisir que la douleur des relations humaines.

(Ouvrage en créole)

 

226 pages • 21 euros• avril 2017

EAN : 9782343118871…

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Aménagement du créole et du français

Plaidoyer pour la création d’une Secrétairerie d’État aux droits linguistiques en Haïti

— Par Robert Berrouët-Oriol, linguiste-terminologue —

Montréal, le 20 avril 2017

L’épineuse « question linguistique haïtienne » –étudiée par Pradel Pompilus entre autres dans sa thèse de doctorat soutenue à la Sorbonne en 1961, « La langue française en Haïti »–, fait régulièrement la « Une » dans les médias, au pays comme en outre-mer. De différentes manières, elle est mise en débat tant par de simples citoyens que par des enseignants et des linguistes. De plus en plus nombreux sont ceux qui s’efforcent de mieux comprendre cette complexe problématique linguistique et des linguistes s’efforcent de la dénouer à la lumière des sciences du langage. Pour notre part, nous avons une nouvelle fois contribué à cet éclairage par la publication, le 7 février 2017, du texte « Les grands chantiers de l’aménagement linguistique d’Haïti (2017 – 2021)i » qui expose à la fois une claire vision de l’aménagement concomitant de nos deux langues officielles et l’impératif de la formulation/mise en œuvre de la première politique linguistique nationale de l’État haïtien qui saura instituer pareil aménagement.…

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Omaj pou Mèt Jan Bernabé

— ParTous créoles! —
Notre route a croisé en 2010 celle de Monsieur Jean Bernabé, professeur émérite des universités, alors qu’au nom de l’association « Tous Créoles ! » nous tentions un rapprochement avec nos intellectuels martiniquais. Cependant, inscrite depuis déjà trois ans dans le paysage sociétal local, notre association suscitait visiblement méfiance et rejet de la part de nos divers écrivains, sociologues, universitaires et autres penseurs. Pourtant, notre objectif clairement affiché de « contribuer à l’édification d’une communauté créole apaisée, solidaire et affranchie de tout sectarisme » aurait dû nous faciliter l’approche de ces prescripteurs martiniquais.  Car leur position et leur notoriété les placent en situation d’être suivis et écoutés par un grand nombre, ce qui leur fait devoir de tenir un discours d’apaisement et d’unification.
Dans le groupe restreint des penseurs libres, le professeur Bernabé a accepté la « Rencontre avec l’Autre », ayant eu la clairvoyance et l’ouverture d’esprit –qui n’est pas une fracture du crâne !- de comprendre que l’association « Tous Créoles ! » est loin d’être une organisation de promotion ou de défense des Blancs créoles ou Békés, mais bien une initiative spontanée, partagée entre de nombreuses personnes de bonne volonté.…

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Parutions : nouveautés du 20/04/2017

NOUVELLES ANTILLAISES DU XIXE SIÈCLE

Une anthologie

Barbara T. Cooper, Roger Little

Présentation de Barbara T. Cooper avec la collaboration de Roger Little

 Les histoires dans cette anthologie mettent en scène des relations difficiles entre Noirs et Blancs et le poids des préjugés et des méfaits du système colonial. L’héroïsme et le sacrifice des Noirs sont parfois romancés dans ces œuvres, mais sont surtout destinés à souligner leur humanité, à dénoncer leurs souffrances aux mains de maîtres cruels et égoïstes ou en conséquence d’idéologies et d’attitudes irréfléchies. Composé de textes peu ou pas connus, ce volume intéressera ceux qui veulent découvrir de nouvelles facettes de la représentation des Noirs dans les fictions du XIXe siècle.

  « Parler encore de nos jours de la stupidité native des nègres, c’est faire preuve d’une inepte ignorance ou de préjugé que nous appellerons créoles, pour montrer tout l’excès de leur folie. »

Victor Schoelcher, Journal de voyage en Égypte (1844)

« Socialement, l’esclave est un cadavre vivant qui ne doit penser, vouloir, aimer selon ses penchants.

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