Littératures

Cimarrón : nouvelle maison d’édition de production caribéenne

Note des éditeurs-producteurs

C’est avec une immense fierté que nous vous présentons aujourd’hui Cimarrón EdiProd !
Cette création d’entreprise est le résultat d’un long parcours fait de doutes, de découragements, de jugements, d’accusations de folie, d’inconscience ou
de prise de risque, mais aussi de tant d’instants de grâce, de joie et, disons-le, de bonheur.
Bonheur quand les auteures sollicitées pour l’anthologie ont dit un oui franc et enthousiaste ; quand les artistes se sont mis à nous soumettre les projets auxquels ils avaient fini par renoncer ; quand les ami (e)s, simples connaissances, ou les professionnels se sont mis à saluer la naissance d’une telle structure ! Bonheur de tenir entre nos mains la première publication, une anthologie de paroles de femmes de Martinique !
Nous y croyons ! Portés par vous, nous irons loin, au coeur de notre volcanique et fécond archipel !
NICOLE CAGE, ANNE FLORENTINY, JOSÉ ZÉBINA

NICOLE CAGE, À L’ORIGINE D’UN PROJET AUDACIEUX
Je suis heureuse de vous présenter aujourd’hui un projet que j’ai porté en moi pendant très très très longtemps, un très très très vieux rêve !…

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Droits linguistiques en Haïti : l’indispensable implication des institutions des droits humains

— Par Robert Berrouët-Oriol, linguiste-terminologue —

Depuis la parution en 2011 du livre de référence « L’aménagement linguistique en Haïti : enjeux, défis et propositions » (ouvrage collectif coécrit et coordonné par le linguiste Robert Berrouët-Oriol, Éditions de l’Université d’État d’Haïti et Cidihca), la vision des droits linguistiques au pays fait lentement son chemin et elle s’avère rassembleuse. Cette neuve manière de situer la question linguistique haïtienne –loin des mirages de la diglossie et des errements idéologiques des prédicateurs du « tout en créole tout de suite »–, éclaire une problématique fort complexe déjà abordée avec hauteur de vue par le linguiste Pradel Pompilus dans « Le problème linguistique haïtien » (Éditions Fardin, Port-au-Prince, 1985). L’un des enseignements majeurs du grand éducateur que fut Pradel Pompilus est qu’il ne faut pas diaboliser l’une ou l’autre de nos deux langues officielles au motif que l’une d’elles, le français notamment, serait en soi la cause première du naufrage du système éducatif national.

Dans un article paru le 11 octobre 2017 dans Le National, à Port-au-Prince, « Droits linguistiques et droits humains fondamentaux en Haïti : une même perspective historique », nous avons à nouveau situé la problématique des droits linguistiques en Haïti dans le dispositif plus large des droits humains fondamentaux.…

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« Héritages de Frantz Fanon dans les arts et la littérature des Amériques »

Journées d’étude : 15 décembre 2017 (Tours) et 6 avril 2018 (Dijon)

Interactions culturelles et discursives (ICD) – EA 6297 – Université François-Rabelais de Tours

Centre Interlangues – Texte, image, langage – EA 4182 – Université de Bourgogne-Franche-Comté

« Encore un livre sur Fanon ? », s’interrogeait il y a quelques années Lylian Kesteloot dans sa préface à l’ouvrage Frantz Fanon, l’homme de rupture, d’Abdelkader Benarab (2010 : 9). On pourrait en dire autant des présentes journées d’étude autour de la figure emblématique de Frantz Fanon, à la « pensée métamorphique » (Mbembé 2012 : 9), dont l’œuvre « a permis la constitution d’un champ d’études foisonnant, rhizomatique et, aujourd’hui, de portée planétaire. » (Mbembé 2011 : 12) L’universalité et l’actualité de Fanon ne font en effet aucun doute, comme en témoigne l’abondance, en ce début de millénaire, de littérature critique et d’événements qui lui sont consacrés, tant en France qu’en Europe, en Afrique ou dans les Amériques[1]. Cependant, le champ des études fanoniennes présente deux lacunes : d’une part, il ne s’est que minoritairement intéressé à l’impact de la pensée de Fanon dans les arts et la littérature, les lectures sociologiques, historiques ou psychologiques étant largement dominantes.…

