Vue Ostentatoire » Ou « Na Rich »
Tous ces assoifés petits aspirants et conspirants du pouvoir
Qui détruisent et ne font que forfaits dans tous leurs devoirs
Et n’ont jamais su pour leur pauvre peuple si affamé pourvoir
Ayant toujours des polémiques et propagandes inflammatoires
Nous recevons depuis jeune des informations contradictoires
Cette pure réalité fut toujours difficile pour l’Haïtien d’entrevoir
Nos responsabilités envers la nation haïtienne sont obligatoires
Une patrie ne devrait pas être ni un dépositoire ni un reposoire
La pureté est représentée par le blanc et le mal par le noir
Dans le cas de la diaspora haïtienne comment la percevoir
Peut-on trouver une couleur pour illustrer le mal migratoire
Sont-ils des maux ingrats qui déchirent l’âme de désespoir
Pour comprendre notre cauchemar faut-il voir la trajectoire
Pouvons-nous compter pour nous élucider sur une mémoire
La création d’une nation dans l’abolition est-elle donc illusoire
Avons-nous un conte historique ou une authentique histoire
Assis seul dans l’obscurité je me demande où est la victoire
Dont ils ont tant parlé était-ce une façon pour donner espoir
Je n’ai jamais eu une grande confiance dans mon vrai savoir
Chercher la vérité sur notre réalité identitaire est mon vouloir
Jean-Bernard Bayard
Latchkey Kids
Dans les quartiers urbains pauvres du New-Jersey, où j’enseignais, un petit garçon de sept ans marchait avec sa soeur de cinq ans. Ils revenaient de l’école à trois heures de l’après midi comme toujours depuis trois mois de l’année scolaire. Ce n’était rien d’anormal, de voir des gamins de cet âge marcher dans les rues seuls avec une clé autour du cou. Ils étaient connus dans la communauté comme les « Latchkey kids » ou « Enfants portant clé ». La crainte marquait leur petits visages car ils savaient la violence omniprésente du quartier. Le petit garçon qui se sentait responsable de sa soeur, avait vite appris à crâner pour cacher sa peur. Il avait toujours l’air provoquant et marchait avec défiance. Il connaissait le nom de tous les agents qui facilitaient la traversée des rues. Très vite, ces agents portaient un regard affectueux envers ces deux petits, et avaient toujours un bon mot pour eux quand ils traversaient les coins de rues. Parfois ces gosses tenaient les agents au courant de ce qui se faisait à la maison. Un mercredi, la maman arriva chez elle du travail à cinq heures et demie, soit deux heures après sa progéniture. Les bambins n’étaient pas dans la maison. La maman téléphona tout de suite à son amant, le père des enfants, et sortit en direction de la station de police qui se trouvait non loin d’une cour de récréation publique. Elle ne trouva pas les chérubins, donc s’empressa d’arriver à la préfecture. Elle s’adressa tout de suite au sergent de garde, et lui expliqua la situation. Le sergent lui demanda le nom et l’âge de chaque enfant et lui dit de s’asseoir pour qu’il fasse quelques appels téléphoniques. Il contacta d’abord les autres commissariats de la communauté, les deux casernes de pompiers, et les deux hôpitaux. Finalement il revint à la mère qui se trouvait en pleine panique. Une des agents de coin confirma ne pas avoir vu les enfants cet après midi, et fit un rapport officiel sur le champ. Il y avait déjà des patrouilles de police qui cherchaient les petiots dans toutes les rues. Ils ne savaient pas comment communiquer avec un parent par manque de détails. Pendant qu’elle parlait à l’agent de police, elle reçut un appel de son amant. Elle apprit au sergent que les marmots étaient retrouvés et à la maison, où elle arriva en courant à bout de soufle. La petite était tombée, et s’était écorchée le genou. Ils se rendirent chez la soeur du papa pour se soigner. La soeur, préoccupée à prendre soin de la fillette, ne songea pas à téléphoner son frère. Depuis ce misérable épisode, les deux petits élèves sont emmenés et repris chaque jour de l’école. La frousse des parents les prévenait de faire une pareille expérience une deuxième fois!
Jean-Bernard Bayard
