Archives du Jour:

Avignon 2018 : Molière et Laurent Gaudé – (Off)

Par Selim Lander

L’Ecole des femmes : Molière retrouve les tréteaux

Décidément Molière a tout pour se sentir à l’aise en Avignon. Après Les Fâcheux dont nous rendions compte dans notre précédent billet, nous découvrons cette M.E.S. de L’Ecole des femmes dans le style de la commedia dell’arte. Certes, Molière ne reconnaîtrait pas exactement son texte ou plutôt il serait surpris par quelques ajouts (une conteuse, des intermèdes chantés) et suppressions (comme le personnage du notaire) car les alexandrins fameux sont bien là et donc le drame du vieil Arnolphe désespérément amoureux de la jeune Agnès. Ecoutons-le :

 

Chose étrange ! d’aimer, et que pour ces traîtresses
Les hommes soient sujets à de telles faiblesses

J’étais aigri, fâché, désespéré contre elle,
Et cependant jamais je ne la vis si belle…

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Avignon 2018 : « La Reprise » Histoire(s) du théâtre (I) Conception et m.e.s. : Milo Rau


Festival d’Avignon 2018. Gymnase du lycée Aubanel

« La Reprise » est la première partie de la série « Histoire(s) du théâtre » que Milo Rau envisage comme un pendant à l’oeuvre de Godard « Histoire du cinéma ». Il s’agit donc d’entreprendre une vaste réflexion sur l’essence du théâtre, ses codes, sa relation au public, son engagement dans la vie de la cité. A l’issue de la série doit émerger un manifeste pour un théâtre démocratique du réel. Et le réel, envisagé dans ses dimensions sociale et personnelle ne passe pas tel quel sur le plateau: il convient donc de poser la question de la représentation! Comment représenter le réel sur le plateau et à quel prix? Certes la question n’est pas nouvelle, elle est consubstantielle au théâtre lui-même, qui a toujours réfléchi les conditions de son émergence. Le théâtre en tant qu’il est un élément primordial de la vie démocratique de la cité: ce sont les termes mêmes du contrat fondateur, à Athènes.…

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Avignon 2018 : « La forêt des illusions » texte, m.e.s., chorégraphie : Gregory Alexander

La grand-mère n’est plus. Disparue dit-on par cet euphémisme qui n’ose dire la mort. L voleur de vie s’appelle Massala, gardien de cette forêt tropicale qui borde la vie les hommes dans l’attente de les engloutir. L’enfant, Eric, ne veut pas, n’accepte pas. Il part à la recherche de la grand-mère dans le domaine de l’après vie. Elle lui a laissé pour tout viatique morceau de papier avec de mots : une lettre. Il y rencontre un caïman blanc qui pleure sur sa blanchitude, un faune Maskili semblable à ceux de Flaubert « frappant sur la mousse des bois la corne de leurs pieds, les faunes à bouche fendue », une sirène, une Mami Wata » ,un « Wata Mama » plus connue sous le nom de « Maman Dilo » ou Maman Dlo », qu’importe le nom pourvu qu’on ait la crainte qui l’accompagne. De monstre en monstre l’enfant chemine et toujours échappe aux dangers qui menacent de l’engloutir, de l’avaler, de l’absorber. Images d’une oralité grand-maternelle qu’il faudra laisser sur le coté du chemin…

Sur le plateau deux comédiens .…

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