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Frèw Frantz…

— Par Daniel M. Berté —

Frèw Frantz…
Wou nonm lavayantiz ki disidans alé
Wou épi Mèt Manville ki pati pou lité
Wou ki sé chaltouné ba pèp kolonizé

Frèw Frantz…
Wou flanbo ki kléré konsians lé Felaga
Wou psikiat ki pansé lé nanm an délala
Wou ki pou la Libèté mennen an gran konba

Frèw Frantz…
Wou ki té ni vizion ka touché lorizon
Wou nonm ki travay red ek angagé’w a fon
Wou nonm ki wè lézòt kon nonm an pozision

Frèw Frantz…
Wou ki djérié silex misié Emé Sézè
Wou ki té gid-flanbo lé mas ki an malè
Wou lotè tex fondok gran mapipi matjè

Frèw Frantz…
Baw frèw Frantz Fanon, nonm ka entérojé
Baw frèw Frantz Fanon, bien ba man ka salié
Baw frèw Frantz Fanon lonnè épi respé…

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Politique linguistique nationale et politique linguistique éducative en Haïti : une nécessaire convergence historique

— Par Robert Berrouët-Oriol, Linguiste-terminologue —

L’ample accueil réservé par de nombreux internautes à nos deux derniers articles sur la politique linguistique éducative en Haïti (Le National, Port-au-Prince, 15 et 23 novembre 2017) nous porte à expliciter davantage cette notion, cette fois-ci, au regard de la notion centrale de politique linguistique nationale. Dans ces deux articles, nous avons démontré que l’actuel Exécutif Tèt kale, peu soucieux du droit à l’éducation et des droits linguistiques de l’ensemble de la population haïtienne, accorde un faible budget au secteur éducatif. Ce budget s’élève à 10 milliards de gourdes en ressources internes (160 771 704 dollars US), soit 6.9% du budget global de l’État qui, lui, se chiffre à 144 milliards de gourdes, soit 2 315 112 540 dollars US. Le faible financement du secteur éducatif public (qui représente 20 % de l’offre éducationnelle) où les enseignants doivent se battre constamment pour être payés par l’État employeur est également lié à la nature foncièrement néoduvaliériste du régime Tèt kalé.

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Jou tala, 5 Désanm 2013…

— Par Daniel M. Berté —

I – Matnik…
 Le soleil arachnéen blessait furieusement la Terre à coups de rayons denses et amers et bleuissait douloureusement les cœurs… Jour de malheur…

Lèy té foukan dômi, lalin té ka lévé entjièt kon an tatjièt adan an finèt nèf, pou ba maléré an soufrans an ti dousin klarté… Jou movèzté…

Le soleil scorpionnite dardait ses rayons assoiffeurs qui brûlaient bêtes et roches, hommes et plantes dans sa géhenne infernale… Jour fatal…

Van lalizé té ka fàmen djiôl-I kon lanmen boug chis èk raden toutalafwa ki pa lé baw an sikdôj ajijéwè an akakwèl, èk tout dlo kouri séré dé dègré pli ba ki kabann vètè…. Jou malè…

Le soleil trigonocéphalique strangulait la souffrance gratellisée en fourmis rouges de ces êtres étranges des champs de cannes mortifères… Jour de chimère…

Latè fann kon zékal tôti, piébwa pèd fèy, Zandoli rantré majôl-yo èk arété pran glisad anlè fèy koko… Jou bobo…

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« Je m’en fous », disait Agota Kristof

— Par Didier Jacob —

Tic-tac de l’horloge dans l’appartement sombre où la romancière se tait. Agota Kristof est un écrivain pauvre de paroles. Auteur du «Grand Cahier», cet exercice de cruauté qui la fit connaître, en 1986, comme la fille de Beckett et de Cioran, elle n’a faim de grandes phrases ni de hautes significations.

Composé de textes anciens retrouvés aux archives de la Bibliothèque de Berne, son livre «C’est égal» est un magnifique précipité d’inquiétude et de découragement, une suite de textes réalistes et absurdes qui semblent avoir été jetés, il y a quarante ans, dans une boîte aux lettres dont le facteur viendrait seulement de relever le courrier.

Comment Agota, jeune fille née en 1935 dans un petit village hongrois, en est-elle arrivée là? Elle grandit au milieu des poules, des oies et des canards, dans une ferme dénuée de tout confort – électricité, téléphone, eau courante et pain quotidien. Avec la guerre, l’enfance a faim. Mais l’amour la console des brûlures d’estomac:

« J’avais 6 ans.

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La Martinique et la Catalogne

— Par Michel Herland —

À l’exception des Écossais, les responsables politiques de tous bords condamnent à qui mieux mieux les aspirations des Catalans à l’indépendance. Que les chefs d’État européens et le président de leur Conseil se montrent opposés à une telle volonté d’émancipation se comprend aisément : ils redoutent qu’une Catalogne indépendante n’encourage des mouvements séparatistes à l’intérieur de leurs propres frontières. Les États centralisés sont hostiles par nature à une autonomie un tant soit peu poussée ; même les États fédéraux (comme l’Allemagne) n’ont aucune envie que leur territoire se réduise, ni même de déléguer à l’échelon inférieur davantage de compétences que celles qui sont déjà les siennes. La règle, en l’occurrence, est simple : nul ne souhaite la diminution de ses pouvoirs. En France, l’enchevêtrement des compétences entres les différents niveaux de la puissance publique (départements, régions, État, pour s’en tenir à quelques-uns !) illustre bien l’impossibilité d’une véritable décentralisation dans un pays dont la tradition est à l’opposé. Ainsi, alors que la construction et l’entretien des bâtiments des établissements d’enseignement sont de la compétence des autorités locales, le ministère de l’Éducation « nationale » demeure une administration tentaculaire (le « mammouth ») et toute puissante.…

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Littérature : nouveautés de novembre 2017

Cognitis enim pilatorum caesorumque funeribus nemo deinde ad has stationes appulit navem, sed ut Scironis praerupta letalia declinantes litoribus Cypriis contigui navigabant, quae Isauriae scopulis sunt controversa.

Huic Arabia est conserta, ex alio latere Nabataeis contigua; opima varietate conmerciorum castrisque oppleta validis et castellis, quae ad repellendos gentium vicinarum excursus sollicitudo pervigil veterum per oportunos saltus erexit et cautos. haec quoque civitates habet inter oppida quaedam ingentes Bostram et Gerasam atque Philadelphiam murorum firmitate cautissimas. hanc provinciae inposito nomine rectoreque adtributo obtemperare legibus nostris Traianus conpulit imperator incolarum tumore saepe contunso cum glorioso marte Mediam urgeret et Parthos.

Post hoc impie perpetratum quod in aliis quoque iam timebatur, tamquam licentia crudelitati indulta per suspicionum nebulas aestimati quidam noxii damnabantur. quorum pars necati, alii puniti bonorum multatione actique laribus suis extorres nullo sibi relicto praeter querelas et lacrimas, stipe conlaticia victitabant, et civili iustoque imperio ad voluntatem converso cruentam, claudebantur opulentae domus et clarae.

Tantum autem cuique tribuendum, primum quantum ipse efficere possis, deinde etiam quantum ille quem diligas atque adiuves, sustinere.…

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Le ciel de la philosophie, le sel de la poésie

 

— Par Nicolas Dutent —

Que pense le poème ? d’Alain Badiou. Nous, 192 pages, 20 euros

« La Cité dont nous venons d’établir le principe est la meilleure, grâce aux mesures prises à l’encontre de la poésie ». La citation est glaçante, comme un son perçant dans la nuit. Ce coup porté à la poésie, entendue comme mimèsis,​ ne vient pas de nulle part. Il est asséné par le premier philosophe, Platon, du côté d’Athènes, à l’époque classique. C’est à partir de ces prémisses, de cette méfiance lointaine qui ressemble désormais à un contentieux, que le philosophe Alain Badiou invite rapidement le lecteur à se frotter à sa problématique : Que pense le poème ? Il fallait un amoureux de la poésie et un philosophe savants pour démêler un tel nœud philosophique.

Voilà pour le décor. Mais quel paysage avons-nous sous les yeux ? Si la poésie compte encore des alliés, force est de constater que « le décompte culturel est oublieux du poème.…

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« Sucre noir », de Miguel Bonnefoy

Dans un village des Caraïbes, la légende d’un trésor disparu vient bouleverser l’existence de la famille Otero. À la recherche du butin du capitaine Henry Morgan, dont le navire aurait échoué dans les environs trois cents ans plus tôt, les explorateurs se succèdent. Tous, dont l’ambitieux Severo Bracamonte, vont croiser le chemin de Serena Otero, l’héritière de la plantation de cannes à sucre qui rêve à d’autres horizons.

Au fil des ans, tandis que la propriété familiale prospère, et qu’elle distille alors à profusion le meilleur rhum de la région, chacun cherche le trésor qui donnera un sens à sa vie. Mais, sur cette terre sauvage, la fatalité aux couleurs tropicales se plaît à détourner les ambitions et les désirs qui les consument.

Dans ce roman aux allures de conte philosophique, Miguel Bonnefoy réinvente la légende de l’un des plus célèbres corsaires pour nous raconter le destin d’hommes et de femmes guidés par la quête de l’amour et contrariés par les caprices de la fortune.…

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« La nostalgie de l’honneur » de Jean-René Van der Plaetsen : Prix Interallié et Prix Jean Giono 2017

Le romancier, déjà récompensé le mois dernier par le prix Jean Giono, a été choisi au 3e tour avec 7 voix contre 3.

L’écrivain et journaliste, Jean-René Van der Plaetsen, a reçu mercredi le prix Interallié pour La nostalgie de l’honneur (Grasset), un essai consacré à la figure de son grand-père, le général Jean Crépin, Compagnon de la Libération et héros de la 2e DB.

Gaulliste de la première heure, héros de Bir Hakeim. Le romancier, déjà récompensé le mois dernier par le prix Jean Giono, a été choisi au 3e tour avec 7 voix contre 3 pour François-Henri Désérable (Un certain M. Piekielny) et 1 pour Nicolas d’Estienne D’Orves (La gloire des maudits). La nostalgie de l’honneur est le premier livre de Jean-René Van der Plaetsen, directeur délégué de la rédaction du Figaro Magazine.

Son récit retrace le destin de son grand-père, gaulliste de la première heure, héros de Bir Hakeim, compagnon du maréchal Leclerc pendant la bataille de France avant d’être commandant en chef en Algérie puis président de l’Aérospatiale.…

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Politique linguistique éducative en Haïti : surmonter l’inertie, instituer l’aménagement simultané du créole et du français

— Par Robert Berrouët-Oriol, Linguiste-terminologue

 

En 2017, la république d’Haïti dispose-t-elle, au ministère de l’Éducation nationale, d’une politique linguistique éducative mise en œuvre à l’échelle nationale ? En a-t-elle d’ailleurs le projet sinon la volonté politique ou encore le souci ? Pour répondre adéquatement à ces questions il faut à la fois observer/analyser les faits et se référer aux données consignées dans des sources documentaires fiables.

Dans un premier temps, on prendra toute la mesure du poids démographique de la demande massive de scolarisation au pays depuis les années 1964. Car si les statistiques semblent parfois se contredire, elles ont au minimum la vertu d’indiquer des pistes d’analyse à explorer. Ainsi, la direction de la Planification et de la coopération externe (DPCE) du ministère de l’Éducation nationale a publié les résultats du «  Recensement scolaire 2010-2011  » [document de 200 pages non daté, consulté le 10 novembre 2017 sur le site du MÉN]  : dans le secteur public qui comprend environ 20% des écoles du pays, «  Le recensement de 2010-2011 a permis (…) de dénombrer dans l’ensemble des 10 départements scolaires 3 477 écoles et 624 095 élèves pour le niveau secondaire. » Le lecteur attentif demeure pantois devant l’abondance des chiffres consignés dans ce document… On y trouve, par exemple, la « répartition des écoles du 3 ème cycle fondamental et du secondaire par secteur, selon le milieu et la nature du toit, du parquet, des murs, du nombre de vacations, des années d’études, des sexes », etc.…

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Apprendre à lire / écrire le créole martiniquais

L’atelier d’étude du créole martiniquais ouvre de nouveau ses portes…

Objectif : *apprendre à lire / écrire le créole martiniquais

*étudier son fonctionnementgraphique, lexical, grammatical, syntaxique, sémantique.

Cet atelier, animé par l’écrivain Daniel Boukman sur le Campus de Schoelcher, s’adresse aux créolophones natif-natal, d’option ou d’adoption.

Renseignements complémentaires

galta972@gmail.com 0696 94 32 20

cireccamartinique@gmail.com 0696 73 68 28

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Le prix Médicis attribué à Yannick Haenel pour « Tiens ferme ta couronne »

Le prix Médicis a été décerné ce jeudi midi à Yannick Haenel pour « Tiens ferme ta couronne », paru chez Gallimard. L’auteur, né à Rennes, avait déjà été couronné en 2009 du prix Interallié pour « Jan Karski ».

Déjà en lice pour le prix Goncourt, Yannick Haenel remporte le prix Médicis 2017 pour son roman Tiens ferme ta couronne (Gallimard).

À 50 ans, Yannick Haenel, né à Rennes et passé par le Prytanée militaire de La Flèche, dans la Sarthe, est un auteur confirmé. Il a obtenu le prix Interallié 2009 avec Jan Karski, et le prix Décembre 2007 avec Cercle. Il a aussi publié Les Renards pâles en 2013. Il est également artiste associé au Théâtre National de Bretagne (TNB).

Finaliste malheureux du Grand prix du roman de l’Académie française et du prix Goncourt, Haenel a été choisi au 4e tour, a annoncé Frédéric Mitterrand, membre du jury Médicis. Yannick Haenel a sans doute trouvé le meilleur titre de cette rentrée littéraire 2017 : Tiens ferme ta couronne.…

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Hommage au dramaturge Marius Gottin

Soirée littéraire à la BU Martinique mardi 14 novembre 2017

« Né en 1949 à Fort de France, je noircis des feuillets depuis mon enfance (…). Scribouillard impénitent mais paresseux, je m’entête à taper encore et toujours sur un ordinateur qui, peu charitable, se marre mais se marre…des refus des maisons d’édition ou des comités de lecture. « 

Ainsi parlait Marius Gottin à propos de lui-même, avec une ironie distante conforme à ce personnage aux appétits multiples. Homme d’écriture, homme de théâtre, militant associatif, voix et figure majeures de Radio Balisier, de RCI ou du Sermac*, il aura endossé tous les rôles de l’expression culturelle et accompagné avec talent la vie artistique martiniquaise, des bouillantes années 1970-80 jusqu’à son départ brutal en 2011, à 61 ans.

Six ans après sa disparition, l’association Écritures Théâtrales Contemporaines en Caraïbe vous convie à une soirée d’hommage à Marius Gottin mardi 14 novembre à 18 h45, à la BU du campus de Schoelcher, partenaire de l’opération.…

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Le Femina couronne « le justicier » Philippe Jaenada pour « La serpe »

Paris – Une injustice est réparée. Philippe Jaenada, l’écrivain régulièrement salué par la critique mais systématiquement oublié des prix littéraires, a enfin reçu mercredi l’un des plus convoités, le Femina, pour « La Serpe » (Julliard), livre sombre et plein d’empathie.

« Je suis profondément touché. A l’extérieur, ça ne se voit pas mais à l’intérieur, je frétille, je sautille, je galope, je bondis… C’est un grand plaisir », a réagi Philippe Jaenada en recevant son prix.

Le romancier, âgé de 53 ans, a été choisi par le jury, exclusivement féminin, au 5e tour de scrutin par six voix contre quatre à Véronique Olmi (« Bakhita », Albin Michel), déjà finaliste malheureuse du Goncourt lundi.

Le jeune romancier franco-vénézuélien Miguel Bonnefoy, auteur de « Sucre noir » (Rivages) « a également obtenu des voix », a précisé Danièle Sallenave, la présidente du jury Femina (et par ailleurs membre de l’Académie française).

Le Femina étranger a été attribué au romancier américain John Edgar Wideman, 76 ans, pour « Écrire pour sauver une vie, le dossier Louis Till » (Gallimard), récit basé sur un fait divers raciste survenu aux États-Unis en 1955 tandis que le Femina essai a été décerné à Jean-Luc Coatalem, 58 ans, pour « Mes pas vont ailleurs » (Stock) qui revient sur la figure de l’écrivain voyageur Victor Segalen.…

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Prix littéraires : le Goncourt à Éric Vuillard, le Renaudot à Olivier Guez

— par Christine Siméone —

Le prix Goncourt est attribué à Eric Vuillard pour « L’Ordre du jour ». Le Renaudot revient à Olivier Guez pour « La Disparition de Josef Mengele ». Deux livres qui mettent en jeu l’histoire récente de l’Europe.

Le roman d’Eric Vuillard, L’Ordre du jour, que le jury Goncourt récompense, est paru début 2017 chez Actes Sud. Eric Vuillard a déjà obtenu le Prix Vialatte pour ce livre, dans lequel il raconte les coulisses de l’Anschluss – l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne en 1938 – en une centaine de pages seulement. C’est un récit très incisif, dans lequel l’auteur piste dans chaque détail des scènes décrites, l’état psychologique ou la moralité des personnages.

Il démonte la mécanique qu’Hitler a mise en place pour mettre son voisin autrichien à genou. Comme au théâtre, on y voit les plus importants responsables de l’époque entrer ou sortir d’un jeu qui sera fatal à l’Europe.
À lire

Culture

Mieux comprendre l’histoire des temps dont nous sommes faits grâce à Eric Vuillard

Il est rare qu’un roman paru bien avant la rentrée littéraire (en mai exactement) se retrouve parmi les finalistes du Goncourt.…

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Seychelles : « Le festival créole joue un rôle phare de dynamisation de la créolité internationale »

— Par Rodolf Etienne —

Kreyol oliwon late-a

Seychelles : « Le festival créole joue un rôle phare de dynamisation de la créolité internationale »

Lancé en 2014, le seul institut créole de tout l’Océan Indien, l’Institut Créole des Seychelles, répond à la nécessité de valorisation de l’identité, la culture et la langue créoles, manifestée depuis toujours par la communauté créole de l’île. Penda Choppy, la directrice de l’Institut, nous présente la créolité seychelloise dans ses grandes lignes.

Vous dirigez le seul Institut créole de tout l’Océan Indien. Quelle place occupe aujourd’hui le créole dans la culture et l’identité seychelloises ?

Depuis sa reconnaissance comme langue maternelle dans les années 80, le créole seychellois est très cher au peuple des Seychelles. L’existence d’un institut créole, et en premier lieu, le festival créole annuel assure une promotion continuelle pendant tout l’année de l’identité et de la culture créoles. Entre ces deux institutions, la participation des différentes couches de la société dans le développement de notre culture et notre langue créole est assuré : les écoles, les artistes, les jeunes, le service public, les médias, les gens âgés, la secteur privée…

Quelles sont les principales missions de l’Institut créole des Seychelles ?

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Littérature : nouveautés octobre 2017

Cognitis enim pilatorum caesorumque funeribus nemo deinde ad has stationes appulit navem, sed ut Scironis praerupta letalia declinantes litoribus Cypriis contigui navigabant, quae Isauriae scopulis sunt controversa.

Huic Arabia est conserta, ex alio latere Nabataeis contigua; opima varietate conmerciorum castrisque oppleta validis et castellis, quae ad repellendos gentium vicinarum excursus sollicitudo pervigil veterum per oportunos saltus erexit et cautos. haec quoque civitates habet inter oppida quaedam ingentes Bostram et Gerasam atque Philadelphiam murorum firmitate cautissimas. hanc provinciae inposito nomine rectoreque adtributo obtemperare legibus nostris Traianus conpulit imperator incolarum tumore saepe contunso cum glorioso marte Mediam urgeret et Parthos.

Post hoc impie perpetratum quod in aliis quoque iam timebatur, tamquam licentia crudelitati indulta per suspicionum nebulas aestimati quidam noxii damnabantur. quorum pars necati, alii puniti bonorum multatione actique laribus suis extorres nullo sibi relicto praeter querelas et lacrimas, stipe conlaticia victitabant, et civili iustoque imperio ad voluntatem converso cruentam, claudebantur opulentae domus et clarae.

Tantum autem cuique tribuendum, primum quantum ipse efficere possis, deinde etiam quantum ille quem diligas atque adiuves, sustinere.…

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Aimé Césaire, le porteur de clarté

— Par Max Pierre-Fanfan —

Aimé Césaire (26 juin 1913-17 avril 2008) nous laisse en héritage une parcelle d’humanité. Ce porteur de clarté a transformé le destin des peuples noirs en conscience et érigé en conquête ce qui avait été subi, en l’occurrence, l’esclavage et la colonisation…Poète et homme politique, « sa bouche fut la bouche des malheurs qui n’ont point de bouche et sa voix, la liberté de celles qui s’affaissent au cachot du désespoir ». Sa parole n’a jamais été autant d’actualité. Elle s’adresse derechef à des milliers d’hommes et de femmes à qui, on a inculqué et on continue d’inculquer savamment la peur, le complexe d’infériorité, le tremblement, l’agenouillement, le désespoir, le « larbinisme »…

La négritude n’a jamais été à ses yeux « une prétentieuse conception de l’univers, ni une philosophie encore moins une métaphysique ». C’était, selon lui, « une manière de vivre l’histoire dans l’histoire; l’histoire d’une communauté dont l’expérience apparaît à vrai dire singulière, avec ses déportations de populations, ses transferts d’hommes d’un continent à l’autre, les souvenirs de croyances lointaines, ses débris de cultures assassinées ».…

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Mort du romancier malien Yambo Ouologuem, premier « Renaudot » africain qui fit scandale

— Par Muriel Steinmetz —

En 1968, il avait reçu le Prix Renaudot pour son roman le Devoir de violence. Oeuvre monumentale, lyrique qui fit scandale à sa sortie, a pu apparaître comme l’une des premières œuvres en contradiction avec le postulat de la « Négritude ».

L’écrivain Yambo Ouologuem s’est éteint dimanche dernier à Sévaré, dans le centre du Mali, son pays natal. Il avait 77 ans. Né à Bandiagara en 1940 dans l’ethnie dogon, fils d’un forgeron, il avait en 1968 reçu le Prix Renaudot pour son roman le Devoir de violence, œuvre monumentale, lyrique, composée dans une langue étincelante. Dans ce grand roman à clefs, il retraçait, depuis le 13ème siècle, la geste des Saïfs, conquérants et maîtres de l’empire mythique Nakem. Il y mettait entre autres en scène les démêlés des Peuls, désignés comme « Négro-Juifs » et des Dogons, conquis par eux et réduits en esclavage. L’écrivain et ethnologue Amadou Hampâté Bâ (1900-1991), connu comme ardent défenseur de la tradition orale africaine, lui aussi natif de Bandiagara, vit dans le livre de Ouologuem un odieux procès intenté aux Peuls de la région.…

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Eléments pour un dictionnaire historique du créole guadeloupéen.

Titre : Eléments pour un dictionnaire historique du créole guadeloupéen. Choukam Kréyol Gwadloup Zouti 1 : Eritaj
– Auteur : Hector Poullet
– Date de sortie en librairie : 28 octobre 2014 (Journée internationale du Créole)
– ISBN : 9782917623817
– Résumé : Etymologie de mille mots créoles du créole.
D’où nous vient une bonne partie du vocabulaire créole que nous utilisons aujourd’hui? En grande part de la langue française, certes, mais pas uniquement. L’échantillon de mots créoles que vous avez en main n’est bien sûr qu’un aperçu, mais il peut être considéré comme représentatif de la langue. Aussi nous pouvons dire que notre parler créole de tous les jours a gardé non seulement une belle part d’héritage de mots amérindiens, des survivances de différentes langues africaines, de nombreuses traces d’archaïsmes français ou des langues régionales de France, mais également des apports de l’Hindi ou du Tamoul, des mots empruntés à l’Anglais, à l’Espagnol, voire au Portugais. Et comment pourrait-il en être autrement quand on connait l’histoire du peuplement de cette partie du monde?…

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« La fin de Mame Baby » : un essai transformé !

— par Janine Bailly —

De Gaël Octavia, nous connaissons déjà le talent de dramaturge, pour avoir eu la chance d’assister, sur la scène foyalaise à la représentation de Congre et Homard, puis de Cette guerre que nous n’avons pas faite. À la médiathèque du Saint-Esprit, nous avons pu, dans le cadre d’une Carte Blanche proposée en 2017 par Rencontres pour le lendemain, découvrir un peu de sa vie, écouter ce qu’avaient à nous en dire ses parents, sa sœur plus particulièrement, ses amis : est-ce pour cela que j’ai cru déceler quelque chose d’elle dans ses pages ?

Car voici à présent que se dévoile une nouvelle facette de la jeune femme, qui pour la première fois s’essaie avec bonheur au roman. Elle nous livre La fin de Mame Baby, roman paru chez Gallimard, dans la collection “Continents noirs”. Une réussite, un premier pas pour celle qui, n’en doutons pas, saura se frayer un chemin sûr dans la jungle de l’édition.…

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Kimafoutiésa ?

— Par Daniel M. Berté —

Kimafoutiésa !? Koré Kréyol konsa !?
Kèlekeswa kaw fè pou korijé mwen
Man ka’y kontinié kozé Kréyol
Kwatès !? Kisaw kwè !? Kisaw konprann !?
Sakré kalté koumandè kontrolè kiw yé !

Kelkiswa kout-zié
Kisiswa kout-lang
Kelkanswa kout-djòl
Kekswa kout-kankan

Koumansifè !? Kapoté Kréyol konsa !?
Kèlekeswa kaw fè pou kontré mwen
Man ka’y kontinié kozé Kréyol
Keskiya !? Kisaw konprann !? Kisaw kwè !?
Sakré kalté kolokoto kriyonnè kiw yé !

Kelkiswa kout-règ
Kisiswa kout-lienn
Kelkanswa kout-baton
Kekswa kout Dirandal

Kimafoutiésa !? Kasé Kréyol konsa !?
Kèlekeswa kaw fè pou kadré mwen
Man ka’y kontinié kozé Kréyol
Kisa ki ni !? Kisaw kwè !? Kisaw konprann !?
Sakré kalté konparézon krititjè kiw yé !

Kelkiswa karès
Kisiswa kalen
Kelkanswa koulé
Kekswa koultans…

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